‹ Œuvres complètes d'HippocrateChapitre 37 sur 49 · Ici il s’agit des opérations manuelles qui se font dans · texte numérisé non relu

Ici il s’agit des opérations manuelles qui se font dans

donnant pour critérium des choses sensibles la sensation, pour critérium des choses intelligibles l’intelligence; d’autres enfin admettant en nous, outre la sensation et l'intelligence, d’autres facultés de l’âme. Pour échapper à ces contestations, Hippocrate a fait mention de deux facultés générales, la sensation et l'intelligence....; et, à cause des sophistes, il ἃ ajouté : ἃ οἷς γιγνωσκόμενα πᾶσι δυνατόν ἐστιν γνῶναι. Quelques-uns pensent qu’il y a différence de nature entre l’entendement, νοῦς, l’intelligence, διάνοια, et la raison appelée distributive, τὸν διαθετὸν (sic) ὀνομαζόμενον λόγον, et ils attribuent plusieurs facultés à ces trois natures... Ce que je viens de dire explique, je pense, pourquoi Hippocrate, à la fin d’un enseignement qui était suffisant, a ajouté : ἅ οἷς γιγνώσχοιεεν ἅπασίν ἐστιν ἡνῶναι.... Hippocrate indique les choses sensibles qu’on peut appeler la matiére de l’observation médicale par la phrase : ἅ xat θιγεῖν χαὶ ἀκοῦσαί ἐστιν; la double faculté qui les juge, sensation et intelligence, par la phrase : ἃ χαὶ τῇ ἀχοῇ, καὶ τῇ ῥινὶ, καὶ τῇ γλώττῃ ἐστὶν αἰσθέσθαι. Si l’on met en avant quelque autre faculté, nous ne la nierons pas, pourvu qu’elle paraisse utile au but de notre travail ; car, en disant οἷς γιγνωσχόμενα πᾶσίν ἐστιν γνῶναι, il a compris l’intelligence, τὴν γνώμην, et il a laissé toute liberté à ceux qui pensent qu’il existe quelque autre faculté cognitive et qu’ils peuvent nous la démontrer, » D’après ce commentaire, la phrase du texte hippocratique doit satisfaire aux conditions suivantes : 4° Laisser entendre qu’Hippocrate n’a pas énuméré toutes les facultés cognitives; 9° exprimer quelque intention d’Ilippocrate de se prémunir contre ce que son énumération ἃ pu avoir d’incomplet; 3° se prêter à prévenir les objections des sophistes ; 4° laisser toute liberté à ceux qui voudraient augmenter le nombre des facultés cognitives de l’âme. Le texte de vulg., que Cornarius a rendu par quæ et quibus cognoscuntur, omaibus cognoscere licet, ne suppose aucune contestation sur les facultés cognitives, et semble uniquement résumer ce qui précède. La traduction de Foes : ex quibus omnis cognilio constat, est en contradiction complète avec le Commentaire de Galien, puisqu'elle admet que nos facultés cognitives se réduisent à la sensation et à l’intelligence. Enfin Bosquillon, adoptant une leçon qui se trouve dans une des citations de Galien, traduit quæ omnibus quibus cognoscimus , intelligi possunt. Cela me paraît répondre aux exigences du Commentaire de Galien.

: Δὲ CMNP, Bosq. -- « Des locutions aussi abrégées, dit Galien, sont évidemment écrites avec intention par des auteurs qui ne veulent pas être clairs. Car, lorsqu'il suffirait de l’addition d’un nom, d’un verbe, ou de deux, ou au plus de trois, pour douner toute lucidité à la phrase, n'estce pas rechercher exprès l'obscurité que de jeter ainsi les mots? » Galien paraphrase cette ligne de la manière suivante : « Toute la médecine, dans

brnpérur® τὰ ὄργανα" τὸ φῶς" ? ὅχου- " ὅχως" ? ὅσα " 4 ὅχως" 5 ὅχου 6 τὸ σῶμα, 1 τὰ ἄρμενα" ὃ ὃ χρόνος" 9 ὃ τρόπος" !° ὃ τόπος.

l'intention d'arriver au diagnostic des maladies, a pour but commun la connaissance des ressemblances et des dissemblances de l’état de maladie avec l’état de santé ; elle procède à l’aide des observations évidentes faites par la sensation et l'intelligence, qui trouvent les faits et les apprécient. Quant à moi, de cet ensemble je n’expose ici que les opérations manuelles qui peuvent être montrées aux élèves et être pratiquées sur les malades. »

2 intpicv C. — ἰατρεῖον P. - ἰητρίην quædam ἀντίγραφα ap. Gal., Bosq. - « Quelques-uns, dit Galien, écrivent la dernière syllabe par n, ce qui exprime la médecine et non le lieu que nous appelons tarpetov, C’est comme si Hippocrate avait dit : voici quelles sont les applications de la main dans l’art médical. L'auteur de ce livre, soit Hippocrate lui-même, soit son fils Thessalus, paraît mentiouner dans la suite, non toutes les opérations que la médecine emploie, ou toutes celles qui appartiennent à l’officine, ixrpetcv, mais celles qui sont utiles dans une introduction à la chirurgie. » Asclépiade, qui avait commenté ce livre, lisait κατ᾽ ἰητρίην, et, si je comprends le Commentaire de Galien, altéré ici, il y attachait le même sens qu’au mot ἰατρεῖον, ce qui étonne Galien.

ει Oxou, dit Galien, avec un x à la seconde syllaBe chez les Ioniens, ὅπου chez nous, indique le lieu où se trouve le malade. — ? ὅχως, que nous disons ὅπως, continue Galien, exprime le comment des choses enseignées , c'est-à-dire la position du malade, du médecin, des aides, des instruments, — 5% ὁχόσα CP, Merc. in marg, — 4 Post ὅχως addit οἷσιν ὡς M. - Pro ὅχως habent οἷς ὡς DFGUK; οἷσιν ὡς C (N, cum ὅκως restit.), Merc. in marg., Lind. - οἷς οἵως (ex emend. H) P; οἷσι οἵως Bosq. - La leçon de vulg. est la bonne, ainsi que cela résulte du Commentaire de Galien, qui dit : « Le ὅκως placé un peu plus haut immédiatement après 6xcu , exprime le comment dans la position; celui dont il s’agit ici exprime le comment de l’emploi., » — 5 ὅχου CDFGIJKP. -- ὁχότε pro ὅχου vulg. — La leçon de vulg. est certainement bonne, et appuyée sur d’anciens exemplaires, puisque c’est celle que Galien explique. « ὁκότε, ditil, désigne évidemment le temps. » Cependant il ajoute que les commentateurs connaissaient la leçon ὄχου, et que la plupart des exemplaires la portaient. Voyez la note 10. — 5 τό te σ. Ρ. -- Galien remarque que τὸ σῶμα parait faire double emploi avec ὁ ἀσθενέων, mais que peut-être σῶμα signifie ici la partie malade. Voyez, pour une autre explication, la note 10,

7 Post τὰ addunt re M (N, al. manu.). - ἄρυ.. CDFGHILJKMN, Ald., Frob., Merc., Bosq. - Βαχχεῖος φησι τὰ évapuñtovræ" οὐκ ὀρθῶς"

l’officine. À considérer : le malade ; l'opérateur ; les aides ; les instruments ; la lumière ; où et comment ; quelles choses et comment; où le corps du malade, là les instruments ; le temps ; le mode; la partie affectée.

deueva γὰρ ἰδίως λέγεται, τὰ πρὸς τὴν ἰατρικὴν χρείαν ἐπιτήδεια ἐργαλεῖα, οἷον σμιλία, φλεθδοτόμα (φλεθοτομία B), καὶ τὰ τούτοις ὅμοια in marg. BM N. - Galien dit que les ἄρμενα étaient sous-entendus dans les ὄργανα, que cependant on peut admettre que l’auteur a compris sous le nom de ἄρμενα les sondes, les trépans, les rugines, les méningophylax, etc.; mais que, dans tous les cas, ce mot n’est pas à la place qu'il devrait occuper, et qui est après τὰ ὄργανα. Voyez, pour une autre explication, la note 10.

ὃ Suivant Galien, χρόνος fait double emploi avec ὁχότε. Mais peut-être χρόνος indique-t-il le temps dans son rapport avec la partie malade ; c’est ainsi qu’Hippocrate a défendu certaines réductions des os le troisième ou le quatrième jour ; ou le temps dans son rapport avec l'opération à pratiquer. Cette difficulté disparaît pour ceux qui lisent ὅχου au lieu de ὁχότε, Voyez notes 5 et 10. — 9 Galien dit que τρόπος peut indiquer le mode de production de la lésion, et il cite comme exemples de cette signification du mot τρόπος, les cinq τρόποι de lésions du crâne énumérés par Hippocrate dans le traité des Plaies de téte.

*° Le passage du Commentaire de Galien relatif au mot τόπος est excessivement altéré, à tel point que je crois, avant de le traduire, devoir le mettre sous les yeux du lecteur avec les corrections conjecturales qui le rendent traduisible. ἀποῤῥώτατος (1. ἀπορώτατος) φαίνεται (addend. ὁ τόπος). Τὸ (1. τί) καὶ τόπου δεῖ πάλιν αὐτὸν μνημονεύειν, ἔμπροσθεν εἰργρκότος (!, εἰρηκότα ) τοῦ (1. τὸ) ὅκου δηλωτικὸν ἐπίῤῥημα τόπου; δι᾽ ὧν καί τινες ἑτέραν ἐξήγησιν ἐποιήσαντο τῆς ῥήσεως, ἅμα xai τῷ τὴν ἑτέραν εἶναι τῷ ὄγκῳ (ὁκότε) γράφουσι γὰρ ἀντ᾽ αὐτοῦ τὸ ὄγκου (L. ὅκου) προειρημένον. ἀλλ᾽ ὅμως τὴν γραφὴν ταύτην οἵ τε ἐξηγησάμενοι τὸ βιολίον ἴσασι, καὶ οἱ πλεῖστοι τῶν ἐμπειριχῶν (1. τὰ πλεῖστα τῶν ἀντιγράφων) ἔχει. Καὶ μέντοι χαὶ ἀναλήψομαι νῦν αὖθις αὐτὴν ἕνεκα σαφηνείας, ἔχουσαν οὕτως" ὁ ἀσθεγέων, ὁ δρῶν, οἱ ὑπηρέται, τὰ ὄργανα, τὸ φῶς, ὅκου, ὅκως, ὅσα, ὅκως, ὁκότε (1. ὅκου) τὰ σώματα, τὰ ἄρμενα. Φησὶν (1. φάσὶν) οὖν ἐν τῷ λέγειν, ὅχου τὰ σώματα, ἄρμενα, τὸ μὲν αὐτῶν (1, τομὴν αὐτῷ) πεποιῆσθαι τοῦ κατὰ τὸν ἔμπροσθεν λόγον ἁπλῶς ἀκούσας (1. ἠκουσμιένου ) ὅκου" τὸ γὰρ ὅκου, τῷ τε σώματι τοῦ χάμνοντος χαὶ τοῖς ἀρμένοις συμ(εδηκέναι δυνάμενον, νῦν ἀρμένων λέγεσθαι τῶν ἔμπροσθεν ὀργάνων εἰρημένων - ὅτι δ᾽ ἐν τῷ προσήκοντι τόπῳ χρὴ τὸ γε σῶμα τοῦ κάμνοντος, καὶ τὰ ἄρμενα χεῖσθαι, νῦν ἐπιδιορίζοντα, Cela peut se traduire ainsi : « Ce qu’il y ἃ de plus difficile à comprendre, c’est le mot τόπος, À quoi bon Hippocrate fait-il iei de nouveau mention du lieu, après l'avoir indiqué par J’adverbe ὅχου " Aussi

3. :‘O δρῶν, " À * καθήμενος, à 4 ἑστεὼς, " ξυμμέτρως πρὸς ἑωυτὸν, πρὸς τὸ χειριζόμενον, πρὸς τὴν αὐγήν. ὁ Αὐγέης μὲν οὖν δύο 1 εἴδεα, τὸ μὲν κοινὸν, τὸ δὲ τεχνητόν. " Τὸ μὲν οὖν κοινὸν οὐχ 9 ἐφ᾽ ἡμῖν τὸ δὲ τεχνητὸν, καὶ ἐφ᾽ ἡμῖν. Ὧν ἑκατέρου '" δισσαὶ χρήσιες, 1: À πρὸς 1" αὐγὴν, ἢ ὑπ᾽ αὐγήν, Ὑπ᾽ adyhv μὲν οὖν ὀλίγη τε ἡ χρῆσις, "" χαταφανής τε À μετριότης. Τὰ δὲ πρὸς αὐγὴν ἐχ τῶν “4 παρεουσέων, ἐκ τῶν "" ξυμφερουσέων "5 αὐγέων, πρὸς τὴν "1 λαμπροτάτην τρέπειν τὸ χειριζόμενον" ‘8 πλὴν ὁχόσα '9 λαθεῖν δεῖ, à ὁρὴν αἰσχρόν" 20 οὕτω δὲ 5: τὸ μὲν χειριζόμενον ἐναντίον τῇ αὐγῇ, τὸν 5" δὲ χειρί-

quelques commentateurs ont-ils expliqué autrement la phrase, eu la changeant dans le mot ὁχότε ; au lieu de ce mot, ils écrivent le πιοί ὅχου, qui se trouve précédemment, Je dois ajouter que ceux qui ont commenté ce livre connaissent cette leçon, et qu’elle se trouve dans la plupart des exemplaires. Je vais la reprendre pour plus de clarté. Elle est dès-lors ainsi conçue : ὁ ἀσθενέων, ὁ δρῶν, ci ὑπηρέται, τὰ ὄργανα, τὸ φῶς, ὅκου, ὅχως, ὅσα, ὅκως, ὅχου τὰ σώματα, τὰ ἄρμενα. Hippocrate, disent-ils, en mettant ὄχου τὰ σώματα, τὰ ἄρμενα, a divisé le ὅχου qui est pris plus baut dans un sens simple. Cet adverbe, qui pouvait se rapporter également au corps du malade et aux instruments, est dit ici des ἄρμενα appelés précédemment ὄργανα; et Hippocrate, par là, détermine que le corps du malade et les instruments doivent se trouver à la fois dans le lieu convenable. Avec cette leçon, le mot τόπος, qui est à la fin de toute la phrase, siguifiera la partie affectée. Car les médecins se servent de ce mot pour exprimer les parties du corps, et quelques-uns ont écrit des livres entiers sur les parties affectées, περὶ τόπων πεπονθότων. » J'adopte cette leçon; car, outre qu'elle se trouvait dans la plupart des exemplaires, elle a l’avantage de remédier à plusieurs difficultés signalées par Galien, et que j’ai indiquées en passant. On remarquera que, pour faire

correspondre le sens à son Commentaire, il faut supprimer la virgule après ὄχου.

* Ante ὁ addit ὁ ἀσθενέων ex emend. H. - Cette correction, qui a pour but de mettre ce passage en accord, quant à l’ordre, avee l’énumération qui précède, et qui commence par ὁ ἀσθενέων, à δρῶν, est malheureuse. Car justement Galien remarque qu’Hippocrate ne suit pas ici l'ordre de son énumération ; il ajoute qu’il y a mille exemples de pareilles interversions chez les anciens auteurs, et il en rapporte plusieurs empruntés à

Homère. 1] est donc bien établi que cette phrase commence par ὁ δρῶν, et non par ὁ ἀασθενέων.

3. L'opérateur est ou assis, ou debout, dans une position convenable relativement à lui-même, relativement à la partie qu’il opère, relativement à la lumière. De la lumière, il y a deux espèces : la lumière commune, la lumière artificielle. La lumière commune n'est pas à notre disposition ; la lumière artificielle est à notre disposition. On se sert de chacune de deux façons, ou en face, ou de côté. De côté, l'usage en est restreint, et le degré d’obliquité se détermine sans difhculté. Quant à la lumière de face, il faut tourner, vers la plus vive des lumières présentes , si elle est la plus utile pour le cas actuel, la partie sur laquelle on opère ; mais, quand il s’agit d’une partie qu’il faut cacher ou que

* 6 pro ñ D.— 3 χατ. Bosq.— ἑστεὼς CHKNP, Foes de Chouet, Bosq. - ἑστὼς DFGJM. - ἐστεὼς vulg.- ἐστῶς (sic) 1.— 5 o. C.—6 αὐγέης FGHI KMN. -- αὐγέος (sic) J. — αὐγίης (sie) D. - αὐγῆς vulg. — 1 ἰδέαι P. - Galien dit que les anciens expriment les divisions des objets généraux par διαφορὰς, εἴδη et τρόπους. — δὶ rù..… τεχνητὸν om. C (D, rest, al. manu) FGHIJK. — 9 ἐπ᾽ (bis) Bosq. — '° δύο αἱ DFGHIJK (MN, in marg. δισσαὶ), Bosq. - δυσσαὶ in marg. B. - δυσαὶ χρήσηες C. — "' à ὑπ᾽ αὐγὴν à πρὸς αὐγὴν CMN. — 132 Post πρὸς addunt τὴν ΗΚ. - Galien dit que πρὸς αὐγὴν veut dire que la partie sur laquelle on opère est placée en face de la lumière, et ὑπ᾽ αὐγὴν, que la partie est située un peu obliquement par rapport à la lumière, βραχὺ παραχεχλιμένον. Cette dernière position s'applique, par exemple, aux affections des yeux lesquelles ne comportent pas la position de la lumiére en face. — ‘? Le sens de cette phrase est clairement déterminé par Galien, qui, disant que c’est surtout pour les affections des yeux que l’on se sert de la lumière oblique, ajoute : « Le degré d'obliquité où il faut mettre l’opéré par rapport à la lumière, se règle par deux besoins auxquels on doit donner attention, le besoin, pour le médecin, de voir avec netteté ce qu’il fait sur l'œil malade, le besoin, pour l’opéré, de ne pas être soumis à une lumière qui lui cause de trop vives douleurs. » — 4 παρεουσῶν CP. — !5 σ. D. - ξυμφερουσῶν P. — 6 αὐγέην C, Merc. in marg.— 17 λαμπροτάτην BCK (MN, in marg.), Bosq. - λαμπρότητα vulg. — 15 L'auteur, remarque Galien, n'a pas expliqué sa pensée par une phrase claire; il semble dire qu’il ne faut pas tourner en face de la lumière les parties à opérer qu’il convient de cacher ou que la décence ne permet pas de montrer. Or, ce n’est pas cela qu’il entend, ainsi qu'on le voit par la suite. — .9 Ante À. addit à vulg.-ñ om. BCD FGHIJKMN, Bosq. — "9 οὕτω BCDFGHIJKMN, Bosq. - οὕτωσι vulg.

γὰρ ἂν ὁ μὲν δρῶν δρῴη, τὸ δὲ χειριζόμενον '" οὐχ 6püre, Πρὸς Éœuτὸν " δὲ, " χαθημένῳ 4 πόδες ἐς τὴν ἄνω 5 ἴξιν 5 χατ᾽ ἰθὺ γούνασιν διάστασιν δὲ, ὀλίγον 7 ξυμόεδῶτες" γούνατα δὲ ἀνωτέρω βουδώνων 8. σμικρὸν, διάστασιν 9 δὲ, 1° ἀγκώνων "" θέσει χαὶ παραθέσει. "" Ἵμάτιον, ᾽" εὐσταλέως, ‘4 εὐχρινέως, ἴσως, 15 ὁμοίως, ἀγχῶσιν, 15 ὥμοισιν. Πρὸς "1 δὲ τὸ χειριζόμενον, τοῦ μὲν πρόσω χαὶ 28 ἐγγὺς, καὶ ᾽9 τοῦ ἄνω, καὶ τοῦ χάτω, 2° χαὶ ἔνθα À ἔνθα, ἢ μέσον. Toù μὲν πρόσω καὶ ἐγγὺς "" ὅριον, "" ἀγχῶνας 23 ἐς μὲν τὸ "6 πρόσθεν γούνατα μὴ 25 ἀμείόειν, ἐς "6 δὲ 27 τὸ ὄπισθεν, πλευράς " τοῦ δὲ ἄνω, μὴ ἀνωτέρω μαζῶν ἄχρας

21 ro... αὐγῇ om. C. - Galien rapporte que quelqu'un, accusant ici Hippocrate, disait que cette phrase était ridiculement écrite; que ceux qui ne veulent pas que certaines parties de leur corps soient vues pendant une opération, n’ont qu’à faire sortir de l'appartement tous ceux qui s’y trouvent, à part le médecin et un ou deux des assistants les plus intimes, Mais, ajoute Galien, ce critique ne s’est pas souvenu que des personnes que l’on opère , sans vouloir être vues par les individus présents, ont honte cependant de les engager à s'éloigner. C’est dans ces cas qu'il convient que 16 médecin se place de manière à dérober à la vue les parties sur lesquelles il opère. — 35 μὲν pro δὲ C. — 53 οὕτως CFGHIK.- Post ο. addit μὲν KP.

1 Οὐχ᾽ FHN.— ? δὲ om, D. — : xar. Bosq.— 4 Ante x. addunt μὲν D FGHILJKMNP, Ald., Gal., Bosq. — " €, M.— 6 xar” εὐθὺ CP. — κατευθὺ gl. FG. — 7 6. BCM. - 0. vulg. (N, cum ξ supra σὴ. -- συμδεθαῶτες Bosq. - συμδεδλημένοι gl. FG. - ἄρα τοιγαροῦν τοὺς πόδας ὀλίγον ἀπ᾽ ἀλλήλων ἀξιοῖ, dit Galien. Ce passage, quoique altéré, indique clairement que, d’après Hippocrate, les pieds doivent être un peu écartés. Notre texte remplit assez mal cette condition. Peut-être faudrait-il lire : διάστασιν δὲ, ἢ ὁλ. E., ou διάστασιν δὲ ὀλ., μὴ ξ. — 8 σμικρῶν CP.

9 δὲ BCMN, Merc. in marg. -- δὲ om. vulg. -- Δὲ me paraît aider à l'intelligence du sens. « Hippocrate, dit Galien, veut que les genoux, et par conséquent les cuisses entières jusqu’à l’aîne, soient dans un écartement réglé de manière que le médecin, avec décence, avec sûreté, et sans gêne dans ses opérations, puisse tantôt appuyer les coudes sur une partie des cuisses, tantôt agir avec les bras portés en dehors des cuisses. Θέσει exprime Îa position des coudes sur les cuisses; παραθέσει, la position Îatérale des bras. » Ce Commentaire explique ce membre de phrase, qui aurait été bien obscur sans cela.

19 ἀγκώνων P.- ἀγκῶσιν vulg. - ἀγκωσίων BC (MN, in marg.). — 11 βέσεϊ καὶ παραθέσεϊ Bosq. - post καὶ addit τῷ C. — 12 ἱματίων BC (M N, in marg.). — 1 εὐεσταλέως C. — ebxp. εὖστ, BMN. - Galien dit que cet adverbe signifie que le médecin ne doit porter son vêtement ni trop

la décence ne permet pas de montrer, elle doit être placée en face de la lumière, l’opérateur doit se mettre en face de l’opéré, sans cependant se faire ombre à lui-même ; de cette façon, l'opérateur verra, et la partie opérée ne sera pas vue. Position convenable de l’opérateur relativement à lui-même : assis, il aura les pieds dans la verticale des genoux, et tenus à une petite distance l’un de l’autre; les genoux un peu plus haut que les aines , et écartés de telle sorte que les coudes puissent s’y poser, ou se porter en dehors des cuisses; le vêtement ni trop lâche ni trop serré, sans plissements, jeté également sur les épaules et les coudes, Position de l'opéra teur assis relativement à la partie qu’il opère : considérer le degré d’éloignement et de proximité, le haut et le bas, la droite, la gauche et le milieu. Du degré d’éloignement ou de proximité , la limite est, que les coudes ne dépassent pas

serré, ni trop lâche. — ‘4 Cet adverbe se rapporte au vêtement lui-même, suivant Galien, qui ajoute : « Hippocrate recommande qu'aucune partie n'en soit en double, »

15 ὥμοισιν ἀγκῶσιν sine ὁμοίως C. - « Ce membre de phrase, dit Galien , est amphibologique; ou bien Hippocrate veut que pour les deux bras le vêtement soit jeté d’une manière semblable sur les coudes et 168 épaules, de manière à embrasser ensemble les deux bras, ce que l’on appelle vulgairement ouyxpiveoôat ; ou bien il compare ensemble les coudes et les épaules, et il veut que pour chaque bras les épaules et les coudes soient également recouverts. » Galien ajoute que, d’après Hippocrate, le vêtement ne doit pas être relevé au-dessus du coude, tenue qui est déplacée non seulement pour le médecin exerçant un art aussi grave, mais aussi pour ceux qui plaident dans le forum avec une action vébémente.

16 ὥμοις P.— "1 δὲ am. D.— "5 post ἐγ. addit ὄριον (sic) C.— 19 τοῦ & x. τοῦ x. BC (N, cum linea subjecta), Merc. in marg. -- τοῦ (bis) om. vulg. - Ceci est, d’après Galien, relatif à la position du médecin assis par rapport à la partie sur laquelle il opère : la distance, ἐγγύς ; la hauteur des bras, ἄνω, xéro ; la position latérale des bras, ἔνθα ἣ ἔνθα. — 2° καὶ ἔνθα, ἢ μέσον ἣ ἔνθα Ald. — 21 6, K.— 35 ἀγκῶνας C, Merc. in marg.— ἀγκῶνε; vulg. — 3" ἐς (bis) BFGHIJKMNP, Bosq. = εἰς (bis) vulg. — 24 πρόσωθεν C. — 25 ἀμοίθησθαι (sic) C. — 26 δὲ om. D, — 51 τοὔπισθεν BDFGHIJ KMN. « Hippocrate veut, dit Galien, que le médecin soit à une distance telle de l’opéré, que ses coudes ne dépassent pas en avant les genoux, en arriere les flancs. »

. - 1 LA . Ὁ LA / \ ὔ a 3 ε A LE ἐπὶ γούνασιν 4 ἔχοντα, ὅ ἔχειν ὁ ἄχρας χεῖρας 1 ἐγγωνίους πρὸς βραχίονας" τὰ ὃ μὲν χατὰ μέσον 9 οὕτως" τὰ δὲ ἔνθα, À ἔνθα, μὲ ἔξω τῆς ‘° ἔδρης, κατὰ λόγον δὲ τῆς ἐπιτροφῇς ‘1 προσδαλλόμενον A re \ CU LA \ 2 € “Ὁ \ 39

: ἔχειν om. Ῥ. --- 3 ὥστε pro ἢ ὡς τὸ (D, emend. al. manu) FGHIJKMN , Bosq. — ὃ ὥστε pro ὡς τὸ B. — 4 ἔχοντα C (D, al. manu) FGHUKMN , Mere. in marg., Bosq. - ἔχοντα om. vulg. — ° ἔχοντα pro ἔχειν BP. — χεῖρας ἄκρας ἔχειν Bosq. — δ x. äx. BC (D, &x. x. al. manu) FGHIJKMN, — 7 ἐγκωνίας (sic) C. -- ἐγκωνίους DP. - « Selon Hippocrate, dit Galien, les bras du médecin ne doivent pas être mis dans une position inférieure à celle où, la poitrine étant inclinée sur les genoux, l’avant-bras est ἐγγώνιος par rapport au bras. Il appelle ἐγγώνιος la position où l’avant-bras est fléchi à angle droit sur le bras, » — ὃ δὲ pro μὲν P.—9 οὕτω MN, Bosq. — :° ἕδρα, dit Galien, désigne les parties de corps sur lesquelles nous sommes assis. — '' xp006. P. - προῦ, vulg.

12 ἑστεῶτα (ἐστ. Ald.) δὲ δεῖ καὶ vulg. - ἑστεῶτα δεῖν δεῖν δὲ καὶ J.ἐστεῶτα δεῖ δεῖν καὶ B (D, cum δὲ al, manu) (ΕἸ, cum ἐστ.) GKMN. ἑστεῶτα δὲ ἰδεῖν μὲν καὶ C (H, ex emend.), Merc. in marg. - Cornarius traduit : Si vero stet, utrisque pedibus ex æquo insistere satis est. Vidus Vidius : Stantem vero oportet pariter ambobus pedibus bene insistere. Foes : Stantem autem utrisque ex æquo pedibus abunde insistere oportel. Le texte de vulg. et les traductions qui en découlent ne me satisfont pas; pour le grec, car δεῖ va-t-il bien avec Be6üra; pour le sens, car qu'est-ce que dire : debout, il se tiendra également sur ses deux pieds ὃ surtout quand l’auteur va ajouter que dans l'opération le médecin doit avoir un pied plus élevé que l’autre. En outre, le texte de vulg. est loin d’être appuyé par tous les manuscrits; et de notables variantes l’affectent. Le Commentaire de Galien est fort altéré, et il ne nous apprend qu'une chose, c'est qu’un pied devait être placé plus haut que l’autre. Dans cet état, j'ai pensé que la leçon ἰδεῖν donnait un sens meilleur, attendu qu'elle expliquait pourquoi l’auteur avait dit que le chirurgien devait se tenir également et solidement sur ses deux pieds, et qu’elle répondait à δρῇν par une opposilion naturelle. Cela m'a conduit à supprimer καί.

les genoux antérieurement, et les flancs postérieurement ; du haut, que les mains ne soient pas portées plus haut que les mamelles ; du bas, que l’opérateur n’aille pas au-dessous d’une position où, appuyant la poitrine sur les genoux, il aurait les avant-bras fléchis à angle droit sur les bras ; même règle pour le milieu ; quant aux déplacements latéraux, ils ne doivent pas aller jusqu’à faire quitter le siége, mais, suivant qu'il sera besoin de se tourner, le corps et la partie qui opère s’avanceront. Dans la position debout, le médecin fera son examen, se tenant également et solidement sur les deux pieds; mais il opérera, en n'ayant sur le sol qu'un seul pied , qui ne sera pas celui du côté de la main qui opère ; l’autre pied sera élevé assez pour que le genou soit à la hauteur de l’aine comme dans la position assise; du reste les règles seront les mêmes. L’opéré secondera l'opérateur par

13 βεδαῶτα BMN, Bosq.— ‘4 ἐξίσου DHJK.— "" GX. K.— "6 ἐπιδεθῶτα CDMP. - émGeGnxora B (N, cum βῶ supra lin.). - ἐπιδεθαῶτα vulg. — " τὸ pro τῷ BCDFGHIJKMN, Ald. -- τῷ om. P.— :# γούνατος Η. — γούvart vulg. - γούνατα B (D, mut. al. manu in γούνατι, FGIJKMN, Bosq. - γουνάτων C. -- γόνυ P.- Galien dit que cela signifie que le genou du pied placé plus haut que l’autre doit être à la hauteur de l’aîne.- 9 πρόσθεθαῶτα pro π. B. P.— 2° Boubavas BDFGHIJKMN, Bosq. - βουδῶνα vulg. - Galien dit expressément qu'Hippocrate s’est servi du pluriel. Foes dit, dans ses notes, que tous les exemplaires qu’il a vus, tant imprimés que manuscrits, portent le singulier. Cela est contraire aux données fournies par nos manuscrits, qui ont tous le pluriel, excepté un. — 3" ἐνέδρη G D.— 53 τάλλα ΗΚ. - τ᾽ ἄλλα DFGJ. - τ᾽ ἄλλα 1.— 23 μέρει (μέρεϊ Bosq.) ponitur ante τοῦ BDFGHIJKMN. - τοῦ σ. τῶ ἄλ. μ. CP. -- "4 ὑπηρετεέτω Bosq.— 25 ἢ om. BDFGHIJKMN, Bosq.— "5 ἐστ. Ald. - ἑστὼς P. — "7 ἢ καθ. repetitur D.- xar. Bosq. — "5 ἢ xeiu. om. D, restit. al. manu, --- 39 ὡς B (D, mut. in ὄχ.) FGHIJKMN, Bosq. - ὅσον pro ὅκ. Ρ, - Ante ὄχ. addit ἢ C. — 3° ὃ δὲ J. - ὁ δὲ BDFGHIKMN. - ὅδε Bosq. - ὁ δὲ εἰς C. — ὧδε εἰς P. - ὧδε ὡς vulg. - Il m'a semblé que la correction naturelle était suggérée tant par le texte et les variantes, que par ὃ δεῖ, qai se trouve deux lignes plus bas. — "' διατελέῃ Bosq. - διατελέει vulg. διατελεῖ C, — 3. φυλασσον C.

543 Les quatre mots ὑποόῤῥυσις, ὑπόστασις, ἔχτριψις, xaravriæ, avaient, per leur obscurité, prêté à des interprétations très diverses. Galien dit

284 DE L'OrFICINE DU MÉDECIN.

4. 10 Ovuyac μήτε ὑπερέχειν, μήτε ἐλλείπειν " δαχτύλων χορυφῆσι

que, de ces interprétations, il rapportera celles qui lui paraissent probables, et qu'il y joindra quelque chose de sa propre opinion, « Quelquesuns, dit-il, ont entendu ὑπόῤῥυσιν des liquides, et cela de deux façons, les uns prétendant qu'il s'agissait de liquides évacués hors du corps, les autres de liquides provenant d’affusions. D’autres ont dit qu’Hippocrate avait parlé de liquides s’écoulant pendant l'opération, d’autres de liquides s’écoulant après l'opération. Le même dissentiment s’est élevé sur le mot ὑπόστασις, attendu que le mot ὑφίστασθαι appliqué aux liquides exprime une idée contraire au mot ἐκρεῖν. Une autre série de commentateurs a entendu les mots ὑπόστασις et ὄπόῤῥυσις, non des liquides, mais des solides ; ils ont pensé que le mot ὑπόστασις exprimait le soulèvement (τὸν μετεωρισμένον; je crois qu’il y a erreur dans le texte; jamais on n’a pu expliquer ὑπόστασις par μετεωρισμὸς) ou des parties incisées ou de tout le corps ; εἰ ὑπόῤῥυσις le glissement en bas, comme si Hippocrate avait dit χατάῤῥυσιν. En effet, le mot χαταῤῥεῖ est employé en ce sens dans le Pronostic, où on lit : ἣν δὲ καὶ προπετὴς γίγνηται, καὶ καταῤῥέει ἀπὸ τῆς XAivnç ἐπὶ πόδας, δεινότερόν ἐστι (voyez t. 2, p. 118, 1. 44). Cette explication est appuyée par les mots ἔχτρεψις et xaravria, qui suivent immédiatement; car Hippocrate a appelé ἔχτρεψις la conversion latérale, qu’il s’agisse soit du corps entier, soit de la partie soumise à l’opération, Les commentateurs dont nous parlons assurent que χαταντία se dit des membres en particulier, comme ὑπόῤῥυσις de tout le corps. Lorsqu’un homme, conservant sans aucun changement le corps entier dans la même position, laisse pendre ou la jambe ou le bras, ils disent que cette position s’appelle κατάῤῥοπος, Ces explications, prises isolément, sont justes, bien que les auteurs qui les mettent en avant n’en suivent pas l'application dans tout le cours de la phrase. En effet, entre eux tous il s’élève de nouveau un double désaccord : suivant quelques-uns, Hippocrate entend que les opérés fassent les choses signifiées par les quatre mots ὑπόστασις, ὑποόῤῥυσις, ἔχτρεψις et καταντία;; suivant d’autres, que les opérés s’en abstiennent, Quant aux trois variantes qu’on trouve pour le mot ἔχτριψις, elles n’affectent en rien le sens général de toute la phrase ; quelques-uns, en effet , écrivent ἔχτρεψις par τ, p et « à la deuxième syllabe, d’autres ajoutent un σ au commencement de cette syllabe, et écrivent ἔχστρεψιν, d’autres enfn ἔχτριψις par τ, p δέ τ. Ces termes sont clairs; car du verbe ἐκτρέπεσθαι vient ἔχτρεψις, et de ἐχτρίθεσθαι ἔχτριψις, leçons qui impliquent que le patient se garde des choses qu’elles expriment, » Galien , en se résument

le reste de son corps, sait debout, soit assis, soit couché, de la façon où il lui sera le plus facile de conserver la position qui importe , évitant de se laisser couler , de s’affaisser, de se détourner , de laisser pendre le membre, afin de maintenir la partie opérée dans la position et la forme qui conviennent, pendant la présentation au médecin , pendant l’opération, pendant l’attitude qui doit suivre.

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