XL : ᾿ς AVERTISSEMENT
résulte que Rufus a observé des fièvres pestilentielles qui ont présénté, comme la fièvre d’Hippocrate, des gangrènes étendues, et où ce phénomène avait un :caractère critique et salutaire. Rapprochez de Hufus le passage de Lind que j'ai cité p.13. μὦ
" Rufus, qui connabssait très bien la vraie peste et le bubon pestilentiel, a signalé des fièvres où il se formait des suppurations dans les aings. « Les fièvres qui se prolongefit, dit-il, font des dépôts au'‘siége, de sorte qu’il se forme une,suppuration dans cette région, et que la fièvre se résout par cette voie. Dans certains cas c’est dans les aines que la suppyratioh s'établit ; dans d’autres elle se fixe ailleurs. Toute suppuration à l’intérieur, soit dans la poitrine, soit dans le ventre, est mauvaise. : » Compärez à ces bubons critiques de Rufus ceux dont Donald Monro a parlé dans un passage que j'ai cité t. 2, p. 585. |
M. Hæser se demande si Hippocrate a fait mention de bubons. Il regarde les mots τὰ περὲ βουδῶνας comme désignant des tumeurs dans les aines , de vrais bubons, mais qui ne vinrent pas à suppuration, et il en rapprogçhe les bubons volumineux, durs, et n’aboutissant pas(évexruntot}, de la peste d'Égypte et de Libye décrite par Dioscoride et Posidonius ( voyez p. 4 de ce volume ). Rien ne prouve que les bubons d’Hippocrate n’âient pas ‘été de là nature de ceux que Rufus a observés.
L’aphorisme ( 4, 54): Les fèvres. dans Les bubons sont
τῶν πυρετῶν * τὸ γοῦν πλεῖστον. εἰς ἄκρα κατασχήπτει σὺν πόνοις χαὶ ἕλχεσι καὶ ἄρθρων ἀποπτώσεσι᾽ καί ποτε οἶδα γνάθους ἀποψιλωθείσας, xal ὀδόντας μελανθέντας, χαὶ μεγάλα τῶν γνάθων ὀστᾶ ἐν χρόνῳ ἀποστάντα (Orib. collect. medic., 1. 45; 26, 3, ed. Maio, t. 4, p. 75, Romæ 1831).
1 OÙ δὲ χεχρονισμένοι πυρετοὶ, καὶ πρὸς ἕδραν ἀφίστανται" ὥστε ἐμπύημα μὲν παρὰ τὴν ἕδραν γενέσθαι " λυθῆναι δὲ ταύτη τὸν πυρετόν" ἄλλοις δέ τισι κατὰ βουδῶνα ἐχπυεῖ, ἄλλοις δὲ ἄλλῃ πονηρὰ δὲ πάντα ὅσα ἔνδον À ὑπὸ στῆθος À ὑπὸ χενεῶνας ἐχπυεῖ (ἰδ. ν. 76.)
AVERTISSEMENT. XL
toutes fâcheuses excepté les fièvres éphémères. se trouve ré. pété dans le second livre des Épidémies d’une façon un peu différente : « Les fièvres dans les bubons, y est-il dit, sont fâcheusps, excepté les fièvres éphémères, et les bubons qui surviennent dans les fièvres, sont plus fàcheux :. Ici , il est dit expressément que des bubons surviennent dans le cours des fièvres, et la gravité de ce symptôme est signalée. Cela se rapproche davantage du bubon pestilentiel; mais ce qui s’en rapproche complétement, c’est un passage où Arét ὃ dit :« Les bubons pestilentiels dépendent du foie et sont extrêmement funestes (2). »
Quand cette mentiodpien brève, faite-parArétée,est mise en regard de la vraie peste d'Orient, des vrais bubons décris par Denys, par Dioscoride, par Posidonius, par Rufus, il ne peut être douteux qu’Arétée, de son côté, n’ait voulu pafier d’une peste semblable, de bubons semblables. Cela daît , ce me setnbte, être considéré comme une cerlitude, Quant aux indications plus fugitives, qu’on rencontre dans læ Collection hippocratique, riea n'empêche de croire que lævraie peste n’ait régné par intervalles dans la Grèce, soit du:tesgps d'Hippocrate, soil avant lui, soit ‘après lui ; mais les documents que nous possédons sur ces temps reculés ne sont pas suffisants pour nous permettre une affirmation complète.
Ici, s'arrête cet Avertissement, plus long que je n'aurais voulu , inais que je me suis décidé néanmoins à publier, parce qu'il contribue, ce me semble , à l’intelligénce des questions que suscite la Collection hippocratique. Si le lecteur se représente sous combien de faces on peut considérer cette Collection , l’ouvrage de médecine le plus ancien
1 Of ἐπὶ βουδῶσι πυρετοὶ, κακὸν, πλὴν τῶν ἐφημέρων " καὶ of ἐπὶ πυρετοῖσι βουῤῶνες, χαχίονες. Epid. ῶ, 3, p. 315, 1. 20, éd. Frob.
2 Βουῤῶνες μὲν of λοιμώδεες, ἥπατος, καὶ σφόδρα καχοήθεες. 2, 3.
XLII AVERTISSEMENT
que nous possédions, et un de ceux où le génie médical est empreint , il reconnaîtra que c’est à la fois une source de discussiôns laborieuses et d’études utiles.
J'ai donné, dans ce volume, des figures destinées à rendre le texte et la traduction plus aisés à comprendre; chacun sait combien l'esprit ἃ de peine à suivre sur le papierila description d’un appareil. Je me suis borné à cinq figures, parce qu’elles représentent, parmi les modes de réductions des fractures employés par Hippocrate, ceux dont la description offre quelque embarras. Les procédés pour le membre inférieur quejen’ai pas figurés,n’étant que des modifications de la 4 figure (p. 463) et de la 5° (p. 465), s'entendent sans difficulté. De ces cinq figures, la première (p. 357) est due à Vidus Vidius ; elle est fausse ; mais j'ai dû la reproduire ᾿ pour la discuter. La seconde (p. 363) a été dessinée d’après mes indications. La troisième (p. 445), qui est commune à la réduction de la fracture et de la luxgtion de lfiumérus, est prise aux mss. M οἷν. elle ἃ ét6 pübliée par Vidus Vidius, Les figures 4 et 5 sont aussi dans le livre de ce chifurgien. Pour donmer au lecteur l’assurance de ta bonne exécution de ces figures, il me suffit de dire qu elles sont dues . au Crayon de M. A. Chazal.
Étant entré dans ces détails, j'en profite pour payer une ancienne dette, et pour témoigner ici publiquement à M. L. de Sinner ma reconnaissance de la patience attentive et érudite avec laquelle il a bien voulu se charger de la correction des épreuves, mettant ainsi au service dé la plus ingrate des tâches une habileté philologique de premier ordre, non hos quæsitum munus in usus.
Il ne me reste plus qu’à consigner, comme j'ai fait pour le 2e volume, les additions et corrections que m'ont suggérées mes lectures et les critiques d’autrui.