‹ Œuvres complètes d'Octave Feuillet Scenes et comediesChapitre 3 sur 74 · DUPUIS, te contenant · texte numérisé non relu

DUPUIS, te contenant

Marianne, prenez garde ! vous voyez que je 11e suis pas content !

MARIANNE

Je crois bien... Vous ii’ètes pas content îles autres, paicts que vous n’êles pas content de vous ; c’est l’usage.

DUPUIS, éclatant.

Je vous chasse, Marianne !

MADAME DUPUIS, sévèrement.

Allez vite en bas, ma fille.

DUPUIS

Je vous chasse ! Quand ce serait le dernier mot que je dirais dans ma maison, il sera obéi ! je vous chasse! (Marianne tort.)

DUPUIS, à sa femme.

C’est votre faute aussi, ma chère amie. Vous laissez vos domestiques se mettre vis-à-vis de vous sur le pied d’une

LE VILLAGE

familiarité déplacée, — et voilà ce qui arrive! Vous avez entendu que j’ai chassé cette fille ?

MADAME DUPl'IS.

Oui, mon ami. — Je lui ferai son compte demain matin, — si tu ne reviens pas sur ton arrêt.

DUPUIS

Si je ne reviens pas? Est-ce ma coutume de changer d’avis toutes les cinq minutes ? Suis-je une girouette ? ou me jugc-t-On assez affaibli par l’âge pour me laisser faire la leçon chez moi par mes valets?

MADAME DUPUIS

De grâce, nlon ami, pas un mot dç plus là-dessus : — elle sortira demain. (Pariant rite.) Mais je voudrais savoir, George, si tu as bien tout ce qu’il te faut... Permcls-moi de jeter un coup d’œil sur celte malle, veux-tu ? Les hommes ne sont pas grands connaisseurs en matière de nippes, et il suffit en voyage d’une niaiserie qu^on ne retrouve pas pour vous irriter toute une journée... Je sais bien qu’on peut acheter ce qui manque; mais à quoi bon, si on peut s’en dispenser?... (Oaicmcnt.) Et puis cela vous fera penser à moi le long de la route, vagabond !

DUPUIS

A ta guise, ma chcre... Voici les clefs. (MaJamc Dupuis sort ) DUPUIS, ROUVIÈRE.

DUPUIS, changeant de ton et de visage dès que sa femme est sortie.

Dis-moi donc, mon ami, il me semble qu’elle a très-bien pris cela?

HOUVIÉRF., sérieux.

Parfaitement. — Sais tu, George, qu’elle a du bon, ia femme?

DUPUIS, le regardaut avec attention.-

N’est-cc pas?

ROUTIÈRE

Elle est timide, modeste à l'excès ; cela lui fait tort.

DUPUIS

Je te le disais bien, mon ami... Elleavail peur de toi... Tiens, je gagerais qu’une fois la glace rompue entre vous deux lu auras eu peine à la reconnaître?

ROUVIÈRE

C’est la vérité. Sous le coup de l’émotion, — car je ne te cache pas qu’elle a été d’abord vivement cmue, - — elle a trouvé dans son cœur des accents... qui m’ont surpris.

DUPUIS

Oh ! pour du cϟr, elle en a !

ROUVIÈRE

Tu pourrais ajouter qu’elle a de l’esprit, et du plus délicat, et du plus élevé, au besoin!

Duruis, radieux. „

Eh ! mon ami, je lésais bien! je ne suis pas moi-même une bête, n’est-co pas? L’aurais-jc épousée, je te le de- » mande, si je n’avais pas compris qu’il y avait là quelque chose?... Aussi, ce serait à refaire, je te le dis la main sur la conscience, je le referais,... et non-seulement, Tom, je suis heureux de mon choix, mais j’en suis fier !... Eh ! mon Dieu, elle a des travers... je les vois mieux que personne; mais, de bonne foi, qu’est-ce que c’est qu’un peu de gaucherie, de jargon local, — quelques préoccupations de clocher, — lorsqu’à côté de ces taches on voit éclater chez une femme la tendresse la plus dévouée et la plus ferme, le sens le plus droit et le plus exquis, — la piété la plus ardente, — et en même temps îa plus discrète... toutes les vertus enlin qui peuvent captiver un honnête homme.

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LE VILLAGE. * *9

ROUVIÈRE, riant et lui touchant ’• épaule.

Ah ! ah ! rhonnête homme ! Je te vois venir !... Allons... c’est bien.

Diipms

Comment?

ROUVIÈRE

Bon ! la conclusion de ce discours est assez claire : en y songeant mieux, en évaluant plus- à loisir tout le prjx du trésor qu’on a dans sa maison, — on a perdu le courage de le quitter. Tu me laisses partir seul enün... Au surplus, je le comprends.

DUPUIS

Je te jure, mon ami...

ROUVIÈRE

Assez, assez... je le comprends, le dis-jc.

• DUPUIS, avec humeur.

Eh! tu le comprends mal... Je n’ai jamais mis en oubli les qualités de ma femme; mais, fût-elle dix fois une sainte, il n’en demeure pas moins vrai que j’ai vécu, moi, conîmeim limaçon ! Eh ! pardié, ses vertus, je n'en jouirai que mieux quand le sentiment de ma dégradation intellectuelle ne se mêlera plus, comme la voix de l’insulteur romain, à mes plus douces émotions!

ROUVIÈRE, haussant les épaules.

Il me fait rire, ma parole, avec sa dégradation intellectuelle!

DUPUIS

Tu ne riais pas, il n’y a qu’un instant, quand tu me la dépeignais avec des couleurs — dont ton amitié tempérât à peine l’énergie !

ROUVIÈRE

Comment ! tu n’as pas vu que je plaisantais?... TuuS les gens d'esprit qui habitent la province s’imaginent qu’ils y

deviennent idiots. — Je pressentais chez toi cette manie, et je m’amusais à l’irriter... après boire !

curuis.

Quoi qu'il en soit, je tiens à ce voyage plus que jamais : si j’ai eu un moment d’hésitation, il est passé ; j’ai pu craindre, je l’avoue, l’impression de ce départ sur l’esprit de ma femme ; mais sa contenance vient de dissiper mes derniers scrupules.

ROUVIÈRE

Écoute, George; lu le Des trop aux apparences : pour ne pas te contrarier, ta femme affecte une fermeté qui est bien loin de son cœur. Je sais, moi ..

DUFUIS, avec colcre.

Tu sais, toi !... tu sais que tu as réfléchi, que je te gênerais, et que tu me plantes là, voilà !

ROUVIÈRE

Mais non, Geoige!... c'est un malentendu, — rien de plus. J’ai cru sincèrement, à ton langage, que tu avais changé de visée... J’ai cru aller au-devant de tes vœux en te rendant ta parole... Dès que tu persistes, il suffit ; j’en suis ravi.

MARIANNE, outrant la porte.

Voilà les chevaux ! (EU* referme la porte brusquement.)

ROUVIÈRE

Hon, elle m’égorgerait, si elle pouvait, celte vieille- là. Or çà , ceignons nos reins. (Il S’enveloppe de son manteau en piaffant sur le parquet.) A propos... diable!... je crois me souvenir que tu ne dors pas en voiture, toi ?

DEPUIS

Je te demande pardon ! le mieux du monde.

ROUVIÈRE

Bon, tant mieux... C’est attelé, je pense?... Celte fenêtre * donne-t-elle sur rue ? (Il 1’eatr'outre «l la referm-: auisitùt.)

LE VILLAGE

Oh ! oh ! quelle bise infernale !... c’est à fendre les pierres !... Ah çà ! j’y songe... j’ai une glace brisée... j’ai peur que tu ne gèles là-dedans, mon pauvre ami ?

DUPUIS, faisant sa toilette de voyage.-

Ne crains rien; je supporte le froid comme un Lapon.

ROUVIÈRE

Oui ?... Allons, bravo !...( Neuf heures sonnent. Entre madame Dupuis portant un châle.)

MADAME DUPUIS, d'une voix brève et agitée.

Tout est prêt. Voici tes clefs, mon ami. J’ai réparé quelques petits oublis, tu verras, et puis, tiens, je t’ai coupé une moitié de mon vieux cachemire pour t’envelopper le cou.

DUPUIS

Quelle folie! couper son cachemire !... Allons, puisque c’est fait, donne ; mais c’est de la folie.

madame DUPUIS.

Et voici l’autre moitié pour vous, monsieur Tom.

ROUVIÈRE

Pour moi? (il la regarde finement.) Merci, madame, merci bien.

MADAME DUPUIS

Vous vous souviendrez de vos promesses, monsieur,

n’csl-ce pas ? (Rouvière fait signe que oui, et se détourne avec brusquerie.) Et toi, George, tu écriras à ta fille, surtout ?

DUPUIS

Souvent, — ■ et à toi aussi. (Il enfonce sa casquette sur ses yeux.)

ROUVIÈRE, il se chauffe les pieds, et consulte avec distraction un calendrier posé sur la cheminée ; tout à coup il s’écrie:

12 janvier!... Comment! c’est aujourd’hui le 12 janvier!

MADAME DUPUIS

Oui, — je pense... Quelle date est-ce donc, le 12 janvier?

ROUVIÈRE

Oh! c’est une date qui ne regarde que moi... Il y a cinq ans,

— à pareille époque et presque à pareille heure, — je traversais une épreuve qui sortira difficilement de ma mémoire... 'Frappuut du pial.) Y sommes-nous, George? depuis.

Quelle épreuve ? Un accident ?

BOUVIÈRE

Non. J’étais malade, tout simplement, — et malade dans une auberge, ce qui n’est pas gai.

DU FUIS, sèchcmoul.

On est malade partout.

ROUVIÈRE

Évidemment ; mais à quel point les impressions de la maladie et de la mort elle-même peuvent êlie différentes suivant les conditions où elles nous surprennent, voilà ce qu'il faut avoir éprouvé pour le concevoir.

Heu ! la mort est toujours la moi t.

ROUYli RE.

Tu crois cela, toi?... J’aurais voulu t’y voir... Tiens c’était à Peschiera, sur le lac de Garda, joli pays d’ailleurs... nous passerons par là... je te montrerai la maison... J’y fus retenu par je ne sais quelle fièvre d’un méchant caractère. Pendant huit jours, tout alla bien, car j’étais dans un délire continuel ; mais un beau soir, — dans la soirée du 12 au 13 janvier, justement, — je m’éveillai tout à coup avec un tel sentiment d’anxiété et de faiblesse, et en même temps avec une lucidité d’esprit si bizarre, que je r.c doutai pas de ma fin prochaine... Eh bien ! George, j’ai affronté dans ma vie bien des scènes d’épouvante, — et je me les rappelle avec une sorte de plaisir ; mais, quand je songe à l’instant de mon réveil dans cette misérable chambre d’auberge, — des frissons d’horreur me courent dans les os.

LE VILLAGE. 43

[Marianne entre ; sur un signe de madame Dupuis elle s'arrête prés de la porte )

DUPUIS, se rapprochant.

Que vis-tu donc dans cette chambre ?

BOUVIÈRE

Rien d’extraordinaire cependant. — Des gens qui croyaient, comme moi, que j’allais passer; — une vieille femme et un jeune médecin, qui causaient bas dans un coin, un prêtre agenouillé au pied de mon lit, et pour encadrement à ce tableau d’une banalité funèbre, les rideaux flétris et les meubles dépareillés d'un hôtel garni. Mais ce qui me révolta, ce qui me remua jusqu’au fond de l'âme, ce ne fut ni l’aspect ignoble de cet intérieur, ni même l’appareil de mort qui le remplissait : ce fut l’air d’insouciance et de distraction barbare répandu autour de moi, ce fut l’abandon profond, le vide où je me sentais mourir. — Je ne pouvais parler; mais... Dieu! que celte vision m’est demeurée présente!... je regardais comme un suppliant de tous côtés, essayant de rattacher à quelque faible lien la vie qui m'échappait , demaudant avec angoisse à ces visages impassibles un signe d’intérêt ou seulement de pitié, interrogeant dans l’ombre les murs même, les meubles, tout... cherchant un seul objet qui me parlât au cœur... un seul souvenir qui me berçât mon dernier sommeil... quelque chose qui m'eût connu et qui me dît adieu ! — Tout m’était étranger.

DUPUIS, sombre el bourru.

Eh! la mort n’est jamais une circonstance agréable! En ce moment de crise, l’isolement peut avoir ses tristesses ; mais l’entourage de tamille a les siennes, qui ne valent pas mieux.

ROUVIÈRE, avec une mé'accolie grave.

Le penses-tu?... Quant à moi, la mort, telle que Dieu

l’a faite pour tous les hommes, telle que le plus grand nombre la souffre, la mort attendrie et consolée, celle qui estpleurée et qui pleure aussi, m’apparaissait, auprès de mon 'agonie solitaire, comme une douce fête à peine troublée!... Ah! je fis, celle nuit-là, de singulières réflexions !... (Il ie frappe le fronl de U m»in.) Voyons, CS-lU prêt?

DUPUIS

Quand tu voudras... Quelles réflexions pouvais-tu faire?

ROUVIÈRE

Ah! pour te dire vrai, je perdis quelques grains de men orgueil; je me félicitai moins de l’existence que j’avais choisie hors de l’ornière commune... Pourquoi le nier? Le vrai livre de la vie s'ouvrit tout à coup sous mes yeux, et j’y lus à toutes les pages, écrits d’une main divine, les mots devoir et sacrifice ! Je n’avais pas voulu de celle loi vulgaire; je n'en avais vu que les rigueurs : j’en connus les bienfaits!... j’en avais déserté les entraves pour courir à l’indépendance, et je n’avais trouvé qu’un éternel exil... j’avais pensé conquérir sur la routine humaine des biens inconnus de la foule, je n’avais conquis qu’une jeunesse sans affections, — une vieillesse sans appuis, — une mort sans larmes! .. (a*cc force.) Alors, George, alors je sus à quel prix Dieu nous vend l'égoïsme !

DUPUIS

Tu fus longtemps dans cet étal?

ROUVIÈRE

Assez pour ne l’oublier jamais... Le jeune médecin, voyant mon regard se fixer sur lui, s’approcha de mon lit, et je sentis sur mon bras le contact de sa main froide, indifférente comme son cœur. Je le repoussai et je fermai les yeux. — J’avais vu mourir mon père ; je me rappelai soudain, avec une clarté de souvenir qui m’éblouit comme

LE VILLAGE

une apparition, tous ceux qui l’avaient assisté à cette heure suprême, les serviteurs familiers de la maiaon, le vieux docteur et le pi ètre à cheveux blancs, l’un et l’autre ses amis d’enfance, — ma mère enfin, mon excellente mère, tous penchés vers lui, tous lui souriant à travers leurs pleurs, et lui charmant la mort après lui avoir enchanté la vie ! A cette pensée, à ces images, mon cœur, tout desséché qu’il fût, se fondit en sanglots... (w roi* se brise.) J’étais Sauvé. (Il fait quelques pas, madame Dupuis, debout, le coude appuyé sur la cheminée et la télé daos sa trtain, détourne lesyeui)

DUPUIS, troublé.

Ces souvenirs te font mal, mon ami !

BOUVIÈRE, d' une voix rauque.

Ils me font mal, — oui !... c'est que tout ce que je vois ici, dans ce Salon même, les réveille... les exalte encore! (Se pariant à lui-même.) Tous ces logis d’autrefois se ressemblent... j’ai vu tout cela dans ma première... dans ma meilleure jeunesse... Près de la fenêtre, comme ici, était la petite table de travail devant laquelle je retrouvais ma mère chaque année; au coin du feu, le grand fauteuil d’où mon père se levait pour m’embrasser ; sur les murs, les portraits de famille, gardiens de la paix et de l’honneur domestiques ; partout, comme ici, la trame visible de deux existences étroitement unies... à jamais enlacées!... C’est là que je les ai vus... J’aurais dû m’instruire à leur exemple... et il m’a fallu traîner par toute la terre l’ennui de ma vie déracinée et le remords sans trêve du devoir méconnu — avant de comprendre qu’ils étaient heureux !... Euxmêmes le. savaient-ils?.. Hélas! n’ai-je pas entendu mon père envier ces amers plaisirs que je devais goûter? n’ai-je pas été plus d’une fois le témoin ou le* confident de leurs « plaintes, de leurs griefs mutuels? Pauvres vieillards!

et, dès que l’un d'eux eut disparu, l’autre ne put vivre..,

DUPUIS

Mon ami!

ROUVIÈRE, liés ému.

Eh bien ! moi, sitôt que cette maison fut vide, je la vendis!... j’eus ce cœur-là!... La chambre où j’étais né, la fenêtre où travaillait ma mère, où j’avais vu le soleil pour la première fois, toutes les traditions, toutes les fidèles amitiés du sol natal, je vendis tout !... Je fis mieux... j’aliénai mon patrimoine... je rivai à jamais la chaîne de mon égoïsme... si bien qu'aujourd’hui je ne puis plus même assurer à ma vieillesse, par 1’appàt d’un héritage, le mensonge d’un peu de dévouement.... Hélas! ce qui m’est plus sensible, je ne puis racheter celte pauvre maison de village, pour y être aimé... au moins par des ombres... pour y vivre moins seul les derniers jours qui me restent pour y mourir !... U-.ec violence ; Eh bien! partirons-nous enfin?

DUPUIS, avec élan, lui saisissant la main.

Oui, Tom, oui, nous allons partir, — si tu refuses d’accepter pour toujours à mon foyer de famille la place d’un ami, — la place d’un frère? U sa femme ) Et toi, — ne pleure pas... oublie cette heure d’ingratitude... la première de ma vie... la dernière aussi!

MADAME DUPUIS, lui sautant au cou.

Oh! George! (Courant à Rouvière, qui les regarde d'un œil humide)

Oh ! monsieur Tom, si çe bonheur que vous venez de nous rendre pouvait vous tenter, avec quelle joie nous vous en ferions votre part!

ROUVIÈRE, hésitant.

Madame!... mes amis!... Ah! George, on ne joue- pas avec la vérité... Je me suis pris comme un enfant au piège que je te tendais. (U s’assied comme près de défaillir : Georgo

LE VILLAGE

el sa femme l'entourent en leeuppliant. Il reprend àdemi vois :) C’est UI1

doux songe cependant pour un pauvre abandonné comme moi !

MADAME DUPUIS, joignant les mains avec transport

Il reste!

MARIANNE, qui s'essuie les yeux dans son coin.

Je vas lui faire son lit dans labeile chambre bleue, n'estce pas, madame? (Elle court rcrsla porte.)

ROUVIÈRE, ac levant précipitamment.

Eh ! diable, Marianne !

MARIANNE

Je vous disque j’y vas!

ROUYIÈUB.

Eh bien!... oui, c’est bon... mais n’allez pas me mettre les pieds plus haut que la tête, ma toute belle !... Soixante centimètread’inclinaison.s’il vous plaît! et puis, Marianne, gardez-VOUS, sur votre vie... (Il s'interrompt, secoue la tète en souriant et ajoute avec douceur :} Faites comme vous l’entendrez, Marianne, ce sera très-bien. (Marianne sort) Vous voyez, mes amis, toujours ce maudit égoïsme qui perce... mais vous me déferez de cela, vous autres.... Ah ! je vais donc me reposer un peu ! (U se rassied.) Faites-moi un grand plaisir, madame Dupuis.... Je connais par expérience les misère, de l’exil... rappelez votre chatte!

LE CHEVEU BLANC

PERSONNAGES

FERNAND DE LUSSAC , quarante-cinq ans.

CLOTILDE, sa femme, trente-cinq aBS.

— LA Sf.feNT. SE l'ASSE A PARIS. —

LE CHEVEU BLANC

La chambre de Clolilde : intérieur £0t.' l '<. leur et élégant. — Por'e à droite dans un pan coupé ; porte au fond. — l'ue cheminée dans un pan coupe à gauche; une lampe allumée et du feu. — Fenêtre à gauche. — Il est une heure du matin. Clotildc, en toilette de bal et en burnous, entre par la porte de droite. U. de Lussac reste au dehors sur le palier, un bougeoir à la main, comme s'apprêtant à monter à l’étage supérieur : il porte pardessus son costume de bal un paletot dont le collet est relevé.

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