‹ Œuvres complètes d'Octave Feuillet Scenes et comediesChapitre 31 sur 74 · AL1LA · texte numérisé non relu

AL1LA

déesses amoureuses!... Illusion ridicule!... une heure... un instant me suffirait pour éteindre cette dernière curiosité de ma jeunesse... je serais plps tranquille ensuite, ne laissant derrière moi aucune séduction vivante, aucune tentation debout... cet idéeal vu de près tomberait en poussière comme tous les autres... — Elle demeure près d’ici...

oui, un instant me suffirait... je pourrais, sans trahir ma parole... Ah! honte sur moi! lâche cœur, je te briserais plutôt de ma main ! sang maudit, je te répandrais plutôt v hors de mes veines ! (11 s'éloigne à pas précipités.)

Un boudoir de la villa Falconicri»

intérieur d'une &oniplucn&c élégance.

LEONORA , plongée dans les coussins d'un divan , LE CHEVALIER CARNIOLI, debout, jouant avec une chaise

CARNIOLI.

Ainsi je puis espérer de vous voir à Madrid vers le milieu de juin?

Oui.

CARNIOLI.

Voire conversation est celle d’une personne qui s’ennuie, princesse. — Si pour rompre le cours de vos idées nous soupions, qu’en pensez-vous ?

Non.

CARNIOLI.

Voulez-vous que je m’en aille?

' LF.ONORA.

Non.

CARNIOLI, louchant le clavier d'un piano.

Voulez-vous que je vous joue le chant de Boabdil ?

Non.

CARNIOLI.

Voulez-vous que je vous dise ce que vous voulez"-

LEONORa.

Dites.

CARNIOLI.

Vous voulez voir le signor André Roswein.

LEONORA. tranquillement.

Vous êtes un insolent, Carnioli; mais cela m’est bien égal. Je me soucie de vous, mon ami, et du monde entier, comme d’une pièce de cinq francs.

CARNIOLI

Du monde entier, excepté du petit André Roswein.

Page 1