DA U LA
J’atleste que vous meniez.
CAKNIOLI.
Princesse, je ne sais véritablement pas où vous voulez en venir: vous avez la tête forte, j'en conviens; mais vous n'ignorez pas que je vous tiens dans ma main, et que j’ai la main ferme. Je me demande par quelle issue vous espérez m’échapper, cela me passe.
Comment! le misérable ne veut pas sortir!... André, il vous a reproché, je crois, de ne pas savoir manier cette cravache... donnez-la-moi donc !
CARNIOLI, hors de lui.
Ah ! mille serpents à sonnettes! elle veut que nous nous coupions la gorge l’enfant et moi ! voilà son plan ! j’aurais dû le deviner dès qu'elle est entrée... Pas un mot, pas un geste, André, ou tu t’en repentiras le reste de tes jours !... J’ai chez moi un paquet de ses lettres ; dans vingt minutes, je te le rapporte !
ROSWEIN.
Leonora, que dit-il donc?.
11 ment.
CARNIOLl.
Attends- moi vingt minutes, si tu es un homme, (il sort.)
ROSWEIN, LEONORA. (Dès que Carniuli est sorti, Ixonora s'affaisse sur ses gonoux, la tête dans scs mains, et éclate en sanglots.)
. ROSWEIN.
Leonora !... pourquoi ces larmes?. .. je ne le crois pas '
LEON'OKA, d'une voix étouffée. \
Tuez moi ! tuez-moi avant qu’il ne revienne !
ROSWEIX.
Ciel puissant! c’est donc vrai ! (Eeonora sanglote saut répondre; tes cheveux inondent ses épaules ) Oh ! Dieu juste ! (U marche à Ira vert la chambre. Moment de silence. lleftenant près d’ciJe, il reprend d’une voix
sourde:) Pourquoi m’avez-vous trompé? A quoi bon? Ne vous aurais-je pas tout pardonné?
LEONORA, toujours prosternée sur le parquet et sanglotant
Et m’auriez-vous aimée?... aimée de cette pure tendresse, — de ce noble amour d’enfant dont j’élais si indigne, André, — mais par lequel j’élais si heureuse !... Hélas! que de fuis l’aveu de mon infamie a failli s’échapper malgré moi d’un cœur qui débordait !... car c’était un bonheur bien troublé que le mien, André... je vous avai3 trompé!... l'amertume de cette pensée Se mêlait à 'toutes mes joies... elle empoisonnait ma vie... mes paroles... mou humeur... c’était la source unique deces mauvais caprices dont je vous torturais, pauvre enfant!... Que de fois j’ai fléchi sous le fardeau ! que de fois j’ai été près de vous dire: Ne touchez pas mon front... il souille vos lèvres!. v. et puis le courage me manquait... je ne pouvais.. .jene pouvais!. ..(Elle pleure.) Je vous aimais... vousme croirez peut-être maintenant que tout est fini, Rosweiu... je vous ai bien aimé !
KOSWE1N.
Je ne vous crois pas.
LEONOIU.
Non...jcnepuis m'eu plaindre, j'ai tué la confiance.. . tou!
CSt fini, je le sais bien.. .(Elle se lève el va tomber épuisée sur ledivtn.)
Je ne vous demande rien... rien... Ah! je serais la pre-