‹ Œuvres complètes d'Octave Feuillet Scenes et comediesChapitre 47 sur 74 · CA 71X10 LI · texte numérisé non relu

CA 71X10 LI

Eh bien! il faut la remercier. Tu en auras l’esprit plus . libre. Viens-t’en.

ROSWEIN, saisissant le bras de Marietta.

Ecoute, toi, et réponds-moi avec vérité, ou ne te tiens pas une heure de plus à portée de ma main ; car, sur ma vie, tu paierais pour tous : — elle est partie avec ce chanteur, n’est-ce pas?

marietta, à Camîoii.

Au secours, monseigneur !

CAUNIOLI.

Réponds-lui.

• marietta.

Avec le chanteur,... oui.

ROSWEIN.

Où sont-ils?

MARIETTA

A fi.iële.

ROSWEIN.

A Gaëte! — Suivez-moi, chevalier. Bcppo doit être revenu. Nous trouverons vos chevaux à la grille.

CARNIOLI.

Mais que vas-tu faire?

Vous verrez bien. Venez.

CARNIOLI.

Est-ce que je veux m’embarquer dans ton algarade? lu es fou !

ROSWEIN.

Ne venez donc pas. Bonsoir, (il s'en ta.)

CARNIOLI.

Arrête, mort-dieu ! je te suis... Je serai destitué,... mais cela m’est égal !

ROSWEIN.

Passons chez moi. 11 nous faut des armes, (tu sortent.)

Minuit. — L'ne rampe escarpée sur le chemin de Caëtc. — A droite, des collines chargées de bois et plongées dans l'ombre. A gauche, la mer, plus lum’ncuse, battant te pied d'une falaise, que la route gravit en tournant.

ROSWEIN, CARNIOLI, tous deui à cheval, moutant la rampe

au galop.

CARNIOLI.

Cette route est déserte comme le Sahara. La Marietta nous a trompés. Du train quç nous marchons, nous les aurions rejoints nécessairement, s’ils suivaient cette direction... Peut-être aussi vont -ils par mer... Retournons, crois-moi.

ROSWF.IN.

Retourne si tu veux ! — Hop ! hop là !

Pense à la Sicile, André,... pense au chant du Calvaire.

ROSWEIN

Je le chante, le chant du Calvaire!

• CARNIOI.I.

Pas si vite, que diantre! — Voilà une horrible nuit... li y a des moments où ma raison me quitte... Si je croyais à l'enfer, je croirais y être!... Nous perdons notre temps, te dis-je.

ROSWEIN.

Avançons! Je vois un point sombre là-haut... n’est-ce pas une voiture? •

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