‹ Œuvres complètes de A. F. Ozanam (volume 2)Chapitre 28 sur 30 · PREMIÈRE LETTRE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE LETTRE

« J'ai désiré d'un grand désir de voir votre lace « et de converser avec vous ; car vous êtes mon « seigneur, vous êtes mon roi, vous êtes mon fils « spirituel. Mon seigneur, je vous dois et je vous « offre mes conseils et tous les services qu'un « évêque peut rendre, sauf l'honneur de Dieu et de « la sainte Église; mon roi, je suis tenu de vous « respecter toujours, et de vous avertir à l'heure ce du péril ; mon fils spirituel, mon devoir est de « vous reprendre dans vos égarements... Vous

ce devez savoir que vous êtes roi par la grâce de ce Dieu. Or, les rois, au jour de leur sacre, reçoivent a trois onctions : à la tête, à la poitrine, au bras, ce « qui signifie la gloire, la science et la force. Quand « les rois des anciens âges prévariquèrent contre la « loi de Dieu, Dieu leur ôta la force, la science et la ce gloire ; il rendit ces dons à ceux qui se repencc tirent... Ecoutez encore : l'Eglise de Dieu se cornet pose de deux ordres : le clergé et le peuple. Dans ce le clergé sont les apôtres et les papes, hommes a apostoliques, et les évêques et les autres docteurs ce à qui est confié le soin de l'Eglise, afin que tout a soit ramené au salut des âmes. C'est pourquoi il « a été dit à Pierre et aux autres pasteurs, et non « pas aux rois et aux princes : ce Vous êtes Pierre, « sur cette pierre j'édifierai. » Dans le peuple sont « les rois et les princes, les ducs et les comtes, et « les autres puissances auxquelles est dévolue l'ad- « ministration des affaires séculières, afin que « tout soit ramené à la paix et à l'unité de l'E- « glise... Que mon seigneur écoute donc le conseil ce de son fidèle, l'avertissement de son évêque, les « exhortations de son père. N'ayez plus désormais « d'alliance avec les schismatiques ; ne dérobez ce point à l'Eglise ce qui lui appartient. Permettezce lui de jouir, dans votre royaume, de la même lice berté qui lui est assurée dans les royaumes étran-

ce gers. Souvenez-vous de la charte qu'au jour de ce votre couronnement vous posâtes, écrite de votre ce main, sur l'autel de Westminster : vous promîtes « alors de conserver à l'Église son indépendance. c< Rendez à l'Église de Cantorbéry, de laquelle ce vous avez reçu l'onction sainte, son antique pros- « périté. Rendez-lui et rendez-nous ses biens et les ce nôtres : je dis mal en les appelant les nôtres ; ce « sont les biens des pauvres, le patrimoine du cruce cifié, que nous avons, non point en propriété, ce mais en garde et en tutelle. Permettez aussi, si ce tel est votre plaisir, que nous retournions à notre ce siège en toute sûreté, et que nous remplissions ce librement nos fonctions, ainsi que le devoir le ee commande et que la religion l'exige. Et nous, en ce retour, nous sommes prêts à vous servir comme ce notre seigneur très- cher et notre roi, à vous servir ce avec dévouement et fidélité, selon notre pouvoir, ce Autrement, tenez pour certain que vous éprouce verez la sévérité de Dieu. »

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