‹ Œuvres complètes de A. F. Ozanam (volume 3)Chapitre 8 sur 51 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Au seuil de toute doctrine philosophique se rencontre une question inévitable : c'est la définition même de la philosophie. La définir, c'est déterminer la place qu'elle occupe dans l'ordre de nos connaissances, les rapports qu'elle soutient avec celles qui semblent les plus voisines , les parties dont elle se compose, la méthode qu'elle suit.

Dan le croyait à cette maxime répandue parmi les sages de tous les temps, et surtout chère aux poètes : qu'il existe une harmonie préétablie entre les œu-

vres de Dieu et les conceptions humaines , et que l'homme est un abrégé de l'univers. Il ne refusait pas toute confiance aux spéculations de l'astrologie, qui cherchait à développer cette idée en constatant de nombreuses correspondances entre les phases des révolutions célestes et celles de la vie terrestre. Comme dans le système de Ptolémée neuf cieux superposés environnaient la terre, versant la lumière sur les choses sensibles, exerçant des influences diverses sur la génération des êtres, sur les tempéraments, sur les caractères, les passions et les autres phénomènes du monde moral ; ainsi, selon le système encyclopédique de Dante, neuf sciences enveloppent l'esprit humain, illuminant les choses intelligibles, répandant la fécondité et la variété dans le monde de la pensée. Aux sept cieux des sept planètes répondent, par des analogies qu'il serait trop long de rapporter, les sept arts du trivium et du quadrivhim. La huitième sphère, avec ses étoiles brillantes et sa voie lactée, ses deux pôles visible et invisible, ses deux mouvements, rappelle la physique et la métaphysique se confondant ensemble, malgré leurs clartés inégales et leurs tendances différentes. Le ciel cristallin , ou premier mobile qui entraîne tous les autres, ressemble à la morale, d'où part l'impulsion motrice de toutes les autres sphères intellectuelles. Et de même qu'au-dessus de

ces orbes matériels s'étend le ciel empyrée, pure lumière, immuable en son repos; de même, par delà toutes les sciences profanes, se trouve la théologie, où la vérité repose dans une radieuse et pacifique évidence. La physique, la métaphysique et la morale sont donc les derniers degrés de l'échelle scientifique auxquels nos forces naturelles puissent atteindre : on les réunit sous le nom de philosophie (1). La philosophie, dans le sens étendu de son étymologie, est plus encore : c'est une affection sainte, un amour sacré dont l'objet est la sagesse. Et comme nulle part la sagesse et l'amour n'existent plus parfaitement unis qu'en Dieu même, il est permis de dire que la philosophie est de l'essence divine, qu'elle est l'éternelle pensée, l'éternelle complaisance réfléchie sur elle-même, la fille, la sœur, l'épouse du souverain empereur de l'univers (2).

(1) Convito, tratt. n, 14-. — Dico che per cielo intendo la scienza, e per li cieli le scienze, per tre similitudini che i cieli hanno colle scienze, massimamente per Tordinee numéro in che paiono convenue. La prima si è la revoluzione delP uno e delP altro intorno a un suo immobile, che ciascuno cielo mobile si volge intorno al suo centro; e cosi ciascuna scienza si muove intorno al suo suggetto. — La seconda similitudine si èlo illuminare delF uno e deir altro. Chè ciascuno cielo illumina le cose visibili ; e cosi ciascuna scienza illumina le intelligibili.E la terza similitudine si è lo inducere peri'ozione nelle disposte cose, etc., etc.

(î) Convito, tratt. n, 16; m, 12, 14, 15. — Filosofia è uno amoroso uso di sapienza; il quale massimamente è in Dio, perocch<N in lui è somma sapienza e sommo amore... Sposa dollo imperadore

Cette notion de la philosophie va achever de prendre corps, et, mise en face de la théologie, elle laissera mieux voir ce qui l'en rapproche et ce qui l'en distingue.

Au milieu du chemin de la vie, dans une forêt solitaire, ténébreuse, où l'a fait s'égarer l'ivresse de ses sens, au pied d'une montagne dont trois monstres lui disputent l'accès, le poëte s'effraye : la reine des cieux l'a vu et s'en émeut ; elle avertit la bienheureuse Lucie, qui s'adresse à Béatrix : Béatrix descend du ciel, et Virgile, invité par elle, sort des enfers ; et tous deux sauveront le poëte errant, en le conduisant tour à tour à travers les régions éternelles (1). Les principaux traits de ce récit sont historiques : les égarements de Dante; son culte de prédilection pour la Vierge mère et pour sainte Lucie, autrefois si chère à la piété italienne ; la part qu'il avait faite à Béatrix dans ses affections, et à Virgile dans ses études. Mais les réalités sont aussi des figures : le poëte, c'est l'image la plus complète de l'humanité avec ses instincts sublimes et ses iné-

del cielo, e non solamente sposa, ma suora e figlia dilettissima. — Cf. Hugo à S. Victore, Eruditionis didascalicx, 1.1, m; If, i. (1) Inferno, i et n. Convito, iv, 24. La selva erronea di questa vita.

narrables faiblesses; la Vierge Marie, si tendrement miséricordieuse, représente la clémence divine. L'exemple des hagiographes contemporains, accoutumés à chercher dans les noms des saints de mystérieuses vertus, autorisait à faire agir sous le nom de Lucie la grâce illuminante (1). Mais surtout Béatrix, qui, par un heureux ascendant, avait dominé Fâme de Dante, qui Pavait dégagé de la foule des esprits vulgaires, qui, plus tard, en mourant, l'avait entraîné par la pensée dans le séjour des élus, qui lui était apparue comme un rayon de la beauté divine; Béatrix ne devait plus être pour lui une simple fille des hommes , mais une intelligence inspiratrice, une dixième Muse, la Muse qui, dans ce temps, dominait toutes les autres, la théologie (2). Enfin Virgile, considéré à cette époque sous un aspect qui ne nous est pas familier, d'une part, à

(1) C'est l'interprétation de tous les commentateurs.

(2) Passages où Béatrix est prise pour symbole de la théologie : Inferno, n, 26, 35. Purgalorio, vi, 16; xvm, 10.

0 donna di virtu sola per cui L'umana specie eccede ogni contenlo Da quel ciel ch'a minori i cerchi sui ' . . . Béatrice, Iode di Dio vera.

Quella

Che lume lia tra '1 vero e l'intelletto. . . . Da indi in là l'aspetta Pure a Béatrice, ch' è opra di fede.

Voyez aussi Purgatorio, xvm, 34; xxx, 11; xxxi, 12, 37, 44; xxxn, 32; xxxm, 49. ParadiiO, t, 19, 24; iv, 22, 39; xvm, 6; xxviii, 1 ; xxxï, 28.

cause de sa quatrième églogue, comme l'un des précurseurs de la vérité religieuse au milieu du monde païen ; d'une autre part, à cause des exagérations de ses commentateurs, comme le dépositaire de toutes les connaissances de l'antiquité (1) ; Virgile était ? aux yeux de Dante , le maître de toute science humaine, c'est-à-dire de la philosophie (2), Ainsi, dans les relations de ces deux personnages poétiques, il faudra reconnaître celles des deux ordres d'idées qui se personnifient en eux.

Or il en est des divisions de la science comme de celles qu'on trouve dans la nature : c'est une chaîne dont chaque anneau ne se ferme qu'après qu'un autre s'y est enlacé. Il y a une théologie naturelle qui est du domaine des études philosophiques ; il y a des études philosophiques dont la théologie em-

(1) Voyez le fragment d'un commentaire de Bernard de Chartres sur les six premiers livres de X Enéide, à la suite des écrits d'Abailard, publiés par M. Cousin.

(2) Virgile représente la philosophie :

Inferno, i, 50; iv, 25; vu, 1 ; xi, 13. Purgatorio, vi, 10; xvm, 1, 1G.

. . . Famoso saggio

0 tu ch'onori ogni scienza ed artc.

. . . Quel savio gentil che tutto seppe.

0 sol, che sani ogni visita turbata.

0 Luce mia . . .

1/ alto dottore. . .

. . . Quanto ragion qui vede

Dir ti poss' io. . .

Explication du sens prophéticme de la sixième églogue Purgatorio, xxti, 24.

prunte le secours. Ou plutôt la philosophie a deux parties : Tune est la préface, l'autre le commentaire de la théologie ; l'une est l'anticipation, l'autre le développement de la foi par la raison. Dans l'histoire de l'homme comme dans celle de l'humanité, la foi est le fait primitif. Elle descend par la parole dans les ténèbres de notre ignorance, elle y réveille la raison, et la fait passer de la puissance à l'acte ; elle la soutient ensuite dans sa marche chancelante par une action insensible et continue; puis, quand la raison est arrivée au terme de sa carrière naturelle, la foi, se rendant visible, reçoit d'elle, avec ses hommages, ses notions acquises et ses procédés accoutumés. Ainsi , par un concours admirable, s'accomplit l'éducation de l'intelligence. C'est selon cette conception plus large de la philosophie, que s'expliquent d'une manière satisfaisante les deux rôles de Virgile et de Béatrix. On comprend pourquoi Béatrix, revêtue de l'autorité de la foi, descend dans la nuit infernale afin d'en faire sortir Virgile, qui représente la raison. On comprend les fonctions du sage païen, soit qu'il pénètre dans les profondeurs des enfers ou qu'il gravisse les sommités du purgatoire; soit qu'il s'arrête à l'entrée des régions célestes ; soit que les secrets du monde matériel et de la vie morale lui semblent familiers; soit qu'il reconnaisse el

propose les problèmes d'un ordre supérieur, qu'il en décline ordinairement la solution, ou qu'il ne puisse s'empêcher de la laisser entrevoir quelquefois. On sait pourquoi la vierge chrétienne exerce une secrète et constante assistance, jusqu'à ce qu'elle apparaisse dans tout son éclat sur les derniers confins de la terre et du ciel ; et pourquoi, s'élevant à travers l'espace, se rapprochant toujours de la Divinité, elle ne dédaigne pas d'interrompre ses contemplations, et de résoudre les questions proposées par celui qui la précéda. Enfin, on conçoit cette association merveilleuse de Virgile et de Béatrix pour conduire le poëte, c'està-dire l'homme, à la paix, à la liberté, à la santé spirituelle, qui est le principe de l'immortalité future (1).

En même temps que les rapports extérieurs de la philosophie se font ainsi reconnaître, sa constitution intérieure se détermine. On a déjà vu qu'elle comprend la physique, la métaphysique et la morale : et, en effet, les enseignements des deux personnages allégoriques embrassent l'homme, la nature, et les

(1) lnferno, n, 17. Purgatorio, i, 18; vu, 8; xxi, 19; xxm, 44: xxvii, 40; xxx, 17. Paradiso, n? 21 ; xxxi, 29.

êtres qui sont au delà. Dans cette énumération, la logique est laissée à l'écart. Il semble que le hardi poëte la dédaigne ; il s'élève contre ces questions oiseuses où l'école aime à se jouer : « Quel est le nombre des moteurs des cieux ? si le nécessaire et le contingent étant donnés dans la majeure et la mineure, le nécessaire peut se trouver clans la conséquence? s'il faut admettre l'existence d'un premier mouvement? si dans un demi-cercle on peut inscrire un triangle autre qu'un rectangle (1) ? » Il apprécie librement la valeur des formules de raisonnement où la plupart de ses contemporains mettaient une confiance illimitée : il distingue l'enchaînement des vérités d'avec celui des termes qui en sont les signes ; et, si le vrai se rencontre dans la conclusion du syllogisme, il s'y rencontre, selon lui, par accident, et parce qu'il était présent tout d'abord sous les paroles des prémisses (2). Il laisse l'art de raisonner, relégué sous le nom de dialectique, au second degré du trivium : et il le compare, suivant le système d'analogies précédemment indiqué, à la deuxième planète, Mercure; parce que Mercure est

(1) Paradiso, xm, 53.

(2) De Monarchiâ, lib. lï, 40. Si ex syllogismis verum quodammodo concluditur, hoc est per accidens in quantum illud verum imporlatur per voces illationis. Per se enim verum nunquam sequitur ex falsis. Signa tnmen veri bene sequunfur ex signis quœ sunt signa falsi.

le plus petit des astres, et celui qui se voile le plus complètement sous les rayons du soleil, comme la dialectique est, de toutes les sciences, celle qui est réduite aux plus étroites proportions, et qui se dérobe le plus volontiers sous les voiles spécieux du sophisme (1). Enfin, par une amère ironie, il fait de cette science celle des esprits pervers, et du diable un logicien (2). Cependant les sages préceptes qui doivent modérer les labeurs de la pensée ne lui ont point échappé ; mais il les rassemble avec l'étude des phénomènes intellectuels d'où ils dérivent, avec la psychologie tout entière, sous la dénomination de Morale. En effet, le point de vue pratique est celui auquel toutes ses tendances le ramènent. La morale , à ses yeux, est l'ordonnatrice de l'entendement humain, elle en règle l'économie ; elle y prépare la place, elle y ménage l'accès des autres sciences, qui ne sauraient exister sans elle ; de même

(1) Convilo, tr. n, cap. xiv. E'I cielo di Mercurio si puô comparare alla dialettica per due propietà ; che Mercurio è la più piccola Stella del cielo, che la quantità del suo diametro non è più che di 232 miglia : Paîtra propietà si è che più va velata de' raggi del sole, che null'altra Stella. E queste due propietadi sono nella dialettica; che la dialettica è minore in suo corpo che nulP altra scienza, e va più velata che nulP altra scienza, in quanto procède con più sofistici e prohabili argomenti più che altra. — Cf. Saint Bernard, Serm. Il, in Pentecost.

(2) laferno, xxvu, 41.

........ Forse

Tu non pensavi ch'io loico fossi*

que la justice légale, ordonnatrice des cités, y protège la culture des arts utiles (1). Et , comme c'est dans la morale que se révèle l'excellence de la philosophie, c'est d'elle aussi qu'en résulte la beauté ; car la beauté c'est l'harmonie, et la plus complète harmonie d'ici-bas est celle des vertus. Du plaisir qu'on éprouve à les connaître, résulte le désir de les pratiquer; et ce désir refoule les passions, brise les habitudes vicieuses, et produit la félicité intérieure, qui accompagne toujours l'exercice légitime de l'activité de l'âme (2). De là ces dispositions humbles et courageuses du véritable sage; de là cette docilité, cette simplicité qu'il requerra de son disciple, cette horreur de toute souillure, et cette lutte avec la volupté, dont il découvrira la secrète corruption (3). De là les vérités morales considérées comme le plus bel héritage que laissèrent au monde ceux qui, par le raisonnement, descendirent au fond des choses (4). De là cette maxime enfin, que certaines notions demeurent inabordables au génie, jusqu'à ce qu'il ait passé par les flammes de l'amour (5).

(1) Convito ir, cap. xv. Cessando la morale filosofîa, le allre scienze sarebbeno celate alcun tempo ; e non sarebbe generazione ne vita di félicita.

(2) Convito, m, 15. È da sapere che la moralità è bellezza délia iilosofîa la quale risulla dell'ordinc délie virtù, etc.

(3) Inferno, n, 15, Purgatorio, i, 32; u, 3; xix, 10.

(4) Purgatorio, xvm, 23.

(5) Paradiso, vu, 20. — Cf. S. Bernard, Sermo de Deo diligendo*

Ces idées sur le point de départ et le but de la philosophie devaient influer sur le choix d'une méthode. Si dans la législation de l'intelligence l'initiative appartient à Dieu ; s'il agit par la grâce, el que son premier ouvrage en nous soit la foi ; ce n'est donc point dans un doute méthodique artificiel que la raison trouvera la condition de son progrès. Toutes vérités lui ont été implicitement données par la voie d'un enseignement supérieur ; elle n'a plus qu'à les dégager de la confusion, de l'erreur et de l'incertitude : elle ne cherche pas, elle constate; elle ne se propose pas des problèmes à résoudre, mais des théorèmes à démontrer ; ses conclusions sont des réminiscences : elle procède par synthèse. D'une autre part, si le génie du poëte méprise les allures d'une logique ordinaire , s'il passe sans efforts de l'étude du monde surnaturel à celle de la nature, et de l'étude de la nature à celle de l'humanité, c'est que ces divers ordres d'idées lui paraissent corrélatifs. L'homme en particulier est vraiment pour lui un microscome, un résumé de la création et une image du Créateur ; chaque instant de sa vie devient le résultat de ses jours écoulés, et l'ombre de son existence future. Dès lors, toute la science ne semble plus qu'une suite d'équations

hardies et de rapides déductions; tout s'y explique par voie de rapprochement, de comparaison ; les êtres y sont considérés dans leur réalité vivante et concrète, et l'abstraction ne se montre plus qu'à de lointains intervalles. Enfin, puisque l'utilité pratique est le terme de toutes ses recherches ; puisqu'il y a empressement, impatience d'agir ; puisque l'étude elle-même est présentée comme une obligation morale, et la science comme un devoir ; il ne faudra pas s'étonner si toutes les connaissances obtenues viennent se classer sous la notion du bien et du mal. Il y aura un ensemble de doctrines qui comprendra le mal d'abord, puis le mal en lutte ou en rapport avec le bien; enfin le bien lui-même, dans l'homme, dans la société, dans la vie à venir, dans les êtres extérieurs aux influences desquels la nature humaine est soumise. Le monde invisible sera pris pour théâtre principal de ces explorations, parce que là seulement les problèmes du monde visible ont leur solution définitive ; là se contemplent face à face les substances et les causes admises ici-bas sur la foi de leurs phénomènes et de leurs effets. Ainsi les conceptions savantes de la raison entreront comme d'elles-mêmes dans le cadre poétique donné par la tradition religieuse : Enfer, Purgatoire et Paradis (1).

(1) Cravina, Ragion poetîca, lib. Iï, 1, 13.

Une semblable méthode pourrait offrir au premier aspect toutes les apparences du paralogisme : car, si elle fait du travail intellectuel un précepte, d'où ressortira la preuve d'un tel précepte , sinon de ce travail même? Elle monte et redescend à travers la suite des êtres, elle conclut du temps à l'éternité , comme du fond de l'éternité elle aperçoit les choses du temps. Elle accepte à priori le dogme de la vie future, elle en fait le point d'appui de cette étude tout entière, d'où elle devrait le déduire à posteriori. Il y a donc cercle à l'origine de la pensée de Dante; mais il n'y a pas cercle vicieux, mais il y a un cercle pareil à toutes les origines : à celle de la certitude en logique, à celle des devoirs en morale, à celle des pouvoirs en politique, en littérature, à celle de la parole; parce qu'à toutes les origines se rencontre Celui qui est le commencement et la fin, Alpha et Oméga, le cercle dont le centre est partout et la circonférence nulle part.

i.E MAL. 1G1

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