LXIY M. COUSIN A FRÉDÉRIC OZANAM
6 juillet 1839.
Mon cher Ozanam,
Je ne vous ai pas répondu, tant que je n'avais rien de net à vous dire. Aujourd'hui je viens vous annoncer que dans le conseil d'hier il a été arrêté que vous seriez nommé à la chaire de Droit commercial.
J'aurais bien mieux aimé vous voir dans mon régiment; mais je n'en désespère pas, et en tous cas je suis sûr qu'avec moi ou sans moi vous aimerez et servirez toujours la vraie philosophie.
Ne m'oubliez pas trop ; car vous êtes sûr de trouver toujours en moi
Un ami.
8 janvier 1840.
Mon cher Ozanam,
J'ai reçu quelques jours après votre Dante le triste billet où vous m'annoncez la mort de madame
votre mère. Cette nouvelle m'a été vraiment douloureuse, par toute la peine qu'elle a dû vous causer, et que j'ai pu mesurer par les sacrifices de plus d'un genre que je vous ai vu faire à cette grande affection, à ce grand devoir. Vous voilà plus libre; quand vous pourrez me revenir, vous me retrouverez.
Dites-moi ce que vous faites, vos travaux, vos affaires et l'état de la bonne cause philosophique à Lyon.
Mille amitiés de cœur.