M A HI A N I
Pourquoi cela?
l'abbé.
Silence, mon cher monsieur! paix! paix! voilfi un bruit d'armes et de chevaux. Ah Dieu! nous sommes suivis ! Dieu nous sauve ! Monsieur, n'y a-t-il pas une seconde issue dans celle maison ?
MABIANI.
Oui ; voilà la porte de mon caveau qui donne sur la campagne.
l'abbé.
Y pensez-vous? En rase campagne! 0 ciel ! ceux qui ont juré ma mort sont à cheval. Ah ! c'est lini; voilà la fin de tout; c'est mon heure dernière.
MARIANI
Si, en frappant à cette porte, vous n'avez voulu demander que l'hospitalité, monsieur Tabbé, je puis me retirer, et la décence même m'en fait un devoir.
l'abbé.
Ah ! monsieur, si vous pouviez nous sauver d'une manière ou d'une autre, mon oncle le cardinal vous récompenserait.
mari A M.
Parlez, dites un mol, que puis-je faire?
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l'abbé.
Oifil vous suffise de savoir qu'on nous poursuit, monsieur, et (|ue votre cœur fasse le reste. Il m'est impossible Je vous confier en entier le secret d'une aventure...
11 lui parlo à l'oreille.
JULIE, se levant.
Cet homme est mon amant, monsieur; j'ai quitté il V a un quart d'heure la maison de ma mère, et mon frère nous poursuit.
Nous ne pouvons rester là, ma flamme, mon bien chéri, voilà des torches qui rôdent par ici.
JULIE
Tu as peur, Fiorasanta?
l'arbé
Que nous nous séparions, voilà le vrai moyen. Que peut-on prouver, si on nous trouve dans deux endroits
différents?
JULIE
Demande une épée à monsieur, et reste.
l'abbé.
Voilà bien les femmes! Un duel entre moi et votre frère accommoderait bien les choses! Tenez, belle Julie, n'en parlons pas; je suis sûr qu'en vous confiant à monsieur, je vous laisse entre les mains d'un calant homme; je me hasarderai \)av les champs, et je rentre-
KAIKE SANS DIHK. 207
rai au palais, si je puis. Demain, à la pointe du jour, je viens vous chercher, et nous [)artons.
JULIE
Pourquoi veux-tu te sauver et me laisser?
l'abbé.
Parce que nous ne pouvons fuir cnsemhle sans (langer. On n'attrape pas aisément un homme seul, et d'ailleurs que pourrait-on me dire?
JULIE
Pars si tu veux.
Elle se rassoit,
l'abbé.
Vous voyez, seigneur cavalier, de quoi il s'agit. Cette jeune demoiselle est la comtesse...