ACTE III, SCÈNE IV
Aurai-je la justice, enfin, qui m'est promise? L'aurai-je?
LE DOGE, à /a cour.
Mon pouvoir m'autorise, seigneurs, A renvoyer la cour jusqu'à des temps meilleurs; J'attends que pour juger ce juif qui nous insulte, Arrive Bellario, savant jurisconsulte; Je l'ai fait demander pour résoudre ceci.
UN OFFICIER
Seigneur, un envoyé vient de Padoue ici, Qui de Bellario même apporte des nouvelles.
LE DOGE
Donne-les; j'aime à voir des juges si fidèles Aux promesses qu'ils font. Qu'il entre.
BASSANio, ^ j^arf, à Antonio.
Espère. Allons, Courage en ces débats si sanglants et si longs; Le juif aura ma chair, mon sang, mes os, ma vie. Bien avant qu'une goutte, à tes veines ravie. Coule, à cause de moi, de ton sein généreux.
ANTONIO
Tous veulent quelquefois qu'un seul meure pour eux. Je suis l'agneau qu'on marque et le bouc émissaire : Quand le fruit est trop mûr, sa chute est nécessaire : Laissez-moi donc tomber. — Je me confie en Dieu ; Vivez et composez mon épitaphe. — Adieu.
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