‹ Œuvres complètes de Alfred de VignyChapitre 209 sur 226 · SCENE VI Les Précédents, PORTIA, vêtue en homme de loi · texte numérisé non relu

SCENE VI Les Précédents, PORTIA, vêtue en homme de loi

LE DOGE

Donnez-moi votre main, soyez le bienvenu; Votre rare savoir nous est déjà connu; Prenez place, et voyons, avant toute autre chose, Jusques à quel degré vous connaissez la cause.

PORTIA, s'asseyarit devant le Doge, à ses pieds.

Je connais chaque point, chaque détail, touchant Ce fait. Quel est le juif et quel est le marchand?

LE DOGE

Antonio... vieux Shylock, venez.

Ils se placefît à droite et à gauche de Portia,

PORTIA

On vous appelle Shylock?

SHYLOCK

Oui, c'est mon nom, Shylock.

PORTIA, au juif.

Votre querelle Est d'étrange nature, et cepen il faut

L'avouer, nul ne peut vous trouver en défaut; La loi sur lui vous donne un pouvoir légitime.

A Antonio, avec pitié.

Vous allez, s'il le veut, devenir sa victime, N'est-ce pas?

ANTONIO

- Il le dit.

PORTIA

Niez-vous sous nos veux

ANTONIO

Son billet?

Non.

PORTIA, s'inclinant avec tristesse.

Qu'il soit miséricordieux!

SHYLOCK

Qui pourrait m'y forcer?

PORTIA, ^e levant.

Le plus beau caractère De la chaste clémence est d'être volontaire. Non moins douce pour nous que le lait et le miel, Ainsi que la rosée elle tombe du ciel, Et bénit, en disant le saint nom qui pardonne, Celui qui le reçoit et celui qui le donne. C'est le plus puissant droit venu du Tout-Puissant, Et sur son trône assis, un roi compatissant, Plus que par la couronne, est beau par la clémence, Car il emprunte d'elle une grandeur immense. Attributs du Très-Haut, les pouvoirs dici-bas Sont nuls lorsque avec eux elle ne marche pas;

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