ACTE III, SCÈNE VI
Vous parlerez de moi, vous, votre jeune femme Et ses amis; je sais la bonté de son âme. Racontez-lui ma mort, et qu'elle juge, après, Si vous fûtes aimé. N'ayez point de regrets Des causes de ceci plus que je n'en éprouve.
Avec un sourire amer.
Ce juit saura bientôt si dans mon cœur se trouve Quelque autre sentiment qui ne soit pas à vous.
BASSAN 10
Antonio, tout heureux que je suis comme époux. Je donnerais le monde, et ma vie et ma femme. Afin que de ce traître on puisse toucher l'àme; Oui, je consentirais à la sacrifier.
PORTIA, à demi-voix.
Ah! que n'est-elle ici pour vous remercier!
GRATIANO
Quoique j'aime la mienne aussi, je vous assure, Je la voudrais au ciel pour qu'elle fût plus sûre De convertir le juif et son cœur endurci.
NERissA, à Gratiano.
Vous êtes bien heureux qu'elle ignore ceci!
SHYLOGK, à part.
Voilà bien nos maris chrétiens! race infidèle! Ma fille en avoir un! J'aimerais mieux pour elle Un impur rejeton du sang de Barabas.
354 SHYLOCK
Haut.
Vous perdez votre temps à discourir là-bas; La sentence!
poRTi A, api^ès avoir consulté le Doge.
La cour adjuge et la loi donne Cette livre de chair au juif.
SHYLOCK
Loi juste et bonne!
Bon juge!
PORTIA
Vous devez la couper sur son sein, La cour vous le permet.
SHYLOCK
Savant juge!
BASSANio, àjjart.
Assassin!
SHYLOCK, se précipita?ît le couteau à la main sur Antonio.
Quelle sentence! Allons! votre poitrine est prête? Allon-s! préparez-vous! allons! allons!
PORTIA, mettant la main entre eux.
Arrête!
Ce n'est pas tout; relis ce billet tout-puissant : Il ne t'accorde pas une goutte de sang; Une livre de chair ! Prends de chair une livre,