‹ Œuvres complètes de Auguste Brizeux. Précédées d'une noticeChapitre 27 sur 268 · LE SEMEUR · texte numérisé non relu

LE SEMEUR

Ma vie est ailleurs et mon âme aussi.

Aux premiers brouillards s'enfuit l'hirondelle, Mais juin la retrouve à son toit fidèle :

Pourquoi, bourgs d'Ellê, m'appeler ainsi?

Dieu plaça mon nid sous la fleur des landes, Près d'une rivière au fond de granit, Je vole aujourd'hui bien loin de mon nid , Mais j'y reviendrai les ailes plus grandes.

Pour vous , ô Bretons , voyez mon amour !

Comme en tout pays et de plage en plage Je m'en vais semant la plante sauvage.

Qui devant vos pas doit fleurir un jour 1

Déjà dans Paris a germé la graine ; Si vous y venez le cœur oppressé, Vous dites : « Ici le barde a passé !

Voici la fleur d'or, sœur de la verveine. »

Qu'elle croisse aussi sous les myrtes verts, Où tous les chanteurs , délices du monde , Viennent saluer la lumière blonde ; Où pour vous, amis, je sème des vers.

Mais, vous, protégez mes courses lointaines.

Car les énervés de cœur*et d'esprit Et tous ces gloutons que rien n'assouvit S'en vont par troupeaux boire à nos fontaines.

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