‹ Œuvres complètes de Auguste Brizeux. Précédées d'une noticeChapitre 58 sur 268 · A LUIGI PARISI · texte numérisé non relu

A LUIGI PARISI

Lorsque, joyeux enfant, tu courras sur la grève, Gomme un dauphin léger quand tu fendras les mers, I Devant le Pausilippe, ô Luigi, prie en rêve Pour qui sauva tes jours et te nomme en ses vers.

— « Au secours I au secours I » — Et ta voix lamentable Sur Fonde s'éteignait... Oh I oui, je vais à toi! Et jetant mes habits les plus lourds sur le sable . Dans Fabime j'entrais, ne songeant plus à moi.

Ou je disais (rapide éclair) : « Merci, mon ange, • « De cet instant pieux que vous venez m' offrir! « Pour ses jours, ô Seigneur, tous mes jours en échange. « Enfant, à lui de vivre; homme, à moi de mourir.

a C'est là qu'on peut mourir. Il est une belle heure ( « Qui brise avec amour les terrestres liens : « Lorsqu'une àme ici-bas plus haut aspire et pleure, « L'heure sonne. . . Oh ! j'entends ! heure, je suis des tiens. »

Et comme ce jour-là c'était le jour de fête De mon aïeule morte et vivant dans le ciel , Mon cœur croyait la voir des mers rasant le faîte, Et me tendant la main vers le monde éternel.

Puis, de loin je criais : « Courage, enfant, courage! » i Et mes bras s'allongeaient, sonores, sur les flots :

84 LA FLEUR d'or.

Et bien des voix aussi m'arrivaient du rivage, Voix de jeunes baigneurs et de vieux matelots.

Enfin, je te saisis, mourante créature!

Et sur l'arène d'or bientôt te soulevant, ^

i Heureux tu souriais à l'heureuse nature, Moi, triste, je songeais : hélas ! j'étais vivant.

* Mais comme un voyageur cueille aux terres lointaines Une fleur qui lui parle, un jour, des temps anciens, A ceux qui m'entouraient, plages napolitaines, J'ai demandé son nom : tous ont béni le mien !

Lorsque, joyeux enfant, tu courras sur la grève. Gomme un dauphin léger quand tu fendras les flots. Devant le Pai^silippe , ô Luigi , prie en rêve Pour qui sauva tes jours et te nomme en ses vers.

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