‹ Œuvres complètes de Augustin Thierry (volume 2)Chapitre 14 sur 64 · Sic lemerarium ausum malignandi fere tolus populittFran · texte numérisé non relu

Sic lemerarium ausum malignandi fere tolus populittFran

cie assumpserat, nec minori agitabatur furia, et, ut fama publica referebat, per Flamingos, qui peste similis rebellionls laborabant,

nunciis et apiclbus excltatus (Chron. du religieux de Saint-Denis,

1 1, p. 432.)— Et en ladite ville (Courtray ) furent trouvées lettres que oeux delà yiUe de Paris avoient escrit aux Flamens très mauvaises ctsédiUeuBes. (Hlst. de Charles VI, par Juvénal des Ursins, Mémoires, etc., t. Il , p. 356.) — Pareillement àBeims, à Gbaions en Champagne

ainsi posée réunit dans un intérêt commun la royauté et le baronnage , mal disposés à s'entendre sur le fait des impôts levés sans demande préalable et sans octroi. Un grand coup fut frappé en Flandre par l'intervention d'une armée française et de Charles VI en personne ; cette campagne victorieuse , qui eut l'aspect et le sens d'un triomphe de la noblesse sur la roture ^ amena au retour, contre les villes coupables de mutinerie , une suite de mesures violentes , où la vengeance du pouvoir fut mêlée de réaction aristocratique.

L'armée royale fit son entrée à Paris comme dans une ville conquise, brisant les barrières, et passant sur les portes abattues de leurs gonds. Le jour même trois cents personnes, Télite de la bourgeoisie, furent arrêtées et jetées en prison, et, le lendemain, les libertés immémoriales de la ville , son échevinage , sa juridiction, sa milice, l'existence indépendante de ses corps d'arts et métiers furent abolis par une ordonnance du roi *. Il y eut de nombreuses exécutions à mort, et entre autres celle d'un riche marchand, qui, jeune, avait figuré dans les émeutes de 1358; puis un acte

et sur la rivière de Marne, les \ilains se rébelloient et menaçoient

jà les genUIshommes et dames et enfants , aussi bien à Orléans, à

Blois, à Rouen, en Normandie et en Beauvoisis leur éloit le diable entré en la tête pour tout occire. (Chron. de Froissart, liv. Il, ch.

CLXXXTllI.)

I. Chron. du religieux de Saint-Denis, t. !•', p. 230 et suiv. — Ordonn. du 27 janvier <583 [11382, vieux style], rec. desOrdonn. des rois de France, t, Vf, p. 685.

de clémence, commuant, pour le reste des détenus, la peine criminelle en peine civile, frappa la haute bourgeoisie parisienne d'amendes équivalant presque à la confiscation des biens. Rouen, Amiens,Troyes, Orléans, Reims, Châlons et Sens furent punies de même par la suppression de leurs droits municipaux, par des supplices , des proscriptions et des exactions ruineuses. L'argent levé ainsi montait à des sommes immenses, mais les princes et les gens de cour pillèrent de telle sorte qu'il n'en vint pas le tiers au trésor royal *.

Vingt-neuf ans se passèrent durant lesquels, aux désordres d'une administration sans règles, aux dilapidations de tout genre , on vit se joindre la folie du roi, les querelles des princes, la guerre civile et bientôt rinvasion étrangère. La réaction de 1383 avait fait à la haute bourgeoisie des plaies beaucoup plus profondes que celle de 1359. Celle-ci l'avait frappée simplement dans ses ambitions politiques, l'autre l'avait appauvrie , dispersée , privée de son lustre et de son influence héréditaire. La ville de Paris, entre autres, se trouvait déchue de deux manières : par la perte de ses franchises municipales et par la ruine des familles qui l'avaient gouvernée et conseillée dans le temps de sa liberté. Cet abaissement de la classe supérieure , com-

1. Ghron. du religieux de Saint-Denis, t. I«r, p. 240 et 8uiv. ^ Chron. de Froissart, llv. If, ch. ccr.-Hist de Charles VI, par Juvénal des Ursins, Mémoires , etc., t. II, p. 357 et suiv.

posée du haut négoce et du barreau des cours souveraines, avait fait monter d'un degré la classe intermédiaire, celle des plus riches parmi les hommes exerçant les professions manuelles, classe moins éclairée, plus grossière de mœurs, et à qui la force des choses donnait maintenant l'influence sur les affaires et l'esprit de la cité. De là vint le caractère de démagogie effrénée que montra tout d*un coup la population parisienne, lorsqu'en Tannée 1412, ayant recouvré ses franchises et ses privilèges , elle fut appelée de nouveau par les événements à jouer un rôle politique '.

L*un des princes qui se disputaient à main armée la garde et le pouvoir du roi privé de sens, le duc de Bourgogne , pour accroître ses forces, s'était fait Tallié de la bourgeoisie et le défenseur des intérêts populaires. Cette politique lui réussit; il devint maître des affaires, et le rétablissement de la vieille constitution libre de Paris fut son ouvrage. Reprises après une suspension de plus d'un quart de siècle, les élections municipales

Page 1