‹ Œuvres complètes de Augustin Thierry (volume 2)Chapitre 23 sur 64 · Mémoires de la Ligue, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Mémoires de la Ligue, 1. 1, p

f. Ab fmmensa œterni régis potèntia, beato Petro ejiisqiie sudcessoribBs tradita auctoritas omues terrenorutn regam et principum supe-

reminet polestates inconcussa proferl in omnes judicia, et ne

dlvinae maxime leges violenlur summa ope providet, et si quos ordinaliotii Dei resii^tcnles invenit^ severiore tios vindicla ulciscitur, et quamvis poteiitiures de solio dejiciens, veluti superbientis Luciferi minisiros ad inflma terrse deturbatos prosleriiit. (Sixti Y declarailo, etc., Qoïdasll, Monarehla sancti fmp^HI,! lll, p. «1.)

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ses devanciers et la tradUion de eew ipii avaienl en garde le dépôt des lois du pays. « Nous ne trouvpns a point, disait-il, par nos registres ni par (oute Tdar « tiquité, que les pnnees de France aient jamais été « sujets à la justice du pape, ni que les sujets aient « pris eonnaissanee de la religion de leurs prineas^ a N'osant porter au rm le v^ocbe de Iftcbeté^ il se l'adressait à lui-même peur sa connivence avec l'erreur de ceux qui s'étaient flattés d'amener les {«^testants à renoneer à leur culte, et d'abattre ce parti sans une grande effusion de sang. Il déclarait que c'était assan de bonté pour lui que d'avoir prêté son ministère à la révocation de tant d'édits solennellement jurés; que son obéissance , pour ne pas devenir stupidité , s'arrè^ ferait là ; et il terminait sa remontrance par ces graves et nobles paroles : a Faites^nous cette gràee, Sire, de « reprendre en vos mains les états dont il a plu à Votre « Majesté et aux rois vos prédécesseurs de nous hono«r « rer, afin que vous soyez détivré des importunes dif* « ficidtés que nous s^aornes contraints de fiûre sur de « tels édits, et nos consciences déchargées de la ma^

1. MéiiiAipei â8 la Ligue, 1 1> ^ 935. t- ta eei^r pe i^u| 4i§HM<^ plut long|]0ineQ( )'homologalien (l'une telle bulle, si pernicieuse au bien de toute la chrétienté et à la souveraineté de voire couronne, jugeant dès à présent qu'elle ne mérite aucune récompense que celle qu'un de tob prédécesseurs nous Ût faire à une pareille bullo qu'un prédécesseur de ce pape lui avait envoyée, à saveir, de la jeter au feu en présence de toute l'Église gallicane, (ffrid., p. 8M. )

a lédiction que Dieu prépare aux mauvais magistrats (X et conseillers.... Il est plus expédient à Votre Majesté a d'être sans cour de parlement que de Tavoir inutile, « comme nous soomies, et il nous est aussi plus hono- « rable de nous retirer privés en nos maisons, et de a pleurer en notre sein les calamités publiques avec le a reste de nos concitoyens, que d'asservir la dignité «de nos chaînes aux malheureuses intentions des a ennemis de votre couronne * . »

Cet avertissement fut inutile au roi comme à la nation ; personne ne savait plus où se reprendre : les uns étaient aveuglés de fanatisme, d'autres séduits par les promesses des ambitieux, d'autres enlacés dans les réseaux d'une association dont la puissance domiuait celle de l'État. Vingt-cinq ans de guerre civile n'avaient pas suffi pour briser la fougue des passions, et donner à tous la leçon suprême, celle de la nécessité. Jamais la cause de la liberté de conscience n'avait parii si complètement perdue; elle se soutint par Fhéroïsme que le désespoir inspira aux bandes protestantes. Leur chef, Henri de Navarre , contraint de combattre pour son droit en même temps que pour sa religion, fit des prodiges de courage et d'habileté dans cette œuvre double qui semblait ne pouvoir aboutû* qu'à des situa-

4, Mémoires de la Ligue, 1. 1, p. 326 et 227. — Dans ce passage et dans les citations précédentes, la langue du xvi« siècle a élé çÀ et là un peu rajeunie.

lions incompatibles. Modéré autant qu'intrépide, il avait toujours le mot de paix à la bouche et dans le cœur; après la victoire la plus complète % il ne demandait rien que le rétablissement des anciens édits de tolérance. De son côté , le chef de la Ligue y aidé de la faveur populabe, poursuivait rapidement l'exécution du plan hardi qu'il avait conçu : s'emparer des conseils du roi et avoir la main sur sa personne, le garrotter par l'intervention des états généraux, être mie sorte de maire du palais jusqu'au moment d'usurper le trône sous ombre de volonté nationale. Henri lïï, tenu en échec par cette fortune grandissant toujours, ne savait qu'hésiter ou plier; le sentiment de sa dignité perdue le torturait parfois , mais ne le relevait pas ; incapable de faire un noble effort, il cédait sans ûn^^

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