Relation de Flor. Rapine, Ille partie, p
profiteraient de leur absence pour obtenir, à force de sollicitations, toutes sortes d'avantages. Par ce double motif, les députés du tiers état résolurent de ne de* mander aucun congé séparément, et d'attendre^ pour se retirer, que le conseil eût décidé sur les points essentiels* • Ils restèrent donc, et se réunirent plusieurs fois en différents lieux, soutenant avec une certaine vigueur, contre le premier ministre, leur qualité de députés. Enfin, le 24 mars, les présidents des trois ordres furent mandés au Louvre. On leur dit que la multitude des articles contenus dans les cahiers ne permettait pas au roi d'y répondre aussi vite qu'il Teût désiré, mais que, pour donner aux états une marque de sa bonne volonté, il accueillait d'avance leurs principales demandes, et leur faisait savoir qu'il avait résolu d'abolir la vénalité des charges, de réduh*e les pensions, et d'étabUr une chambre de justice contre les malversations des financiers ; qu'on pourvoirait à tout le reste le plus tôt possible , et que les députés pouvaient partir.
Ces trois points des cahiers étaient choisis avec adresse comme touchant à la fois aux passions des trois ordres. La noblesse voyait dans l'abolition de l'hérédité et de la vénalité des offices un grand intérêt pour elle-même *, le tiers état voyait un grand intérêt