‹ Œuvres complètes de Augustin Thierry (volume 2)Chapitre 55 sur 64 · Voy. plue haut; chapitres yi et tiii · texte numérisé non relu

Voy. plue haut; chapitres yi et tiii

Quelque embarras qu'on éprouve , comme patriote , à juger rigoureusement la politique d'un règne d'où la France sortit avec ses frontières fixées au nord et, en grande partie y à Test ^ , il faut séparer deux choses dans les guerres de Louis XIV : le résultat et Tintention; les Conquêtes raisonnables , qui à ce titre subsistèrent, et les folles entreprises qui, tendant bien au delà du véritable but , purent s'y trouver ramenées plus tard, grâce à d'heureuses nécessités. La guerre de Hollande, par Tesprit de vengeance qui l'inspira et la manière dont elle Ait conduite, eut ce caractère; si elle produisit les avantages territoriaux obtenus à la paix de Nimègue, ce fut parce que la cour de Madrid, en s'alliant aux ennemis du roi, lui fournit l'occasion d'attaquer de nouveau la Franche-Comté et les Pays-Bas espagnols*. Un semblable ^accroissement de territoire ne résulta point de la guerre d'Allemagne; toutes les conquêtes faites durant cette guerre de neuf ans furent

4. Pour les compléter, il ne manquait plus que la Lorraine qui fut réunie sous Louis XV.

5. Le traité de Nimègue fut signé le 10 août 1G78; la guerre avait commencé en 1672. Par ce traité, la France rendit plusieurs villes qui lui donnaient dans les Pays-Bas une position offensive , notamment Gliarlei oi , Ath , Bincli , Oudenarde et Gourtriii , qu'elle possé* dait depuis 1668; elle acquit, avec la Franche-Comté, des territoires et des villes importantes dans l'Artois, la Flandre et le Hainaut, qui régularisèrent ses limites au nord et lui firent , à Vaide du génie de Vauban , une puissante ligne de défense — Voyez, sur l'invasion des Provinces-Unies et sur les traités qui la suivirent, le tome IV des Négociations relatives à la succession d'Espagne,

rendues par le traité de Ryswyk, celle , entre autres ^ qui donnait à la France sa frontière naturelle des Alpes *. Enfin, dans la crise amenée par l'extinction de la maison royale d'Espagne^, Louis XIV, ayant à choisir, aima mieux les chances d'une couronne pour son petit-fils qu'un agrandissement de ses États consenti par TEurope. Sa gloire personnelle et sa famille, voilà le double intérêt qu'il poursuivit de plus en plus aux dépens des intérêts nationaux, en brisant tout le système des anciennes alliances, en faisant quitter à la France le rôle de gardienne du droit public et de protectrice de petits États, pour la rendre aux yeux des peuples un objet de crainte et de haine, comme TEspagne de Philippe II '•

Cette fatale guerre de Hollande , qui commença le naufrage de la politique de Richelieu , frappa du même coup le système financier de Golbert et faussa toutes ses mesures. Il lui fut impossible de pourvoir

4. Le traité de Ryswyk fut signé le 90 septembre 1697. La Sa?oie et Nice avalent été occupées par suite de Tadhésion du duo Victor- Amédée à la ligue d'Augsbourg.

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