‹ Œuvres complètes de Augustin Thierry (volume 3)Chapitre 15 sur 70 · SUR LE CARACTÈRE NATIONAL · texte numérisé non relu

SUR LE CARACTÈRE NATIONAL

ont changé l'état social des diverses nations, prouvent que la constitution physique et morale des peuples dépend bien plus de leur descendance et de la race primitive à laquelle ils appartiennent, que de l'influence du climat sous lequel le hasard les a placés. Il est impossible de ne pas reconnaître, dans ce qui subsiste aujourd'hui de l'ancienne population irlandaise , une race d'hommes de même origine que celles qui habitent les pays chauds du midi de l'Europe , quoique son émigration sous le ciel humide et froid de l'Irlande remonte à une époque incertaine. Il en est de même de la population des montagnes d'Ecosse. Tout ce que les Français méridionaux ont de brusque et de passionné dans leur langage, dans leurs amitiés et dans leurs haines, tout, jusqu'à la danse rapide des paysans d'Auvergne, se trouve chez les montagnards écossais. Placés dans l'ordre d'ancienneté avant toutes les populations qui , en différents temps , sont venues occuper les plaines d'Ecosse , et les peupler par leur mélange , ils portent au plus haut degré cette empreinte méridionale qui ne se trouve que fort affaiblie chez les Écossais du midi, quoiqu'elle suffise encore à distinguer ceux-ci de leurs voisins du nord de l'Angleterre. Enfin, et c'est ce qui donne à l'histoire d'Ecosse une physionomie particulière, la race des montagnes, restée pure de tout mélange avec des races étrangères, a conservé jusqu'à ces derniers temps , contre la population des basses terres , dont le langage diffère du eien, une haine instinctive qui, à toutes les époques, a constitué le pays en état de guerre intestine. A ce partage de l'Ecosse entre deux nations régies nominalement, durant une longue suite de siècles , par la même autorité royale, mais complètement distinctes pour la langue, les mœurs et la constitution politique , se rattachent la plupart des révolutions qui , dans le cours

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