PAR RACES ROYALES
qtience naturelle de l'importance de ceux qui sont placés à la tête du gouvernement; mais l'antiquité avait aussi des gouvernants; les historiens anciens n'oublient point de citer les noms des consuls de Rome et des archontes de la Grèce. Malgré cela, le récit de chaque époque n'est point proprement chez eux le récit de la naissance et de l'éducation, de la vie et de la mort d'un consul ou d'un archonte. Une véritable histoire de France devrait raconter la destinée de la nation française ; son héros serait la nation tout entière; tous les aïeux de cette nation devraient y figurer tour à tour, sans exclusion et sans préférence. Les vieilles chroniques, rédigées dans les couvents, eurent naturellement des préférences pour les hommes qui faisaient le plus de dons aux églises et aux monastères; et l'histoire , ainsi écrite hors de la scène du monde, perdit son caractère public pour prendre celui de simple biographie* Malgré la supériorité de nos lumières, nous avons copié le modèle transmis par les religieux du moyen âge , et nous avons même enchéri sur eux ; de tout ce qui se passait dans la Gaule, ils ne voyaient que la succession des rois franks; nous, pour plus de simplicité, nous avons réduit cette succession à une seule famille , à deux ou trois tout au plus. Les plus scrupuleux de nos historiens font trois races de rois; mais c'est là le dernier terme; ce sont les colonnes d'Hercule, que nul ne se hasarde à passer, pas même ceux qui avouent que Mérovée n'est point fils de Clodion , et que Raoul , Eudes et Robert ne sont point descendants de Pépin. Malgré cet aveu , ils persistent , suivant le formulaire , à étiqueter première race leur collection de vingt et un rois, depuis Pharamond jusqu'à Childéric III , et seconde race celle de quinze rois, depuis Pépin jusqu'à Louis V.
Première race dite des Mérovingiens, seconde race dite