SUR LA CLASSIFICATION PAR RACES ROYALES
ils envahirent ce pays , y trouvèrent trois peuples et trois langues ! . Quels étaient ces peuples , et dans quelle relation d'origine et de parenté se trouvaient-ils à regard des habitants des autres contrées de l'Europe? Y avait-il une race indigène , et dans quel ordre les autres races émigrées d'ailleurs étaient-elles venues se presser contre la première? Quel a été, dans la succession des temps, le mouvement de dégradation des différences primitives de mœurs, de caractère et de langage? En retrouve-t-on quelques vestiges dans les habitudes locales qui distinguent nos provinces, malgré la teinte d'uniformité répandue par la civilisation? Les dialectes et les patois provinciaux , par les divers accidents de leurs vocabulaires et de leur prononciation , ne semblent-ils pas révéler une antique diversité d'idiomes? — Voilà des questions dont la portée est immense, et qui , introduites dans notre histoire à ses diverses périodes , en changeraient complètement l'aspect. Il n'y aurait pas besoin de diminuer, avec intention, l'importance des races royales, pour que celles des races populaires frappât davantage l'imagination du lecteur. Ce seraient de grands arbres qui s'élèveraient tout à coup dans un champ parsemé de buissons , des fleuves qui naîtraient dans une plaine arrosée par de petits ruisseaux.
1 Voyez , dans les Commentaires de César, la distinction qu'il établit entre les Belges, les Celles et les Aquitains.