LES DEUX AMIS, ACTE IV, SCÈNE III
SAINT- ALB AN
La môme chose peut arriver encore, et vous ne serez pas toujours d*humeur...
AURELLT.
En ce cas, monsieur... je reprends ma parole ; c'est son honneur seul qui me touche; et, si je ne le sauve pas en acquittant sa dette, il est inutile que je me dépouille gratuitement.
8AI5T-ALBAN
VoQs désapprouvez ma conduite?
AURELLT.
Je n*entends rien à votre politique. Que Mélac soit coupable de mauvaise foi, ou seulement d'imprudence, en rejetant mes conditions vous risquez...
SAINT- AL9AN
Je ne les rejette pas; mais il faut m'expliquer.
AURELLT.
réconle.
8AINT-ALBAN.
Tous voulez sa grâce entière?
AURELLT.
Sans restriction.
8AINT-ALBAM.
J'irai, pour vous obliger, jusqu'au dernier terme de mon pouvoir.
Quelle étendue y donnez-vous?
SAI>T-ALBAX.
Celle que vous y donneriez vous-même. Vous n'exigez pas que je sauve sa réputation aux dépens de mon honneur?
AURELLY.
Il y aurait encore plu^ d'absurdité que d'injustice a le proposer.
SAIST-ALBAN.
L<»s intérêts de la Compagnie à couvert par vos offres, on |»eut faire grâce à votre homme de l'opprobre qu'il a mérité; mais je deviendrais coupable, si je lui confuis plus longtemps une recette...
AURELLY.
Vous lui ôtez sa place?
SAINT -ALBAN
La lui laisseriez -vous?
AURELLY.
.\b ! monsieur, je vous prie. . .
8AI!«T-ALBAN
Faites un pas de plus.
AURELLY.
Comment?