LA MÈRE COUPABLE. ACTE I, SCÈNE IV
SVZÂHNE.
Enfin, moi, que puis-je à cela?
Ne jamais le perdre de vue, me mettre au cours de ses démarches...
SUZANNE
Mais je te rends tout ce qu*ii dit.
FIGARO
Oh ! ce qu'il dit... n'est que ce qu'il veut dire! Mais saisir, en parlant, les mots qui lui échappent, le moindre geste, un mouvement, c'est là qu'est le secret de l'àme ! Il se trame ici quelque horreur. Il faut qu'il s'en croie assuré, car je lui trouve un air... plus faux, plus perfide et plus fat; cet air des sots de ce pays, triomphant avant le succès ! Ne peux-tu être aussi perfide que lui? l'amadouer, le bercer d'espoir! quoi qu'il demande, ne pas le refuser?...
SUZANRB.
C'est beaucoup !
FIGARO
Tout est bien, et tout marche au but, si j'en suis promptement instruit.
SUZANNE
...Et si j'en instruis ma maîtresse?
FIGARO
Il n'est pas temps encore; ils sont tous subjugues par lui. On ne te croirait pas : tu nous perdrais, sians les sauver. Suis-le partout, comme son ombre... et moi, je l'épie au dehors...
SUZANNE
Mon ami, je t'ai dit qu'il se délie de moi ; et s'il nous surprenait ensemble... Le voilà qui descend... Ferme!. .. ayons l'air de quereller bien fort. (Elle pose lu bouquet mv
la table.)
FIGARO, (jlevant la vuii.
Woi, je ne le veux pas. Que je t'y prenne une autre fois!...
SUZANNE, élevaut la voix.
Certes!... oui, je te crains beaucoup!
FIGARO, feignant de lui donner un soufflet.
Àh! tu me crains...! Tiens, insolente!
(UZANNF, feignant de l'avoir reçu.
Des coups à moi... chez ma maîtresse!