‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 370 sur 607 · TARARE, PROLOGUE, SCÈNE III · texte numérisé non relu

TARARE, PROLOGUE, SCÈNE III

Lk NATDKB.

Génie ardent de la Sphère enflammée,

Par qui la mienne est animée, A mes travaux donnez quelques moments.

De toutes les races passées.

Dans rimmensité dispersées,

Je rassemble les éléments, Pour en former une race prochaine

De la risible espèce humaine.

Aux dépens des êtres vivants.

LE GÉKIB no FEU.

Ce pouvoir absolu que vous avez sur elle, L*exercez-vous aussi sur les individus?

U NATUKE.

Oui« si je descendais à quelques soins perdus ! Mais, pour moi, qu*est une parcelle, A travers ces foules d'humains.

Que je répands à pleines mains Sur celle terre, pour y naître.

Briller un instant, disparaître, Laissant à des hommes nouveaux Pressés comme eux, dans la carrière, De main en main, les courts flambeaux De leur existence éphémère?

LE GÉNIE DO FEU

Au moins vous employez des éléments plus purs Pour former les Puissants et les Grands d'un Empire?

LA NATURE

C'est leur langage, il faut bien en sourire : L'n noble orgueil les en rend presque sûrs. Mais voyez comme la Nature Les verse par milliers, sans choix et sans mesure.

(Elle Tait une e«pèoe d« conjuration.)

Froids humains, non encor vivants.

Atomes perdus dans l'espace.

Que chacun de vos éléments

Se rapproche et prenne sa place.

Suivant l'ordre, la pesanteur

Et toutes les lois immuables

Que rÉtemel dispensateur

Impose aux êtres vos semblables.

Humains non encor existants,

A mes yeux paraissez vivants.

(Une foule d'Ombres des deux sexe« s'élève de toutes parts, velues aniforro^rnenl en blsnc, su bruit d'une symphonie très-douce, ^l forme de« danses lentes et froides, en marquant U plus vive émotion de ce qu'elles sentent, voient et entendent ; puis un Chcpur à demi-voix sort du milieu d'elles.)

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