‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 521 sur 607 · AUX AUTEURS DRAMATIQUES · texte numérisé non relu

AUX AUTEURS DRAMATIQUES

.E TRAITEMENT PROPOSÉ PAR LA COMÉDIE bRANÇAISK EIS' 1791, ET DÉLIBÉRATION PRISE A CE SUJET ^

US désirez, messieurs, que je vous offre, sous la ; d'un nouveau rapport, les vues qui tendent à ocher les auteurs dramatiques des comédiens franet mes observations sur les offres de ces derniers, ont : le septième de la recette, neuf cents livres de prélevés, sans les frais extraordinaires.

» auteurs dramaliques, fatigués d'entendre partout des mes induites en erreur leur dire qu'ils traitent mal les cons français, et qu'ils ont juré leur mine, ont exigé que ce 1, qui n'avait été fait que pour eux et pour MM. les cous, devint public par l'impression, afin qu'on piU ju^'cr des I qui ont fondé leur détermination.

Une difTiculté m'arrête h la première période. Sans doute vous ne voulez point faire un mystère aux comédiens français de mon rapport ni de vos décisions, et, pour le bien de tous, vous ne devez pas le vouloir. Mais l'Assemblée nationale, par un de ses décrets, ayant détruit toute corporation, toute association nommée délibérante, les comédiens pourraient, en pressurant le texte du décret, méconnaître une résolution émanné de vous en commun, et, par c^tte objection vicieues, nuire au rapprochement que nous désirons opérer.

Pour lever cet obstacle sans rien changer au vœu que* vous formez de n'avoir tous qu'un même avis sur des conventions raisonnables, je dois vous rappeler que, la loi ne défendant point d'émettre un vœu individuel qui peut être celui de tous, rien n'empêche, messieurs, que vous vous assembliez pour veiller en commun à la propagation de l'art que vous professez tous, à sa décence, à son perfectionnement, à tous les points qui intéressent et ses succès et sa durée.

Alors, les auteurs soussignés qui formeront votre assemblée ayant un égal intérêt aux sages conventions qu'on doit faire avec les spectacles, chacun peut adopter les vues qui conviennent à tous, et donner ses pouvoirs pour trniter avec les théâtres au même procureur fondé que nous avions chargé des nôtres avant le décret prononcé contre les associations.

Je pense aussi que le théâtre qui élèverait cette difficulté avant de traiter avec vous, aurait besoin d'un grand mérite pour effacer la juste répugnance qu'une telle conduite vous donnerait pour lui. Je ne le présume d'aucun, puisque déjà trois grands spectacles ont accepté les conventions que nous tous auteurs soussignés avons arrêtées avec eux sous cette forme trèslégale.

Cela posé, j'entre en matière.

Vous avez, messieurs, sollicité, obtenu de nos législateurs un décret solennel qui vous assure enfin la propriété intégrale de vos ouvrages de théâtre.

Votre propriété rentrée, il a fallu songera en régler l'usage. D'une commune voix, vous avez tous jugé qu'il n'y avait pour les auteurs qu'un seul mode qui fût décent, digne du noble emploi que vous faites de vos talents, celui de vous soumettre à la parfaite égalité de droit sur l'utile et Thonorifique.

Prenant pour base de vos demandes aux théâtres qui doivent représenter vos pièces l'équité la plus modérée, vous avez arrêté de continuer de faire à tous les comédiens, dans une affaire absolument commune, un sort bien supérieur au sort que vous vous réservez. L'entreprise elle-même restant chargée de tous les frais, vous ne voulez d'eux quun septième et vous leur laissez les six autres.

Une prétention si modeste n'est pas neuve de votre part : depuis douze ans la Comédie française, seule filière alors de vos succès, en recueillait tout l'avantage ; et, malgré l'immense crédit qui leur eût permis d'oser plus, depuis douze ans les comédiens français étaient forcés de convenir que garder six septièmes du gain,

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