II. H
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ils prouvent qu'ils sont indignes de ce renom. Je sais que vous n'ignoriez point que le roi m'avait commandé ce grand colosse dont on a parlé pendant dix-huit mois, sans que ni vous ni personne ayez trouvé à redire à cela. Par mes ouvrages, je me suis fait connaître au roi ; mes modèles lai ont plu , et il m'a confié cette grande entreprise. Depuis nombre de mois les choses étaient en cet état, lorsque ce matin seulement j'ai appris que vous m'aviez supplanté, et qu'A l'aide de purs commérages vous m'aviez escamoté une commande que j'avais conquise par d'admirables travaux. » — « Eh quoi! Benvenulo, répliqua le Bologna, chacun cherche à faire ses affaires par tous les moyens possibles. Si telle est la volonté du roi, qu'avez-vous à objecter? Allons, vous perdriez votre temps. La commande m'a été donnée , je la tiens pour mienne. Maintenant dites ce que vous voudrez, je vous écouterai. » < — « Messer Francesco, répondis-je, sachez que je ne manque pas d" mie foule d'arguments péremptoires et irrésistibles qui vous forceraient de confesser que les moyens dont vous vous êtes servi et dont vous parlez n'ont point cours parmi les êtres doués de raison. Mais je veux arriver promptement à la conclusion ; ouvrez donc les oreilles et entendez-moi bien, car la chose est grave. » — Mon homme voulut se lever de son siège, car il vit que j'avais changé de couleur et que j'étais grandement ému. — Je lui dis qu'il n'était pas encore temps de bouger, qu'il eût à rester assis et i m'écouter. Puis je m'exprimai ainsi : — u Messer Francesco, vous savez que la commande m'avait d'abord été donnée et que, suivant l'usage du monde, le temps était passé où qui que ce fût pût songer à me la disputer. Néanmoins, voici ce que je vous propose maintenant : faites un modèle, démon côté j'en ferai un nouveau : nous les porterons sans rien dire a notre grand roi, et celui de nous qu'il reconnaîtra avoir le mieux opéré aura l'honneur d'eié*