CHAPITRE IL
De l'«rt de nieller et de h manière de frire le nielle.
L'an 1515, époque à laquelle je me mis a étudier l'orfèvrerie, Fart de graver les nielles était presque entièrement abandonné, et aujourd'hui, à Florence, il est i peu près tombé tout à fait en oubli parmi nos orfèvres. — Dans ma jeunesse, j'entendais les vieux artistes dire sans cesse combien cet art était charmant et à quel point le Florentin Maso di Finiguerra y avait excellé. Gela me poussa à suivre avec le plus grand soin les traces de ce vaillant maître.— Je ne me bornai pas à apprendre à graver les nielles, je voulus encore savoir composer moi-même le nielle, afin d'être en état d'opérer plus facilement et en connaissance de cause. — Parlons donc d'abord de la manière de faire le nielle.
On prend une once d'argent très-fin, deux onces de cuivre soigneusement purifié, et trois onces de plomb également pur et net ; puis on se munit d'un creuset asseï grand pour contenir toutes ces matières. On notera qu'if faut commencer par mettre l'once d'argent et les deux onces de cuivre dans le creuset, que l'on placera sur le feu au vent d'un soufflet, et attendre que l'argent et le cuivre soient bien fondus et bien mêlés ensemble, pour y ajouter le plomb. — Après cela, on retire lestement le creuset du feu et on prend avec des pincettes un petit charbon dont on se sert pour bien mêler ensemble les trois métaux. — Le plomb produisant toujours naturellement un peu de sco-