CHAPITRE III
Pc Tari de travailler le filigrane. — De la manière do faire la grenaille et la aoaéan.
Il n'est point sorti de mes mains un grand nombre d'ouvrages de filigrane , cependant je n'ai point été sans en exécuter quelques-uns de très-difficiles. Cet art charmant est tenu en haute estime par les connaisseurs. Comme il exige chez l'artiste qui veut l'exercer une grande habileté pour le dessin des feuillages et des points & jour dont il se compose, nous en parlerons avec soin, bien qu'aujourd'hui il soit peu en usage.
Autrefois on se servait des filigranes pour orner les ferrets d'aiguillettes et les boucles de ceinture; on en faisait de petites croix , des pendeloques, des cassettes, des boutons , des amandes que l'on remplissait de musc , et qui aujourd'hui sont fort & la mode; des couvertures pour les livres d'heures et pour les talismans que l'on porte au cou, des bracelets et mille autres ouvrages aussi ingénieux que charmants.
On saura d'abord que toutes les productions de cet art sortent d'une plaque d'or ou d'argent avec laquelle, lorsque l'on a déterminé la forme que l'on désire, on prépare l'espèce de fil dont on a besoin. — 11 y a trois sortes de Gis: le gros , le moyen et le fin ; on peut même en faire d'une quatrième grosseur.