II
je me contenterai cT avertir le lecteur que les petits trous ou crevasses qui se manifestent toujours dans le métal, pendant qu'on le travaille, doivent se souder ou s'emboutir, non avec le mélange de vert-de-gris, de sel ammoniaque et de borax dont nous avons parlé plus haut, mais avec une soudure que les orfèvres appellent alliage et que Ton compose ainsi : — on prend six carats cTor fin, auquel, après Tavoir fait fondre, on ajoute un carat et demi de cuivre et d'argent fin. — C'est donc avec cet alliage qu'il faut souder les trous et les déchirures. — Chaque fois que Ton veut souder, il est nécessaire d'étendre sur les endroits précédemment réparés une légère couche de cet alliage, afin que la nouvelle soudure ne fasse point couler les anciennes. — Après chacune de ces opérations , on met l'ouvrage sur le stûc et on le recisèle soigneusement et patiemment jusqu'à ce quMl soit arrivé à perfection.
Telle est la méthode que suivait Caradosso pour ciseler, et je confesse librement l'avoir apprise de lui; loin de m'en défendre, je lui en serai toujours obligé et reconnaissant, et jamais je ne cesserai de lui en rendre des grâces infinies ; car il n'y a aucun vice plus odieux que l'ingratitude, et pour rien au monde je ne voudrais ressembler à ces gens qui n'ont pas plutôt reçu un bienfait, qu'ils cherchent à outrager ou à décrier leur bienfaiteur, au lieu de lui témoigner leur gratitude. — Si donc je veux maintenant enseigner une autre manière de ciseler plus facile et des procédés qui me sont particuliers et que ne pratiquait point Caradosso, il faudra bien se garder d'en inférer que mon intention soit d'obscurcir en rien sa renommée, car, je le répète, je lui suis redevable de ce que j'ai appris, et il est moins difficile de modifier et de perfectionner une chose que de la créer.
Je dirai donc qu'une fois le modèle en cire termine, la composition de la médaille bien arrêtée , et la plaque d'or