CHAPITRE VI. *Q
jet. — Dès que le plâtre sera sec, ce qui aura lieu au bout de quatre heures, on le détachera du moule avec adresse, afin de conserver le relief bien intact — On ne sera point étonné d'avoir trouvé plus de facilité à détacher de la cire le premier plâtre, parce qu'il a plus de nerf que le second, dans la composition duquel entrent diverses matières, comme nous l'avons dit. — S'il reste dans le creux une tête, un bras ou toute autre partie des figurines, il y a deux moyens de remédier à cet accident. — Premièrement, si l'artiste réussit à enlever du creux le morceau brisé , il peut avec un peu de tripoli bien pilé et un pinceau de petit-gris le recoller facilement à la Ggurine, qui, étant en relief, laisse mieux voir où elle a besoin d'être réparée, que si elle était en creux. — En second lieu , on peut net* loyer complètement le creux, l'oindre d'huile et en tirer une nouvelle épreuve avec le même plâtre mélangé de corne, de tripoli et de pierre ponce. Si la première épreuve n'a pas bien réussi, il est possible que la deuxième vienne sans défaut.
Maintenant que l'orfèvre prudent note bien ce que je vais dire :
Il faut faire un modèle en cire exactement de la dimension que doit avoir le sceau et dans la forme que nous avons indiquée. Cette pièce, à laquelle on aura donné une épaisseur égale à celle qu'aura le sceau d'argent après la fonte , sera creuse et se posera sur la composition en relief, Après cela, on l'entourera de terre, comme nous l'avons dit plus haut , en ayant soin de conserver à la bouche du jet une longueur convenable; et plus cette bouche sera longue, mieux la fonte réussira. — Nous pourrions entrer là-dessus dans des détails infinis , mais nous les jugeons superflus et nous les passons sous silence, parce que nous pensons parler à des hommes déjà quelque peu initiés à l'art. — Xous ajouterons cependant que dans ces moules
il faut aroîr min de faire en cire la bouche du jet et de rappliquer à P amande du sceau. — 11 est également important de disposer les évents sous le moule de manière qu'ils fassent le tour du sceau et qu'ils montent au-dessus de la bouche du jet, sans néanmoins en approcher de trop près , afin que rien ne les empêche de souffler parfaitement et de remplir leur office. — Lorsque le moule sera arrivé à ce point, on le liera avec du fil de fer et du laiton bien recuit, et on le laissera sécher an soleil ou dans un endroit chaud. On le placera ensuite entre des briques arrangées en fourneau , et on le soumettra à un feu vif jusqu'à ce que toute la cire soit sortie. — On notera que cette cire doit être pure et sans aucun mélange, car, s'il en était autrement, loin d'aider à la réussite de l'œuvre, elle lui serait nuisible. — Après F extraction de la cire, on avivera le feu autour du moule et on veillera à ce que celui-ci cuise parfaitement, car la fonte n'en réussira que mieux. On laissera ensuite refroidir le moule , attendu que , froid , il acceptera l'argent mieux que s'il était chaud. — Quand le moule a subi toutes ces préparations, on peut y introduire l'argent fondu. Pour éviter qu'il ne brûle, on jette dessus un peu de borax, et sur le borax une petite poignée de tartre bien pulvérisé. — Une fois la fonte terminée , on délie le moule et on l'ouvre, ou bien on le met dans F eau, ce qui vaut mieux, parce qu'alors l'argent se détache trèsfacilement du moule. Enfin , on enlève la bouche du jet el les évents, et avec la lime on donne au métal la forme qu'il doit conserver.
A la sortie du moule le sceau se met ordinairement dans le stuc, comme les médailles dont nous avons parle précédemment. Alors , en se guidant sur le premier creux en plâtre, on resserre l'argent avec les ciseaux, les burins et les échoppes, et on termine les figurines, l'une après l'autre, avec leurs draperies et leurs accessoires, — Pour