‹ Œuvres complètes de Benvenuto CelliniChapitre 219 sur 285 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

De l'art d'néculer en créai, Bar acier, les empreintes de monnaiei. — De le manière de faire lei piles et les trousseau* , les matrices et les poioçoos. — Des difficultés c|M dorent reocootrer dent )• pratique de cet art les anciens , fante d'axoir connu tes procédés Iront es par les modernes.

Pour arriver à graver des médailles d'or, d'argent et de bronze dans le genre de celles des anciens, on ne saurait mieux faire que de commencer par graver des monnaies, bien que celles-ci, comme le savent les antiquaires, différent beaucoup des médailles. — En effet, les monnaies se font par nécessité, et les médailles par pompe et ostentation; — on laisse peu de relief aux monnaies, afin d'épargner le métal; on en donne davantage aux médailles, afin quelles soient plus belles.

Les modernes ont gravé les monnaies avec plus de facilité que les anciens, ainsi que nous le prouverons plus loin , et en cela ils ont droit à d'autant plus d'éloges que les inventions les plus importantes, telles que celle de la frappe, leur appartiennent en propre.

Suivant notre habitude de démontrer par des exemples les choses que nous avons entrepris de traiter, nous dirons qu'après le déplorable sac de Rome, le pape Clément VU me chargea de graver un doublon d'or de deux ducats, représentant, d'un côté, un Christ nu, les mains liées et le flanc traversé par cette parole de l'Ecriture : — kcck homo. u. «6

30* TRAITÉ !>£ L'ORFÀ VBËBIK.

— Autour de la monnaie on lisait : — clemeas vu. hmt. uax. — La tête de Sa Sainteté occupait le revers. — Dans une autre occasion , Clément VII me fit faire une seconde pièce, également d'or et de la valeur de deux ducats d'or, représentant, d'un côté, le pape et F empereur redressant ensemble une croix près de tomber. — Je ne me souviens pas de la légende qui accompagnait ces figures; mais, sur le revers, saint Pierre et saint Paul, gravés un peu plus qu'à mi-corps, étaient entourés de cette devise : — vxvs srattTvs, vna FiDKS erat ix eis. — Ces monnaies ne me firent pas peu d'honneur; mais comme, au grand désavantage du pape, leur poids était trop élevé, des banquiers cupides les détruisirent en peu de temps. — Après ces deux pièces d'or j'en fis une d'argent, de la valeur de deux carlins, représentant, d'un côté, k tète de Sa Sainteté avec son nom, e^ de l'autre côté, le Christ prenant avec bonté par la main saint Pierre, qui semblait craindre d'être englouti dans les ondes de la mer. Pour légende j'avais mis les propres paroles du Sauvear : — ovaw Dvsmsn ?

Plus tard, à Florence, je fis toutes les monnaies du duc Alexandre de Médias. La plus grande de ces pièces était de la valeur de quatre carlins» D'an côté, j'avais gravé la tête du duc, et de l'autre, saint Cosme et saint Damien, patrons de cette illustre maison. Je passe sons silence les légendes, parce qu'elles sont connues de tout le monde; mais je ne tairai pas que la chevelure (risée (ricciuto) du duc Alexandre fit donner a cette pièce le nom de frison (ricci). — Je gravai en outre le barife et le grossone, monnaies trèsHxmnnes dans notre pays.

Mais, pour en venir & notre sujet et montrer le mode que j'ai suivi et que l'on doit suivre pour graver les monnaies, je dirai qu'il mut commencer par se munir de deux instruments en fer, dont l'un se nomme pile, et l'autre,

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