CHAPITRE XL
me réussît parfaitement La nécessité me la fit trouver du temps du sac de Rome, lorsque pétais renfermé dans le château Sant'-Angelo, où, n'ayant aucune des facilités que réclame un tel travail, j'eus recours aux expédients que me suggéra mon esprit. — Je commençai par décarreler une chambre, puis avec les briques je construisis un fourneau ayant la forme d'un angle obtus. — J'établis mes briques bout & bout , en ménageant des joints larges de deux doigts, et en rétrécissant progressivement mon ouvrage. — Quand j'eus obtenu dans l'intérieur de ma construction un palme de hauteur, je disposai dessus une grille que je fis avec des manches de pelles à feu et des broches que je brisai. — Je continuai ensuite à élever mon fourneau en le rétrécissant de plus d'un palme et un quart ; — puis, je pris une grande cuiller que je trouvai par hasard dans une cuisine, et, après l'avoir couverte d'un lut composé de cendre et de terre, je la remplis d'autant d'or qu'elle put en contenir. — Je la soumis du premier coup à un feu violent, car je n'avais point à craindre qu'elle se brisât comme un creuset de terre. — Je fondis ainsi, en différentes reprises, jusqu'à cent livres d'or. — Ce procédé est facile et parfait. Gomme j'en suis l'inventeur, qu'il me soit permis de l'appeler, en badinant, la fonte à la cuiller. — On pensera peut-être qu'un dessin serait nécessaire pour bien faire comprendre cet appareil ; mais, comme je n'ai rien épargné pour en donner une description suffisamment claire, je me dispense d'entrer dans de plus amples explications, et je vais, sans plus tarder, parler de la manière dont on procède dans l'art de la grosserie.
MX TRAITÉ DE 1/OtFEVHEBIE.