CHAPITRE IV
i qoditét de èittnmU mubtm tfereeire*. — lltt modelée «n tort». ~ De U «artère
de travailler le marbre avec les o«tiU.
Quand je me suis mis à écrire ce traité» ma principale intention a été de dire sur les arts que j'ai exercés tout ce qu'une longue élude m'a enseigné» Je ne manquerai donc pas de relater brièvement tout ce que j'ai observé sur les qualités des marbres statuaires et sur la manière de les travailler; — car j'ai cherché avec une application et nn soin extrêmes à imiter tous les ouvrages anciens et modernes que les connaisseurs ont jugé les meilleurs, et, en outre, j'ai été étroitement lié avec les plus grands maîtres de notre siècle, par exemple, avec le merveilleux Michel- Ange Buonarroti, qui, de l'avis de tout le monde, n'a été inférieur à aucun artiste de l'antiquité, particulièrement dans l'art de sculpter le marbre.
Maintenant, pour arriver à parler des qualités des marbres , je passe sous silence leur génération , comme chose appartenant à gens de plus haut savoir que n'est le mien. — En effet, il importe peu à notre sujet qu'ils proviennent d'une terre forte, onctueuse, qui, après avoir été réduite en limon par le mélange de l'eau, s'est trouvée transformée en pierre, par la vertu des rayons du soleil. — Il me suffît de dire que j'ai principalement observé
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MA TRAITK DE LA 8CULPTUEK.
qu'il existe cinq espèces de marbres ayant chacun un grain diffère ni.
La première espèce se dislingue par un très-gros grain cl certains luisants placés uniformément l'un à côté de l'autre. — Ce marbre est le plus dur à travailler, et on y taille difficilement des choses fines sans que le fer n'y produise des escarres. — Cependant, avec du soin et de la patience on évite ces accidents, et les statues faites avec ce marbre ont un très-bel aspect
J'ai remarqué que dans les autres marbres le grain allait toujours en s'affinant et en perdant de sa dureté jusqu'à la cinquième espèce , laquelle tire plus en quelque sorte sur l'incarnat que sur le blanc. L'expérience m'a démontré que celte dernière sorte de marbre est la plus égale, la plus douce et la plus belle que l'on puisse travailler. — On la désigne sous le nom de marbre de Paros.
Ces mêmes grains se trouvent quelquefois entremêlés de (ils et tachés de noir dans différents marbres, qui alors sont très-difficiles à travailler. — Les ciseaux de tout genre s'émoussent sur les fils et môme sur les taches qui trompent facilement l'artiste, car une écorce très-blanche recouvre toujours ces défauts qui rendent un ouvrage laid et disgracieux.
C'est pourquoi l'artiste doit aller lui-même aux carrières pour choisir ses marbres et tâcher de les avoir aussi beaux et aussi parfaits que possible. — Précaution à laquelle le Bu on a r rôti attachait la plus haute importance. — En effet, il choisit avec un soin particulier, dans les montagnes de Carrare, une carrière d'où il tira ensuite tous les marbres dont il se servit pour les ornements et les figures qu'il fit dans la sacristie de San-Lorenzo à Florence, par l'ordre du pape Clément VII.
11 y a un nombre infini de pierres propres à faire des statues, mais aucune n'égale le marbre quand il est bien