CHAPITRE VI
Le diamant (tinté. — Le marquis dcl Gnasto. — Le* calomnies 4a Lattno Gîovenale. — Disgrâce. — Ascaoio. — L'espagnol Francesco.
De retour à ma boutique, je m'appliquai sans relâche a terminer l'anneau du diamant. On me députa les quatre plus fameux joailliers de Rome, parce qu'on avait dit au pape que ce diamant avait été monté à Venise par le premier ouvrier du monde, nommé maestro Miliano Targhetta, et qu'à raison de son peu d'épaisseur il serait par trop difficile à mettre en œuvre, si Ton ne prenait l'avis des gens les plus experts.
Je fus enchanté de voir arriver ces quatre joailliers, parmi lesquels se trouvait un Milanais appelé Gaio. C'était le plus présomptueux animal qu'il y eui sur terre. Ce qu'il ignorait le plus était justement ce qu'il prétendait le mieux savoir. Les autres étaient pleins de modestie et de mérite.
Ce Gaio s'empara le premier de la parole et dit : — « 11 faut conserver la teinte (1) de Miliano; tu ôleras ta
(I) Pour comprendre ce passage.il faut savoir qo'aatrefbis les joaillier* inlrodmsaient sons les chatons des diamants une espèce de sine colorié. — Dans son Trmité (COrJètrerie, Cclllul eipliqne aa long la méthode i suivre pour composer ces teintes.