‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 103 sur 183 · BUE · texte numérisé non relu

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ses adhérents. Loin de se soumettre, Blanchard riposta par un nouvel écrit, où il formulait plus nettement toute sa pensée. « J'enseigne, dît il, 1° que les évêques non-démissionnaires sont les seuls évoques légitimes de France ; 2° que l'Eglise concordataire est hérétique, sehismatique, et s"iis un jo g humain accepté ; 5° que c'est là un effet du concordat et des mesures de Pie VU ; 4° quant à ce pape, je dis seulement qu'il faut le dénoncer à l'Eglise catholique, encore sans spécifier si c'e l comme hérétique et sehismatique, ou uniquement pour avoir violé les règles saintes, et je ne prends p;is s<ir moi de l'aire une dénonciation dont j'énonce la nécessité. »

11 fut frappé d'interdit par Mgr Douglas, évêque du district de Londres ; il répondit qu'il ne dépendait que des évoques français, maxime contraire à tous les principes de juridiction. Il s'éleva avec une nouvelle vigueur contre le Concordat de ï S 17. — Au mol Eglise (Petite-) , nous développons toutes les erreurs des sectateurs de Blanchard.

BLASPHÈME, se dit en général de tout discours ou écrit injurieux à la majesté divine ; mais dans l'usage ordinaire on entend spécialement sous ce terme les jurements et les impiétés contre le saint nom de Dieu.

Les théologiens disent que le blasphème consiste à attribuer à Dieu quelque qualité qui ne lut convient pus, ou à lui ôter quelqu'un des attributs qui lui conviennent. — Selon saint Augustin, toute parole injurieuse à Dieu est un Blasphème : Jam vero blasphemia non accipitur, nisi mala verba de Deo dicere(De Morib. Munich., lib. n, c. 11). C'est donc un blasphème de dire, par exemple, que Dieu est injuste ou crue!. 11 n'est guère d hérésies qui ne donnent lieu à des blasphèmes ; toute opinion fausse touchant la nature de Dieu ou la conduite de sa providence entraîne infailliblement des conséquences injurieuses à Dieu.

BLASPHÉMATEUR, celui qui prononce un blasphème. Ce crime a toujours été sévèrement puni par la justice humaine, soit dans l'ancienne loi, soit dans le christianisme; chez les Juifs, les blasphémateurs étaient punis de mort ( Levit. x\iv ). Sur celle loi, liès-malappliquée,.lé>us-Clirisl lut couda m né à mort, parce qu'il assurait qu'il était le Fils de Dieu (Matih. xxvt, G!>).

Les lois de saint Louis et de plusieurs autres de nos rois condamnent les blasphémateurs à être mis au pilori, à avoir la langue percée avec un fer chaud, par la main du bourreau. Pie V, dans des règlements faits sur la même matière, eu 1500, condamne les blasphémateurs à une amende pour l,j première fuis, au fouet pour la seconde, si le criminel est un laïque; s'il est ecclésiastique, ce pontife veut qu'à la troisième il soit dégradé et envoyé aux galères. La peine la plus ordinaire aujourd'hui est l'amende honorable et le bannissement. — Les incrédules de nos jours doivent se féliciter de ce que ces lois ne sonl pas exécutées : personne n'a vomi autant de blasphèmes qu'eux contre Dieu, contre Jésus-Christ, contre tous les objets de notre culte ; mais pour suivre les lois à la lettre, il faudrait punir un trop grand nombre de coupables.

BLASPHÉMATOIRE, qui renferme ou exprime un blasphème. C'est ainsi que l'on

qualifie une proposition qui attribue à Dieu une conduite contraire à ses divines perfections, et qui e*t capable de diminuer le respect que nous devons à sa majesté suprême. Ainsi la cinquième proposition de Jansénius, conçue en ces termes : C'est une erreur se~ mipéla'jienne de dire que Jésus-Christ eut mort ou a répandu son sang pour tous les hommes, entendue dans ce sens , que Jésus-Christ n'est morl que pour le salut des prédestinés, esl déclarée blasphématoire dans la condamnation que le pape Innocent X en a faite En elle!, celte proposition suppose non-seulemenl que Jésus-Christ a manqué de charité pour le très-grand nombre des hommes , mais qu'il nous a trompés en se faisant appeler Sauveur du monde, agneau de Dieu qui efface les péchés du monde, victime de propitiation pour les péchés du monde entier, etc.

Le cardinal de Lugo distingue deux sortes de pr. 'positions blasphématoires; les unes qui joignent au blasphème une hérésie clairement énoncée, les autres dans lesquelles l'hérésie n'est pas formellement exprimée {Disp. 20, de Vide, sect. 3, n. 100).

Il est peu d'héiésies qui n'entraînent des conséquences blasphématoires , des conséquences injurieuses à la bonté, à la juslice, à la sainteté de Dieu. Les plus anciens hérétiques craignaient, disaient-ils, de blasphémer, en supposant que le Fils de Dieu avait été sujet aux misères et aux souffrances de l'humanité; mais ils retombaient dans ce précipice, en disant qu'il n'avait eu qu'un corps fantastique, et qu'il avait fait illusion aux sens de tous les hommes pour les tromper. Les ariens blasphémaient, en soutenant que le Fils de Dieu était une simple créature ; les manichéens, en disant que le D;eu bon avait été forcé à permettre le mil produit par un mauvais principe ; les pélagiens, en expliquant la rédemption dans un sens me!;; phorique; les défenseurs des décrets absolus de prédestination ol de réprobation, en attribuant à Dieu une conduite odieuse et tyrannique, etc. ; tous, en supposant que Jésus- Christ n'a pas daigné veiller sur son Eglise, pour la préserver de l'erreur.

BOÈCE. Nous ne pouvons nous dispenser de mettre au nombre des écr. vains ecclésiastiques cet homme célèbre par ses talents, par ses vertus et par ses malheurs. Après avoir été élevé au comble des honneurs, et avoir joui d'une prospérité éclatante sous Théodoric, roi des Goihs, il finit sa vie dans le.« supplices, l'an 525, parce qu'il tâchait de soutenir la dignité du sénat de Rome contre le despotisme de ce roi.

Boèce avait écrit un traité théologique contre les erreurs d'Eutychès et contre Ci-Iles de Nestorius, et un autre sur la Trinité, dans lesquels il soutenait le dogme catholique Dans sa Consolation de la philosophie, qu'il composa dans sa prison, il parle dignement de la prescience et de la providence de Dieu. La meilleure édition de ses ouvrages est celle de Le;, de, a vue les notes variomm, iu-8°, en 167*1 .

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