‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 104 sur 183 · BOL · texte numérisé non relu

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ROGARMILES, BOGOM1LES ou BONGO- MILES, secle d'hérétiques, sortis des manichéens ou pauliciens et selon d'autres, dis massaliens, qui se tirent connaître à Conslanlinople au commencement du xue siècle, sous le règne d'Alexis Comnène. Selon Ducange, leur nom est dérivé de la langue bulgare ou esclavone, dans laquelle liog signifie Dieu, et milvi, ayez pitié; il désignait des hommes qui se contient à la miséricorde de Dieu.

Sous ce titre imposant, les bogomiles enseignaient une doctrine très-impie, et joignaient une partie des erreurs des manichéens à celles des massaliens ou euchiles. Ils disaient que ce n'est pas Dieu, mais un mauvais démon qui a créé le momie; que Jésus-Christ n'a eu qu'un corps fantastique. Ils niaient la résurrection des corps, et n'en admettaient poinld'autreque la résurrection spirituelle par la pénitence. Ils rejetaient l'Ancien Testament, à la réserve de sept livres , l'eucharistie et le sacrifice de la messe; soutenaient que l'oraison dominicale, qui était leur seule prière, était aussi la seule eucharistie. Ils méprisaient les croix et les images, assuraient que le baptême des catholiques n'était que le baptême de saint Jean, et qu'eux seuls administraient le baptême de Jésus-Christ; ils condamnaient le mariage. On leur attribue encore d'autres erreurs sur le mystère de la sainte Trinité. Un de leu:s chefs, nommé Basile, médecin de profession, aima mieux se laisser brûler à Constanîinople, que d'abjurer ses erreurs. L'histoire des bogomiles a été écrite par un professeur de Wirtemberg, en 1171. Voy.

Baronius, ad un. 1118; Sponde, Euthymius, Anne Comnène, Sanderus (llœres. 138, clc). — Dans la suite ces hérétiques furent connus sous le nom de bulgares, parce qu'ils étaient en assez grand nombre dans la Bulgarie, sur les bords du Duuube et de la mer Noire ; ils pénétrèrent en Italie, et surtout dans la Lombard e , tirent beaucoup de bruit en France sous le nom d'albigeois, et en Allemagne >ous celui de cathares; aucune secle n'a p irléuu plus grand nombre de noms différents. \ oy. ['Histoire dis variations, par M.Bossuei, liv. xi. Mais il paraît que dans les diverses contrées où elle s'établit, cl dans les différents siècles, elle nu conserva pas'loujours exactement les mêmes dogmes ; comment l'unité de doctrine aurait-elle pu se mamieii i r parmi des enthousiastes ignorants de différentes nations et de divers caractères ?

BOHÉMIENS (frères), ou In ères Morates.

Voy. Hernutes.

* BOHÉMIENS. Il y a quatre cents ans il sortit du Delta de l'Indue une peuplade habituée à vivre au milieu des champs. Elle s'avança du «oui de l'Europe. Lorsqu'elle y pénétra, elle se donna comme un peuple égyptien irappé de malédiction pour n'avoir pas voulu accorder l'hospitalité à JésUs-CIlrisl, lorsqu'il lut contraint de se retirer en Egyp e avec sa sainte Mè e. « D pois cetie époque, diraient ces vagabonds, nous avons été condamnés à mener une vie errante ; nous ne pouvons nous li\cr dans aucun lieu, nous di essons nos lentes pour une nuit. Le jour suivant mus les niions et nous d.r geoiiS notre cou e *cis d'au-

tres lieux. > Les Bohémiens furent reçus comme des peuples réellement frappés de la malédiction de Dieu, qui faisaient pénitence de leur crime. Les Euro| éfiis, to>. chés d'un si grand malheur, essayèrent de l'alléger. Mais ce peuple fut bientôt connu. On réiUiiia sous le rapport religieux, moral et social, et on découvrit de grands vices.

L' s Bohémiens sont sans aucun principe religieux. Ils admettent toutes les religions, professent celle du peuple chez lequel ils se trouvent, ils soûl donc tour à tour, catholiques, calvinistes, luthériens, ete. Il n'y a qu'un point sur lequel ils sont constants ; c'est celui de la sup rslilion. Ils prétendent partout avoir le don de lire dans l'avenir. En prenant la main d'une personne, ils assurent qu'ils découvrent dans les lignes capricieuses, qui serpentent en tous sens, ses destinées futures. C'est un moyen d'acquérir de l'argent.

L'immoralité des Bohémiens est absolue. Us ne savent i-e que c'est que le mariage. Ils s'unissent pour un jour et tonnent le lendemain de nouvelles unions. Les enfants qui ne connaissent pas leurs pères, à je. ne élevés par leur mère, s'attachent à la première caravane venue.

Les Bohémiens paraissent n'avoir aucune notion de justice. Toutes les fois qu'ils peuvent échapper à la vindicte humaine, ils ne craignent pas de voler. H est rare que leur passage ne soit marqué de dévastations. Aussi tous les peuples les ont eus eu horreur. Les états d'Orléans de 1561 ordonnèrent qu'ils s. raient exterminés par le fer et par le feu. Les étions que toutes les nations de l'Europe ont faits pour civiliser ces êtres vagabonds oui été sans succès. Nous avons encore nos bohémiens et nos éijypliens, les Allemands leurs Zicjeuners, les Espagnols leurs Gitanos, les Anglais leurs G'i/psiy el les Italiens leurs Zingani. C'est le même peuple errant partout sous différents noms, mais il est pour les nations civilisées un objet de mépris.

BOHM1STES. On appelle ainsi en Saxe les sectateurs d'un nommé Jacob Bohm, qui est mort en 102'r , il a laissé plusieurs écrits mystiques remplis d'une théologie obscure et inintelligible.

BOLLAND1STES, continualeurs àe/iollandus, savants jésuites d'Angers, qui, depuis plus d'un siècle, se sont occupés à recueillir les actes et les vies des saints, d'après les auleurs originaux, et ont ainsi réussi à eclaircir plusieurs faits importants de V Histoire ecclésiastique et civile.

Cet utile et vaste projet fut formé au commencement du xviie siècle, par le P. Héribert Rosweid, jésuite d'Anvers; mais on sent qu il était beaucoup au-dessus îles forces d'un seul homme; le P. Rosweid no put faire pendant toute sa vie qu'amasser des matériaux ; il mourut en 10^.9, sans avoir commencé à leur donner une forme. — L'année suivante, le P. Jean Bollaudus, son conl'i ère, reprit ce dessein sous un autre point de vue, et se proposa de composer luimême les vies des saints d'après les auleurs originaux, en y ajoutant des notes semblables à celles dont les éditeurs des Pères on4 accompagné leurs ouvrages, soit pour éclaircir les passages obscurs, soit pour distinguer le vraidu fabuleux. En 1635, il s'associa le père (io'lef. oi Heuschcu.us, et, en iG'iJ, ils lireot paraître les Actes des saiull du mois do janvier en deux volumes in-folio. Ce livre eut un succès qui augmenta lorsque, en 1658, cet deux savants vureut donne liot*

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autres volumes dans la môme forme, qui contenaient les actes des saints du mois do lévrier. Bollandus s'était encore associé, en 1650 , le P. Papebroch , et travaillait à donner le mois de mars, lon-qu'il mourut en 1605. — Après la mort d'Henschenius, le l\ Papebrock eut la principale direction de cet ouvrage, et prit successivement pour coopérateurs les PP. Baërt, Janning, Dusolier et Baie, qui ont publié vingt-quatre volumes, contenant les Nies des saints jusqu'au mois de juin. — Depuis la mort du P. Papebroch, arrivée en 1714, les PP. Dusolier, Cuper, Piney et Koch ont continué l'ouvrage, et ont faitparaîtresuccessivement les actes des saints des mois suivants. Cette immense collection contient à présent plus de cinquante volumes in-folio. Elle avait été interrompue pendant plusieurs années, à cause de la suppression de la société des Jésuites; mais elle a été reprise depuis quelques années sous la protection et par les bienfaits de feue l'Impératrice reine.

On a reproché à Bollandus de n'avoir pas été assez en garde contre les légendes apocryphes cl fabuleuses ; Papebroch et ses successeurs ont eu une critique plus éclairée et plus cxacledans le choix des monuments dont ils se sont servis.

Leur premier soin, dès le commencement de ieur travail, a été d'établir des correspondances a\ec tous les savants de l'Europe, de faire chercher dans les archives et dans les bibliothèques les titres et les monuments qui peuvent servir à leurs desseins-, les matériaux rassemblés forment une bibliothèque considérable.

Avant de faire usage d'aucun titre, les bollandistes en examinent l'authenticité, le degré d'autorité qu il peut avoir, et le rejettent absolument s'ils y découvrent des indices de supposition ou de fausseté; s'ils le jugent vrai, ils le publient tel qu'il est avec la plus grande fidélité, et en éclaircissenl les endroits obscurs par des notes; si c'est une pièce douteuse, ils exposent les raisons de douter ; s'ils n'ont que des extraits, ils en font une histoire suivie.

Lorsque ces savants critiques reconnaissent qu'ils se sont trompés, ou qu'ils ont été induits en erreur, ils ne manquent jamais d'en avertir dans le volume suivant, et de rectifier la méprise avec toute la candeur et la bonne foi possible.

L'on trouve souvent, dans cet important ouvrage, des traits qui intéressent non-seu- IcmenU'/uivOi're ecclésiastique, mais l'histoire civile , la chronologie , la géographie , les droits et les prétentions des souverains et des peuples; tous les volumes sont accompagnés de tables exactes et Irès-commodes. Le soin qu'ont ces laborieux écrivains de se former des successeurs, semble répondre au public que cet immense projet sera un jour conduit à sa fin. Comme les premiers volumes donnés par Bollandus étaient devenus trèsrares, on a réimprimé à Venise toute la col-

DlCT. DE lui OL. DOGMATIQUE. 1.

1 ction; mais cette édition ne vaut pas celle d'Anvers (1).

BON, BONTÉ. C'est celui des attributs de Dieu qui nous louche davantage, et dont les livres saints nous parlent le plus souvent (2). Davi'l répète continuellement dans les psaumes : Louez le Seigneur, parce qu'il est bon, et que sa miséricorde est éternelle. Dieu fait du bien, plus ou moins, à toutes les créatures ; il n'en est aucune qui ne reçoive de lui des bienfaits ; sa bonté est donc prouvée par les effets. Il ue leur en fait pas autant qu'il leur en pourrait faire ; sa puissance est infinie, el les créatures ne sont susceptibles que d'une quantité de bien bornée. 11 ne leur en fait pas aulanl qu'elles le désirent, parce que leurs désirs n'ont point de bornes et sont souvent déraisonnables. Il ne leur en fait pas à toutes également; l'inégalité csl le fondement de la société et de nos devoirs mutuels ; la sagesse de Dieu préside à la distribution lie ses dons,el sa justice ne demande compte à chacun que «le ce qu'elle lui a donné. — De là même il s'ensuit que les notions de la bonté humaine ne peuvent être appliquées à la bonté <Ji\ iue ; parce que la première est jointe à une puissance très-bornée, el la seconde à un pouvoir infini. Un hommen'est censé bon que quand il fait le plus de bien qu'il peut, qu'il l'accorde le plus promplemenl au plus grand nombre de personnes, et continue le plus longtemps qu'il lui est possible. Aucun de ces caractères n'est applicable à la bonté de Dieu.

On tombe dans l'absurdité , si l'on exige que Dieu fasse le plus de bien qu'il peul ; il en peut faire à l'infini ; qu'il le fasse le plus promptement, il l'a pu de toute éternité ; qu'il en fasse au plus grand nombre de créatures possible, il en peut créer à l'infini ; qu'il le lasse le plus longtemps, il peul le continuer pendant toute l'éternité.

Il s'ensuit encore que la notion de bonté infinie ne nous vient point des créatures, puisque Dieu n'a répandu sur elles qu'une quantité de bien très-bornée, par conséquent mélangée de maux ou de privations; cette nolion se lire directement de celle iVêlre nécessaire, existant de soi-même, dont les attributs

(1) La révolution française de 1789 av;iil fait suspendre les grands travaux des boilaudisles. Les Acia sanctorum étaient arrêtée au i4 octobre. La société des Jésuites a repris, il y a quelques années, la continuation de cette immense publication. Le gouvernement belge a mis, à cet effet, des fonds à sa disposition. A lin d'avoir plus de facilité pour les recherches, les Jésuites ont transporté à Bruxelles le siège du travail. Trois religieux d'une vaste érudition, les PP. Boone, Van der Alocren et Coppeus, dnigenl les jeunes collaborateurs qu'ils se sont associés. Espérons qu'aucun contre-temps fâcheux ne viendra plus suspend. e une œuvre réellement prodigieuse, dont la société religieuse el civile peut tirer un grand profil.

(-2) La bonié de Dieu reçoit différents noms selon ses acies. Lorsqu'elle répand des bienfaits, elle conserve le nom «le bonté; quand elle allend le pécheur à pénitence, elle reçoit celui de Longanimité ( Foy. ce mot) ; lorsqu'elle pardonne, elle pren I celui ne Miséricorde [Voy. ce moi;.

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ne pou\ent être bornés par aucune cause. Hais la révélation nous fait connaîlrcla bonté de Dieu beaucoup mieux que la raison.

Ceux qui prétendent que l'étal acluel des créatures n'est [as assez avantageai pour qu'on puisse l'attribuera un Dieu infiniment bon, d vraienl fixer une fois pour toutes le degré auquel le bien-être des créatures devrait (Ire porté pour qu'elles n'eussent plus sujet de se plaindre ; aucun de ces philosophes n'a pu encore l'assigner. Die», disent-ils, pourrait nous rendre heureux et contents : nons ne le sommes point ; mais nous le serions si nous étions sages, et il ne lient qu'à nous de l'être. lob, au comble du malh >ur, réduit sur son fumier, était content et bénissait Dieu; Alexandre, possesseur d'une grande partie du monde, uc l'était pas. Le cœur de l'homme est trop grand pour être heureux par la possession des biens de ce monde. — Accuserons-nous Dieu de n'être pas bon, parce qu'il punil le crime en ce monde ou eu l'autre ? Au contraire, il manquerai! de bonté s'il laissait la vertu sans récompense et le crime sans châtiment. En lui la bonté ne nuit point à la justice, el la justice ne déroge point à la miséricorde. — Ce sont de fausses notions de la bonté infinie, des comparaisons toujours fautives entre la bonté du ine el la bonté humaine, l'abus des termes de bien et de nia/, de bonhur et de malheur, qui servent de fondement à tous les sophismes des philosophes anciens el modernes sur la grau le question de l'origine du mal. Voy. .Mal.

Bon, en parlant des créatures, a un double sens. Leur bonté physique esl la même chose que leur perfection ; elles sont parfaites lorsqu'elles répondent à l'usage auquel Dieu les a destinées. Mais les termes de perfection et d'imperfection sont des termes purement relatif : il n'y a point de perfection absolue que celle de Dieu ; l'imperfection absolue est le néant.

La bonté morale des êtres intelligents est l'inclination à faire du bien; la bonté morale île leurs actions est la conformité de ces actions avec la règle des mœurs, ou avec la \olonté de Dieu, souverain législateur. Voy.

BlBJ \10RVL.

UONAVENTURE (saint), religieux franciscain, ensuite évêque d'Albano, et cardinal, mort l'an 127V, a é;é l'un des plus célèbres théologiens scolasliques du xuie siècle ; il est autant respecté chez les cordeliers que saint Thomas d'Aquin chez les jacobins. En 1008, ses ouvrages ont été imprimes à Lyon, en .huit volumes m-folio. Les deux premiers renferment des commentaires sur I Eci ilurc sainte ; le troisième, des sermons; les deux suivants sont un commentaire sur le Maître des sentences, par conséquent un cours de théologie ; le sixième et le septième contiennent des traités de morale el de piété; le huitième, des opuscules sur la vie religieuse, dans lesquels il se plaint amèrement du relâchement qui s'était déjà introduit chez les franciscains, trente ans après la mort de saint François. On adonné a saint Honavcn- 'uie le nom de docteur iéraphiqm ; il joignit

aux vertus d'un parfait religieux des connaissances rares dans son siècle. Voy.Vllist. dei Eyt. gallic. ,\om. XII. liv. xxxiv, au. 1*272.

BONHEUR. Voy. Bien.

* BONHEUR. L'homme est fait pour le bonheur, une force invincible le pousse vers la félicité. La religion, qui doit satisfaire à tous les besoins de l'humanité, possède les sources du véritable bonheur. La philosophie a p étendu se substituer à sa place. Voyons d'ab rd ce que la religion fait pour rendre l'homme heureux ; nous examinerons ensirle si la ph.los iphie p mu se vanier d'avoir trouvé le principe du \érilable bonheur.

I. Ce n'est pas sur cette terre que l'homme peut espé er un bonheur complet : c'est dans le ciel qu'il peut le tr uver. Nous traçons dans l'article suivant la nature du b mheur des élus. Ut servons que l'espérance du ciel est déjà pour nous sur la terre une source de bonheur. « En proie à la douleur, disait J.-J. Rousseau, je la supporte avec patience en songeant qu'elle esl passagère et qu'elle vie l d'un corps qui n'es: poinl à moi. Si je fais une bonne action sans léinoin>, je sais qu'elle est vue el je prends acte pour l'autre vie de ma conduite en celle-ci. En souffrant une injustice je médis: L'Etre juste qui régit tout saura bien m'en dédommager ; les besoins de mon cœur, les misères de ma vie, me rendent l'idée de la mort plus supportable. Ce seront autant de liens de moins à rom;ire quand il faudra tout quitter. Ce qui importe à l'homme, c'est de remplir «es devoirs sur la terre, et c'est en s'oubliant qu'on travaille pour soi. L'intérèi particulier nous trompe ; il n'y a que l'espoir du juste qui ne trompe point i

Quoique la plénitude du bonheur soit dans le cic, nous pouvons cependant atteindre à une certaine mesure de félicité sur celle icrre: non point celle félicité fantastique el sensuelle qui, née du vice, n'engendre que des maux ; mais cette lélicilé douce, calme, paisible, la seule compatible avec notre état, la seule <jue l'homme puisse espérer ici bas, la seule qui remonte jusqu'à la cjuse de nos peines pour les guérir. La vie est un composé de biens el de maux. Connaître les véritables biens travailler avec mesure à les acquérir, n'user des dons les plus agréibles et les plus précieux que selon les règles de la raison, c'est une partie essentielle du bonheur, l'our le rendre aussi complet qu'il peut le devenir, il faut encore savoir se conduire avec sagesse à l'égard des maux. 11 y en a que nous pouvons éloigner, d'autres que c'est une nécessité de subir. Savoir se délivrer des premiers et supporter avec courage les seconds , c'est tout ce que l'homme raisonnable peut demander. Voilà en deux mots louie la science du bonheur: d siinguer les véritables biens pour en user avec sagesse, accepter avec résignation les mauv que la raison nous co iiinande de subir.

Ce qui nousdonnerait celle admirable science serait certainement un bien tellement précieux que le s.ige devrait le poursuivre tous les jours de sa vie. Eh bien ! la venu nous procure ces inappréciables avantages. Elle n et dans l'esprit cette haute prudence qui choisit le meilleur dans loul ce que nous pouvons rechercher. Elle é ève l'àme au-dessus des maux de la vie, la rend capable de Supporter les plus grands désasUV s. Le pué e ne disait pas trop en assur.un que le juste verrait le ciel s cjrSuler sans en être ébranlé. Enlin, la vertu tempère la fougue des passioni; et modère l'ardeur qui pousse l'homme veis le plaisir. Nous ne craignons pas de l'allumer, il n'y a pas un beau sentiment, un ai ic générées, une pensée heureuse, une situation réellement bonne qui ne vienne de la vertu. El qui donc a formé ces hommes qui par leur douce gaieté sont le charme de la bonne société? Qui a donné la vie à ces affections louchantes qui sont le boitneurde Is serre 1 Quia créé les véritables mis, le plus précieua tréseï ou

BON

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