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que chez nos adversaires les preuves de ce que nous avançons. Bayle , qui ne doit pas être suspect aux incrédules, qui vivait parmi les calvinistes, etqui les connaissait très-bien, leur a reproché, dans son Avis aux réfugiés, en 1690, d'avoir poussé la licence des écrits satiriques à un excès dont on n'avait point encore eu d'exemple; d'avoir, dès leur naissance, introduiten France l'usage des libelles diffamatoires, que l'on n'y connaissait presque pas ; il leur rappelle les édits par lesquels on fut obligé de réprimer leur audace, et la malignité avec laquelle leurs docteurs, l'Evangile à la main, ont calomnié les vivants et les morts. 11 leur oppose la modération et la pa'ience que les catholiques, en pareil cas, ont montrées en Angleterre. 11 accuse les premiers d'avoir enseignéconstamment que, quand un souverain manque à ses promesses, ses sujets sont déliés île leur serment de fidélité, et d'avoir fondé sur ce principe toutes les guerres civiles dont ils ont été les auteurs.
11 leur représente que, quand il a été question d'écrire contre le pape, ils ont soutenu avec chaleur les droits et l'indépendance des souverains ; que lorsqu'ilsont été mécontents de ceux-ci, ils ont remis les souverains dans la dépendance à l'égard des peuples ; qu'ils ont soufflé le froid et le chaud, suivant l'intérêt du lieu et du moment. Il leur montre les conséquences affreuses de leurs principes touchant la prétendue souveraineté inaliénable du peuple ; et aujourd'hui nos politiques incrédulesosentnous vanter ces mêmes principes, comme une découverte précieuse et nouvelle qu'ils ont faite -, ils ne savent pas que c'est une doctrine renouvelée des huguenots. Il n'y a, continue Bayle, point de fondements de la tranquillité publique que vous ne sapiez, point de frein capable de retenir les peuples dans l'obéissance que vous ne brisiez Vous avez ainsi vérifié les craintes que l'on a conçues de votre parti, dès qu'il parut, et qui tirent dire que quiconque rejette l'autorité de l'Eglise, n'est pas loin de secouer celle des puissances souveraines, et qu'après avoir soutenu l'égalité entre le peuple et les pasteurs, il ne tardera pas de soutenir encore l'égalité entre le peuple et les magistrats séculiers.
Bayle va plus loin ; il prouve que les calvinistes d'Angleterre ont autant contribué au supplicede Charles Ier que les indépendants ; que leur secte est plus ennemie de la puissance souveraine qu'aucune autre secte protestante ; que c'est ce qui les rend irréconciliables avec les luthérieus et les anglicans. 11 fait voir que les païens ont enseigné une doctrine plus pure que la leur, louchant l'obéissance que l'on doit aux lois et à la patrie ; il réfute toutes les mauvaises raison par lesquelles ils ont voulu justifier leurs lévoltes fréquentes. Il démontre que la ligue des catholiques pour exclure Henri IV du trône de Fiance paice qu'il était huguenot, a été beaucoup moins criminelle que la ligue des protestants pour priver le duc d'York de îa couronne d'Angleterre, parce qu'il était
catholique. Telle est l'analyse de Y Avis aux réfugiés, qu'aucun calviniste n'a osé entreprendre de réfuter. — Déjà, dans sa Réponse à la lettre d'un réfugié, en 1688, il avait montré que les calvinistes sont beaucoup plus intolérants que les catholiques, qu'ils l'ont toujours été, qu'ils le sont encore, qu'ils l'ont prouvé par leurs livres et par leur conduite ; que leur principe invariable est qu'il n'y a point de souverain légitime que celui qui est orthodoxe à leur manière. Il leur avait soutenu qu'eux-mêmes ont forcé Louis XlVà révoquer l'édit de Nantes; qu'en cela il n'a fait tout au plus que suivre l'exemple des Etatsde Hollande, qui n'ont tenu aucun des traités qu'ils avaient faits avec les catholiques. 11 avait prouvé que toutes les lois des Etats prolestants ont été plus sévères contre le catholicisme, que celles de France contre le calvinisme. 11 y rappelle le souvenir des émissaires que les huguenots envoyèrent à Cromw<T, en 1650, des offres qu'ils lui firent, des résolulions séditieuses qu'ils prirent dans leurs synodes de la basse Guienne. Il se moque de leurs lamentations sur la prétendue persécution qu'ils éprouvent, et il leur déclare que leur conduite justifie pleinement la sévérité avec laquelle on les a traités en France. OEuvres de Beiyle, lom. II, p. 5Vk.
L'écrivain qui, en 1758, a fait l'apologie de la révocation de l'édit de Nantes, n'a presque rien fait autre chose que répéter les mêmes reproches et les mêmes faits que Bayle avait soutenus en face aux calvinistes, en 1688 et 1690. Cependant tous nos politiques antichrétiens ont élevé la voix contre lui : ils ont voulu le faire passer pour un boute-feu et pour un fanatique : qu'auraientils dit, si cet auteur avait déclaré hautement qu'il copiait Bayle presque mot pour mot ?
VOXJ. GUHRRES DE RELIGION, PROTESTANT, TO- LÉRANCE, etc.
CAMALDULES, ordre religieux, fondé par saint Romuald, en 1009, ou, selon d'autres, en 960. Saint Romuald envoya plusieurs de ses religieux prêcher l'Evangile aux peuples de la Hongrie, qui étaient encore infidèles ; il y allait lui-même dans ce pieux dessein, lorsqu'il fut soi pris de la maladie dont il mourut.
Le P. Ziégelnaur a donné la notice des écrivains de cet ordre en 1750, à Venise, in-folio.
La congrégation des ermues de saint Romuald ou du mont de la Couronne, est une branche de celle de Camaldoli, avec laquelle elle s'unit en 1532. Paul Justiniani, de Venise, commença son établissement en 1520, et en fonda le principal monastère dans l'Apennin , au lieu nommé le mont de la Couronne , à dix mille de Pérouse. Voy. Baronius, Raynaldi, Sponde, ad ann. 1520.
Les protestants ont forgé une calomnio grossière contre saint Romuald. Dans une histoire ecclésiastique imprimée à Berne eu 1767, il est dit que Serge son père s'étant fait moine, et voulant quitter cet état, duquel il était dégoûté, Romuald accourut au mon.istère, mil des enlraves aux pieds de son père , et ne cessa do le frapper, jusqu'à ce qu il eût promis de persévérer dans l'étal
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mona^li ]ue. Fable absurde s'il en fut jamais. Tous les historiens déposent que saint Romuald n'employa que les raisons, les prières et les larmes pour engager son père à la persévérance. Comment aurait-il osé exercer une violence dans un monastère où il n'avait nui une autorité, où il n'était ni supérieur ni religieux ? S'il s'était cru la violence permise, il l'aurait fait exercer par quelque moine, plutôt que de s'en rendre coupable lui-même. Pendant toute sa vie il a donné des exemples d'une douceur et d'une patience à toute épreuve.
Les censeurs du christianisme demandent si, pour se sanctifier, il est nécessaire de se retirer dans les déserts? Non, sans doute; mais ce goût que Dieu a inspiré à des personnages très-vertueux, n'a pas été inutile au monde. Ils ont défriché et rendu habitables des lieux qui étaient sauvages; la renommée de leurs verlus a souvent tiré du désordre des hommes qui seraient moris impénitents ; la solitude estnécessaireà ceux pour lesquels le monde est un séjour dangereux. — Mais si tous les hommes étaient saisis de cet accès de mélancolie, la société se dissoudrait. Ne craignons point ce malheur, Dieu y a pourvu; il n'a donné le goût de la solitude qu'à un très-petit nombre d'hommes, et il y aurait de l'injustice à gêner leur inclination.
CAMÉRONIENS. Dans le xvne siècle, on a donné ce nom en Ecosse à une secte qui avait pour chef un certain Archibal Caméron, ministre presbytérien, d'un caractère singulier. Il ne voulait pas recevoir la liberté de consciencequeCharles II, roi d'Angleterre, accordait aux presbytériens ; parce que, selon lui, c'était reconnaître la suprématie du roi, et le regarder comme chef de l'Eglise. A celte bizarrerie on reconnaît le génie caractéristique du calvinisme. Ces sectaires, non contents d'avoir fait schisme avec les autres presbytériens, poussèrent le fanatisme jusqu'à déclarer Charles II déchu de la couronne, et se révoltèrent ; on les réduisit aisément, et en 1690, sous le règne de Guillaume III, ils se réunirentaux autres presbytériens. En 1706, ils recommencèrent à exciter du trouble en Ecosse ; ils se rassemblèrent en grand nombre, et prirent les armes près d'Edimbourg ; mais ils furent dispersés par des troupes réglées que l'on envoya contre eux. On prétend qu'ils ont une haine encore plus forte contre les presbytériens que contre les épiscopaux. Il ne faut pas confondre le chef de ces camdronieiis avec Jean Caméron , autre calviniste écossais , qui passa en France , enseigna à Sedan , à Saumur et à Montauban. Celui-ci était un homme très-modéré, qui désapprouva le fanatisme de ceux qui se révoltèrent contre Louis XIII , et essuya de mauvais traitements de leur part. Il a laissé des ouvrages estimables.
CAN A, ville ou bourgade de la Galilée , dans laquelle Jésus-Christ fut invité à des noces , et fit le premier de ses miracles en changeant l'eau eu vin. Plusieurs incrédules ont fait des efforts pour rendre eu miracle su.s| cet. Ils disent que J sus lit remplir d'eau
deux cruches , qu'il y mêla sans doute quelque drogue pour donner à l'eau la couleur et le goût du vin. Ils ajoutent que Jésus favorisa l'intempérance des convives , en leur fournissant du vin lorsqu'ils étaient déjà ivres.
Mais si Jésus-Christ ne fit rien autre chose que de donner de la couleur et du goût à l'eau , il ne favorisa donc point l'intempérance ; l'un de ces reproches détruit déjà l'autre.
Depuis que la chimie et l'histoire naturelle sont poussées au plus haut degré, a-l-on découvert quelque drogue qui ait la vertu de donner à l'eau la couleur et le goût d'un excellent vin ? Les Juifs n'étaient pas des chimistes fort habiles, et Jésus-Christ n'avait fait en Judée ni ailleurs aucune étude. Il ne toucha point aux vases dans lesquels l'eau fut changée en vin ; tout passa par les mains de ceux qui servaient à table : saint Jean , qui rapporte ce miracle, en fut témoin oculaire.
Le maître d'hôtel, après avoir goûté de ce vin miraculeux , dit à l'époux : Tout autre que vous sert d'abord le bon vin, et après que l'on a beaucoup bu, cum inebriati fuerint, il en sert alors du moindre : pour vous, vous avez réservé le bon vin pour la fin du repus (Joan. m, 10). Dans le style des écrivains sacrés , inebriari ne signifie pas toujours s'enivrer, mais boire à sa soif, abondamment. Au figuré, il signifie recevoir en abondance des biens ou des maux. On ne peut donc pas conclure de ce passage que Jésus- Christ favorisa l'intempérance des conviés. Voy. Glassii Philolog. sacra, 1. v, tract. 1, c. 12.
CANANÉEN. Voy. Chananéens.
CANON , terme grec qui signifie règle ; il se prend en plusieurs sens (1).
On appelle ainsi, en premier lieu, le catalogue des livres que l'on doit reconnaître pour divins ou inspirés de Dieu , et que l'Egiise donne aux fidèles pour être la règle de leur foi et de leurs mœurs (2).
Le canon de la Bible n'a pas toujours été le
(t) La question de la canonic lé des livres saints est irès-imporiante. Il est nécessaire de prouver que le canon du concile de Trente n'a lait qu'exprimer la croyance de l'Kglise «te tous les temps, et n'a rien innové en celle malière. Mais la difficulté concerne surtout les livres deinérocanoniques. Nous remettons à développer nos preuves au mol Dectéro-
CANONIQl'ES.
(2) Le saint concile de. Trente, ayant donné son décret sur l'Ecriture sainte, jugea convenable d'y joindre le catalogue des livres sacres, afin que personne ne puisse demeurer dans le doute à cet égard. Voici ce catalogue.
Les livres de l'Ancien Testament sont : les cinq livres de Mois*', sr.voir : la Genèse, VExode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome ; Jotué, les Juges, liutli, les qiriire livres des Rois, les deux des J'uralipomènes, le premier A'Esdras , el le second, sons le litre de Niliémiat, Tobie, Judith, Esilifr, Job, les Pxauntet de David, les l'roverhet, \%Ect!i- BÎ&tte, le Cantique de» eunuques, la Snnesae, \'l:ccl<tiattiquë, l*«tr, Jériuve, lluruch, Eiéchk)l, Dnmcl, Osée, Joël, AiU9t, Vulms, Jouât, Nithéê, iSuluun.