‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 117 sur 183 · AU · texte numérisé non relu

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qui désigne seulement ce qui s'est ensuivi, nième contre le gré de celui qui agissait. Dans l'iijrorfe.chap.xi, v.9, Dieu semble dire à Moïse: Pharaon ne vous écoutera pas, afin qu'il se fasse des prodiges en Egypte, Etait-ce l'intention de Pharaon? 11 faut nécessairement traduire de manière qu'il se fera, ou je f rai des prodiges, etc. Jésus-Christ dit aux Juifs : Vous attesterez vous-mêmes que vous êtes les enfants de ceux qui ont mis à mort les prophètes (Mat th. xxm, 31). Les Juifs n'avaient aucune envie de l'aitester; mais c'est une conséquence qui s'ensuivait de leur conduite. Les apôtres leur disent: Puisque vous rejetez la parole de Dieu, et que vols vols jugez indignes de la vie éternelle, nous nous tournerons du côté des païens (Act. xin, 40). Les Juifs n'en jugeaient pas ainsi; mais leur indignité était une conséquence de leur incrédulilé. Jésus-Christ avait ajoulé: Vous poursuivrez et mettrez à mort mes disciples, afin de faire tomber sur vous tout le sang des justes, etc. (Mallh. xxm, 34 et 35; ; afin ne désigne point ici l'intention, mais l'événement. — Nous faisons encore la même équivoque en français, lorsque nous disons à un homme avec humeur: C'était bien la peine d'aller là pour faire une pareille sottise, ou, ce n'était pas la peine de tant travailler pour réussir aussi mal. Nous ne prétendons paslui reprocher qu'il avait celte intention. Ainsi, lorsque saint Paul dit : La loi est survenue i'our augmenter le péché (Rom. v, 20), nous ne sommes pas tentés de conclure que c'était là l'intention de Dieu; nous pensons qu'il faut traduire: La loi est survenue de manière que le péché s'est augmenté, et c'est la remarque de saint Jean Chrysostome. A la vérité, saint Augustin a donné à ce passage un sens plus rigoureux; il prétend que Dieu a donné exprès la loi aux Juifs pour augmenter le péché ; afin que, convaincus de la nécessité de la grâce par la multitude de leurs transgressions, ils implorassent le secours de Dieu (L. m contra duas epist. Pelag.,c. 4, n. 7, etc.). Mais celte explication ne paraît pas assez conforme au principe posé par saint Paul, qu'il ne faut pas faire le mal afin qu'il en arrive du bien (Rom. m, 8); et à ce que dit l'Ecclésiastique, xv, 21, que Dieu n'a donné lieu à personne de pécher. Le saint docteur a entendu, comme saint Jean Chrysostome, le passage de saint Paul, touchant la loi ancienne (L. i ad Simplic, q. 2, n. 17, et I. ii contra Advcrs. legis et prophet., cil, n. 30). L'autre explication n'est donc pas incontestable. — De même lorsque l'Ecriture .semble attribuer à Dieu l'aveuglement, les erreurs, l'incrédulité, l'endurcissement des pécheurs, nous ne conclurons pas, comme Calvin, comme les manichéens, comme les incrédules, que Dieu a donc mis lui-même ces mauvaises dispositions dans leur cœur, mais que sa patience, ses bienfaits, ses menaces ou ses châtiments n'ont abouti qu'à ce funeste effet; qu'il l'a permis, qu'il n'a point fait usage de sa toute-puissance pour l'empêcher. Duns ce sens il est écrit que Dieu suseita un ennemi à Salomon (/// Req. XI, 23 •

que Dieu avait commandé à Séméi de maudire David (Il Reg. xvi, 10) ; qu'il a envoyé un esprit de mensonge dans la bouche des faux prophètes (/// Reg. xxu, 22) ; qu'il leur a donné un esprit de vertige (lsai. xix , 14) ; qu'il les a séduits (Jbid. lxiii, 17; Jerem. xx, 7); qu'il les a trompés (Ezech. xiv, 9); qu'il a livré les philosophes à un sens réprouvé (Rom. i, 28) ; qu'il a envoyé un esprit d'obstination (Jbid., 8); qu'il a tendu un piège d'erreur (1 Thess. n, 11); qu'il aveugle les pécheurs, les endurcit, les rend sourds aux remontrances (Exod. iv, 21 ; Rom. îx, 17, 18, etc.). — Sans cesse l'Ecriture répète que Dieu est saint, ennemi du crime; qu'il ne le commande point, mais qu'il le défend et le punit; qu'il déleste l'impiété ; qu'il ne trompe, ne séduit, ne lente personne : elle dit que les pécheurs s'aveuglent et s'endurcissent euxmêmes: Dieu n'y a point de part. Nous ne citerons à ce propos qu'un seul passage. Ne dites pas : Dieu ime manque ; ne faites point ce qu'il défend. N'ajoutez pas: C'est lui qui m'a égaré; car il n'a pas besoin des impics... Le Seigneur n'a commandé à personne de mal faire; il ne donne lieu de pécher à aucun homme ; il ne veut point augmenter le nombre de ses enfants infidèles et pervers ( E ccli.w , 11).

Cent expressions équivoques ne peuvent obscurcir une vérité aussi claire; celles que nous avons citées ne pouvaient pas plus tromper les Juifs que nos discours ordinaires ne trompent nos concitoyens. Si les incrédules y trouvent un piège d'erreur et un motif d'opiniâtreté, c'est qu'ils le veulent ; Dieu n'est pas plus l'auteur de leur entêtement que de l'endurcissement de tous les pécheurs. — Dans Isaïe (xliii, 24), Dieu dit aux Juifs : Vous m'avez fait servir à vos péchés. Les Juifs avaient-ils donc le pouvoir de faire contribuer Dieu à leurs péchés? Non, sans doute; mais par leur obstination , les bienfaits de Dieu ne servaient qu'à les rendre plus méchants et plus ingrats. — Au contraire, ce qui est la vraie cause d'un événement est quelquefois exprimé dans l'Ecriture sainte, comme s'il n'y avait pas contribué. Dans Jérémie (Thren. v, 10), les Juifs disent : Malheur à nous, et nous avons péché, c'est-à-dire, car ou parce que nous avons péché : la conjonction hébraïque n'indique pas seulement la suite accidentelle, mais l'effet du péché.

Saint Augustin, dira-t-on, s'est servi de tous les passages objectés parles incrédules, pour prouver que Dieu est véritablement la cause de la malice et de l'endurcissement des pécheurs. Lorsque Julien lui répond que l<* pécheurs ont été abandonnés à eux-mêmes par la patience divine, saint Augustin soutient que, selon saint Paul, il y a eu un acte de patience et un acte de puissance; et il le prouve par ces mêmes passages (Contra Jul., 1. v, c. 3, ir 13 ; c. 4, n 15, etc.). — Il n'est pas vrai que saint Augustin ait soutenu celte doctrine ; il s'est servi lui-même du passage de l'Ecclésiastique que nous venons de citer, pour réfuter ceux qui rejetaient sur Dieu la cause de leurs péchés (L. de (irai, et lib. arb. , C. 2, n' •'>)• 11 dit quo Dieu endurcit, non eu

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donnant de la malice au pécheur, mais en ne lui faisant pas miséricorde {Epist. 1% ad Sixtum, c. 3, n. 14). Que s'il endurcit en ne faisant pas miséricorde, ce n'est pas qu'il donne à l'homme ce qui le rend plus méchant, mais c'est qu'il ne lui donne pas ce qui le rendrait meilleur (Ad Simplic., I. 1, q. 2, n° 15), c'est-à-dire, une grâce aus>i forte qu'il la faudrait pour vaincre son obstination {Tract. 53 in Joun., n° G et suiv.). En cela même consiste l'acte de puissance que Dieu exerce pour lors: celte puissance ne brille nulle part avec plus d'éclat que dans la distribution qu'elle fait des grâces comme il lui plaît ; mais les pélagicns ne voulaient pas que le pécheur eût besoin de grâce. — Le saint docteur dit que Pharaon endurcit luimême son propre cœur, et que la patience de Dieu en fut l'occasion (L. de Grat. et lib. arb.,n° ko ; Sert». 57, n° 8; in ps. cxl, n° 17;.- Jl soutient que Dieu ne nous aide jamais à pécher (De pecc. merit. el remiss., 1. n, n° 5) ; que quand nous disons à Dieu de ne pas nous induire en tentation,nous]uideruandonsdene pas nous y laisser tomber en nous abandonnant (Epist. 157, n" 16; de Dono persev., n° 9 et 12, etc.). — Oiigène, saint Basile, saint Grégoire de Nazianze, saint Jean ChryT sostome, saint Jérôme, ont expliqué de même les passages de l'Ecriture qui regardent l'endurcissement, el qui semblent attribuera Dieu ia cause du péché. C'est donc très-mal à propos que Calvin, Jansénius et tant d'autres ont prétendu avoir pui.sé dans saint Auj guslin les impiétés qu'ils ont soutenues ; et c'est une injustice, de la part des incrédules, d'affirmer que saint Augustin a été dans les mêmes opinions que Jansénius et Calvin.

Voy. Grâce, § II!.

Causes finales. La question des causes finales semble regarder de plus près les philosophes que les théologiens; mais l'Ecriture sainte, dans l'histoire de la création, attribue à l'auteur de la nature un but, un dessein, dans la production des différents êtres; elle nous enseigne que Dieu a fait l'un pour servir l'autre; qu'après avoir achevé son ouvrage, il vit que tout était bien. Elle suppose donc qu'il y a des causes finales: il s'agit de savoir si les raisonnements et les hypothèses des matérialistes peuvent renverser cette doctrine.

Ou le monde, tel qu'il est, vient du hasard et d'une nécessité aveugle, ou c'est l'ouvrage d'une cause intelligente : il n'y a pas de milieu.Tout pourrait être autrement qu'il n'est, sans qu'il en résultât aucune contradiction ; 51 n'y a donc point là de nécessité. Or, certains êtres dépendent des autres et ne peuvent subsister sans eux : celte relation de dépendance est constante el invariable ; elle ne vient doncv pas du hasard, c'a été le dessein d'une cause^ intelligente el libre. — Lorsqu'une intelligence agit, elle sait ce qu'elle fait; elle connaît son action , et veut l'effet qui doit s'ensuivre; quand elle produit une cause physique, elle prévoit et veut l'effet qui en résultera : autrement elle agirait tout à la fois en cause intelligente et en cause aveugle ;

ce qui est absurde. L'effet est donc le but immédiat ou la Gn prochaine qu'un être intelligent se propose en produisant une cause physique, et celle cause est le moyen. Ainsi, la recherche des causes finales n'est autre chose que la recherche des effets produits par les causes physiques. — Puisque certains êtres contribuent comme causes physiques à la conservation et au bien-être des autres, c'est l'intelligence du Créateur qui a établi cette relation; elle n'est ni fortuite, ni imprévue, ni nécessaire à son égard ; il aurait pu faire autrement, et il a voulu fairo ce qui est : donc les êtres qui servent à l'utilité et au besoin des autres sont destinés par le Créateur à cet usage ou à cette fin : donc les derniers sont la cause finale des premiers. Nous ne voyons pas en quoi pèche cette démonstration. — Or, entre les êtres vivants, celui auquel Dieu a donné plus de facultés et plus de talent pour faire servir à son bien-être les autres créatures, est évidemment l'homme; donc Dieu a formé ces créatures pour l'avantage et lu bien-être ds l'homme, malgré l'abus que celui-ci peut en faire contre l'intention du Créateur. Celle doctrine de l'Ecriture sainte tend à rendre l'homme attentif, reconnaissant, religieux; les sophismes- par lesquels on l'attaque ne peuvent aboutir qu'à nous rendre slupides et abrutis.

On dit qu'en attribuant à Dieu des desseins et un but, nous le faisons agir à la manière do l'homme; celui-ci se propose une fin, parce qu'il en a besoin, Dieu n'a besoin ni de fins, ni de moyens. — En nous accusant d'un sophisme et d'une comparaison fausse, ne sont-ce pas nos adversaires qui font l'un et l'autre? Voici leur raisonnement : lorsque l'homme se propose une fin et prend des moyens, c'est qu'il en a besoin; donc si Dieu fait de même, c'est aussi par le besoin. Nous rejetons celte conséquence. Dieu n'avait pas besoin de créer le monde, cependant il l'a fait ; il n'avait pas besoin de produire tel effet physique par le moyen de telle cause, mais il a voulu que cela fût ainsi; il n'avait pas besoin d'aliments pour conserver les élres vivants, ceux-ci néanmoins ne peuvent se conserver autrement. Agir pour une fin n'est donc pas pour lui un besoin, mais une perfection; il agit ainsi, non parce qu'il est indigent, mais parce qu'il est intelligent, sage el bon. Nous demandons si agir à l'aveugle, sans savoir ce qu'on fait et sans le vouloir, estuneplus grande perfection que d'agir pour une fin. — A la vérité, il y a encore plusieurs êtres dont nous ne voyons pas l'utilité ou la cause finale, de même qu'il y a des phénomènes dont nous ignorons la cause physique ; ;mais de ce que noas ne connaissons pas toutes les causes, il ne s'ensuit point que nous n'en connaissions aucune. Une étude assidue ^de la nature nous fait découvrir tous les jours de nouveaux phénomènes et de nouvelles causes physiques; donc elle peut nous montrer aussi des causes finales qui nous étaient inconnues.

On réplique : Si Dieu a destiné à noire

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conservation et à notre bien-être ce qui y contribue en effet, il a donc aussi destiné à notre malheur et* à notre destruction ce qui nous blesse et nous tue; ouest le motif de bénir la bonté et la sagesse du Créateur? — S'il avait été de celte honte et do celle sagesse infinie de nous accorder sur la terre un bonheur complet et constant , une vie exemple de-tout mal physique, Dieu l'aurait fait, sans doute ; il aurait disposé les êtres de manière qu'aucun ne pût nous nuire ; mais cela devait-il être ainsi? Depuis que l'on argumente sur l'origine du mal, et que l'on en fait la hase de mille objections , est-on parvenu à démontrer que le bien-être accordé aux créatures vivantes par une bonté infinie-né doit être mélangé d'aucun degré de mal, que le bien est un mal, à moins qu'il ne soit absolu et augmenté à l'infini? On ne le prouvera jamais, puisque c'est une absurdité. Conséquemment , sans déroger à la bonté divine, nous croyons , conformément à l'Ecriture sainte et à la droite raison, que Dieu seul, principe du bien, est aussi l'auleurdes maux (Isai, xlv,7; Amos, ur, G, etc.), et qu'il ne s'ensuit rien contre les causes finales. Voxj. Mal.

Les philosophes modernes qui se sont élevés avec chaleur contre les causes finales ne nous semblent pas avoir saisi le vrai point de la question ; elle se réduit à savoir si l'univers est le résultat d'une nécessité aveugle, que nous nommons \e hasard, ou si c'est l'ouvrage d'un être intelligent et libre qui opère avec connaissante et avec choix. Diront-ils que la constitution de l'univers ne dénote pas certainement l'opération d'une cause intelligente ? Dans ce cas, nous leur demanderons quel est le signe par lequel nous pouvons distinguer le procédé d'une cause intelligente, d'avec celui d'une cause aveugle; mais nous attendrons longtemps la réponse, — Dès que l'on perd de vue les causes finales, et que l'on méconnaît dans la marche de l'univers la main d'un Dieu bon, sage cl puissant, l'étude de la nature devient sèche , insipide, morte, sans fruit et sans attraits ; la physique , l'histoire naturelle, la cosmogonie, la botanique, etc., se réduisent presque à une simple nomenclature et à un mécanisme aveugle dont on ne voit ni le principe ni l'utilité. Si au contraire l'on rapporte tout à une providetice attentive et bienfaisante , le cœur est touché et l'esprit satisfait ; l'homme sent alors qu'il tient un rang dans l'univers, il bénit l'auteur de son être, et en devient meilleur. — Agir pour une cause finale à dessein et avec une intention , est le caractère des êtres intelligents et libres, et les actions ainsi faites sont les seules capables de moralité, les seules qui nous soient imputables. Mais nous avons déjà remarqué dans I article précédent que souvent I Ecriture sainte semble attribuer à une intention, à un dessoin formé , à une cause finale, ce qui arrive contre l'intention ou sans l'intention de celui qui a^it ; elle l'exprime ainsi, soit à l'égard de Dieu , soit à l'égard des hommes. Saint Matthieu, par exemple,

fait aux circonstances de la vie du Sauveur l'application de plusieurs prophéties qui , , selon le sens d'un prophète, paraissent avoir eu un autre objet ; il dit, c. ir, v. 15, que Jésus enfant demeura en Egypte jusqu'à la mort d'Hérod.\ pour accomplir, ou afin d'accomp'ir ce qui avait été dit par un prophète : J'ai appelé mon fis de l'Egypte; c'est eu parlant des Israélites qu'Osée avait dit ces paroles, c. h, v. 1, et probablement les parents de Jésus n'avaient aucun dessein d'accomplir celte prédiction. Il dit, v. 23, que Jésus demeura à Nazareth pour accomplir ce qui avait été dit par les prophètes : // sera nommé Nazaréen; il est vraisemblable que les prophètes ne faisaient, par ces paroles, aucune allusion à la ville de Nazareth. L'évangêliste entend donc seulement q^e ces paroles et les précédentes se trouvèrent accomplies une seconde fois et dans un sens différent de celui qui peut-être avait été le seul qu'eût le prophète en écrivant.

Saint Paul (Galat. il, 14) dit à saint Pierre : Vous forcez les gentils à judaïser. Ce n'était pas le dessein de saint Pierre ; mais sa conduite pouvait donner lieu aux gentils de conclure qu'ils étaient obligés de judaïser, ou d'observer les cérémonies de la loi de Moïse. Tous les jours nous disons de même dans les discours familiers : Vous m'avez forcé de faire telle chose; c'est-à-dire, votre conduite a été nour moi un motif de faire ce que i'ai fait.

On ne peut pas trop répéter ces réflexions, parce que les incrédules et même quelques théologiens ont fait un abus énorme des équivoques semblables qu'ils ont trouvées , soit dans l'Ecriture sainte, soit dans les Pères de l'Eglise. Us veulent nous persuader que l'hébreu est une. langue extraordinaire, inintelligible, qui ne ressemble à aucune autre, qui signifie tout ce que l'on veut, parce qu'ils n'ont pas pris la peine de la comparer à aucune autre, pas même avec leur langue maternelle, dans liquelle ils auraient trouvé les mêmes prétendus contre-sens et les mômes inconvénients. Voy. HÉBRAÏSME.

¥ Caisics majeures. On donne ce nom à toutes les causes religieuses importantes concernant les grands personnages, les rois, les évéques, etc.

On demande si le pupe peut évoquer à son tribunal les causes majeures. — Ce droit est une conséquence évidente du principe de la juridiction du pape : car si le pape possède une juridiction immédiate sur toute l'Église, il peut évoquer à son tribunal non-seulement les causes majeures, mais même toute espèce de causes. — Mais doit-on rapporter au tribunal du souverain pontife les causes majeures? Les théologiens disent qu'il y .i Obligation de le taire, parce que le tribunal d*un évéque soumis à l'autorité temporelle d'un prince tout-puissant pourrait ne pas avoir assez, d'indépendance pour les décider conformément aux règle"*! de la justice. L'aucun clergé de FrAlCe, si ami de ses libertés et de ses franchises, reconnut la nécessité «le les porter à un tribunal supérieur. Quatre-vingts évéques demandèrent, en 1651, que, suivant la coutume solennelle et perpétuelle, les causes majeures fussent référé s ausaintsiége.

CÉLÉBRANT. L'on appelle ainsi dent l'Eglise romaine l"évé>;ue ou le prêtre qui "° e

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„ saint sacrifice de la messe, pour le disinguer du diacre, du sous-diacre études aures ministres qui assistent à l'autel.

L'abbé Renaudot, dans sa Collection des iturgies orientales , le P. Lebrun, dans son Explication des cérémonies de la messe, t. I , île., ont fait voir que dans toutes les communions chrétiennes il est d'usage que le célébrant se prépare à offrir le saint sacrifice par la confession de ses péchés, s'il en a besoin, par la retraite, par des veilles, par des prières, par la plus grande pureté intérieure et extérieure. L'office de la nuit et du malin est une parlie de celte préparation ; mais il y a encore d'autres prières qui doivent précéder la célébration ; il en est que le prêtre doit réciter en prenant les habits sacerdotaux, et tout ce qui précède le canon n'est censé qu'une*préparation à la consécration de l'eucharistie. L'on a toujours été persua- (I 5 que le célébrant doit apportera cette grande action des dispositions plus saintes et plus parfaites que le simple Gdèle n'est obligé d'en avoir pour recevoir la communion. De cette conduite de l'Eglise chrétienne, il est aisé de conclure que dans tous les siècl-s elle a eu du sacrifice de la messe une idée lien différente de celles que les sectes hétérodoxes ont conçues de la cérémonie qu'elles nomment la cène. Le dogme de la présence réelle qu'elle admet, a dû mettre entre son culte et le leur la différence énorme que; ! nous y voyons, et l'appareil de son culte est aussi ancien qu'elle. Vo\j. Liturgie.

Lorsqu'un prêtre se souvient que ce que

1 l'on nomme aujourd'hui messe solennelle, est

la messe d.s premiers siècles, c'en est assez

! pour lui faire comprendre que l'habitude

! d'offrir tous les jours ce saint sacrifice ne le

dispense pas de la préparation.

Dans le voyage que le souverain pontife Pie VI a fait en Allemagne, en 1782, les protestants, aussi bien que les catholiques, ont été frappés de la majesté, du respect, de la ■ piété avec lesquels ils lui ont vu célébrer le saint sacrifice de la me-se.

CÉLESTINS (Irréligieux qui vivent selon ! la règle du pape Gélestin V. Geponlife, avant ! d'être élevé sur la chaire de saint Pierre, et ne portant encore que le nom de Pierre de ji Moron, établit, en 1234, une congrégation de religieux réformés de l'ordre de Saint- ! Bernard.— Son premier établissement sefitau mont Majella en Italie; Urbain IV le confir- ! maenl26i,etdix ans après, Grégoire X,dans I le second concile général de Lyon, accorda i à cet ordre, par ses bulles, plusieurs privilèges et exemptions, et entre autres celles de i! la juridiction des ordinaires et du payement | de la dime de ses fruits et de ses troupeaux. — Gel ordre passa d'Italie en France vers ij l'an 1300, sous le règne de Philippe le Bel, i qui leur donna deux monastères, l'un dans la forêt d'Orléans, au lieu appelé Ambert, l'autre dans celle de Compiègne, au Montde-Chartres. En 1318, ils s'établirent à Paris I dans une maison que leur fonda Pierre Mar- | tel, bourgeois de celle ville. — Celte maison (I) Cet article est reproduit d'après ied. de Liège.

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