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CEI. CEL loi
Conjug. c. 10; L. i de Adult. conjug., c. i; niières , (!e guérir enfin l'univers entier de
L. de Opère Monach., c. k) affirment unani- cette maladie, et de lui rendre le bon sens
mement que saint Paul ne fut jamais marié, qu'eux seuls croient posséder exclusivement.
L'opinion particulière de saint Clément d'À- Ils disent qne celte estime aveugle pour la
lexaudrie ne peut pas prévaloir à celle Ira- continence a été poissée à l'excès par les Pè-
diliou constante. — Il n'y a aucune opposition res de l'Eglise, el ils s'efforcent de prouver
entre les divers avis que donne saint Paul; que les Pères n'ont jamais pensé à en faire
il veut qne les jeunes veuves se remarient, une loi au clergé. lis disent que les Pères
parce qu'elles en ont le désir, quia... nuhere ont eu le môme mépris pour l'état du ma-
volant, et pareeque plusieursont manquéà la riage que les docèles, les m ireionites et les
c. ix, v. 5, qui a trompé saint Clément, et sobre, soutient que ces anciens hérétiques, sur lequel nos adversaires insistent, il ne détracteurs du mariage, ne le condamnaient fait aucune difficulté. N'avons-nous pas, dit pas comme absolument mauvais et criminel, l'Apôtre, le pouvoir de mener avec nous une qu'ils le reg irdaient comme un état imins femme, comme voire sœur, comme font les au- parfait que le célibat, doctrine qui est à prêtres apôtres et les frères du Seigneur, et Ce- sent celle de l'Eglise romaine, mais qui a été plias? Saint Clément, disent ces critiques , condamnée par les Pères. — Heureusement le sous le nom de femme a entendu une épouse, maître et le disciple se contredisent et se récette traduction est fautive. Mais nos cen- futent chacun de son côté. Le premier, après seurs, toujours frappés du même vertige, avoir fait tous ses efforts pour prouver que veulent que saint Paul, après avoir parlé les manichéens ne pensaient pas, louchant comme veuf dans le chapitre vu, ait l'ail iiien- le mariage, autrement que les Pères, est forcé tion de son épouse dans le chapitre ix. — de convenir queces hérétiques ne pouvaient, Suivant leur coutume ordinaire, lorsqu'un suivant leur> principes, ni approuver le ma- Père de l'Eglise a dit quelque chose qui leur riage, ni le regarder comme une institution est favorable, ils en font un éloge pompeux ; sainte, puisqu'ils enseignaient que c'est le pour tous ceux qui ne sont pas de leur avis, démon ou le mauvais principe qui a consils les dépriment et en parlent avec dédain, truit le corps humain, et qu'il s'est proposé — A force de spéculations, ils ont deviné de perpétuer, tant qu'il le peut, par la prol'origine de l'estime que l'on a eue dès les pagation, la captivité des âmes; c'était aussi premiers siècles pour la virginité et pour le l'erreur de plusieurs sectes de gnosliques célibat; elle est venue, disent-ils, de la (Hist. du Munich., liv. vu, c. 3, § 13 ; c. v, croyance dans laquelle était les premiers § 9). Le second n'a pu s'empêcher d'avouer chrétiens que le monde finirait bientôt, que les encralilcs et les apostoliques rejede la mélancolie qu'inspire le climat de l'E- l aient le mariage comore absolument maugypte et des Indes, des idées chimériques de vais, qu'EustatlieileSéhaste en Arménie fut perfection puisées dans la philosophie de condamné au concile de Gangres, vers l'an Pythagore et de Platon ; et celte superstition 2M, parce qu'il interdisait la cohabitation s'est répandue partout. aux gens mariés (Inconv. du célib., h* pari.,
Nous voilà donc réduits à croire que Jésus- c. 9, 10 et 13). Voilà ce que les Pères ni l'E-
Chrisl et ses disciples, saint Paul et l'auteur g ise romaine n'ont jamais enseigné, mais ce
de l'Apocalypse, qui ont fait cas de la virgi- qu'ils ont toujours proscrit ou censuré. ni lé et du célibat, étaient dans l'opinion de la Nous ne suivrons pas cet auteur dans ses
fin prochaine du monde ; qu'ils étaient alla- déclamations contre les vœux, contre l'état
qués de la mélancolie de l'Egypte et des In- monastique, contre les couvents de religieu-
des; qu'ils épient prévenus des idées de l'y- ses, contre les superstitions- portées dans le
lhagore et de Platon. A l'article Monde, nous Nord par les missionnaires dans le 'xc siècle
ferons voirqu'il n'est pas vrai qu'ils en aient et les suivants ; ces invectives, copiées d'a-
prédit la fin prochaine. près les protestants, el rebattu s par les in-
Qui n'admirerait l'entêtement de nos ad- crédules, seront réfutées chacune dans sa versaires? Ils disent que l'estime pour la vir- place. Quant aux mœurs du clergé dans les ginilé et pour le célibat est absurde, inju- bas siècles, et aux scandales qui ont affligé rieuse à la nature, contraire aux desseins du l'Eglise, ces désordres n'ont eu lieu qu'après Créateur, aux intérêts de 1'humanilé, aux plus la chute de la maison de Charlemagne, et pures lumières du bon senà,et que, par une con- après la révolution qui bouleversa les goulagion déplorable, cette superstition s'est ré> vernements dans nos contrées. Les seipandue partout ; elle a passé de l'Egypte au\ gneurs, toujours armés, s'emparèrent des Indes et à la Chine, elle a infecté les igno- bénéfices, en tirent leur patrimoine, y placera nts rt les philosophes. Avec le ebrislianis- rent leurs enfants et leurs protèges • ces inme, elle a pénétré en Italie el dans les (îau- Irus ne pouvaient manquer d'avoir tous les les, en Angleterre et dans les (limais glaces vices de leurs patrons ; la simonie et le condg Nord ; elle est allée jusqu'au Pérou faire cubinage allèrent toujours do compagnie ; établir les vierges du soleil. Ils se flattent Mosheim el d'autres protestants l'ont remaruéanmoins, -par la supériorité de leurs lu- que aussi bien que nous. Eu général, qui sont
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les prélats qui ont !e plus déshonoré l'Eglise? Ceux qui avaient eu des entants légitimes avant leur ordination, ou qui avaient eu des entants naturels. Faut-il renouveler aujourd'hui les désordres qu'ils ont causés? Il est faux que le mariage permis aux ministres de la religion , dans les pays du Nord, y a rendu les mœurs plus pures; Bayle a prouvé le contraire { Dict. crit., Eku.te, rem. 1,
Pour ne rien laisser a désirer sur celte question tant rebattue, il nous reste à examiner si le changement de discipline sur ce point produirait, des effets aussi avantageux qu'on le prétend. — Dans la Annales politiques de 1782, n° 31, il y a une lettre dont fauteur se propose de démontrer, par le calcul, que la suppression du célibat ecclésiastique et religieux sérail une fausse politique, une puérilité indigne de l'attention d'un grand législateur, el une innovation sans fruit pour la population. — La haine, dit-il, la jalousie, la crédulité, l'enthousiasme réformateur, la rivalité des philosophes avec le cierge, ont exagéré ju qu'au ridicule le nombre des ecclésiastiques et des moines; mais voici le résultat des dénombrements les plus exacts.
— Sur plus de dix millions d'habilanis, l'Espagne compte cent soixante mille célibataires religieux, dont un tiers forme le clergé séculier ; c'est un et demi pour cent de la génération complète. Eu Italie, il y a quatorze millions et demi d'individus, et deux cent quatre-vingt mille ecclésiastiques ; ce sont deux hommes par cent sur la totalité des habitants : mais plus de la moitié d'entre eux se trouvent dans le royaume de Naples el dans les étals du pape; le reste de l'Italie ne suppose qu'un soixante-quinzième ou environ de sujets voués à la religion. — 11 faut observer que l'Italie a peu de grandes villes qui absorbent la population ; eile n'eutre tient point d'années ni de marine militaire. Un climat doux, un sol fertile, en diminuant les besoins, augmentent les subsistances. — Les derniers calculs faits sous l'administration de M. Necker ont porté la population de la France à vingt-trois millions cinq cent mille habitants ; en y supposant deux cent mille célibataires religieux, comme l'ont fait les plus grands exagéraleurs, c'est moins d un centième de la nation. — Il y a plus. Sur le total de six millions et plus de deux cent mille femmes propres au mariage, il y en a un million el quarante mille qui ne sont pas mariées, et on ne peut compter que soixante et dix mille religieuses , c'est le quinzième des femmes célibataires. Sur la totalité des hommes, on doit en compier au moins un million qui pourraient être mariés el qui ne le sont pas ; sur ce million il n'y en a qu'environ cent trente mille ecclésiastiques ou religieux, ce n'est que le dixièuie.
— Rendez au monde, continue l'auleur, tous les hommes enfermés dans les monastères, ce sera soixante mille célibataires de moins sur un million. Mais tous n'auront pas ies facultés, le penchant, la forlune, la voeatiou nécessaires au lieu conjugal. Les ca-
dets de famille, les vieillards, les infirmes, ceux qui préféreront la liberté et l'indépeudance du célibat au joug du mariage, ele , sont à retrancher, et c'est au moins une moitié.Vous gagnerez donc, sur un million d'habitants, environ trente mille sujets, sur lesquels la mort, la pauvreté, l'abstinence forcée prendront leurs tributs : voilà à quoi se réduisent les romanesques visions des déclamateurs. — La seule capitale renferme plus de domestiques qu'il n'y a de relii;ieux dans toul le royaume; le nombre de ces esclaves du luxe, dans toute l'étendue de la France, est un douzième de la population. Aux serviteurs , le mariage est interdit comme nuisible à l'intérêt des maîtres : dans les femmes, on tolère le libertinage, et non la fécondité légitime. Le célibat forcé des domestiques est un foyer de désordres, celui des ecclésiastiques est contraint dans ses penchants par la sainteté de son institut, par la crainte de la honte, par l'honneur du corps : un religieux a devant lui dix exemples de vertu pour un dedepravation. — Deux cent cinquante mille soldats ou maielo!s sont enlevés sur la population , et l'on choisit les individus les plus capables des services civils*. La débauche, les maladies houleuses, empoisonnent les armées, tandis que la désertion les diminue. — Comptez les mendiants, les employés des fermes, les rentiers, les journaliers, la nuée des gens de lettres, mais surtout les philosophes : l'esprit philosophique , qui n'est autre chose que l'esprit d'égoïsme , fut toujours antipathique du mariage. Voyez nos mœurs, nos capitales, nos ménages ; observez le luxe dans ses gigantesques progrès, le concubinage impossible à réprimer, la puissance maritale et paternelle de jour en jour plus relâchée et plus insupportable , le ton et la conduite des femmes; llaltez-vous ensuite que la propagation de l'espèce va couvrir la terre, lorsque cinquante mille moines auront renoncé au vœu du célibat. — 11 existe dans le royaume deux fois autant de prostituées que de religieuses : lesquelles sont les plus funestes à la population? Depuis 17GG jusqu'en 1775, le nombre des enfants trouvés a Paris esl augmenté d'un tiers. — La noblesse des viiles produit peu de mariages, el encore moins d'enfants; nos lois et nos usages ont condamné les cadets à l'indigence et au célibat : les monastères ou les ordres sont donc une ressource pour la noblesse des deux sexes ; ils recueillent les célibataires produits par le désordre de la société ; mais ils ne les engendrent pas.
11 vaudrait donc mieux réduire notre étal miliiaire, renvoyer la moitié des gens de livrée dans les campagnes, avoir deux tiers moins d'avocats, de procureurs, d'oflices de finance, d'huissiers, d'auteurs, etc., el conserver les moines. — Cela est impraticable , sans doute ; el c'est là le mol de tous les beaux plans de reforme qu'on nous étale dans les livres, el que l'on prône dans les nouvelles publiques. Nous chérissons nos vices, et neus eu indiquons le remède. Ou
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déclame contre le luxe, lorsque le lu\e ne peut plus être réprimé; on disserte sur l'éducation lorsque l'abus de la société efface de plus en plus les caractères ; on peuple les états dans des brochures , sans observer l'action irrésistible des mœurs et des usages sur les vraies sources de la population.
L'auteur des Recherches philosophiques sur le célibat s'écrie : « Voyez les états protestants, ils fourmillent de bras, et la catholicité de déserts. » Vingt autres ont fait cette comparaison. — Mais en Suisse, le plus peuplé des cantons est celui deSoleure, et il est catholique; il a des ecclésiastiques, des moines et des religieuses; si la Sicile est pleine de masures , c'est l'effet du gouvernement féodal, le plus atroce cl le plus destructeur qu'ait inventé l'usurpation. Les Pays-Bas catholiques, les riches républiques d'Italie, étaient-elles dépeuplées dans le xv« et le xvie siècle? Avaient-elles moins de prospérité que la Hollande? La Prusse est-elle plus féconde en habitants que le Palalinal, et la Suède que la Lombardie ? La fertilité du sol, la position topographique et le gouvernement, ont une tout autre force que les couvents.
Héformer et non pas détruire, telle doit être la maxime de tout homme qui spécule en politique. Changez des asiles inutiles en hospices de la pauvreté, de l'âge, de la douleur, du repentir et de l'abnégation, la société pourra y gagner, mais non sa population. L'amour du paradoxe n'inspire point celle opinion; quand on se défend avec des chiffres, on ne peut guère être soupçonné d'imposlure.
Il nous paraît que cet auteur ne craint pas d'être réfuté ; s'il se trompe, il est très-à propos de démontrer son erreur.
L'auteur de l'article Cémbat dans le Dictionnaire de Jurisprudence, a copié les diatribes de l'abbé de Saint-Pierre, placées dans l'ancienne Encyclopédie, et il y a joint ce que les protestants ont dit dans celle d'Vverdun. Nous ne pouvons nous dispenser de relever quelques-unes des contradictions de cet article.
Après avoir soutenu que le célibat était proscrit chez les Juifs en vertu de la prétendue loi, croissez et multipliez , on nous assure qu'Elie, Elisée, Daniel et ses trois compagnons, vécurent dans la continence. Voilà donc des prophètes, des amis de Dieu, qui ont viole publiquement la loi de Dieu portée dès la création. L'on nous vante les lois que les Crées et les Romains avaient faites contre le célibat, l'espèce d'infamie dont ils l'avaient noté, les privilèges qu'ils accordaient aux personnes mariées; cependant l'on nous l'ail observer que tous les peuples ont attaché une idée de sainteté et de perfection à la continence observée par motif de religion; il n'est donc pas vrai que toute espèce de célibat ail été notée d'infamie. D'un côté l'on dit qu'il n'y a guère d'homme à qui le célibat ne ■oit difficile à observer, que les célibataire! doivent être tristes el mélancoliques; de l'autre, on cite une harangue de Mélcllus
Numidicus, adressée au peuple romain, dans laquelle il avoue que c'est un malheur de ne pouvoir se passer des femmes; que la nature a établi qu'on ne peut guère vivre heureux avec elles. Pour êlre heureux, il faudrait donc n'être ni marié ni célibataire. Un de ces oracles dit que, dans le christianisme, la lui du célibat, pour les ecclésiastiques, est aussi ancienne que l'Eglise, que Dieu l'a jugé nécessaire pour approcher plus dignement de ses autels ; un autre prétend que le célibat n'était que de conseil, et que, malgré ce qu'en a pensé le concile de Trente, la question que nous examinons est purement politique. Dans la même page on lit qu'en Occident le célibat était prescrit aux clercs, et qu'il était libre dans l'Eglise latine; il faut donc que celle-ci ne soit pas la même que l'Eglise d'Occident. — Ce que disait l'abbé de Saint-Pierre, que les minisires prolestants sont aussi respectés du peuple que les prêtres catholiques, est absolument faux. 11 est certain, par cent exemples, que les protestants sensés, même les souverains, ont toujours témoigné plus de respect pour les prêtres catholiques, dont ils connaissaient les mœurs, que pour leurs propres ministres ; on sait d'ailleurs qu'en Angleterre le bas cl rgô est Irès-méprisé (Londres, t. il, p. 241). — Nous n'avons garde de blâmer ce qui est dit dans cet article contre le célibat volontaire ou forcé des séculiers ; mais les moyens que l'on propose pour y remédier sont à peu près impraticables, el ceux que l'abbé de Saint-Pierre avait rêvés pour prévenir les inconvénients du mariage des prêtres sont absurdes.
Les ennemis du célibat ecclésiastique et religieux n'ont donc épargné, pour l'attaquer, ni les contradictions , ni les impostures ; en voici encore un exemple récent. Dans le Journal encyclopédique du 15 mars 1783, pag. 509, on a placé une lettre d'.Enéas S, lvius, qui devint pape sous le nom de Pie II, l'an li58, dans laquelle on prétend qu'il a justifié le libertinage de sa jeunesse, et dans laquelle il s'élève contre le célibat de* prêtres ; c'est la 15e du recueil de ses lettres. Mais dans l'Année littéraire de cette même année, n° 15, un savant a prouvé, 1° que le journaliste a traduit infidèlement la lettre d'jEnéas Sylvius, et qu'il y a mis du sien les deux phrases les plus fortes contie le célibat des prêtres. 2# Que celle 15* lettre a été cci île dans la jeunesse de l'auteur, longtemps avant qu'il lut engaçé dans les ordres sacrés. .'5U Que pendant son pontificat •il a désavoué et rétracté ce qu'il avait écrit autrefois dans l'effervescence des passions. Dans sa lettre 31)5, adressée à Charles Cyprianus, il dit : Méprisez et rejetez, 6 mortels, ce que non* avons écrit dans notre jeunesse au sujet de V amour profane; suivez ce que nous vous disons à présent. Croyez-en un vieillard plutôt qu'un jeune homme, un pontife plutôt qu'un simple particulier, Pic II plutôt qu'Mnéas Sylvius. •>• Que Flaeus lllyricus, sur la foi de Platine el de Sabellicus, attribue mal a. propos à ce pape la maxime
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suivante, savoir : que le mariage a été interdit aux prêtres pour de bonnes raisons, mais qu'il y en a de meilleures pour le leur rendre. 11 est démontré au contraire qu'il n'y en a aucune de toucher à l'ancienne discipline, et que toutes sortes de raisons engagent à la conserver. Voy. Virginité.
CÊLICOLES. Voy. Coelicoi.es
CELLITES, nom d'une congrégation de religieux hospitaliers, qui ont des maisons en Allemagne et dans les Pays-Bas. Leur fondateur est un nommé Meccio ; c'est ce qui les a fait appeler mecciens en Italie. Ils suivent la règle de saint Augustin ; leur institut fut approuvé par Pie II , vers l'an HGO ; mais ils existaient déjà depuis plus d'un siècle. Ils sont occupés à soigner les malades, particulièrement ceux qui sont attaqués de maladies contagieuses, telles que la peste; ils gardent et servent les insensés, enterrent les morts, etc. Ils ont beaucoup de rapport aux Frères de la chanté.
Ainsi l'on n'a pas attendu au xvn* siècle pour faire, par motif de religion, des établissements utiles à l'humanité. Parmi un grand nombre d'instituts, dont nous ne voyons plus la nécessité, parce que les raisons qui les ont fait établir ne subsistent plus, il en est dont les services continuent toujours, et durerontaussi longtempsquel'on voudrasedonner la peine de les protéger et de les favoriser.
C'a été un trait de malignité de la part de Mosheim, de dire que l'institut des cellites se forma parce que les ecclésiastiques du xive siècle ne prenaient aucun soin des malade^ ni des moribonds; il n'a pu prouver celle accusation par aucun fait ni par aucun monument. Les vrais motifs de celte institution furent les ravages énormes de la maladie contagieuse qui régna l'an 13'*8 et les années suivantes, qui désola l'Italie, l'Espagne, la France , l'Angleterre, l'Allemagne et les pays du Nord, et qui fut appelée la peste noire, et les indulgences que Clément VI accorda à tous ceux qui donneraient aux pestiférés les secours spirituels ou temporels. Mais pendant que les cellites leur procuraient les seconds, qui leur donnait les premiers, sinon les prêtres et les religieux? C'est comme si l'on disait que les Frères de la charité ont été institués l'an 1520 pour soulager les corps, parce que les orêtres négligeaient les âmes.
Mosheim observe que les cellites furent aussi nommés lollards ; mais il ne faut pas les confondre avec plusieurs sectes d'hypocrites, qui furent ainsi appelés dans la suite. Voy. Lollards.
CELLULE, diminutif du mot celle, qui a signifié autrefois un lieu fermé, cl conséquent ment un monastère. C'est une petile chambre habitée par un religieux ou par une religieuse, et qui fuit partie d'un couvent. Elle renferme ordinairement un lit ou un grabat, une chaise, une table, quelques images et quelques livres de piété : le reste serait superflu.
Un religieux qui sait s'occuper dans sa cellule à prier, à lire, à méditer, à écrire, à taire quelques ouvrages des mains, est plus
heureux qu'un grand seigneurdans un vaste appartement. S'il lui arrive d'entrer dans un de ces palais qui renferment les chefs-d'œuvre des arts, et des meubles précieux dont \<i maître ne se sert jamais, il peut dire, comme un ancien philosophe : combien de choses dont je n'ai pas besoin !
Dans la Thébaïde, il y avait trois déserts habités par des solitaires ou anachorètes, l'un appelé des Cellules, l'autre de la montagne de Nitrie, le troisième de Scé té ; c'était le plus éloigné du centre de l'Egypte, il confinait à la Libye.
CELSE, philosophe du ii* siècle, est célèbre par son ouvrage contre la religion chrétienne, écrit vers l'an 170. De nos jours on a pris la peine de recueillir, dans sainl Cyrille, les fragments des livres de Julien sur ce même sujet, el d'en faire un discours suivi ; nous ne connaissons aucun ouvrage de nos adversaires dans lequel ils aienl fait la même chose à l'égard de celui de Celse. Ç'àété sans doute un trait de prudence de leur" part; celui-ci renferme plusieurs aveux très-favorables au christianisme, et ils ne peuvent être suspects. La réfutation qu'Origène a faite des calomnies de Celse est le plus important des ouvrages de ce Père. Il semble supposer que son adversaire était épicurien ; mais il est plus probable que c'était un éclectique ou nouveau platonicien, qui laisail profession de n'épouser aucun système, et de ne lenir à aucune école.
Celse regarde comme une folie le proj formé par les chrétiens de convertir tous les peuples et de les ranger sous la même loi; il veut que chaque nation conserve sa religion, quelle qu'elle soit (Orig. contre Celse , i. v, n° 25.; 1. vu, n° 72). Maïs si la religion des Egyp'iens et celle des Juifs étaient fausses et absurdes, comme il le soutient, ces deux peuples auraient-ils eu tort d'en embrasser une meilleure? S'il avait vécu plus longtemps, il aurait vu le projet des chrétiens à peu près exécuté; il aurait été convaincu que chez tous les peuples et dans tous les climats, le christianisme a produit les mêmes efïels el la même révolution dans les mœurs, comme Origène le fait observer. — Ce philosophe connaissait nos Evangiles : il paraît même avoir eu sous les yeux celui de saint Matthieu ; il en suit sommairement l'histoire, et il avait comparé les deux généalogies du Sauveur, 1. xi, n" 32. Il avait lu l'Ancien Testament, du moins le livre de la Genèse tout entier, 1. iv, n° 36 et suiv. Il est le premier qui ait accusé Jésus-Christ d'être né d'un commerce illégitime, et il met ce reproche dans la bouche d'un Juif, 1. i, n° 28. Si celte calomnie avait eu quelque fondement, les Juifs contemporains ne l'auraient pas passée sous silence ; ils n'auraient pas souffert que Jésus enseignât el se donnât pour descendant de David. Cérinthe, Carpocrate, les ébioniles, ne se seraient pas obstinés à soutenir que Jésus était né de Joseph et de Marie; les évangélisles n'auraient pas osé tracer et publier sa généalogie , et Jésus n'aurait trouvé aucun disciple parmi les
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Juifs. 11 ne conlesle point le massacre des Innocents, ordonné par Hérode, pour faire périr Jésus enfant; il n'y oppose qu'un rai— sonni'inent qui ne signifie rien, I. !, n° 58. Si ce fait éclatant et public n'était pas vrai, toute la Judée aurait pu déposer du contraire. Qu'oppose-l-îl aux miracles de Jésus- Christ? C'était l'article le plus important. Il dit que personne ne les a vus, si ce n'est ses disciples, et qu'ils les ont beaucoup exagérés, I. i, n° t'8. Mais si Jésus-Christ a laissé sur la terre au moins cinq cents disciples, comme saint Paul nous l'apprend, ce nombre de léinoins nous paraît assez considérabie(/ Cor. xv, G). Il dit que Jésus a opéré ses miracles par la ma<>ie, par des enchantements, par l'invocation des démons ou génies; il lui reproche d'a\oir appris la- magie en Egypte, et d'avoir eu ensuite l'orgueil de se fane passer pour un Dieu, 1. i, n" 6, 2i. Il ajoute que plusieurs autres imposteurs ont faillies miracles semblables ; que Jésus lui-même a défendu d'y ajouter foi, n* 08. 11 accuse aussi en général les chrétiens de faire usage de la magie, u° 6. Mais si les miracles de Jésus-Christ et de ses disciples n'étaient pas vrais et incontestables, pourquoi recourir à la magie? 11 fallait les nier ferme et s'en tenir là. 11 faut que Celse ait senii que cela n'était pas possible ; que le témoignage constant et uniforme des disciples de Jésus, l'aveu des Juifs, la révolution qui s'était ensuivie, étaient des preuves invincibles de la réalité des miracles.
Contre la résurrection du Sauveur, il objecte que plusieurs autres imposteurs avaient promis de ressusciîer, ou avaient prétendu être revenus des enfers ; que Jésus ressuscitén'avait été vu de personne, excepté d'une femme et de quelques disciples ; qu'ils avaient rêvé, n'avaient vu qu'un fantôme, ou avaient forgé ce mensonge. Si Jésus, ajoutait-il, était ressuscité, il devait se montrer à ses ennemis, à ses juges, à tout le monde ; il eût encore mieux valu qu'il ne se laissât pas crucifier , ou qu'il descendît de la croix en présence des Juifs, 1. H, n° 54 et suiv. Mais Celse pouvait-il citer l'exemple d'un imposteur, duquel un grand nombre d'hommes eussent jamais dit : Nous l'avons vu mourir, une ville entière l'a vu comme nous ; ensuite nou^ l'avons vu vivant, nous l'avons touché, nous avons bu et mangé avec lui, après sa résurrection, pendant quarante jours. Où est l'homme, excepté Jésus, duquel on ait jamais rendu un pareil témoignage?
11 devait ne pas se laisser crucifier, ou descendre de la croix, ou se montrera tout le monde. — Pourquoi le devait-il? où sont les raisons qui prouvent ce devoir prétendu? Nous soutenons qu'il ne le devait pas; que quand il l'aurait lait, les incrédules n'en seraient pas plus louches que du miracle de sa résurrection, prouvé comme il l'est. —Cette résurrection a été publiée , crue et professée par des milliers de Juifs, cinquante jours après , sur le lieu même où elle est arrivée ; Celte n'a pas osé eu disconvenir : donc ses disciples ont solidement prouvé qu'ils n'avaient ni rêvé, ni mcnli.
CFA.
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llien n'est plus absurde que de rejeter un miracle, parce que Dieu pouvait en faire un autre, et de contester une preuve, parce que Dieu pouvait en donner d'autres. Quoi que Dieu fasse, les incrédules sont bien résolus de n'avouer jamais qu'il a bien fait; et quelques preuves qu'on leur allègue, elles ne suffiront jamais pour vaincre leur opiniâtreté. Plusieurs ont déclaré que quand ils verraient de leurs yeux un mort sortir du tombeau, ils ne le croiraient pas.
Celse convient que le christianisme a été prêché, s'est établi, et a fait des progrès Irès-peu de temps après la mort de Jésus- Christ, 1. n, n° 2 et 4 ; que ceux qui publient sa doctrine lui font une infinité de disciples, n" 46. H avoue qu'il y a parmi les chrétiens des hommes vertueux, sages et intelligents, 1. i, n° 27. Il ne. leur reproche point d'autre crime que de s'assembler en secret, contre la défense des magistrats, de détester les simulacres et les autels, et de blasphémer contre les dieux. Nous prions les incrédules modernes d'y faire attention, et de ne pas pousser les calomnies plus loin que lui. — Tantôl il approuve, et tantôl il blâme la fermeté dos marjyrs ; mais il convient de la cruauté des supplices qu'on leur fait subir, 1. vin, n. 39 43, 48, etc. C'est cependant un fait que l'on a osé contester de nos jours. 11 dislingue la grande Eglise d'avec les autres sectes qui se disaient chrétiennes ; il ajoute que ces différentes sectes se haïssent et se déchirent, 1. v, n° 59et suiv. — C'est justement ce qui prouve qu'il n'a pas pu y avoir de collusion entre les premiers sectateurs du christianisme pour forger des faits, pour les publier, pour en imposer aux hommes crédules. Les divisions ont commencé dèa le temps des apôtres ; ils s'en plaignent et démasquent les faux docteurs ; ils ont donc toujours été surveillés pat des ennemis attentifs et jaloux, soit juifs, soit païens, même par des philosophes mal convertis. Mais parmi ceux qui ont levé l'étendard contre les apôtres, aucun ne les a jamais accusés d'avoir forgé, déguisa, dénaturé les faits de l'Evangile. Si les faits sont vrais, le christianisme est invinciblement prouvé.
11 n'est pas aisé de démêler quels étaient les sentiments de Celse touchant la Divinité; sa philosophie est un chaos inintelligible, et son ouvrage un tissu de contradictions.
Quelquefois il semble admettre la providence, d'autres fois il la nie; il joint à l'épicuréisme le dogme de la fatalité ; il croit que les animaux sont d'une nature supérieure à celle île l'homme. Il n'exige point que l'on rende un culte à Dieu, créateur et gouverneur du monde, mais seulement aux génies ou aux dieux des païens ; il faute les oracles, la divination, les prétendus prodiges du paganisme. Tantôt il semble approuver, et tantôt il blâme le culte des simulacres ou des idoles. A proprement parler, il ne savait pas lui-même ce qu'il croyait ou ne croyait pas. C'est assez la philosophie de la plupart des incrédules; ils se ressemblent dans tous les siècles. - La plupart des reproches qu'il fait aux chrétiens en général ne pouvaient