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qu'un fait rnétaphysiquemont certain pour celui qui l'éprouve, physiquement certain pour ceux qui le voient, moralement certain pour ceux qui le tiennent des témoins oculaires, ne peut pas l'être pour les générations suivantes; le surnaturel da fait ne peut pas plus influer sur la narration des historiens, que sur les yeux de ceux qui voient, et sur le sentiment intérieur de celui qui éprouve.
C'est cependant la thèse qui a été soutenue de nos jours avec toute la gravité et toute la philosophie possibles. On a écrit et répété plus d'une fois qu'en fait de miracles aucun témoignage n'est admissible; que l'amour du merveilleux , la vanité d'avoir vu un prodige et de pouvoir le raconter, le fanatisme de religion, la crédulité du peuple en ce genre, rendent toute attestation suspecte; que, dès qu'il s'agit de religion, l'on ne peut plus compter sur la sincérité, le discernement, le bon sens d'aucun témoin. C'est comme si l'on avait dit que personne n'est croyable dans l'univers, excepté les athées et les incrédules. — Par la même raison, il aurait encore fallu soutenir qu'à l'égard d'un fait surnaturel tous les sens nous trompent, et que le sentiment intérieur est fautif ; que quand un homme aurait éprouvé sur luimême un miracle, il ne pourrait le savoir ni en être certain. C'est dommage que l'on n'ait pas encore poussé la philosophie jusque-là.— Les théologiens ont répondu, que e> les hommes étaient tels que les incrédules le prétendent, il serait fort surprenant que l'on ne vil pas éclore lous les jours de nouveaux miracles; la vanité et la fourberie dans les uns, la crédulité et l'enthousiasme dans les autres, ne manqueraient pas de les accréditer, cependant ils sont t.i es -rares; loisqu'on en publie, nous ne voyons pas qu'ils produisent de grands effets; ceux que l'on a vantés au commencement de ce siècle , n'ont pas eu grand nombre de partisans.
Mais ou les incrédu'es prennent le change, ou ils veulent nous le donner. Que les hommes soient avides de miracles favorables aux opinions qu'ils ont embrassées, à la religion dans laquelle ils sont nés, on peut le supposer ; mais qu'ils soient enclins à forger ou à croire des prodiges contraires à leurs préjugés et à leur persuasion, c'est un paradoxe absurde. Essayez, si vous le pouvez, de persuader à un catholique que les hérétiques font des miracles, à un protestant qu'il s'en fait dans l'Eg'ise romaine, à un Juif ou à un Turc qu'il y a des thaumaturges parmi les chrétiens, vous verrez si l'amour du merveilleux, l'enthousiasme, la crédulité, foui beaucoup d'effet sur ces gens-là.
Les Juifs, entêtés de leurs pr jugés et de leurs espérances, n'étaient pas fort disposés à recevoir des miracles opérés pour les de tromper ; ils faisaient comme nos incrédules : pour les croire ils voulaient les voir ; lorsqu'ils les avaient vus, ils les attribuaient a l'esprit de ténèbres. Les païens, prévenus d'un profond mépris pour les Juifs, n'étaient pas fort enclins à croire que les Juifs opé-
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raient des miracles pour prouver la fausseté du paganisme, et à s'exposer nu plus grand danger en les admettant. Cependant les uns et les autres ont cédé à l'évidence de cette preuve, et plusieurs ont versé leur sang
f>our la confirmer. La vanité, la fourberie, 'amour du merveilleux , la crédulité, le fanatisme, ont-ils coutume d'aller jusque là ? Voilà donc un raisonnement auquel les incrédules ne répondront jamais : un miracle est susceptible de la certitude métaphysique pour ceux qui le sentent, de la certitude physique pour ceux qui le voient; donc il est aussi susceptible de la certitude morale pour ceux auquels il est rapporté, soit de vive voix, soit par écrit ; et surtout lorsqu'il est encore prouvé par les effets de.queîs on ne peut pas douter.
11 nous paraît que sur celle question les incrédules confondent deux choses très-différentes, la répugnance qu'ils ont de croire un fait surnaturel, avec l'incerlitude de ce même fait. Mais m la certitude îles faits diminuait à proportion du degré d'opiniâtreté des incrédules, il n'y aurait plus rien de certain dans le monde. Proposez-le:ir un fait naturel inouï qui est arrivé pour la première fois , mais qui leur est indifférent , ils le croient sans difficulté dès qu'il est prouvé. Racontez-leur un autre fait naturel revêtu des mêmes preuves, mais qui choque leurs opinions et leur système, ils contesteront sur chacune des preuves, et soutiendront qu'il n'est pas certain. S'il s'agit d'un fait surnaturel encore mieux prouvé, ils le rejettent sans examen; ils déclarent que quand ils le verraient ils ne le croiraient pas. — Je suis plus sûr, dit l'un d'entre eux, de mon jugement que de mes yeux. Et moi, je vous soutiens que vous êtes plus sûr de vos yeux que de votre jugement. Vous avez été chrétien pendant une bonne partie de votre vie, vous jugiez donc que le christianisme est prouvé. Vous y avez renoncé pour embrasser le déisme : vous avez donc été persuadé que votre jugement vous avait trompé sur vingt questions. Après avoir soutenu le déisme de toutes vos forces, vous avez passé à l'athéisme et au matérialisme; vous avez donc reconnu que votre jugement était encore faux sur toutes les prétendues preuves du déisme. Comptez, je vous prie, de combien d'erreurs vous le trouvez coupable. Citezmoi une seule occasion dans laquelle vos yeux vous aient trompé sur un objet mis à leur portée, par exemple, sur l'identité d'un personnage avec lequel >ous avez hahiluclment vécu. Celte maxime môme : Je suis plus sûr de mon jugement que de mes yeux, est la démonstration complète de la fausseté de votre jugement.
Une seconde question c>t de savoir si, en fait de miracleâ , la certitude morale complète cl bien établie ne doit pas [(revaloir à la prétendue certitude physique, qui n'est qu'une expérience négative, ou plutôt une pure ignorance. Nos philosophes modernes l'ont prétendu, et l'on ne peut pas abu icrdes termes d'une manière p!us révoltante.
Nous avons, disent-ils, une eertitude physique absolue, une expérience infaillible de la constance du cours delà nature, puisque nous eu sommes convaincus par le témoignage de nos sens ; c'est ainsi que nous savons que le soleil se lèvera demain, que le feu consume le bois, qu'un homme ne peut marcher sur les eaux, qu'un mort ne revient point à la vie, etc. La certitude morale, poussée au plus haut degré, ne peut pas prévaloir à une eertitude physique sur laquelle nous sommes forcés de nous reposer dans toutes les circonstances de notre vie.
Quelques réflexions suffisent pour démontrer la fausseté de cet argument. 1° Il est faux que le témoignage de nos sens nous donne une certitude absolue de la constance du cours de la nature, si nous n'admettons pas une Providence. Aussi les matérialistes qui la nient, soutiennent gravement que nous ne sommes pas sûrs si le cours de la nature a toujours été et sera toujours tel qu'il est ; si, dans quelques moments, l'univers ne retombera point dans le chaos ; s'il ne naîtra point de ses débris un nouvel ordre de choses et des géncra'ions qui n'auront rien de commun avec celles que nous connaissons, etc. C'est donc uniquement sur la sagesse et la bonté de la Providence, que nous nous reposons touchant la constance des lois qu'elle a établies ; nous savons qu'elle n'y dérogera point sans raison et sans nous en avertir; mais comment sommes-nous assurés qu'elle s'est ôlé à elle-même le droit d'en suspendre le cours pendant quelques moments pour un plus grand bien, qu'elle ne l'a jamais fait et qu'elle ne le fera jamais? Quelle certitude nos sens et notre prétendue expérience peuvent-ils nous donner sur ce point? — 2° Si c'était là une véritable certitude physique, ferme cl invincible, il s'ensuivrait que celui qui est témoin oculaire d'un miracle ne doit pas y croire, ni se fier au témoignage de ses yeux ; que celui même qui éprouve en lui une guérison miraculeuse, ne peut s'en tenir au sentiment intérieur qui la lui atteste. Nos sceptiques obstinés porterontils l'opiniâtreté jusque-là ? lin raisonnant comme eux, un nègre est en droit de nier absolument tout ce qu'on lui dit de l'eau glacée sur laquelle un homme peut marcher; ceux qui ont entendu parler de la renaissance des têtes de limaçons pour la première fois , étaient très- bien fondés à traiter d'imposteurs les physiciens qui attestaient ce phénomène. A plus forte raison un aveugle-né, à qui tout ce que l'on dit des couleurs, d'un miroir, d'une perspective, paraît impossible et contradictoire, doit-il .se roidir contre II certitude morale de tous ces phénomènes, fondée sur le témoignage constant cl uniforme de tous ceux qui ont des veux. — 3* Il est clair, par tous ces exemples, que ce qu'il plaît à nos philosophes d'appeler expérience constante el certitude plii/sique absolue, n'est dans le fond qu'un défaut d'expérience et une pure ignorance, l'arec que nous n'avons j imas vu tel ou Ici phénomène, s'cnsuit-il que personne au monde ne l'a vu non plus,
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et que notre ignorance, sur ce point, doit prévaloir au témoignage positif de leurs yeux ? Voilà néanmoins l'absurdité sur laquelle on a fait, de nos jours, de savantes dissertations ; et c'est par là que d'habiles prolestants ont cru détruire toute certitude du miracle delà transsubstantiation.
Aussi les incrédules, invinciblementréfutés sur toutes les objections qu'ils avaient faites contre la certitude des miracles , ont été forcés de soutenir qu'ils sont impossibles, et de se jeter dans l'hypothèse de la nécessité, de la fatalité, du matérialisme. Voy. Faits, Miracles.
CÉSAIRE (saint), archevêque d'Arles, présida, l'an 529, au concile d'Orange, dans lequel les semi-pélagiens furent condamnés, et mourut l'an 6k2. Il a laissé des sermons, dont la plupart avaient été attribués à saint Ambroise et à saint Augustin : on les trouve dans Vappendix du tome V des OEuvres de saint Augustin, édition des bénédictins. Saint Césaire a fait aussi une règle pour des religieuses.
CHAINE , Catena Patrum. Voy. Commentaire.
CHAIR, se prend dans l'Ecriture sainte, non-seulement dans le sens propre, pour la chair de l'homme et des animaux, et pour le corps humain tout entier ; ainsi nous disons la résurrection de la chair, pour la résurrection de l'homme en chair et en os ; mais ce terme a plusieurs autres sensmétaphoriques. H signifie : 1° Les êtres animés en général. Dieu dit (Gen. vi, 17) : Je vais faire mourir toute chair, c'est-à-dire toute créature vivante.— 2° L'homme en général (Jbid., x, 12): Toute chair avait corrompu sa voie, c'est-à-dire toute créature humaine , l'un et l'autre sexe s'étaient livrés au crime. Chap. n,24: L'homme et sa femme seront deux dans une seule chair, seront censés élre une seule personne. Isole, chap. lviii, 7 : Lorsque vous verrez un pauvre réduit à la nudité, revêtez-le, et ne méprisez pas votre chair, un homme semblable à vous. Dans ce sens, le Verbe s'est fait chair, s'est fait homme. L'Ecclésiastique, chap. xxv, v. 36 : Eloignez de vos chairs une femme libertine, c'est-à-dire séparez-la d'avec vous. — 3° Les sentiments naturels à l'humanité. Jésus- Christ dit à saint Pierre {Malth. xvi, 17J : Ce n'est point la chair et le sang qui vous ont révélé ce que je suis ; vous n'avez point puisé cette connaissance dans les lumières et les sentiments de la nature. Selon saint Paul (I Cor. xv, 50) : La chair et le sang ne peuvent posséder le royaume de Dieu ; on n'y parvient point par les affections et les actions auxquelles la nature nous porte. — 4° La chair signifie les liens du sang ; les frères de Joseph disent de lui (Gen. xxxvn, 27) : C'est notre frère et notre chair; nous sommes nés du même sang. — 5° Les affections de famille. Saint Paul dit (Galat. n, 10): Je n'ai point acquiescé à la chair et au sang; je n'ai point suivi mon affection naturelle pour mes proches et pour ma nation. — 6" Les inclination 3 de l'homme corrompu
par le péché. Dieu dit (Gen. vi, 3) : Mon esprit ne demeurera pas toujours avec l'homme, parce qu'il est chair, c'est-à-dire sujet à des passions grossières et honteuses. Selon saint Paul, la chair convoite contre l'esprit, et l'esprit contre la chair (Galat. v, 17). Les passions résistent au sentiment moral qui nous porte à la vertu , et c'est ce qui la rend difficile. Marcher selon la chair (Rom. vui,l), c'est suivre les penchants déréglés de la nature corrompue. — 7° La chair se prend pour les parties du corps que la pudeur cache (Lecit. xx, 10). Dans ce sens, la luxure est nommée péché de la chair (Galat. v, 19). — 8° Saint Paul emploie ce terme pour signifier un culte extérieur et grossier (Galat. m, 3) ; il reproche aux Galales d'avoir commencé par l'esprit, et de unir par la chair; d'avoir embrassé d'abord le culte spirituel du christianisme, et de vouloir retourner aux cérémonies du judaïsme, à la circoncision, etc. Il nomme ces cérémonies les justices de la chair ( Hebr. ix, 10 ), parce que celait un culte purement extérieur.
Lorsque Jésus-Christ eut dit aux Juifs : Le pain que je donnerai pour la vie du monde est ma propre chair car ma chair est véritablement une nourriture, et mon sang un breuvage, etc. (Joan. vi, 52, 56), ils en furent scandalisés. A ce sujet le Sauveur ajouta, v. 64 : C'est l'esprit qui donne la vie, la chair ne sert de rien : les p rôles que je vous ai dites sont esprit et vie. Par là les calvinistes ont voulu prouver que dans l'eucharistie Jésus- Christ ne donne pas réellement et substantiellement son corps et son sang, mais qu'on le reçoit spirituellement, par la foi et non autrement. — Cependant on voit, par une lecture attentive de ce discours du Sauveur, qu'il a seulement voulu corriger l'erreur des Capharnaïtes, qui se figuraient que Jésus- Christ donnerait sa chair à manger d'une manière sensible et sanglante , comme on mange la chair des animaux , au lieu qu'il nous la donne sous les apparences du pain et du vin. S'il nous les donnait seulement par la foi, il ne serait pas vrai de dire que sa chair est véritablement une nourriture cl son sang un breuvage ; ce serait la foi qui nourrirait notre âme, et non la chair de Jésus-Christ.
Plusieurs hérétiques du nc siècle, BarJnsanes, Basilide, Cerdon , Cérinthe, les doréles et la plupart des gnostiques , disaient que le Fils de Dieu fait homme n'avait pas eu une chair réelle, mais seulement apparente; qu'ainsi il était né, mort et ressuscité seulement en apparence. Les Pères de l'Eglise réfutèrent celle erreur contre laquelle saint Jean l'évangéliste avait déjà prévenu les fidèles (/ Joan. iv, 2 ; JI Joan. v, 7). Elle fut renouvelée au n ^e siècle par les marcionites, qui niaient aussi la résurrection future de la chair ; Terlullien écrivit contre eux ses livres de Carne Christi et de Resurrectione carni*.
Chairs ou Viandes impures. Voy. Animaux
ri'RS ou IMPURS.
Cil A
CHA
rsi
Chairs ou Viandes immolés*. Voy. Vieil mi. s.
CHAINE DE MOÏSE. Ce terme , dans l'Evangile, signifie la fonction d'enseigner qu'exerçaient chez les Juifs les docteurs de la loi, parce que leur enseignement consistait à lire et à expliquer au peuple la loi de Moïse. Les scribes el les pharisiens, dit le Sauveur, sont assis sur la chaîne de Moïse ; observez donc et faites tout ce qu'ils vous diront ; mais n'imitez pas leur conduite, car ils ne font pas ce qu'ils disent. Ils chargent les hotnmes de fardeaux pesants el insupportables, et ne veulent pas seulement les remuer du bout du doigt (Matth. xxm, 2").
Cette leçon de Jésus-Christ souffre quelque difficulté, elles rabbins en ont abusé. Voulait-il obliger le peuple à se charger des fardeaux insupportables que lui imposaient les scribes et les pharisiens? Souvent le Sauveur leur avait reproché de corrompre la loi de Dieu par de fausses traditions ; il avait démonlré la fausseté de plusieurs de leurs décisions ; comment pouvait-il ordonner au peuple d'observer et de pratiquer leur doctrine ? — Il nous paraît qu'il faut ici distinguer ce qu'enseignaient les scribes et les pharisiens en public, lorsqu'ils expliquaient la loi de Moïse dans les synagogues, d'avec ce qu'ils décidaient souvent en particulier; que leur doctrine publique était ordinairement orthodoxe, qu'il fallait donc la suivre ; nu lieu que leurs leçons particulières étaient souvent fausses, et qu'il fallait s'en écarter aussi bien que de leurs exemples. C'est assez la coutume des faux docteurs en général, tels que Jésus-Christ a peint les scribes el les pharisiens. — Les rabbins ont donc eu tort de conclure de ce passage que, selon Jésus-Christ môme, la morale des Juifs était très-bonne, et qu'il lui a été impossible d'en enseigner une meilleure. Voy. la Conférence du juif Orobio avec Limborch , p. 192 et suiv.
Chaire de théologie, est la profession et la fonction d'enseigner cette science. Obtenir une chaire dans une université, c'est être admis et autorisé à y faire des leçons de théologie. Remplir une chaire de langue hébraïque ou de théologie positive, c'est expliquerais jeunes théologiens le texte hébreu de l'Ecriture sainte, ou leur faire des leçons sur l'histoire ecclésiastique, etc.
Chaire i piscopai.e, espèce de trône sur lequel sont assis les époques lorsqu'ils officient pontificalement. De là est venu le nom de siège épiscopal, el d'église cathédrale dans laquelle l 'évoque préside à l'olfice divin- La manière la plus ancienne de placer cette chaire a été de la mettre dans le fond du chœur, plus loin que l'autel, et de placer à droite el à gauche un rang de sièges pour les prêtres. C'est ainsi qu'ont été construites les plus anciennes basiliques, et le modèle en est tiié du livre de l'Apocalypse, c. iv elv. De la on peut tirer une preuve certaine de la prééminence des évoques au-dessus des simples prétics, et de la
distinction reconnue entre ces deux ordres dès le temps des apôtres.
Chaire de saint Pierre. Nom de deux fêtes qui se célèbrent dans l'Eglise catholique, l'une le 18 janvier pour la chaire de saint Pierre à Home, l'autre le 22 février pour la chaire de cet apôtre à Anlioche. Ces deux fêtes sont anciennes; la première est marquée dans un exemplaire du Martyrologe attribué à saint Jérôme, et un concile de Tours en a fait mention l'an 567. Déjà il est parlé de la chaire de saint Pierre, en général, dans un calendrier dressé sous le pape Libère, vers l'an 354-, cl c'est le sujet du centième sermon de saint Léon. Voy. Vies des Pères el des martyrs, I. I, pag. 3i3, el tome 11,-pap 346.
Dans l'Eglise primitive, de même que les chrétiens célébraient l'anniversaire de leur baptême, les évêques solennisaient le jour anniversaire de leur ordination ou de leur exaltation ; telle a été l'origine des deux fêtes dont nous parlons. L'Eglise a été persuadée que la succession de saint Pierre n'était point al achée au premier siège qu'il avait occupé, mais à celui dans lequel il est mort et a laissé un évêque pour le remplacer. Or, malgré les nuages que les protestants ont voulu répandre sur le voyage, le séjour et le martyre de saint Pierre à Uorae, c'est un point d'histoire qui est aujourd'hui à l'abri de loute contestation.
Que, dès les premiers siècles, le siège de Rome ait été regardé comme le centre de l'Eglise catholique , c'est un fait attesté par saint Irénée dès le IIe. «11 faut, dit-il, que loute Eglise, ou toute l'Eglise, c'est-àdire les fidèles qui sont de toutes parts, conviennent avec cette Eglise (de Rome), à cause de sa prééminence plus marquée : Eglise dans laquelle les fidèles de tout le inonde ont toujours conservé (ou observé) la tradition qui vient des apôtres. » (Adv. hœr., I. m, c. 3.) Ce passage a toujours beaucoup incommodé les protestants; ils ont fait tous leurs efforts pour en détourner le sens : nous verrons ailleurs s'ils y ont réussi (i). Voy. Saint-Siège.
(I) M. l'abbé Gerbel a lait une description de la chaire de saint Pierre, que nous allons transcrire :
i Le premier des monuments qui se conservent à Rome dans la basilique vatieaiv, est la Chaire do saint Pierre. On sait (pie dès l'origine les étéques eurent des sièges auxquels on donnait ce nom. C'était une marque d'honneur et un signe d'auiori'é (pie de parler assis. A leur mort on plaçait, au moins il.; temps eu temps, leurs chaires dans leurs tombeaux. Les premiers lidéles portaient un grand respect aux tiéges dont les apôtres s'éliicnt servis pour leur enseigner la oi ou pour remplir d'autres fonctions de leur ministère. Ils durent être conservés avec soin : ce qui semble indiqué par quelques mots de Terlull.en, qui représente, à cet égard, les traditions du second .siècle. « Parcourez, dit-il dans son bvro des Prescrip'iom contre les hérétiques, parcourez Ee-s é:;lise- aposloli nies, da s lesquelles les chaires mènie> des ai ôtres président à leur place, cl où leurs (pitres authentiques sont lues à haute vois : l'aame cecte- $a$ apua quat ipsa intime cathedra apotlolorum i*{t lotit pratident, upud (juas iptœ autlunticos litioiv couidi rtcitanturt c. 56. »
« lîigautl est d'a\is, dans une des notes de son
CHALCÉD01NE (concile de). C'est le quatrième des conciles généraux ; il fui tenu l'an 451 contre les erreurs d'Eutychès. Cet hérétique, pour ne pas tomber dans l'erreur de