‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 126 sur 183 · CH A · texte numérisé non relu

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exil, où il mourut des mauvais traitements qu'il avait essuyés. C'est ce qui a fait nomuser celle assemblée lumul ueuse le brigandage d'Ephèse.

Ce concile ne fut point œcuménique, quoi qu'en dise Mosheim ; la lettre de convocation portait : que l'exarque ou patriarche prendrait avec lui dix métropolitains de sa dépendance, et dix autres évêques , pour se trouver à Ephèse ; l'assemblée fut composée tout au plus de cent trente-cinq évêques , et les légats du pape protestèrent contre tout ce qui s'y passa. 11 n'est pas vrai non plus que. le concile précédent, tenu dans la même viile, l'an 431, contre Nestorius, ail été déshonoré par la même injustice et la même violence que celui-ci. Saint Cyrille, qui présidait au premier, ne fit user d'aucune violence contre Nestorius , qui était protégé et gardé par les officiers de l'empereur ; dans le second, Dioscore, escorté des mômes officiers, et appuyé par des soldats, fit maltraiter cruellement saint Flavien et les évêques opposés à Eulychès.H n'y a aucune ressemblance entre ces deux conciles. — Saint Léon, informé de tous ces excès, engagea l'empereur Marcien, successeur de Théodose, à convoquer un concile à ChalcéJoine , pour établir la doctrine culhoique et procurer la

chaires apostoliques n'ont point participé à celle prérogative. Elles ont péri par la main ou par la iié^liyciice des hommes ; celle de saint Pierre seule a été sauvée par quelque chose qui se nomme, je crois, la Providence. Des événements féconds en destructions de tout genre l'ont souvent menacée, comme un incendie qui éclatait autour d'elle : ce ne sont pas les dévastations qui ont manqué à Rome. D'Alaric à Tolila, dans l'espace d'environ 140 ans, celte ville a éié saccagée quatre fois. Un indigne héritier du l;ône de Conslaniin finit par se mettre à ta lête des rois barbares pour la dépouiller. La dernière fois que celle souveraineté dégénérée y fit une apparition, au septième siècle, l'aigle impérial, devenu un oiseau pillard, dit adieu à Home en emportant dans ses serres avilies une foule d'objets précieux, et jusqu'aux tuiles dorées du Panthéon. Au onzième siècle, l'empereur llriri IV venait de ravager une partie de la ville connue sous le nom de c té Léonine, qui renfermait la basilique de Saint- Pierre, lorsque Farinée de Robert Guiscard, qui arrivait pour le chasser, dévasta plus compléement encore l'autre partie. Le sac de Home par les bandes luthériennes du connétable de Bourbon détruisit, dans les églises et dans les sacristies, une foule d'antiquités qui avaient échappé à toutes les déprédations précédentes. A ces époques désastreuses, Hume a vu piller ses trésors sacrés, jeter aux vents des reliques saintes, abattre des colonnes de granit; la fragile planche sur laquelle saint Pierre s'est assis, a traversé tant de siècles et tant de destructions comme un emblème perpétuel de l'indéfeclibililé de la foi.

Non de marmoreo, ast aHerno e fragmine texla, Durai in extreinum lirma cathedra diein.

(Aiidr. Mabiascs, lib. n, epiyr. 3.)

i On pourrait lui appliquer ces mots : Tu marcheras sur l'aspic et le basilic, et tu fouleras aux pieds le lion et le dragon, auxquels faisaient allusion les animaux symboliques sculpté* sur les gradins de l'antique chaire en marbre fin donl se servaient les U'pcs dans la bus.liquc de Latrau. >

paix à l'Eglise. Ce concile , présidé par les légats du pape, fut composé, selon quelques auteurs, de six cent trenle évêques. On y examina les actes du concile de Conslanlinople, où Eutychès avait été condimné, et ceux du faux concile d'Ephèse; la profession de foi d'Eulychès, la lettre de saint Cyrille contre Nestorius, et celle de suint Léon à Flavien. A la lecture de celle-ci, les évêques s'écrièrent que telle était la foi de l'Eglise el des apôtres; que Pierre avait parlé par la bouche de Léon. Conséquemment la décision du concile fut que « Jésus-Christ Noire-Seigneur est vraiment Dieu el vraiment homme, composé d'un âme raisonnable eld'un corps consubstantiel au Père selon la divinité, el consubstantiel à nous selon l'humanité, Seigneur en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation, et sans que l'union Ole les propriétés et la différence des deux natures , en sorte qu'il n'y a pas en lui deux personnes, mais une seule, que c'est un seul et même Fils unique de Dieu, etc. » — Ainsi furent condamnés tout à la fois Nestorius, Eutychès et leurs adhérents ; Dioscore futdéposé, analhématisé et exilé, tant pour les violences qu'il avait exercées à Epliôse que pour d'autres crimes et pour ses erreurs. .Mais cette décision ne rétablit pas la paix. La plupart des évêques d'Egyple demeurèrent attachés à Eutychès et à Dioscore leur patriarche ; ils publièrent que le concile de Clialce'doine, en condamnant Eutychès, avait aussi condamné la doctrine de saint Cyrille, et approuvé celle de Nestorius, deux faussetés évidentes. Ils ne réussirent pas moins à former un schisme et une secte, dont les partisans onl été nommés monophysites , el par la suite jacobiles. Voy. EutychiiiNS.

C'est sans aucune raison que Mosheim et d'autres protestants nomment le concile de Chcdcédoine une assemblée bruyante et tumultueuse, et veulent nous persuader que tout s'y passa dans un désordre à peu près égal à celui du faux concile d'Ephèse. L'empeieur lui-même fut présenta plusieurs séances, et rien ne se lit qu'après un mûr examen ; il a fallu toute l'opiniâtreté qu'inspire l'hérésie, pour se prévenir contre la manière dont on y procéda. Le traducteur de Mosheim dit que saint Léon, dans sa lettre à Flavien, explique, avec une grande apparence de clarté, la croyance catholique sur ce sujet embrouillé; la clarté de celle lettre n'est point apparente, mais Irès-réelle, et lut jugée telle non-seulement en Orient, mais dans tout l'Occident; de son propre aveu, celte lettre passa pour un chef-d'œuvre de logique el d éloquence, el on la lisait chaque année pendant l'Avenl, dans les églises d'Occident. Les protestants eux-mêmes sont obligés de s'exprimer comme saint Léon, dans leurs disputes contre les sociuiens, louchant le mystère de l'incarnation.

Après avoir fixé le dogme catholique, le concile de Clialcédoine fil aussi plusieurs canons de discipline -, le vingt-huitième , qui attribuait au siège de Coaslanlinople les

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mêmes privilèges el les mêmes prérogatives qu'à celai de Kome, a causé de vives contestalions ; les légats de saint Léon réclamèrent contre ce règlement et soutinrent qu'il était contraire au sixième canon du concile de Nicée, qui porte que l'Eglise romaine a toujours eu la primauté; saint Léon luimême s'en plaignit, et refusa de le confirmer. Mais les (ïrecs y sont demeurés attachés, et ça été le premier germe du schisme qu'ils ont formé avec l'Eglise latine dans les siècles suivants.

CHALDAIQUE, qui appartient aux Clialdéens. Nous parlerons des Paraphrases chaldaiques sous leur litre particulier, et de la langue chalda que dans l'article suivant.

CHALDEENS, peuplequi,dans sonorigine, hahitait la Mésopotamie, pays situé entre 1 j Tigre el l'Euphrale, et duquel il est souvent parlé dans l'Ecriture. Ce n'est point à nous de discuter les antiquités fabuleuses des Chaldécns que les incrédules ont souvent opposées à l'histoire sainte : personne n'y croit plus aujourd'hui ; on est convaincu que leurs observations astronomiques ne remontaient pas plus haut que jusqu'au siècle du déluge. Ainsi plus l'on étudie les monuments de l'histoire; mieux on voit la vérité de ce que l'Ecriture nous dit des peuples anciens (1). Elle nous apprend que les Chaldéens sont les

(I) La manie de l'antiquité ne fut guère moins énergique dans la nation Chaldéenne que dans les autres grands peuples anciens, et i les prêtres de Babylone, dit Para du Phanjas, ne se montrèrent pas moins ardents que les prêlres d'Egypte à soutenir et à étendre en ce genre la gloire de leur nation.

« Bérosp, prêtre de Bélus, à Babylone, né vers le temps où Alexandre lit la conquête de celte grande ville, rédigea en corps d'histoire les fables chaldéennes, comme Ma net lion avait rédigé en corps d'histoire les fables égyptiennes. Celte histoire de Bérose n'existe plus depuis longtemps , et aucun critique n'a été trompé par les ineptes rêveries qu'a publiées dans ces derniers lemps sous le nom de Bérose le dominicain Annius de Viterhe.

« 1° Les Chaldéons ainsi que les Egyptiens divisaient leur antiquité en temps fabuleux et en temps historiques ; les temps fabuleux, selon les Chaldéens, précédaient les temps historiques de plusieurs myriades ou de plusieurs lois dix mille ans. Voici ce qu'en dit M. Frérel ( Dans sa Défense de la chronologie, contre le système de Neivton, pag. 234), d'après Syncelle, qui nous a conservé quelques fragments de l'histoire de Bérose : Les Babyloniens admettaient une progression assez lente dans la formation des êtres, et ils supposaient que pendant longtemps, la nature, qui essayait pour ainsi dire ses forces, n'avait produit que des monstres el que des êtres irréguliers. Ainsi les temps historiques ne commençaient qu'au règne d'Alorus, le premier homme et le premier roi de la Chaldée.

t II ne sera pas inutile de remarquer ici comme en passant, que chez les Egyptiens, les temps fabuleux étaient remplis de généalogies des dieux, et (pie chez les Chaldéens, ces mêmes temps fabuleux étaient livrés à la fermentation de la nature, à la tente formation des êtres ; les premiers étaient plus décidés pour l'absurde polythéisme , les derniers penchaient plus vers le Slupide matérialisme. On devinera peut-être par là pourqtioi l'on voit quelques philosophes modernes insister et s'appesantir ti fort bur la lente formation des cires, sur la lente

premiers tombés dans le polythéisme, et que l'idolâtrie la plus ancienne a été le culte des astres. Voy. Astbes. Or, les Chaldéens ont été les premiers observateurs du ciel. Ils étaient invités à se livrer à l'astronomie par la beauté des nuits dont leur climat est favorisé. — Leur histoire se trouve essentiellement liée à celle des Juifs. Abraham partit de la Chaldée pour venir habiter la Palestine ; Isaac et Jacob épousèrent des Chaidéennes. Déjà, sous Abraham, les roitelets de la Mésopotamie faisaient des incursions dans la Palestine ; dans le livre de Job, c. i, v. 17, il est parlé des Chaldéens comme d'un peuple adonné au brigandage. — Les rois d'Assyrie, après avoir soumis la Chaldée, n'ont jamais abandonné le projet d'assujettir les Israélites, et Dieu montre à ces derniers ce peuple ennemi comme un fléau dont il se servira pour punir leurs infidélités ;

formation des langues, des arts, des sciences, des sociétés, des empires, qui demande, selon eux, une suite de siècles immensément plus grande que celle que donne au genre humain l'histoire sainte : on se peint souvent plus qu'on ne pense el qu'on ne veut dans ses écrits.

< La durée de ces temps historiques, continue le même auteur d'après les mêmes fragments de Bérose, était partagée chez les Babyloniens en plusieurs intervalles, par époques différentes. Le premier intervalle , depuis Alorus jusqu'à Xisuthrus, sous lequel arriva le déluge universel, comprenait te règne de dix rois successifs, et la durée en était de 120 sares, ou périodes chaldéennes. Depuis le délwe de Xisuthrus, on comptait neuf sares et demi, jusqu'au règne d'Evochoùs. Après cet Evochoiis, on commençait à compter la durée par années solaires de 305 jours, et l'on comptait 1865 ans jusqu'à la destruction de l'empire ussyrien sous le dernier Sardanapale.

2° Mais qu'étaii-ce que ces sares qui mesurent les premiers lemps historiques de la nation chaldéeune ? C'était une durée de ob'OO ans, selon les anciens astrologues chaldéens, une durée de 3000 jours selon les chronologi-tes chrétiens, une durée de 222 lunaisons selon quelques livres de l'astronomie clialdéenne, selon Suidas, selon Halley el Frérel; par où l'on voit quel fonds de certitude el de précision peut donner cette chronologie chaldéenne, même dans ce qu'on nomme les temps historique». La chronologie chaldéeune renferme évidemment la mome incertitude, la même confusion, les mêmes oppositions, les mêmes rêveries que nous venons d'observer dans la chronologie égyptienne.

« Bérose, dans le premier livre de son Histoire, faisait remonter l'origine el les premiers temps de Babylone, abstraction laite de la longue durée qui avait concouru avec la lente formation des êtres, à une immense antiquité, à 150,0 0 ans selon Syncelle, à 470,000 ans selon d'autres hi>loriens.

< Le philosophe el l'orateur romain, Cicéron, regardait ces prétentions d'ancienneté comme une lolie ou comme une impo ture; elles ont été rejetées de même par Diodore de Sicile, par Lucrèce, par Macrobe, par Lactance, par saint Augustin. Quel secret motif a pu animer quelques philosophes modernes à faire de si puissants el de si inutiles elforls pour les faire adopter comme des réalités ?

« M. Frérel, évaluant avic assez de vraisemblance le sare cbaldéen à 222 lunaisons, cl appliquant cette évaluation à l'histoire de Bérose, compte depuis le règne d'Alorus jusqu'à Jésus-Christ 5800 ans, ce qui concilie à peu près la chronologie des fables chat décunes avec la chronologie des livres saints. >

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cette menace fut accomplie par la captivité Je Babylone. Les Juifs, transplantés dans la Chaldée par Nabuchodonosor, apprirent le chaldéen, le mêlèrent avec l'hébreu, corrompirentainsileurlangue. L'hébreu pur, tel qu'il est dans les livres de Moïse, cessa d'être la langue vulgaire du peuple ; il fallut lui expliquer ces livres en chaldéen dans les synagogues. C'est ce qui a donné lieu aux Targums ou paraphrases chaldaïques : les Juifs adoptèrent même les caractères chaldéens, qui sont plus simples et plus commodes que les lettres hébraïques ou samaritaines.

On a souvent écrit que le chaldéen était partagé en trois dialectes, celui de Babylone, celui d'Antioche et de la Gomagène, celui de Jérusalem et de la Judée ; mais cela ne doit s'entendre que des derniers siècles de l'histoire juive. Du temps d'Abraham, le langage de la Mésopotamie, celui de la Syrie, et celui des Chananéens de la Palestine étaient tellement semblables, que ces peuples pouvaient s'entendre sans interprète. De là JPhilon a dit que les livres saints avaient été écrits en chaldéen, c'est-à-dire dans la langue que parlait Abraham quand il sortit de la Chaldée. Mais ce langage changea dans la suite dans ces trois contrées ; du temps de Jésus-Christ, lesyriaque d'Antioche n'était plus le même idiome que le chaldéen de Babylone ; il était écrit en caractères différents des lettres babyloniennes. La langue de Jérusalem était mêlée d'hébreu, de chaldéen et de syriaque ; de là elle a été nommée syro-chaldaique eisyro-hébraïque. La version syriaque de l'Ecriture sainte n'est point la même chose que les paraphrases chaldaïques. Voy. Bibles syriaques.

Certains critiques assez mal instruits ont voulu persuader que le changement des lettres hébraïques ou samaritaines en caractères chaldéens avait pu causer de l'altération dans le texte des livres saints ; c'est comme si l'on disait que quand nous avons quitté les lettres gothiques pour adopter nos caractères modernes, nous ayons changé le texte de nos livres.

Suivant la tradition des Orientaux, plusieurs des apôtres, mais particulièrement saint Thomas , saint Adée ou Thadée, et d'autres disciples du Sauveur, ont prêché l'Evangile, non-seulement aux Chaldéens dans la Mésopotamie, mais aux Perses et aux autres peuples les plus reculés vers l'Orient. Voy. Orientaux. Il y eut dans la Chaldée deux principales villes épiscopales, Edesse et Nisibe, dans chacune desquelles il y eut des écoles célèbres, et qui ont produit des savants. Ce furent des docteurs sortis de l'une et de l'autre, qui séduits par les écrits de Diodore de Tharse, de Théodore de Mopsueste et de Nestorius, répandirent les erreurs de ce dernier dans la Chaldée, l'Assyrie et la Perse, qui les portèrent même jusque dans les Indes, la Tartarie et la Chine. Dans la la suite, ces sectaires ont rougi du nom de uesloriens, et ils ont toujours affecté de se nommer Chaldéens et Orientaux. Voy. Nestoriens, Perse, etc., Assémani , Biblioth.

orient., tome IV; Dissert, sur les Nesloriens ou Cha'déens.

* CHALEUR DD GLOBE. La formation du globe a été l'objet de l'attention des géologues et des naturalistes. Ils ont cru découvrir que notre gLobe a d'abord é é en fusion et qu'il se refroidit graduellement de jour en jour. Les impies ont cherché à tirer de là des inductions contre notie foi : ils ont prétendu qu'il y a contradiction entre l'expérience et renseignement de la Bible. Nous ne voyons d'abord aucune contradiction entre la narration de la Bible et l'incandescence du globe : nous l'avons démontré au mol Cosmogonie. Quel qu'ait été l'état de notre globe avant de prendre la forme qu'il a aujourd'hui, il e t faux, comme le prétendent nos adversaires, que notre globe se refroidisse tous les jours, i De l'égalité dans la durée des oscillations d'une pendule , dit M. Jehan, on peut conclure à l'invariabilité de s» température ; eh bien ! de mène la constance de la vitesse de rotation qui anime le globe terrestre nous donne la mesure de la stabilité de sa température moyenne.

« La découverte de cette relation entre la longueur du jour et la chaleur du globe est assurément l'une des plus brillantes applications qu'on ait pu faire d'une longue connaissance des mouvements célestes, à l'étude de l'état thermique de noire planèie. Ou sait que la vitesse de rotation de la terre dépend de son volume; la masse de la terre venant à se refroidir par voie de rayonnement, son volume doit diminuer; par conséquent, tout décaissement de température correspond à un accroissement de la vitesse de rotation, c'est-à-dire à une diminution dans la longueur du jour. Or, en tenant compte des inégalités séculaires du mouvement de la lune dans le calcul des éclipses observées aux époques les plus reculées, on trouve que, depuis le temps d'Ilipparque, c'est-à-dire depuis deux mille ans, la longueur du jour n'a certainement pas diminué de la centième partie d'une seconde. On peut donc affirmer, en restant dans les mêmes limites, que la température moyenne du globe terrestre n'a pas varié de 1; 170 de degré depuis deux mille ans. i

CHAM, Gis de Noé, ayant vu son père ivre, couché et endormi dans une posture indécente, en fil une dérision, et fut maudit dans sa postérité pour cette insolence. Il eut un grand nombre d'enfants et de petits-fils qui peuplèrent l'Afrique. Pour lui, on croit qu'il demeura en Egypte ; mais il n'est pas certain que les Libyens aient eu intention de l'adorer sous le nom de Jupiter-Ammon, comme l'ont cru plusieurs mythologues. Il se peut trèsbien faireque ce dieu soitde la façon des Grecs, que son nom stfït Jupiter-Sablonneux, ou qui préside aux sables de Libye.

Quelques censeurs de l'Ecriture sainte disent que Moïse a forgé l'histoire de la malédiction de Cham, pour autoriser les Israélites à s'emparer du pays des Chananéens ; mais Moïse ne fonde pas le droit de cette conquête sur la malédiction portée contre Chanaan ; il le fonde sur la volonté et la promesse de Dieu, qui voulait punir les Chananéens de leurs crimes. Voy. Chananéens. Ilest bond'observer que la prédiction de Noé s'exécute encore aujourd'hui par l'asservissement de l'Egypte sous des souverains étrangers, et par l'esclavage des nègres. Les paroles de Noé sont une prophétie et non une imprécatiou. Voy. Imprécation.

CHAMOS, dieu des Ammonites et des Moa-

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bites ; il s'écrit en hébreu Kamosch, ou Kemoich, terme assez approchant de Schneseh,

le solei! : il parait que cet astre a été la principale divinité d s Orientaux.

Quoi qu'il en soit, Chamos a donné lieu à une objection contre l'histoire sainte. Sous le gouvernement des juges, les Ammonites déclarèrent la guerre aux Israélites, sous prétexte que ceux-ci s'étaient emparés d'une partie du territoire des Ammonites. Jephté, chef du peuple de Dieu, leur soutint que cela était faux, que le terrain occupé par son peuple dans leur voisinage avait été conquis sur les Amorrhéeus, qui l'avaient autrefois enlevé aux Moabites, et qu'Israël en était en possession paisible depuis Irois cents ans. C'est, en effet, ce qui est rapporté dans le livre des Nombres, c. xxi. Jephté ajoute, selon le texte : Ne pos.éderez-vous pas le terrain donl votre dieu Champs vous mettra en possession ? Nous continuerons donc aussi d<- posséder tout ce donl Jéhovah, notre Dieu, nous a donné la possession (Jud. xr, 24). — Voilà, disent quelques incrédules, Jephté qui met Chamos sur la même ligneque le Dieu d'Israël; il n'avait donc pas une plus haute idée de l'un que d<: l'autre ; Jéhovah était, comme Chamos, un dieu local, le dieu d'un peuple particulier, et non le souverain Seigneur de l'univers : telle était la croyance des Israélites. — Mais les exploits de Chamo s tnùs par Jephté au futur contingent, et comparés à la possession réelle et actuelle des Israélites, nous paraissent une dérision assez farte de ce faux dieu. Jéhovah, continue Jephté, jugera en ce jour entre Israël et les Ammonites. Il ne redoutait donc pas beaucoup la puissance de Chamos ; en effet, les Ammonites furent vaincus par Jephté, et la dispute fut terminée.

De là même il résulte que Jephté avait lu l'histoire rapportée dans le chapitre xxi du livre des Nombres, il n'en omet aucune circonstance, (le livre de Moïse existait donc pour lors, et il n'est pas vrai que le Pentateuque, dont il fait partie, ait été écrit dans les siècles suivants , et longtemps après Moïse.

CHANANÉENS, peuple de la Palestine, descendu de Chanaan, petit-fils de Noé. Les censeurs de l'histoire sainte ont fait plusieurs remarques à ce sujet.

Dans la Genèse, c. xn, v. G, il est dit que quand Abraham vint en la Palestine, les Chananécns y habitaient déjà, c. xm,v. 7; l'auteur ajoute que quand Abraham revint d'Egypte, il y avait dans celte même contrée des Chananécns et des Phérézécns. Cette remarque, disent nos critiques, n'a pu être faite que par un auteur qui écrivait dans un temps où les Chananécns n'étaient plus dans ce payslà, par conséquent après la conquête de la Palestine par les Israélites.

Mais à quel propos un écrivain postérieur à l'expulsion des Chananécns aurait-il l'ait cette remarque sur la Palestine ? On n'en voit aucun motif. Sous la plume de Moïse celte observation se trouve placée avec sagesse 11 venait de rapporter la promesse que Dieu avait faite à Abraham de donner la Pa-

lestine à sa postérité; il fait remarquer en même temps que ce pays n'était cependant pas sans habitation, que les Chun'inéens et les Phérézécns s'en étaient déjà emparés et s'y étaient établis. Ainsi, en rapportant la promesse, Moïse fait aussi mention des obstacles qui semblaient s'opposer à son exécution, obstacles d'autant plus sensibles pour lors, qu'Abraham n'avait point encore (f infants. Loin de conclure de là que Moïse n'est pas l'auteur du livre de la Genèse, il faut plutôt en inférer le contraire.

De quel droit, continuent les incrédules, les Israélites ont-ils dépouillé, chassé, exterminé les Chananéens pour s'emparer de leur pays ? Cette conquête est aussi injuste par la forme que pour le fond, puisque les Israélites y exercèrent des cru iules inouïes ; l'attribuer à un ordre exprès de Dieu, supposer qu'il y a contribué par les miracles, c'est blasphémer. Voyons si les déclamations auxquelles on s'est livré si souvent sur ce sujet sont bien fondées.

1° Les Israélites étaient sous le joug de la nécessité. Ils avaient été forcés par la tyrannie des Egyptiens à sortir de l'Egypte, ils ne pouvaient subsister naturellement dans un désert inculte et stérile, ils ne pouvaient se procurer une habitation et des terres à cultiver que l'épée à la main et aux dépens de leurs voisins. De tous les motifs qui | euvent autoriser une guerre et une conquête, nous défions nos adversaires d'en alléguer un plus légitime. — 2° Les différentes peuplades de Chananéens ne possédaient pas la Palestine à un litre plus juste que les Lraéliles ; pendant quatre cents ans elles n'avaient cessé de se disputer et de s'arracher leurs possessions. Les Amorrhéens avaient enlevé ui e partie du terrain des Moabites; les Iduméens avaient pris, sur les Horréens, le pays do Se'ïr, et avaient passé ce peuple au fil de l'épée ; les Caphlorim avaient exterminé les llévéens,qui possédaient le canton de Hassérim jusqu'à Gaza. Les Moabites s'étaient cm parésdu pays desEmim,et les Ammonites de celui des Zonzommim, a près a voir clei ni ces deux nations (Num. xxi, 2G ; Dent. II). Dieu voulait leur apprendre q ie c'est à lui de distribuer les différentes contrées de la terre a qui il lui plaît. Si tous les peuples avaient mieux retenu cette vérité, il y aurait eu moins de sang répandu dans toute la suite des siècles. — 3° Les Chananéens furent agresseurs à l'égard des Israélites; ils n'attendirent pas qu'ils fussent attaqués. Les Amaléciles, les Iduméens, les rois de Madian, de Moab et d'Ara I, les Amorrhéens, les A inmoniles allèrent au-devant des Hébreux cl leur présentèrent le combat (Num. xx, xxi, xxu). Ceux-ci étaient donc obligés ou de reculer dans le désert, ou de passer sur le ventre à tous ces ennemis. Les Chananéens avaient plus déterre qu'il ne leur en fallait; mais ils n'étaient pas disposés à en céder la moindre partie. — k' Dieu ne laisse point ignorer les raisons pour lesquelles il ordonne do les exterminer ; ce sont leurs crimes, l'idolâtrie, les superstitions do loule espèce, les sacrifices de victiuici bu-

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maines et de leurs propres enfants, l'impudicitéla plus grossière, «les cruautés inouïes, etc.; et il menace les Israélites de les détruire à leur tour, s'il leur arrive d'imiter ces abominations. Mais Dieu avait accordé aux Chananéens quatre cents ans pour se corriger. Lorsqu'il promet au patriarche Abraham de donner la Palestine à sa postérité, il lui déclare que cela ne s'exécutera que dans quatre cents ans, parce que les iniquités des Amorrhécns ne sont pas encore parvenues à leur comble (Gen. xv, 16 ; Sap. xn). Puisque ces peuples étaient incorrigibles, ils méritaient d'être détruits. — 5° Lorsque Dieu a résolu de punir une nation, il est le maître de se servir de quelque fléau qnM juge à propos, d'une famine ou d'une contagion, des traits de la foudre ou de l'épée d'un conquérant ; quelle que soit la manière dont il frappe, c'est une impiété et une absurdité d'accuser sa justice. De tous les fléaux, la guerre est encore celui qui laisse le plus de lieu à la résipiscence et au repentir. Les miracles qu'il plut à Dieu de faire à cette occasion en faveur des Israélites étaient justement ce qui aurait dû convertir les Chananéens (Josue, n, 10). — 6° Quant à la manière, on sait comment se faisait la guerre chez les peuples anciens : sans quartier et sans rien épargner. Ainsi en agissaient les Chananéens eux-mêmes ; ainsi en ont usé les Grecs contre les nations qu'ils nommaient barbares, les Romains contre les Perses et contre les peuples du Nord, ceux-ci à leur tour contre les Romains; ainsi s-e traitent encore les nations sauvages. Si celles de l'Europe connaissent mieux le droit des gens et le violent plus rarement, c'est à l'Evangile qu'elles en sont redevables ; toutes ceiJes qui ne sont pas chrétiennes sont encore aussi farouches à la guerre que les peuples anciens.

Mais on suppose irès-faussement que les Israélites commencèrent par tout détruire. Les victoires furent poussées de proche en proche, et continuées pendant longtemps.

Dieu lui-même déclare qu'il conservera exprès des peuplades de Chananéens, aQn de s'en servir pour châtier son pcuplelorsqu'il l'aura mérité (Josue, xv;i, 13 ; Judic. i, 3, etc.). La conquête ne fut achevée que sous les rois, quatre cents ans après .losué. Telle est l'histoire que les livres saints nous tracent de la conduite de Dieu et de celle des Israélites ; si on n'en altérait aucune circonstance, on n'y trouverait aucun sujet de scandale. — Quelques censeurs de mauvaise foi en ont cherché un dans le premier chapitre du livre des Juges, v. 19. Ils y ont lu que Dieu se rendit maître des montagnes, mais qu'il ne put vaincre les habitants des vallées, parce qu'ils avaient des chariots armés de faux ; de là ils ont conclu que l'auteur représente Dieu comme un guerrier très-impuissant. Mais il y a dans le texte : Dieu fut avec Juda, et il posséda la montagne, tuais non pour chasser les habitants de la vallée, parce qu'ils avaient des chariots armés de faux. C'est une absurdité d'attribuer à Dieu ce qui est dit de Juda, qu il

posséda la montagne; si Dieu ne fut point avec lui pour chasser les habitants de la plaine, cela ne prouve point que Dieu n'avait pas le pouvoir do les chasser.

C'est ainsi que par de petites supercheries les incrédules de tous les siècles, marcionites, manichéens, philosophes et autres, se sont attachés à rendre l'histoire sainte ridicule 1 1 scandaleuse ; ils n'ont réussi qu'auprès des ignorants. Il y a dans la Bible d'Avignon, t. III, p. 327, une dissertation sur les migrations des Chananéens après la conquête do Josué.

CHANANÉENNE, femme des environs de ïyr et de Sidon, qui vint demander à Jésus- Chrislla guérisondesa fille, tourmentéepar le démon. Le Sauveur parut la rebuter d'abord. Je ne suis venu, dit-il, que pour les brebis perdues de la maison d'Israël; il ne convient

pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens (M al th. xv, 24, 26). Par celle réponse, disent certains critiques, Jésus confirmait le préjugé des Juifs, qui regardaient les Genlils comme des animaux impurs. — Au contraire, il voulait détruire ce préjugé ; il leur faisait voir que parmi les Gentils il y avait des âmes plus humbles, plus dociles, pla< dignes de ses bienfaits, qu'ils ne l'étaient eux-mêmes. Ainsi, après avoir mis à l'épreuve la confiance de la chananéenne, il dit : Femme, votre foi est grande, que votre désir soit ac~ compli. De retour chez elle, elle trouva sa fille en parfaite santé.

Les incrédules, qui ont voulu épiloguer sur ce miracle, auraient dû nous apprendre comment et par quel pouvoir Jésus-Christ guérissait des malades éloignés, sans autre appareil que de prononcer une parole.

CHANCELADE, congrégation de chanoines réguliers.

CHANCELIER d'une université. C'est nu ecclésiastique ch irgé du soin de veiller sur les éludes. Il a le droit de donner, d'autorité apostolique, à ceux qui ont fini leur cours de théologie, le pouvoir ou licence d'enseigner, en leur faisant prêter serment de défendre la foi catholique jusqu'à la mort.

Dans l'université de Paris, il y a deux chanceliers, celui de Notre-Dame et celui de Sainie-Geneviève. L'institution, les droits, les privilèges respectifs de l'un et de l'autre sont du ressort de l'histoire moderne et de la jurisprudence canonique, plutôt que de la théologie. Le célèbre Gorson, chancelier de l'Eglise de Paris, ne dédaignait pas de faire les fonctions de catéchiste, et disait qu'il n'en voyait pas de plus importante pour sa place. Nous ne parlons de cette dignité ecclésiastique que pour faire remarquer le zèle qu'a eu l'Eglise, dans tous les temps, pour l'enseignement public, et pour dissiper l'ignorance que les barbares avaient répandue dans toute l'Europe. Pendant plusieurs siècles, il n'y a point i.-u d'autre ressource contre ce fléau que les écoles ecclésiastiques.

CHANDELEUR, fêle célébrée dans l'Eglise romaine le secom! jour du mois de février,

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en mémoire de la présentation de Jésus- Christ au temple, cl de la purification de sa sainte Mère.

Le nom de Chandeleur fait allusion aux cierges que l'on bénit, que l'on allume, et qui sont portés en procession ce jour-là par le clergé et par le peuple. l'Eglise fait celle cérémonie pour nous faire souvenir que Jésus-Christ esl la vraie lumière qui est \enue pour éclairer toutes les nations , comme le dit Siméon dans le cantique que l'on chante à celle occasion. — Les Grecs nomment cette fêle Hypante, rencontre, parce que le vieillard Siméon et la prophélesse Anne rencontrèrent Jésus enfant dans le temple, lorsqu'on le présentait au Seigneur. C'est une fêle et une cérémonie ancienne; le pape Gélase Ier, qui tenait le siège de Rouie l'an 492, saint lldephonse, saint Eloi, saint Sophrone de Jérusalem, saint Cyrille d'Alexandrie, etc. , en parlent dans leurs sermons.

Quelques auteurs ont prétendu que le pape Gélase les avait instituées pour les opposer aux luperca'cs des païens, et qu'en allant processionnellement autour des champs on y faisait des exorcismes. C'est le sentiment du vénérable Bède. « L'Eglise, dit-il, a changé heureusement les lustralions des païens, qui se faisaient au mois de février autour des champs; elle leur a substitué des processions où l'on porte des chandelles ardentes, en mémoire de celle divine lumière dont Jésus-Christ a éclairé le monde, et qui l'a fait nommer par Siméon la lumière des nations. » D'autres en attribuent l'institution au pape Vigile en 530, et veulent qu'elles aient été substituées à la fête de Proserpine, que les païens célébraient avec des torches ar-lentes au commencement de février. — Mais ces prétendues substitutions s'accordent mal avec le calendrier des païens. Les lupcrcales se célébraient, non le 2 de février, mais le 16, et il n'était pas question dans cette fêle de torches ardenles ni do cierges. Celle de Proserpine se faisait le 22 novembre à la (in des semailles, et non au mois de février. Voy. V/Iistoire religieuse du Calendrier, par M. de Gébelin, p. 347, 407, 417. Si la coutume avait été établie d'aller autour des champs le jour île la Purification, le peuple des campagnes aurait conservé cet usage, et l'on ne connaît aucun pays où il subsiste aujourd'hui.

11 paraît donc que l'Eglise, en instituant celte fête, n'a eu en vue que d'honorer les mystères de Jésus-Christ et de la sainte Vierge. La substitution d'une cérémonie pieuse à la place d'un rile païen n'aurait rien que de louable, mais il ne faut pas la supposer sans preuve, sur de fausses allusions ; c'est autoriser les hérétiques et les incrédules à nous reprocher très-mal à propos des restes de paganisme.

CHANDKLIEU DU TEMPLE. Dans lei livres de l'Ancien Testament, il est fait mention de deux chandeliers, l'un réel, l'autre mystérieux. Moïse fit faire le premier, et le

plaça dans le tabernacle. Ce chandelier, avec son pied, était d'or battu, et pesait un talent. De sa lige parlaient sept branches courbées en demi-cercle, et terminées chacune par une lampe à bec. Le sanctuaire, l'autel des parfums, la table des pains de proposition n'élaient éclairés que par ces lampes que l'on allumait le soir et qu'où éteignait le malin.

Salomon fit faire dix chandeliers semblables à celui de Moïse, et les plaça de même dans le sanctuaire du temple, cinq au midi et cinq au septentrion. Les pincettes et les inoucheltes dont on se servait pour les chandeliers de Moïse cl de Salomon étaient d'or. A la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor, tous ces meubles précieux furent transportés dans l'Assyrie : il n'est pas certain que les chandeliers faits par Salomou aient été rendus aux Juifs, lorsque Cyrus leur fit restituer les vases du temple enlevés parles Assyriens, du moins il n'en est pas fait mention expresse (/ Esdr. i, 7 et suit.). On sait seulement qu'à la prise de Jérusalem par Tite, il y avait dans le temple un chandelier d'or qui fut emporté par les Romains, et placé, avec la table d'or des pains d'offrande, dans le temple de la Paix que Vespasien avait fait bâtir. On voit encore aujourd'hui, sur l'arc de triomphe de Vespasien, ce chondelier avec les autres dépouilles de la Judée et du temple. — Le chandelier de la vision du prophète Zacharie, c. iv, v. 2, était aussi à sept branches ; il n'était différent de ceux de Moïse et de Salomon, qu'en ce que l'huile tombait dans les lampes par sept canaux qui sortaient du fond d'une boule élevée à leur hauteur. Elle descendait dans cette boule de deux conques qui la recevaient dégouttante des feuilles de deux oliviers placés aux deux côtés du chandelier.

Quant aux chandeliers que l'on place sur les autels, l'origine en est aussi ancienne que celle des cierges que l'on allume pendant le service divin. Voy. Cierges. Il est parlé dans l'Apocalypse, c. i et il, de sept chandeliers d'or au milieu desquels saint Jean vil un personnage respectable sous un extérieur majestueux et terrible ; c'était Jésus-Christ lui-même. Nous aurons souvent occasion de remarquer que cette vision de saint Jean a fourni le premier modèle de la lilurgie et du culte divin. Voy. l'ancien Sacramentaire par Grandcolas, 1" pari., p. 52.

CHANOINE, CHANOINESSE. Du mol grec xavwv, rè^le, ou a fait canonicus, homme qui vil sous une règle ; el l'on a nommé kanoines, et ensuite chanoines, les ecclésiastiques attachés à une église cathédrale ou collégiale, qui, dans le dessein de mener une vie plus édifiante, observaient une lègle commune cl un régime très-approchant de celui des moines. On a donné le nom de chanoinesses à des filles ou femmes pieuses, qui, sans faire les vœux solennels de religion, se réduisaient à la même vie. L'expérience de tous les lerapa proine q\ic celle

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