ABR
Aim
ginaires. Lorsqu'un chrétien dit an Seigneur: vous êtes mon Dieu, il sait bien que Dieu est aussi le créateur, le père et le bienfaiteur des autres hommes.
Il semble d'abord qu'Abraham se rendit coupable de mensonge, en disant au roi d'Egypte et au roi de Gérare, que Sara était sa sœur, pendant qu'elle était son épouse. Ce soupçon n'a plus lieu lorsqu'on fait attention qu'en hébreu le même terme désigne une sœur et une proche parente, une nièce* ou une cousine; les Hébreux n'avaient pas, comme nous, des termes propres pour désigner les divers degrés de parenté. Voy.
Frère, Soeur.
Plusieurs interprètes ont pensé que Sara, épouse d'Abraham, était véritablement sa sœur, issue d'un même père, mais non d'une même mère; ce sentiment n'est pas probable. Dans le temps où vivait. Abraham, de pareils mariages étaient déjà censés incestueux; ils ne pouvaient plus être excusés par la nécessité, parce que le genre humain
plus complètes que les religions orientales; mais purement humaines, variables avec le temps, et perfectibles de siècle en s'ècle. Les amis de notre foi y ont vu pour l'Eglise la source d'un nouveau triomphe MM. Biambourg, Sionnet, Paravey, Bonnetty, n'ont point nié les analogies. Ils se sont efforcés de prouver que la Bible n'a pas été puiser dans les livres persans et indiens ; mais que ceux-ci ont puisé, soit dans la tradition, soit dans les livres de l'Ancien Testante t.
Nous avons à examiner un point de celle grande question. Abraham est-il le même personnage que le Brama des Indiens ei l'Ibrahim des Persans? — Ce qui pourrait nous porter à les confondre, c'esi d'abord la ressemblance des noms. C'est ensuite la vie de ces personnages. Ils fondent tous les trois un nouveau peuple, une nouvelle religion, une nouvelle législature (car 1rs traditions rabbiniques, une inscription chinoise qui remonte à près de 300 ans avant Jésus-Christ, représenient Abraham comme un législateur dont Moïse écrivit la loi.) Ces lois, dans beaucoup de points, ont une analogie frappante. Nous avouerons ingénument que nous n'avons pas assez de science pour discuter ces faits, et conséquemment pour porter un jugement. Nous dirons seulement .
1° Les dispersions du peuple juif remontent à une très-haute antiquité; elles précèdent probablement l'époque où furent écrits les livres sacrés des Perses, des Indiens et des Chinois. Car il est constant que les Juifs étaient en Chine 700 ans avant Jésus-Christ.
— 2° Les prophètes ei les sages Juifs avaient une connaissance extrêmement développée des mystères et de la docirine que Jésus-Chri>t devait nous révéler comp'étement. Ils ne se contentaient pas de réserver pour eux-mêmes ces grandes vérités : il les communiquaient aussi aux sages du paganisme, comme \m& foule de monuments en fournissent la preuve. (Voy. les Annale$ de philosophie chrétienne.)
— 5° L'assertion des auteurs qui prétendent confondre Abraham avec le Brama des Indiens , n'étant appuyé sur aucun fondement solide et positif, ne peut détruire la croyance ancienne et universelle d'un fait environné de loutes les preuves que peut exiger la plus sévère critique, de l'existence d'Abraham comme père du peuple de Dieu.
Ces trois observations nous paraissent rendre suffisamment raison , 1° des rapports de ressemblance qui existent cuire Abraham , le Brama des Indiens et l'Ibrahim des Perses ; 2° de l'existence certaine et positive du père des croyants.
D.CT. de Théol. dogmatique. L
était déjà suffisamment multiplié. D'ailleurs, la conduite à" Abraham, qui, pour cacher sou mariage avec Sara, l'appelle sa sœur, semble prouver que les peuples au milieu desquels il vivait ne croyaient pas qu'un frère pût épouser sa sœur. Ainsi nous pensons que Sara n'était que la nièce d'Abraham ; il a pu dire néanmoins qu'elle était fille de son père, puisqu'elle en était la petite-fille. Il y a sur celte question une dissertation dans les Mémoires de Trévoux, an 1710, juin, pag. 1053.
Barbeyrac soutient que le discours d\4braham était du moins une équivoque équivalente à un mensonge, puisque ce patriarche en faisait usage afin de tromper les Egyptiens et de leur cacher que Sara état son épouse. A cela nous répondons que taire la vérité à des gens qui n'ont aucun droit de la demander, n'est point un mensonge, lorsqu'on ne leur dit rien de faux; autrement il ne serait jamais permis de se débarrasser des questions d'une insdiscrète curiosité. Il est fort étonnant que Barbeyrac» qui d'ailleurs est d'une morale si relâchée touchant le mensonge officieux, soit si sévère censeur de la conduite d'Abraham et de celle des Pères qui ont voulu disculper ce patriarche.
Mais n'était-ce pas exposer la pudicité de Sara que de dire, en pays étranger, qu'elle était sa nièce ou sa parente, au lieu d'avouer que c'était son épouse? Abraham du moins ne le pensait pas ainsi; il craignait que, s'il déclarait son mariage, les Egyptiens ne fussent tentés de se défaire de lui pour enlever Sara ; au lieu qu'en disant qu'elle était sa parente, il espérait de trouver un moyen d'écarter leur recherche. S il se trompait, son erreur n'était pas un crime. Dieu eut égard à l'intention des deux époux; il ne permit point que le roi d'Egypte ni celui de Gérare attentassent à la pudicité de Sara. Les critiques téméraires qui ont osé affirmer qu'Abraham avait prostitué son épouse, afin d'être mieux traité, l'ont calomnié par pure malignité.
Saint Jean Chrysostome semble louer Sara d'avoir exposé volontairement sa chasteté, afin de conserver la vie à son mari , et trouver bon que celui-ci y ait consenti. Il suppose que tous deux ont agi avec l'intention la plus pure, et dans la confitnee que le Seigneur, dont ils avaient éprouvé si souvent la proieclion, les secourrait dans une circonstance aussi périlleuse; il n'y a donc pas lieu à la censure amère que Barbeyrac a lancée contre ce Père.
Sara, stérile et avancée en âge, engage son époux à prendre Agar, sa servante, afin d'en avoir des enfants: alors ce ne fut pas un crime. Dans l'état des familles encore isolées et nomades, la polygamie n'était pis défendue par le droit naturel. Les Pères de. l'Eglise ne se sont point trompés lorsqu'ils ont soutenu qu'Abraham n'avait point péché en cela contre la loi naturelle; à plus forte raison contre la loi positive, qui n'exisiail pas encore. Nous ne voyons pas sur quoi se
AliR