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sont fondés plusieurs critiques modernes pour décider qu'Agar n'é'ait point femme légitime d'Abraham; nous prouverons le conirairc au mot Polygamie.
Vainement Bat beyrac fait remarquer qu'.lbraham, par cette conduite, semblait se délier des promesses que Dieu lui avait failcs d'une postérité nombreuse. Ce reproche est injuste. Dieu, en faisant ces promesses, Gen. xn et xv, n'avait pas dit que celte postérité naîtrait de Sara, et non d'une autre femme ; Dieu ne s'expliqua sur ce point que treize ans après la naissance d'Jsmaël. Gènes, xvn, 16 et 25.
Cet enfant était né d'Agar lorsque Sua devint féconde et mit au monde Isaac; bientôt la désobéissance d'Agar et le caractère féroce dlsmaél firent craindre à Sara pour les jours de son fils Isaac. Elle exigea que la mère et l'enfant fussent éloignés de la tente paternelle, et Abraham y consentit. Ce procédé a paru dur et injuste à ceux qui n'ont pas examiné les circonstances et pesé la valeur des termes. Il est dit qu'Abraham donna dit pain et de Veau à ces deux bannis. Gen. xxi, H, Or, dans le style de l'Ecriture, le pain signifie la nourriture, la subsistance, les choses nécessaires à la vie. Dans notre langue même, lorsqu'un homme sans fortune dit à son protecteur : Donnezmoi du pain, il entend, procurez-moi une subsistance honnête. D'ailleurs, dans celte circonstance, Abraham obéissait à l'ordre de Dieu, beaucoup plus qu'au désir de Sara, et Dieu lui avait promis de proléger Agar et son fils. Gen. xxi, 12 et 13. Aussi ne voyons-nous aucune inimitié entre lsmaël et Isaac, soit pendant li vie, soit après la mort A' Abraham, ni aucune division entre leurs descendants.
Pour juger sensément de la conduite des patriarches, il faul se placer dans les mêmes circonstances, se metlre au ton des mœurs et des usages qui régnaient dans les premiers âges du inonde.
Isaac était âgé de près de vingt-cinq ans, lorsque Dieu, pour éprouver Abraham, lui ordonna de l'immoler en sacrifice. H semide d'abord que cet ordre soit indigne de Dieu: mais le souverain maître de la vie et de la mort peut abrég r ou prolonger nos jours comme il lui plaît; si, par un accident ou par une maladie, il avait tranché ceux d'Isaac, Abraham aurait-il été en droit de murmurer ? A la vérité, un sacrifice du sang humain aurait été un très-mauvais exemple; aussi Dieu ne permit point qu'il fût accompli; il se contenta de la disposition dans laquelle était Abraham d'obéir, et redoubla ses bienfaits envers ce patriarche.
On dira que Dieu, qui connaît le fond des cœurs, qui prévoit nos sentiments futurs avec autant de certitude qu'il voit nos dispositions présentes, n'avait pas besoin de mettre Abraham à l'épreuve. Cela est vrai; mais Abraham avait besoin d'être éprouvé, et le genre humain avait besoin de cet exemple pour concevoir que Dieu est en droit tt'ei uude nous, quand il lui plaît, des .sa-
crifices héroïques, parce qn'i! es! assez finissant pour les récompenser (1).
C'est donc avec raison que les écrivains sacrés ont fait l'éloge de la foi cl du courage d'Abraham, et le proposent pour modèle; il crut, dit saint Paul, que Dieu, qui a le pouvoir de ressusciter les morts, ferait plutôt un miracle que de manquer à ses promesses. Jleb. xi, 19.
Lorsque Dieu dit à Abraham: Toutes les nations de la terre seront bénies dans votre race, Gen. xxii, xxvi, xxvm, nous soutenons, après saint Paul, Galat., ni, 16, avec les Pères de l'Eglise, que race désigne un seul descendant d' Abraham, qui est Jésus- Christ, comme dans la prédiction faite au serpent, Gen. m, 15 : La race de la femme l'écrasera la tête.
Mais en quoi consiste cette bénédiction ? S'il n'était question que de bienfaits temporels et d'une protection particulière de Dieu à l'égard des descendants d'Abraham, en quel sens cette bénédiction pourrait-elle s'étendre à toutes les nations de la terre? La prospérité des Juifs ne pouvait influer en rien sur celle des autres peuples. Il est donc évident que Dieu promet, dans cet endroit et ailleurs, par les mêmes paroles, les grâces de salul ou les bénédictions spirituelles qu'il voulait répandre par le Messie sur tous les hommes qui croiraient en lui, et qui deviendraient ainsi les enfants d'.lbraham, en imitant si foi. Saint Paul, qui les explique ainsi, Galat. m et iv, n'en a pas seulement donné le sens mystique et allégorique, comme certains criliques le prétendent, mais le sens littéral et naturel. Ainsi les Juifs, qui prennent ces promesses dans un sens grossier et qui les restreignent à leur nation seule, sont dans l'erreur.
ABRAHAMIENS. Voyez Sa\:osatiens.
ABKAHAMITES, moines catholiques, qui souffrirent le martyre pour le culte des ima-
(1) Los incrédules tournent en dérision la promesse que Dieu (il à Abraham. Voici comment Bullel leur répond : « Dieu dit à Abraham, Gen. xui, 15 : Je donnerai à vous ei à votre postérité tout ce payi que vous voyez. — La prome>se (pie Dieu fait ici à Atiraliam de lui donner personnellement l.i terre de Chanaan a été sans effet, disent les incié. Iules, puisque ce patriarche n'y pos^éda jamais en propre qu'un champ et une caverne qu'il avait achetés quatre cents sicles. — Les interprètes répondent que la particule et signifie en cet endroit c'est-à-dire ; de sorte que le sens de ce \crset est «pie Dieu promet la terre de Chanaan à Abraham; c'est- à dire à sa postérité, (/explication est bonne, mais on est fâché de voir que les commentateurs ne t'appuient d'aucune preuve ; imus allons suppléer à ceite omission.
« Parmi plusieurs significations que renferme la particule vau, qui est rendue, dans le passage que nous examinons, par et, celle de c'est-à-dire en français, id est en latin, en est une : c'est ce que nous allons démontrer par divers exemples. Gen. u, 3. Dieu béilit le sep iéine jour, v\u, c'est-à-dire, le sancliRa. — Exod. iv, 12. Je serai dans votre bouche, vAu, c'vsi-à dire , je vous apprendrai ce que vous aurez à dire. Ibid. vu, 11, Pharaon lit venir ItM sages, vau, c'est-à-dire, les magiciens. Nomb. ixxj, 0. MoibC les envoya à la guerre, leur conOàul les
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gos sous Théophile, au neuvième siècle. Voy. Iconoclastes.
* Abrahamites. La socle des Hussites conserva pendant longtemps des sectateurs dans la Bohème. Elle finit enfin par se fondre en une secte nouvelle qui réunit des juifs, des protestants, et sans doute plusieurs catholiques qui se laissèrent entraîner dans l'erreur. Elle établit son siège à Par-du Bilz, en Bohême. Joseph 11, par son édit de toléranve, la contraignit à s'incorporer dans le sein de l'une des religions reconnues par l'Etat. La plupart des sectateurs de la nouvelle religion refusèrent do souscrire à Tordre de l'empereur et furent exilés. Un bon nombre demandèrent grâce el rentrèrent dans le sein de la religion de l'empire. Ils y conservèrent sans dou'e leur' loi cl leur morale qu'ils prétendaient être celles d'Adam el d'Abraham. C'est pour cela qu'ils étaient nommés Abrahamiles et Adamiles.
Leur croyance se réduisait à un petit nombre de dogmes. L'existence de Dieu, l'imrnortali é de l'aine, les peines et les récompenses de la vie future constituaient à peu près tout leur symbole. Ils n'admettaient de toute l'Ecriture que l'Orai on Dominicale et le Décalogue, parce qu'ils les regardaient comme fondé- sur la raison. Jésus-Christ n'était à leurs yeux qu'un philosophe un peu plus sage que les autres. Abraham fut un grand docteur; il eut cependant une faiblesse, ce fut celle de se laisser circoncire. Ils le prirent pour m aire, mais dans la partie de la vie qui précéda cette humiliante cérémonie.
La morale des Abrahamites était abominable. Ils regardaient comme une horrible tyrannie les lois de décence, de retenue el de chasteté reconnues par luus les peuples. Aussi vivaienl-ils dans une espèce rie promiscuité où les femmes étaient communes. La famille étant déiruite , les enfants étaient élevés comme des êtres qui appartenaient à la communauté, niais qui ne devaient reconnaître ni père ni mère.
ABSOLU, adject. ABSOLUMENT, adv.
Absolu se dit, 1° par opposition à ce qui est relatif. Nous soutenons qu'il n'y a dans le monde aucun mal absolu, mais seulement des maux relatifs ; la condition des créatures n'est bonne ou mauvaise, un bien ou un mal, que par comparaison. Le bien absolu, c'est l'inOni ; le mal absolu, est le néant: entre ces deux extrêmes, il y a une inGnité de degrés ou de manières d'être qui sont censés un mal en comparaison d'un plus grand bien, et un bien si on les compare à un état plus mauvais. L'oubli de ces notions a rendu plus obscure la question de l'origine du mal. V. Bïen et Mal.
Dans le même sens, certaines propositions, énoncées en termes absolus, ne sont vraies que par comparaison ou dans un sens relatif. Quand on dit que Dieu abandonne les pécheurs, cela n'est pas absolument vrai, puisqu'il n'en est aucun à qui Dieu ne donne des grâces; mais il ne leur en accorde pas autant qu'aux justes. Voyez Gkace , § à. Saint Paul répèle ce que Dieu a dit par un prophète : J'ai aimé Jacob, et j'ai haï Esa'ù. Cependant Dieu n'a pas cessé absolument de
instruments sacrés, vau, c est-à-dire, les trompettes d'un son éclatant. — Juges, vin, 27. Cet é|>hod devint un piège qui causa la ruine de Cétléon, vau, c'est à dire, de sa maison. — Il [lois, si, 11. Je jure par votre vie, vau, c'est-à-dire, par votre conservation, i Bulle», liép. cril., loin. 1, pag. 151, édit. de Besançon, 182G.
répandre des bienfaits sur Esaiiot sa postérité; mais il ne les a pas traités aussi favorablement que Jacob et ses descendants.
L'auteur du livre de la Sagesse dit à Dieu : Vous ne baissez, Seigneur, rien de ce qu<s vous avez fait. Celte proposition est absolument vraie; la précédente n'est vraie que par comparaison.
II faut distinguer encore les arguments o&« solus d'avec les arguments relatifs personnels, que l'on nomme arguments ad hominem : ceux-ci ne sont solides que relativement aux opinions et aux principes de l'adversaire contre lequel on dispute; ils ne prouvent rien contre ceux qui ont des principes ou des opinions contraires.
2° Absolu se dit par opposition à ce qui est conditionnel; ainsi l'on distingue en Dieu la volonté absolue, par laquelle il opère immédiatement par lui-même tout ce qu'il lui plaît, et la volonté conditionnelle, par laquelle il nous laisse la liberté de résister. Dieu veut notre salut, non absolument, mais sous condition que nous le voudrons nousmêmes, et que nous obéirons à ses grâces.
3° L'on distingue l'impossibilité absolue ou métaphysique, d'avec V impossibilité morale, qui signifie seulemeut une très-grande difficulté.
k° Absolu, se prend dans un sens opposé à déclaratif. Dans ce sens les catholiques soutiennent que le prêtre a le pouvoir de remettre les péchés absolument ; les prolestants, au contraire, prétendent qu'il peut seulement déclarer que Dieu a remis les péchés.
5° On nomme le jeudi de la semaine sainte le jeudi absolu, parce que dans plusieurs églises on fait l'absoute avant la cérémonie de la cène; c'est un reste de l'ancienne discipline ou de l'usage de réconcilier ce jour-là les pénitents publics, avant de les admettre à la communion.
* Absolu ( terme de philosophie religieuse moderne). Le talent de la philosophie moderne a été de cacher la nullité de ses idées sous l'un de ces grands mots ininlelligib es à la pensée de la multitude, mais qui pour cela n'en sont que plus dangereux. On prononce le mot sans savoir ce que c'est, el ensuite on se croit en droit de rejeter les idées communément reçues. Du nombre de ces mots malheureux, enfantés par une philosophie incrédule , est le terme absolu.
Les panthéistes et les autres rationalistes modernes désignent par le nom vague d'absolu un être : 1° existant indépendamment de toute hypothèse; 2" ayant seul l'existence par lui-même et sans cause; 3° possédant une indépendance absolue de tout ce qui existe; 4° enfin renfermant en lui toutes les réalités el les perfections-. Un voit que la philosophie allemande a voulu voiler le nom de Dieu sous le terme vague d'absolu. On choquait beaucoup moins les oreilles en introduisant sous ce nom des doctrines subversives de toute religion. Scheliing déduit ainsi les conséquences de ce système de philosophie : « Depuis Descaries, la raison pure, avec ses principes a priori, a été l'unique agent de la science philosophique. Or, la raison pure ne nous révèle que l'être en général, l'être indéterminé, el partant impersonnel Donc avec la raison pure toute seule,
ci abstraction faite de nos autres moyens de connaître, on ne trouvera, si l'on est conséquent, qu'un Dieu impersonnel, un monde éternel cl nécessaire,