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doctrine de Jésus-Christ d'avec les opinions douteuses ou fausses. Mais ce n'est pas ici le seul cas dans lequel nos adversaires, en voulant décrédilcr la tradition, nous en démontrent la nécessité.
Chrétiens de Saint-Jean. Voy. Mandaïtes.
Chrétiens de Saint-Teomas. Voy. Nestoriens. § 4.
CHRÉTIENTÉ, signifiait autrefois le clergé; on appelait couv de chrétienté, une juridiction ecclésiastique et le lieu où elle se tenait. Il y a encore des diocèses où les doyens ruraux se nomment doyens de chrétienté.
Aujourd'hui l'on entend par chrétienté la collection générale de tous les hommes qui professent la religion de Jésus-Christ, sans avoir égard aux diverses opinions qui les partagent en différentes sectes. Ainsi , la chrétienté n'est pas renfermée dans la seule Eglise catholique, puisqu'il y a hors de cette Eglise des hommes et «les sociétés qui portent le nom de chrétien, et font profession de croire en Jésus-Christ. — Mais dans les premiers siècles de l'Eglise on n'accordait pas le litre de chrétien aux hérétiques. Terluliien, saint Jérôme, saint Alhanas» , Lactance, deux édils, l'un de Constantin, l'autre de Théodose, le concile général de Sardique, décident que les hérétiques ne sont pas chrétiens (Bingham, Orig. ecclés., liv. i, c. 3, § k, t. I, p. 333). Ainsi, le mot chrétienté a aujourd'hui un sens plus général qu'autrefois.
De tout temps les ennemis du christianisme lui ont fait un crime de celle multitude de sectes qui le divisent; ils en prennent occasion de soutenir que cette religion est une pomme de discorde qui semble avoir été jetée parmi les hommes, pour les mettre aux prises et les animer les uns contre les autres. — Mais il ce faut pas attribuer à la religion en général un vice de l'homme qu'elle devrait corriger, ni à une religion particulière,' l'inconvénient qui se trouve dans toutes les religions, dans les écoles de philosophie, chez les incrédules comme parmi les croyants. Or, il n'est sur la terre aucune religion qui ait eu le pouvoir de prévenir les disputes et les schismes, aucun système qui ait réuni tous les philosophes, ni aucun système d'incrédulité qui ail pu accorder tous les incrédules. Les uns sont déistes, les autres sont athées; ceux-ci matérialistes, ceux-là sceptiques ou pyrrhoniens; les uns tolérants, les antres intolérants, etc. — Une doctrine révélée, contraire aux préjugés et aux penchants de la nature, destinée à subjuguer l'esprit et à réformer ic cœur, ne peut manquer de mettre la division parmi les hommes naturellement curieux, vains, dispuleurs, opiniâtres. Chacun , par vanité , se flatte de l'entendre mieux qu'un autre, veut avoir raison, faire adopter ses opinions, gagner des partisans; souvent il y réussit, devient chef de secte, et veut faire bande à part. Celte maladie avait commencé dans les écoles de philosophie; elle fut portée dans la christianisme par des raisonneurs indociles
et mal convertis. Ils voulurent allier la doctrine de Jésus-Christ avec leurs opinions philosophiques; au lieu de réformer celles-ci par les lumières de la révélation, ils firent éclore les différentes hérésies qui ont affligé l'Eglise presque dès sa naissance. Jésus- Christ l'avait prédit, les apôtres nous ont prémunis contre ce scandale. Ce n'est pas aux successeurs de ceux qui l'ont fait naître, qu'il convient de nous l'objecter; eux-mêmes les perpétuent et travaillent à rendre le mal incurable. D'où sont venues les hérésies, sinon d'un fond d'incrédulité?
On sait en quoi consiste le christianisme ou la prédication des apôtres; ils ont dit : Jésus-Christ, Fils de Dieu, a enseigné telle doctrine, et nous a ordonné de prêcher telles vérités. Us oui dit aux pasteurs qu'ils ont établis : Gardez fidèlement la doctrine que nous vous avons confiée, et enseignez-la aux autres (// Tim. n, 2). Ici la philosophie, la curiosité, la fureur de dogmatiser, n'ont rien à voir. Ou il faut croire les apôtres et leurs successeurs, ou l'on n'est pas chrétien. Si quelqu'un veut arranger sa foi, créer un système, choisir des opinions à son gré, il ne croit pas à la parole de Dieu, mais à ses propres lumières ; il est hérétique et non fidèle.— Pourquoi cette méthode a-t-clle donné lieu à des disputes? Parce que l'on s'est révolté contre elle. L'un dit : Je ne veux croire que ce qui est écrit, et je veux l'entendre comme il me plaira. Et moi, dit un autre, je ne veux croire que ce que je conçois ; Dieu lui-même n'a pas droit de me faire croire ce que je ne comprends pas. Moi, dit un troisième, je ne veux rien croire de tout ce que les autres croient, je veux avoir un système à moi. Avec de telles dispositions, est-on chrétien ou incrédule ? 11 est aussi absurde d'attribuer au christianisme celle opiniâtreté, que d'attribuer à la raison les travers des faux raisonneurs. Voy. Dispute, Hérésie.
CHRIST. Ce nom, dérivé du grec zpîuv, oindre, faire une onction, signifie dans l'origine une personne consacrée par une onction sainte ; c'est le synonyme de l'hébreu Messie.
De tout temps les Orientaux ont fait grand usage des parfums, et ils étaient nécessaires lorsque l'usage du linge était inconnu ; c'était le seul moyen de prévenir les mauvaises odeurs. Au sortir du bain, l'on ne manquait pas de se frotter le corps d'une huile ou d'une essence parfumée; en répandre sur la tète, sur la barbe, sur les vêtements de quelqu'un , c'était lui faire honneur, le traiter comme une personne de distinction. De là les effusions d'huiles odoriférantes devinrent un symbole de consécration ; ainsi furent sacrés les ros, les prêtres, les prophètes. Dans le style des écrivains de l'Ancien Testament, oindre une personne pour quelque chose, c'est l'y destiner ou l'y consacrer. — Nous lisons dans le prophète Isaïe, xlv, 1 : Le Seigneur a dit à Cyrus : Mon christ ou mon roi, je votis ai pris par la main pour vous soumettre lus nations et les rois.... cl vous ne
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m'avez pn$ connu. Quelques incrédules ont été étonnés de voir le nom de christ donné à un roi infidèle ; ils ne comprenaient pas le sons ordinaire de ce terme. — Dans un sens plus sublime, le nom de Christ ou de Messie a été donné au Fils de Dieu incarné, parce qu'il a réuni dans sa personne la dignité de roi, de prêtre et de prophète. Les écrivains romains qui en ignoraient la signification, et qui le prenaient pour un nom propre, ont quelquefois écrit Chrestus pour Chris tua. « Christ, dit Laclance, n'est pas un nom propre, mais un titre qui désigne la puissance et la royauté : c'est ainsi que les Juifs appelaient leurs rois 11 leur était ordonné de
faire et de consacrer un parfum pour oindre ceux qui étaient élevés au sacerdoce ou à la dignité royale. De même que chez les Roniains une robe de pourpre est l'ornement et la marque de la souveraineté, ainsi chez les Juifs une onction sainte était le symbole de la royauté. C'est pour cela que nous appelons Christ celui qu'ils nommaient Messie, c'esl-a-dire oint, ou sacré roi, parce que cet auguste personnage possède, non un royaume temporel, mais un royaume céleste et éternel. » [Divin. Inst., I. iv, c. 7.)
CHRISTIANISME, religion que Jésus- Christ a établie, qui le reconnaît et l'adore comme Fils de Dieu et Rédempteur des hommes. 11 y a bientôt dix-huit cents ans qu'elle a commencé, et son établissement a opéré une grande révolution dans la meilleure partie de l'univers. On demande aujourd'hui si celte religion est l'ouvrage de Dieu, ou une invention des hommes, si elle a fait dans le monde plus de bien que de mal ; ce doute ne peut êlre élevé que par des hommes très-mal instruits, ou déterminés à s'aveugler euxmêmes.
La première question est de savoir quelles sont ses preuves, ou quels sont les motifs de crédibilité qui doivent engager un hommo sensé à s'y attacher ; ceux qui l'attaquent les ignorent ou affectent de les méconnaître ; nous ne pouvons faire que les indiquer sommairement ; pour les développer, il faudrait plusieurs volumes; mais ils seront traités plus au long, sous chacun des articles auxquels nous sommes obligé de renvoyer le lecteur, et qui seront ici marqués en lettres italiques. A proprement parler, tous les articles de ce Dictionnaire tiennent à celui-ci de près ou de loin.
Nous donnons pour première preuve de la divinité du christianisme, la liaison qui se trouve entre les trois époques de la révélation (1). Celle que Dieu avait donnée aux
(i) La révolution arrivée dans le monde par le christianisme est le dernier irait d'un plan suivi, constant, uniforme de la Providence. De même que la religion donnée aux patriarches était proportion» noe a l'état d'enfance dans lequel était alors le genre huma n, celle que Dieu avait prescrite par Moïse était évidemment relative à l'état de séparation et de guerre mutuelle dans lequel les nations déjà formées vivaient entre elles. Le christianisme, au contraire, ses t trouvé exactement analogue à l'état de société cl de commerce auquel les peuples étaient
premiers hommes dès le commencement du monde était destinée à fonder la société naturelle et domestique ; elle convenait à des familles naissantes, et qui ne pouvaient encore former des peuplades considérables. La seconde, de laquelle Moïse fut l'organe, tendait évidemment à établir entre les descendants d'Abraham une société nationale, à fonder sur la même base la religion et les lois : législation remarquable que Dieu plaça exprès dans le centre de l'univers connu, et qui aurait dû servir de modèle à tous les peuples. La troisième révélation a été donnée par Jésus-Christ, lorsque les nations se sont trouvées suffisamment policées pour former entre elles une sociéié religieuse universelle, et tel a été son dessein, lorsqu'il a ordonné à ses apôtres d'enseigner toutes les nations. L'une de ces révélations a servi ainsi de préparation à l'autre, toutes ont été analogues à l'état dans lequel se trouvait le genre humain. Dieu a fait marcher l'ouvrage de la grâce du même pas que celui de la nature. — Voilà ce que les ennemis du christianisme n'ont jamais compris ; ils le considèrent comme s'il était tombé des nues, comme s'il n'avait ni titres originaux, ni relation avec personne ; ils ne voient pas que c'est un plan préparé depuis la création du monde. — 2" La seconde preuve sont les prophéties qui l'ont annoncé. C'est encore une chaîne qui a commencé par Adam, a continué pendant quarante siècles, et s'est terminée à Jésus-Christ. La clarté de ces prophéties va toujours en augmentant, à mesure que les événements approchent, et leur sens se développe enfin par leur accomplissement. L'une n'a pas pu servir de modèle à l'autre, toutes annoncent des événements que Dieu seul pouvait opérer. Ici les incrédules prennent encore le change ou veulent le donner. Ils ne considèrent les prophéties que séparément ; ils affectent de ne pas voir que c'est l'ensemble qui en fait la plus grande force. — 3° Une preuve encore plus frappante est le caractère auguste de Jésus-Christ, la
parvenus, lorsque Jésus-Christ a paru sur la terre. Dieu avait instruit les patriarches immédiatement
par lui-même : il s'était fait connaître aux Hébreux et aux nations voisines par des prodiges qui inspiraient la teneur : par le ministère l"e son Fils unique, il n'a répandu que des bienfaits. L'objet des miracles du Sauveur était d'éclairer les esprits en gagnant les cœurs. Sa doctrine, sa morale, ses promesses toutes spirituelles, auraient l'ail peu d'impression sur les hommes encore à demi sauvages; elles pouvaient en faire davantage sur «tes peuples civilisés et devenus plus dociles par la culture des sciences et des ans.
Pour prouver que notre religion est l'ouvrage du hasard ou de quelques hommes adroits, il faut commencer par démontrer que, depuis la création, la Providence divine n'est iniervenue pour rien dans rétablissement et le maintien de la vraie religion. Lorsque la philosophie envisage le christianisme comme un édifice isolé qui ne lient à rien , comme un accès de démence qui a saisi loin à coup une grande partie du fleure humain, elle mo lire que ses
vues sont li ès-bornées, qu'elle ne connaît seulement pas le système qu'elle ose attaquer. fUergier, Traité kiti. ci Uo<jm., |, VIII, cd.l. de 1820.)
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sagesse de ses leçons, la sublimité de sa doctrine, la saintetéde sa morale, l'héroïsme do ses vertus, l'éclat de ses miracles. Où est le législateur, le fondateur de religion, qui ait réuni dans sa personne autant de signes d'une mission divine? Lui seul s'est attribué la qualité de Fils de Dieu, mais aussi il n'a manqué d'aucun des caractères qui pouvaient convenir à un Dieu fait homme (1). — 4° La prédication dos apôtres et les circonstances
(1) i L'Evangile, dil Rousseau, ce divin livre, le seul nécessaire à un chrétien, et le plus utile de tous à quiconque ne le sérail pas, n'a besoin que délie médité, pour porier dans fàme l'amour de sou auteur, et la volonté d'accomplir ses préceptes. Jamais la vertu n'a parlé un si doux langage, jamais la plus profonde sagesse ne s'est exprimée avec autant d'énergie et de simplicité. On n'en quitte point la lecture sans se sentir meilleur qu'auparavant.
t Voyez les livres des philosophes avec toute leur pompe: qu'ils sont peiits aupiès de celui-là! Se peut-il qu'un livre, à la fois si sublime et si sage, sot l'ouvrage des hommes ? Se peut-il que celui dont il fait l'histoire ne soit qu'un homme lui-même? Est-ce là le ton d'un enthousiaste ou d'un ambitieux sectaire? Quelle douceur, quelle pureté dans ses moeurs! quelle grâce louchante d.ms ses instructions ! quelle élévation dans ses maximes! quelle profonde sugesse dans ses discours! quelle présence d'esprit, quelle finesse et quelle justesse dans ses réponses! quel empire sur ses pas ions! Où est l'homme, où est le sage qui sait agir, souffrir et mourir sans faiblesse et sans ostentation? Quand Platon peint son juste imaginaire, couvert de tout l'opprobre du crime, et digue de ions les prix de la vertu, il peint trait pour trait Jésus-Christ : la ressemblance est si frappante, que tous les Pères l'ont sentie, et qu'il n'est pas possible de s'y tromper.
i Quels préjugés, quel aveuglement ne faut-il point avoir, pour oser comparer le lils de Sophronisque au (ils de Marie! Quelle distance de l'un à l'autre !Socral<-, mourant sans douleur, sans ignominie, soutient aisément jusqu'au bout son personnage; et si cette facile mort n'eût honoré sa vie, on douterait si Soerate, avec tout son esprit, fut autre chose qu'un sophiste. 11 inventa, dit-on, la mora'e. D'autres avant lai l'avaient mise en pratique; il ne lit que dire ce qu'ils avaient fait ; il ne fil que mettre en leçons leurs exemples. Aristide avait clé juste avant que Socrale eût dit ce que c'était que la justice; Léonidas éiail mon pour son pays avant que Sociale eût fait un devoir d'aimer la patrie ; Spane éiait sobre avant que Socrale eùi loué la sobriété; avant qu'il eût loué la vertu, la Grèce abondait en hommes vertueux : mais où Jésus avait-il pris chez les siens cette morale élevée et pure, dont lui seul a donné les leçons et l'exemple? Du sein du plus furieux fanatisme, la plus haute sagesse se fit eniendre, et la simplicité des plus héroïques vertus honora le plus vil de tous les peuples. La mort de Soeraie philosophant tranquillement avec ses amis es; la plus douce qu'on puisse désirer ; celle de Jésus expirant dans les tourments, injurié, radié, maudil de loui un peuple, est la plus horrible qu'on puisse craindre. Socrale, prenant la coupe empoisonnée, bénit celui qui la lui présente el qui pleure : Jésus, au milieu d'un supplice aiïreux, prie pour ses bouireaux acharnés. Oui, si la vie el la mort de Socrale sont d'un sage, la vie el la mort de Jésus sont d'un Dieu.
< Dirons-nous que l'histoire de l'Evangile est inventée à plaisir? Ce n'est pas ainsi qu'on invente; el les laits de Soerate, dont personne ne doute, sont moins attestés que ceux de Jésus-Chrisl. Au fond , c'est reculer la difficulté Sans la détruire. Il serait
dont elle a été accompagnée, leurs qualités personnelles, la certitude de leur témoignage, les obstacles qu'ils avaient à vaincre, la continuité de leurs succès, la mort qu'ils ont su» bie pour sceller la vérité des faits qu'ils aunouçaienl, la manière dont le christianisme a été aitaqué, et la manière dont il a été défendu, les révolutions arrivées dans la suite des siècles, qui semblaient devoir l'anéantir, el qui, dans le fait, ont contribué à sa propagation. Nos anciens apologistes, Origène, saint Justin, Tcrtullicn, Lactance, avaient déjà fait valoir celte preuve ; elle est devenue bien plus forte par la succession des temps (1). — 5° Le témoignage rendu par les
plus inconcevable que plusieurs hommes d'accord eussent fabriqué ce livre, qu'il ne l'est qu'un seul en ait fourni le sujet. Jamais des auteurs juifs n'eussent trouvé ni ce ton ni cette morale; et l'Evangile a des caractères de vérité si frappants, si parfaitement inimitables, que l'inventeur en serait plus étonnant que le héros. » [Esprit, Maximes de J .-J. Rousseau.)
(I) « Eitre les divers événements qui appartiennent à l'ordre moral, comme dans les phénomènes de l'ordre physique, il existe des i apports d'après lesquels nous pouvons souvent, ou remonter de l'effet à la cause, ou descendre de la cause à l'effet. Si les miracles de l'Evangile sont réels, il esl impossible qu'ils n'aient pas eu des suiies considérables dans le inonde : et réciproquement, si peu d'années api es la mort de sou fondateur, je vois le christianisme s'établir partout où il esl annoncé, je ne puis m'empècher de regarder ses progrès comme la conséquence naturelle des miracles de l'Evangile.
« Commençons par établir les laits qui doivent senir de base au raisonnement. Reprenons le livre des Actes el les Epitres du Nouveau Testament, où se trouve l'histoire contemporaine de la naissance du christianisme. Il ne s'était pas encore écoulé deux mois depuis la mon de Jésus, lorsque tout à coup les apôtres se montrent et enseignent publiquement au milieu de Jérusalem. De là leur doctrine se répand dans toute la Judée et dans les provinces circonvoisines. bientôt après, elle pénètre dans la Grèce, dans l'Italie, et jusque dans l'Espagne. Ils fondent des Eglises à Corinlhe, à Philippes, à Tnessalonique, à Ephèse, à Aulioche, à Rome, dans l'île dû Crète, dans le Pont, dans la Cappadoce, la Galatie, la Bilhynie, etc. Nous avons la preuve de ces faits dans l'histoire originale du livre des Actes, écrite par un témoin oauia.re, et dans les Epitres que les apôtres adressaient aux fidèles de toutes ces contrées. Avant la fin du premier siècle, l'Apocalypse de saint Jean nous montre des Eglises régulières, gouvernées par des évè jues dans les principales villes de l'Asie Mineure. — Vers le milieu du ue siècle, saint Justin, dans son dialogue avec le juif Tryphon, avance comme un fait généralement connu, qu'il n'est point de nation, soit policée, soit barbare, où l'on n'adresse des prières et des actions de grâces à Dieu créateur, au nom de Jésus crucifié. Quelques années après, saint Innée, évèque de Lyon, voulant prouver que la foi catholique était la même dans tout l'univers el jusqu'aux extrémi es de la terre, nomme les Eglises des Gaules, de la Germanie, de l'Ibérie, de l'Orient, de l'Egypte el de la Libye. — Terlullien, qui vivait ad commencement du lit* siècle, entreprend de prouver contre les Juifs, par rémunération des peuples qui croyaient à l'Evangile, que Te royaume de Jesus-Chrisi était plus étendu que les empires de Nabuchodonosor, d'Alexandre el des Romains. Nous ne sommes que d'hier, dit-il encore dans son Apologétique, ei nous remplissons vos villes, vos lits.
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martyrs aux fails sur lesquels le christianisme esi fondé, et à la sainielé de celte reli-
vos forteresses, vos colonies, vos camps, vos tribus, \<is décuries, le palais, le séual, les assimilées. Nous ne vous avons laissé que vos temples. — Saiut Allianase, dans une éptire svnodique, nomme les Eglises d'Espagne, de la Grande lire agiie, des Gaules, de l'Italie, de :a Dalmatie, de la Mysie, de la Macédoine, de la Gièce, de l'Afrique, de la Sardaigne, clc. Enfin tous les conciles qui oui précédé le concile de Nicée sont des monuments irrécusables des vastes conquêtes que la loi chrétienne avait faites avait) le rè^iie ci la conversion de Constantin.
i L'histoire prof. ne est d'accord avec l'iiistoire ccclésia -tique, facile nous apprend que, sous le règne de Néron, trente ans après la mon de Jésus-Christ, i. y avait a ftoine une grande multitude de chrétiens. Dans le même temps, Séuèque, ciié par saint Augustin [De Civil. Dei, lib. vi, c. 15), s'indigne des progrès que foni dans loul l'univers les coutumes des Juifs : c'e>i ainsi qu'il désigne les chrétiens sortis de ia Judée. Les va nqueurs, dit il, ont reçu la loi des vaincus. — Avant li lin du V r siècle, Pline le Jeune, proconsul de iiiihynie, écrivait à l'empereur Trajan (jue les villes et les campagnes de celle province étaient remplies de chrétiens de tout rang, de loul âge ei de tout sexe («) ; et l'on ne peut clouter qu'il n'en lût de même des aunes provinces de l'empire. Lucien nous apprend que, sous le règne de Commode, la province de Pont, sa patrie, était pleine d'épicuriens ei de chrétiens. Dion Cassius, au commencement du troisième siècle, avoue que cette superstition, souvent réprimée, était plus lorle que les lois cl faisan tous les jouis de nouveaux progrès. Plularque, Slrahon, Lucain, Juvénal, déplorent lesilence oes oracles, que l'on ne peut attribuer qu'au d scrédit où ils tombaient à mesure que s'étendait le christianisme. Porphyre dit expressément, qu'Esculape et les autres dieux ne font plus sentir leur proiection depuis que Jésus est adoié.
€ Mais qu'esl-il besoin de ciler les écrivains des premiers siècles ? C'est un fait notoire que, avant le règne de Constantin, l'Evangile avait pénétré dans toutes les régions du monde connu, et bien au delà des limites de l'empire romain. Loin de le contester, les incrédules s'en prévalent souvent pour calomnier la conversion du premier prince chrétien. Selon eux, la conviction n'y eut aucune part, et Constantin, indifférent au fond sur toutes les religions, ne se déclara eu faveur du christianisme que pour se meure à la tète du parti le plus puissant. Ainsi, de leur aveu, la nouvelle religion avait pris le dessus dans l'empiie, non-seulement sans le secours, mais eucoie malgré tous les ellorts de la puissance publique. — En elfel, depuis sa naissance jusqu'au temps de Constantin, le christianisme n'a presque jouais cessé d'eue en bulle aux plus violentes persécutions. A Jérusalem, les apôtres sont emprisonnés, battus de verges ou mis à mort. Partout où ils portent leurs pas, les juifs les poursuivent, les accusent devant les liibuuaux ou soulèvent le peuple contre eux. Néron rejette sur les chrétiens l'incendie de Kome, et les lait expirer dans des supplices affreux. Domitieu, Trajan, bévère, Décius, V'alérien, Auiélien, Dioclélicn cl ses collègues publient des éditl sanguinaires comre le christianisme. Les gouverneurs des provinces ajoutent a la cruauté des lois impériales. Dans toute l'étendue de l'empire, une populace superstitieuse et léroce demande à grands cris le sang des chrétiens. Leurs louTmenis tout paitie des sp'ectacles ci des jeux publics. L'histoire
(a) XI ii 11 i omnis Blatte, oinuis ordinis, ulriusque sexus eiiain voctniur m penculum, el vocaUnilur. INeque ciiiin f vitales, sed vico. ctiani atque agros supcrstïlioitis isiius koutagio pervagala est.
{•ion qu'ils avaient embrassée avec pleine connaissance do cause : témoignage cou G rué
ecclésiastique compte dix persécutions générales ordonnées par des édils ; mais, lors même que les empereurs semblaient accorder quelque répit aux chrétiens, il s'élevait des persécutions locales, autorisées en quelque sorte par les anciennes lois qui défendaient d'introduite de nouvelles religions
« C'est donc un fait incontestable que la foi s'est étendue cl affermie au milieu des persécutions, et que le sang des martyrs, comme dit Terlullien, est devenu une semence féconde : Semen est saiiguis Chrislianorum.
c Puisque la puissance publique n'y a eu aucune part, à quoi donc aliribuerous-nous l'établissement et les progrès rapides de l'Evangile ? Chercheronsnous les causes naturelles de ce phénomène singulier, ou dans la nature même de la doctrine chrétienne, ou dans les qualiiés personnelles de ceux qui renseignaient, ou dans les dispositions et les préjugés des peuples à qui elle était annoncée ; ou enfin dans l'ignorance, la crédu'ilé ou les besoins des premiers chrétiens ?
« 1° Considérée en elle-même, et indépendamment de lou'.e preuve extrinsèque, la doctrine (•Indienne n'avait rien qui pût lui promettre un pareil succès. Il est vrai que par la sublimité de ses dogmes, et par la pureté de i-a morale, le christianisme l'emportait infiniment sur les religions domina, îles, mais ces dogmes sublimes n'étaient nullement à la portée du peuple , et les philosophes ne pouvaient qu'eue révoltés de ces mystères qui confondaient tout leur savoir et ne s'accordaient avec les principes d'aucune secte. Parce qu'ils n'étaient pas idolâtres, les chrétiens lurent longtemps regardés comme des athées. On porta la haine et la prévention jusqu'à les accuser de commettre dans leurs assemblées les crimes les plus abominables. — La morale évangélique était trop sévère pour un siècle où régnait la corruption la plus effrénée. Elle ne devait loui au plus cire goûtée que du pelii nombre d'hommes raisonnables el vertueux qui ne font secte nulle part. Le gouvernement ne vil pas l'avantage qu'il pouvait eu retirer pour les mœurs publiques. Jamais il ne se donna la peine de l'examiner. Les princes, les magistrats, les philosophes ne la connurent pas mieux que le vulgaire. Mare-Aurèle lui-même, stoïcien inconséquent, persécuia le christianisme ; el dans ses Hé flexions morales, il lui lait un crime de la Constance qu'il Inspire nu milieu des tourments. Tous les préjugés de l'éducation, de l'habitude el de la politique conspiraient contre la nouvelle religion ; cl si, aujourd'hui que ces préjugés n'existent plus, ou plutôt qu'ils existent en laveur du christianisme, nous voyous au milieu de nous un si grand nombre d'incrédules, pourquoi supposeriez-vous que les apôu es n'ont eu besoin que de proposer leur doctrine, pour s'attacher une multitude innombrab'e de prosélytes? — N'oublions pas une autre considération bien importante, parce qu'elle prouve que Ton ne doit établir aucune parue entre le christianisme el les fausses religions. Toutes les religions, excepté celle de Moïse, qui lait partie du christianisme, sont fondées ou sur des miracles clandestins, ou sur de vieilles traditions également inaccessibles à la critique, également propres à nourrir l'enthousiasme el la crédulité» Mais le christianisme, au moment de son origine, n'était que l'histoire de ce qui venait de se passer eu Judée, sous les veux de toute la naiiou ; el l'eu voit d'abord que l'examen d'une histoire si publique el si récente donnait moins de prise à l'erreur que Ui opinions spéculatives ou traditionnelle» des lausses religions.
t 2" l'ai qui la religion chrétienne a t elle été annoncée ? Jésus venait d'expirer sur une croix, et il semblait que sa religion dut liuir avec lui. Mais il
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p.irlcs attaques mémos des philosophes, par les aveux forcés des hérétiques, par la con-
avait ordonné à douze de ses disciples de la prêcher dans la Judée et dans loul l'univers. Comment osailil compter sor leur obéissance posthume ? Quel empire espérait-il conserver sur des esprits découragée et désabusés par sa mort ? Et puis, vit-on jamais un cbel de parti choisir plus mal ses eoopérateurs? — Ce n'était pas trop pour une pareille entreprise que la réunion de toutes les qualités qui peuvent imposer aux hommes, les éblouir ou les subjuguer. La conquête du monde, la création d'une monarchie universelle sur les esprits, n'était pas quelque chose de si f.icile, que l'on dût en abandonner le soin à des hommes vulgaires. Cependant, c'est à douze misérables pécheurs, sans lumières, sans courage, sans élévation, que Jésus confie l'exécution de ses vastes desseins. Allés, leur dit-il, instruisez toutes les nations, et soumettez-les à ma loi. Quoi ! les Juifs, qui l'ont crucifié ! les Crées, si fiers tle leur philosophie ! les Uomains, qui croient devoir à leurs dieux l'empire du monde ! tous ces peuples dont ils ne connaissent ni le pays, ni les mœurs, ni la langue ! Quel étrange commandement ! quelle mission ! quels ministres ! Cependant les apôtres ont o. éi, et ils ont vu la doctrine de leur maître établie dans toutes les provinces de l'empire romain.
i 3'» Attribuerez-vous le succès des apôtres aux dispositions favorables qu'il > trouvèrent dans les esprits î Direz-vous que les Juifs et les païens étaient préparés à recevoir la doctrine chrétienne ? — Ce serait une erreur manifeste. Pour ce qui est des Juifs, il est certain que jama.s ils ne se montrèrent (dus attachés à la religion de Moïse, qu'à l'époque île la prédication des ajôlres. On eu tiouvera la preuve dans tous les livres du Nouveau Testament et dans l'Histoire de Josèphe. Il est encore certain que les Juils regardaient le christianisme comme un culte incompatible avec celui de Moïse. Ce lut le zèle du peuple pour la loi qui fournil aux ennemis de Jésus le prétexte de sa condamnation. Les apô.res euxmêmes ne lurent jamais accusés d autre crime que de blasphémer contre le temple et de vouloir détruire l'ancienne religion. Les préjugés superstitieux du peuple, la politique des magistrats, l'intérêt des prêtres, l'honneur de la nation, loul s'élevait contre la nouvelle doctrine. — Les Juifs devaient haïr le christianisme ; les païens devaient le mépriser. Une religion née dans un pays décrié parmi toutes les nations éclairées, comme le berceau d'une .uperstilion triste, absurde et odieuse au genre humain (a) : une religion proscrite dans le lieu même de son origine, déshonorée par le supplice de son auteur, annoncée par des hommes dépourvus de tout ce qui peul inspirer la confiance : une religion austère dans ses préceptes, incompréhensible Uans ses dogmes, cl qui offrait à ses sectaleurs un Dieu crucifié pour objet de culie ei pour modèle ; le christianisme, en un mol, élait peu propre à s'attirer l'attention des Crées ei des Romains. Ces peuples déJ.iigneux et corrompus n'étaient pas disposés à quitter des superstitions anciennes et domestiques, qui llallaieni f imagination, les sens, les passions, la vanité nationale, pour un culie e. ranger qui ne respirait que la pauvreté, les humiliations et la fuite des plaisiis
« i° L'opinion des premiers lidèles, dit l'incrédule, mérite peu de considération. Le christianisme, dans sou origine, n'a trouvé de sectateurs que dans le petit peuple, péparéà la séduction, non-seulement par son ignoiance et sa crédulité, mais encore par sou iulbriune et par lus espérances, les consolations, les aumônes que lui offrait une religion bienfaisante, aui e des pauvres ei des malheureux. — il est vrai
(a) Cx'tera ins itufa sinistra, faifa pravitale, valuere... JuiUcuruin uios alburdus sordidusque. (Tacit.)
duile des apostats. Nous lirons aujourd'hui prcsqu'auiaul davantage des écrils de nos
que les apôtres comptaient un plus grand nombre de prosélytes dans la classe du peuple, que parmi les riches et les savants. Saint Paul lui-même en fait la remarque dans plusieurs de ses Epîlres, mais, loin de former un préjugé contre le christianisme, la facilité et l'empressement avec lequel ce grand nombre de pauvres et d'ignorants l'ont embrassé, prouverait plutôt que pour y croire il ne fallait que de la simplicité et de la bonne foi. S'il s'agissait d'une doctrine fondée sur le raisonnement ou sur des recherches savantes et dilliciles, l'opinion du peuple ne seiait d'aucun poids. Mais lorsqu'il est question de faits éclatants et notoires, qui ne demandent que des yeux et des oreilles, l'homme simple et ignorant peut juger aussi bien que le philosophe ; el s'il se montre plus disposé à croire, c'est qu'il ne s'éiudie pas à combattre par de vaincs subtilités l'impression naturelle que fait sur son esprit le rapport de ses sens. — Cependant il ne faut pas s'imaginer que l'Eglise chrétienne, dans ses premiers temps, ne fut composée que d'ignorants et de misérables de la lie du p.uple. Le contraire est prouvé par les Epîtres mêmes de saint Paul, où nous trouvons des préceptes cl des conseils pour taules les conditions, pour les maîtres 'Comme pour les esclaves, pour les riches comme pour les pauvres, pour ceux qui s'adonnaient à l'élude de la loi, ou de la philosophie, aussi bien que pour ceux qui vivaient du travail de leurs mains. — Parmi les discip'es de Jésus, l'histoire évangélique nomme un Nicodème, prince des Juifs ; un Joseph d'Arimalhie, noble décurion, ou, comme porte le texte grec, noble sénateur ; un Zachée, homme riche et chef des publicains ; un Jaïre, prince de la synagogue, et plusieurs autres d'un rang distingué. Nous lisons dans le livre des Actes, que dès le commencement de la prédication des apôtres un grand iiombie de prêtres, multa turba sacerdotum, et même plusieurs pharis eus, obéissaient à la foi. Le centeuier Corneille, l'eunuque de la reine Candace, le proconsul Paul, Denys l'Aréopagite, étaient des personnages considérables. A Ihessaloniipie, les premiers qui embrassèrent la foi tenaient un rang distingué dans la ville, et ils ne se rendirent qu'après avoir comparé renseignement des apôtres avec la doctrine des Ecritures (a). Parmi les Ephésiens qui crurent à la prédication de saint Paul, il y avait des hommes lettrés, puisque plusieurs apportèrent des livres impies ou superstitieux, el en biûlèrent pour une somme considérable. — Le consul Flavius Clément et Domitilla, son épouse, tous deux parents de Domilien, périrent dans la persécution allumée par cet empereur. Pline atteste qu'il y avait en Bilhynie des chrétiens de lout rang el de toute condition, omnis ordinis. Tertullien avertit Scapula, proconsul d'Afrique, que parmi les chrétiens qu'il veut immoler, il irouvera des sénateurs, des femmes de la plus haute naissance, les parents de ses amis. Dans un de ses rescriis, l'empereur Valérien reconnaît que des sénateurs el des femme» du premier rang ont embrassé le christianisme. — Les monuments qui nous restent des deux premiers siècles de l'Eglise, les lettres de saint Clément de Rome, de saint Ignace, de saint Polyearpe les écrils d'ilernias, de saint J.islin, d'Athénagore, suis parler de Quadrants, d'Aristide, de Melilon el d'une inimité d'autres dont les ouvrages oui péri, font assez voir que le christianisme, dans son origine, n'était pas ré luit a une inullil ide ignorante et imbécile. — Pans le me siècle, lorsque la preuve des laits évangéliques conservait encore tout son éclat, el que les monuments originaux étaient entre
(a) IIï autem eranl n biliores eorum qui sont Thessalonicae, qui suscoperonl \erbuni cum oniui aviditate, quotiiJie s. miaules Si ripturas, si Iree lia sejjabereul (Ait. x\n).
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ennemis que dos ouvrages de nos apologistes. [Voy. l'art. Martyrs, où celte preuve se trouve développée.] — 6° Si nous examinons le christianisme en lui-même, qu'y voyonsnous ? Des dogmes sublimes, une morale sainte, un culle majestueux et pur, une discipline sévère. Toutes ces parties se soutiennent et se servent mutuellement d'appui ; sans nos mystères, la morale ac serait fondée sur rien ; l'un et l'autre seraient méconnus, si les pratiques du culle n'en rappelaient continuellement le souvenir : le culle à son tour serait bientôt altéré, si la discipline ne veillait à sa conservation. [Voy. Loi évangéliquk, Moiulb.] — 7° Tout cet ensemble porte sur l'enseignement vivant et public de V Eglise ; il est de même pour les savants et pour les ignorants ; tous y trouvent sans elYort ''unité, l'universalité, l'immutabilité de la foi. Vingt sectes qui s'en sont écartées n'ont fait que rendre cet enseignement plus ferme et plus éclatant ; elles servent aujourd'hui de témoins de ce qui était cru et enseigné à l'époque de leur séparation. [Voy. Eglise.] 8" Quels effets celte religion divine n'a-t-elle pas produits dans tous les climats? Elle a opéré sur les mœurs et sur la civilisation des peuples la même révolution en Europe et en Asie, en Afrique et dans les pays du Nord ; aucune nation ne l'a embrassée qui ne soit sortie bientôt de la barbarie, et aucune ne
les mains de tout le monde, les hommes les plus savants, les plus beaux génies, un Terlullien, unOtigène, un Hainmoiiius d'Alexandrie, Jules-Africain, sainl Cyprien, Laclance, Kusèbe de Césarée, consacrent leurs veilles à I étude et à la défense du christianisme. Depuis sa naissance jusqu'à nos jours, la religion de l'Evangile, dédaignée par le bel-esprit, le demi savoir et le libertinage, a constamment obtenu l'hommage de tout ce qu'il y a eu de plus célèbre par le génie, les lumières et les vertus. > (Duvoisin, loin. XIII des Démonstrations évangéliquts, édil. Migne.)
C'est d'après ces haines considérations que saint Augustin s'écriait : « Ici se présentent trois choses incroyables : il est incroyable que le Christ soit ressuscité ; il est incroyable que le monde ait pu le croire; il est incroyable que ce soit un petit nombre d'hommes ignorants et de la lie du peuple qui aient persuadé ce fait, même aux savants. De ces trois choses incroyables, ceux qui députent contre nous refusent de croire la | reiniere ; ils voient la seconde de leurs yeux, et ils ne peuvent due comment elle s'est laite, à moins d'admettre la troisième. — La résurrection du Christ esi publiée, crue dans le monde entier. Si elle n'est pas croyable , pourquoi tout l'univers -la croit-il ? Si un grand nombre de savams eî d'hommes distingués s'étaient donnés pour témoins de <c prodige, il serait moins étonnant que le monde les en eût crus, et je ne vois pas pourquoi l'on refuserait aujourd'hui de les croire. Mais si, comme il est vrai, le moule a cru sur le témoignage d'un petit nombre d'hommes obscurs et ignorants, comment se trouve t-il encore des entêté» qui ne veulent pas croire ce qu'a cru le ne mie entier r Celui qui, pour croire, demande de nouveaux prodige*, est lui-même un prodige monstrueux, puisqu'il résiste seul à la fi de i'univeis....Si l'on ne veut pas croire que les apôtres eux-mêmes aient opéré des miracles en preuve de la résurrection du Christ, ce sera pour nous un Miez grand miracle que toute la terre ait cru sans miracle (De Civil. Dei, Itb. IIII, op. ;'>). >
l'a quittée sans y tomber. Après dix-sept cents ans, la différence est toujours la même entre les nations chrétiennes et celles qui ne le sont pas. — 9° Lorsque nous comparons le christianisme avec les autres religions, soit anciennes, soit modernes, avec la croyance des Chinois, des Indiens, des Parsis, des Egyptiens, des Grecs, des mahomélans, il n'est pas fort difficile de distinguer celle qui vient de Dieu d'avec celles qui ont été forgées par les hommes : toutes ces dernières se sentent du terroir sur lequel elles sont nées ; la nôtre n'a pas plus de relation avec une partie du monde qu'avec l'autre. — 10° Enfin, une preuve non moins frappante que les précédentes de la vérité du christianisme, est la chaîne des erreurs qu'il faut parcourir, dès que l'on s'écarte une fois du chemin qu'il nous trace et des vérités qu'il nous enseigne. Ceux qui refusent de subir le joug de la foi passent rapidement de l'hérésie au socinianisme et au déisme, de celui-ci à l'athéisme el au matérialisme, pour aboutir enfin au pyrrhonisme absolu. Cette progression est inévitable à tout homme qui se pique de raisonner coDséquemmenl.
On peut, sans doute, ajouter d'autres preuves à celles-là ; plus on étudie la religion, plus on en découvre de nouvelles. Puisqu'il y a un Dieu, il n'a pas pu permettre qu'une religion fausse portât un si grand nombre de signes de vérité ; il aurait tendu aux esprits droits et aux cœurs vertueux un piège inévitable d'erreur.
Parmi le grand nombre d'incrédules qui ont avancé que les preuves du christianisme ne sont pas solides, il ne s'en est pas encore trouvé un seul qui ait osé entreprendre de les détruire l'une aptes l'autre, ou de nous donner un système mieux raisonné. Nous n'en connaissons aucun qui se soit attaché à montrer qu'il y a dans le monde quelque religion fausse qui peut alléguer en sa faveur les mêmes motifs de crédibilité que le christianisme. A la vérité, il u'esl aucune de ces preuves contre laquelle on n'ait fait quelques objections ; mais elles démontrent moins la sagacité de nos adversaires que leur prévention et leur opiniâtreté. Elles servent plutôt à fortifier nos raisonnements qu'à les affaiblir.
On demande pourquoi Dieu a donné trois révélations, pendant qu'il pouvait produire le même effet par une seule; pourquoi, dès le commencement du monde, il n'a pas opéré ce qu'il voulait faire qualre mille ans après ? — C'est comme si l'on demandait pourquoi un père ne donne pas à son enfant, au sortir du berceau, les mêmes leçons qu'il lui réserve pour l'âge de quinze ans ; pourquoi Dieu ne fait pas naître les hommes dans un âge mûr, au lieu de les l'a re naître dans l'enfance ? Pourquoi Dieu n'a-l-il pas créé le monde quatre mille, vingt mille ou cent mille ans plus tôt ; pourquoi n'a-l-il pas donné l'être à cent millions d'hommes de plus ; pourquoi ne les a-t-il pas rendus aussi parfaits que les anges? elc. Toutes ces
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questions sont absurdes, parce qu'elles vont a I infini.
Dieu, aux yeux duquel toute la durée ih siècles n'esl qu'un point de l 'éternité, devaitil se presser d'accomplir ses desseins ? Qu'importe qu'il ait accordé aux premiers hommes moins de lumières, moins de grâces, moins de moyens de salut qu'à nous, dès qu'il n'a jamais demandé compte à personne que de la mesure des secours qu'il lui avait donnés? L'égalité de bienfaits naturels ou surnaturel* pour tous les temps, répugne autant à la sagesse divine que l'égalité pour tous les lieux, pour tous les peuples, pour tous les individus. Voy. Inégalité. Les incrédules ont dit que pour tirer une preuve des prophéties, il faut les entendre dans un sens mystique, allégorique, figuré, trèsdifi'érenl du sens que le prophète avait en vue, et qui n'est qu'un rêve de l'imagination des commentateurs juifs ou chrétiens. — Nous soutenons le contraire, et à chaque prophétie que nous citons en preuve, nous faisons voir que tel est le sens direct, littéral et naturel ; on peut laisser de côté les prophéties l piques et allégoriques, sans que le christianisme y perde rien, et sans que l'on puisse blâmer les apôtres ni les Pères de l'Eglise, qui ont eu de bonnes raisons d'alléguer aux Juifs les prophéties typiques dans le sens qu'y, donnaient les docteurs juifs. Voy. Allégoiue, Figuiusmk, Type, etc.
Pour attaquer le caractère personnel de Jésus-Christ, il a fallu pousser la malignité plus loin que les Juifs, travestir ses discours et ses actions, empoisonner ses intentions et ses motifs, altérer la narration des évangélistes, falsifier les passages, etc. ; procédé malhonnête et odieux qui déshonore les incrédules, et suffit pour faire détester leurs opinions. — Ils ont dit avec un ton de mépris que Jésus n'était qu'un vil artisan de Judée, qui n'a pas p'u trouver croyance parmi ses compatriotes, qui a été mis à mort comme un séditieux et un malfaiteur, et dont quelques fanatiques se sont avisés de faire un Dieu après sa mort.
Nous voudrions savoir d'abord pourquoi Dieu devait plutôt se servir d'un Chaldéen, d'un Grec, d'un Romain ou d'un Gaulois, que d'un Juif, pour instruire, sauver et sanctifier les hommes. C'est aux Juifs qu'il avait été prédit que le Messie serait fis de David et d'Abraham, et il est prouvé par sa généalogie que Jésus descendait véritablement de ces patriarches ; y avaii-il un sang plus noble dans l'univers? Il est faux que Jésus n'ait pas trouvé croyance parmi les Juifs; puisque c'est dans la Judée même que le christianisme a commencé de s'établir. Jésus a été condamné à mort, non pour avoir commis aucun crime, mais parce qu'il s'est attribué la qualité de Messie et de Fils de Dieu ; la question est de savoir s'il ne l'a prouvée ni par sa doctrine, ni par ses vertus, ni par ses miracles. Dans ce cas le projet formé par ses disciples de le faire reconnaître pour Dieu après sa mort, serait le plus insensé qui eût jamais pu entrer dans des têtes hu-
DlCT. T'E TflÉOL. DOGMATIQUE 1.
maines, et il leur eût été impossible d'y réussir. Si Jésus-Christ a prouvé sa mission et sa divinité, le succès ne doit plus nous étonner; mais nous prions hs incrédules d'expliquer comment cela auraii pu se faire autrement. — Nous leur demandons encore Ifquel de ces deux mystères est le plus aisé à concevoir ; Dieu, pour instruire, pour racheter et sanctifier les hommes, a daigné se revêtir de l'humanité, paraître sous l'extérieur d'un artisan de la Judée, se laisser crucifier, et ressusciter ensuite: ou Dieu a permis qu'un vil artisan de la Judée réunît dans sa personne tous les caractères capables de le faire reconnaître pour le Messie promis au v Juifs, et pour le Fils de Dieu ; qu'il soit parvenu à se faire adorer comme tel par une grande partie du genre humain, et que celte illusion dure depuis dix-huit siècles.
Les ennemis du christianisme n'ont pas été plus équitables à l'égard des apôtres : ils leur ont prêté un caractère indéfinissable et des qualités contradictoires, une ignorance stupide et des ruses impénétrables, une grossièreté sans égale et une prudence consommée, un intérêt sordide et un courage héroïque, un fanatisme révoltant et un zèle ardent pour la gloire de Jésus-Christ, une scélératesse décidée et le désir de sanctifier le monde, une aveugle ambition et la soif du martyre. Des raisonneurs réduits à cet excès d'absurdité devraient parler sur un ton plus modeste. — Comment n'ont-ils pas vu que plus ils exagèrent les vices de l'esprit et du .cœur des apôtres, plus ils augmentent le merveilleux de leurs succès? Des ignorants grossiers n'auraient pas enseigné une doctrine aussi sublime, ne nous auraient pas laissé des écrits aussi sages, n'auraient pas attiré dans leur école des savants et des philosophes. Des hommes foncièrement vicieux n'auraient pas prêché une morale aussi parfaite , et n'en auraient pas donné l'exempbv les premiers. S'ils avaient été ambitieux. ou intéressés , chacun d'eux auraii travaille pour soi, n'eût point voulu s'entendre avec les autres, aurait fait bande à part, comme ont fait les fondateurs de la prétendue réforme. S'ils n'avaient travaillé que pour ce monde, ils auraient fui tant qu'ils auraient pu les persécutions et la mort, comme ont fait encore les prédicants du xvr siècle et les docteurs de l'incrédulité. Enfin, si c'eût été une troupe de fanatiques, ils auraient enfanté un chaos d'opinions discordantes, tel que le protestantisme a été dès son origine et sera toujours, et comme il est arrivé à toutes les autres hérésies qui ont subsisté longtemps.
Même embarras pour nos adversaires , lorsqu'il a fallu expliquer les causes de la propagation de l'Evangile et de la conversion du monde. Aux yeux d'un homme sensé, ces causes sont évidentes : 1° la force persuasive que Jésus-Christ avait promis de donner à ses apôtres (Luc. xxi, 15); 2* la sainteté de leur doctrine, la sublimité de leur morale; 3° les miracles qu'ils ont opérés, et le pouvoir qu'ils ont eu de communiquer
aux fidèles les dons miraculeux; 4-° l'esprit prophétique, et la connaissance des plus secrètes pensées des hommes; 5° leur charité héroïque, leur courage, leur désintéressement, leur patience; 6° les mêmes vertus qu'ils ont fait régner parmi les premiers chrétiens.
Mais les incrédules se sont creusé l'esprit pour trouver des causes naturelles de celle révolution, et en faire disparaître le merveilleux ; nous ne pouvons nous dispenser de les discuter, du moins sommairement. Ils ont dit, 1° Que l'on était dégoûté des fables, des superstitions, des désordres du paganisme; que l'inconstance et le goût de la nouveauté engagèrent plusieurs personnes à embrasser l'Evangile. Mais les édits des empereurs, renouvelés pendant plus de deux cent cinquante ans, pour maintenir l'idolâtrie ; l'apologie du pagaiiisme, faile par plusieurs philosophes pendant le même intervalle, et leurs écrits sanglants contre notre religion; les cris tumultueux des païens dans l'amphithéâtre, pour demander le sang des chrétiens; les supplices de ceux-ci , continués depuis Néron jusqu'à Constantin , sont-ils des preuves du dégoût que l'on avait du paganisme, ou d'un grand empressement de changer de religion? Le fanatisme le plus opiniâtre pouvait-il faire quelque chose do plus? — On n'a qu'à lire, dans Minulius Félix, l'apologie qu'un païen fait du polythéisme et de l'ido'âlrie , on verra si le monde en était dégoûté. Voy. Paganisme, § 10. — Ils ont dit, l" qu'au milieu des malheurs dont l'empire était accablé, les peuples avaient besoin d'une religion qui leur .ipprit à souffrir. Ils en avaient besoin, sans doute ; mais, sils le sentaient, comment ontils résisté si longtemps? On attribuait ces malheurs au christianisme et à la colère des dieux irrités contre les chrétiens; après ■quatre cents ans , saint Augustin fut encore obligé d'écrire contre ce préjugé. D'ailleurs, soullïir par les motifs surnaturels que fournit le christianisme , ce n'est plus un procédé naturel. Voici du moins un hommage que nos adversaires sont forcés de rendre à noire religion : elle consola les peuples dans l'excès de leurs malheurs; elle leur apprit à souffrir avec courage; et s'il faut croire une Providence, il faut avouer aussi qu'elle ne pouvait envoyer cette consolation plus à propos. Bientôt les barbares vinrent mettre le comble aux malheurs que l'empire romain avait essuyés de la part de ses maîtres. Nous avons donc lieu d'espérer que quand les incrédules auront quelque chose à souffrir , ils redeviendront chrétiens. — 3° Ils prétendent que la persécution déclarée contre les chrétiens les rendit intéressants, que la pitié naturelle leur attira des partisans, que l'on fut touché de leur constance. Il faudrait commencer par prouver que la constance des martyrs, au milieu des plus cruels supplices, était naturelle. Des peuples accoutumés à voir couler sur l'arène le sang des gladiateurs, à repaître leurs yeux du spectacle d'un homme qui mourait de bonne grâce,
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à exciter par leurs cris la cruauté des bourreaux, n'étaient certainement pas fort portés à la pilié. Ils demandaient à grands cris le supplice des chrétiens, non pour en avoir pilié, mais pour satisfaire leur propre barbarie. Souvent des magistrats, peu portés d'ailleurs à sévir contre les chrétiens, y ont été forcés pour satisfaire une populace effrénée. Nous convenons que, selon le mot de Terlullien, le sang des martyrs élait une semence de chrétiens; mais il est absurde de penser que ce phénomène était naturel.
A-t-on vu que la persécution exercée par Alexandre contre les mages, par les Romains conlre les druides, par plusieurs empereurs contre les juifs, par quelques souverains contre les mahomélans,ait multiplié les partisans de ces religions? — 4° L'on élaii entêté de prodiges et de miracles, disent nos profonds raisonneurs, et les prédicateurs du christianisme faisaient profession d'en opérer. Nous soutenons qu'ils en opéraient en effet : les Juifs, Celse et d'autres païens en sont convenus; mais ils attribuaient ces miracles à îa raa^ie. Ce n'est point là une cause naturelle, et ce n'est point par hasard que les vrais mirac'es des chrétiens ont fait tomber les faux prodiges des païens. Si les missionnaires avaient encore aujourd'hui le don des miracles, comme les apôtres et les premiers chrétiens, ils auraient les mêmes succès.— 5° Nos adversaires conviennent que le zèle ardent et infatigable de ces premiers prédicateurs ne pouvait manquer de fair<« enfin un grand nombre de prosélytes. Rendons-leur grâce de cet aveu. Mais un zèle aussi pur, aussi désintéressé, aussi infatigable que celui des apôtres <t de leurs disciples n'est pas puisé dans la nature; il ne pouvait venir d'aucune passion humaine, d'aucun motif humain. Vainement on chercherait, parmi les fondateurs des religions fausses un zèle tel que celui des apôtres, et accompagné des mêmes verius. - G" L'on dil qu'ils persuadèrent les esprits par le dogme intéressant de la vie à venir; qu'ils touchèrent les cœurs par une morale sublime, par leur douceur, par leur charité; que cette même vertu, pratiquée par les premiers fidèles, fut un attrait, surtout pour les pauvres et les malheureux. Nouvel hommage rcuJu par les incrédules à la sainteté du christianisme. Mais cette sainteté aurait-elle pu se trouver et persévérer constamment chez des hommes coupables des impo-lures, des fourberies et des autres vices dont on a osé accuser les apô:res? Pendant que le dogme de la vie à venir était ébranlé par les fables du pa- •ganisme, par les disputes des philosophes, par les erreurs des saducéens; pendant que la morale des uns cl des autres élait aussi corrompue que les mœurs publiques, douze pécheurs de la Judée étonnent l'univers par la sublimité de leurs leçons et par la sainteté de leurs exemples. Si ce n'est pas là un prodige de la grâce, où faut-il le chercher?
Au commencement du ir siècle, Celse regardait comme une folie le projet de donner la même croyance cl les mêmes lois aux
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peuples îles trois parties du monde connu nisme, lout absurde qu'il était, a été suivi pour lors ; cependant cette entreprise ne cl professé par les plus gramts hommes. — larda pas longtemps d'être exécutée; et au- Mais Font- ils professé par conviction, par jourd'hui on prétend prouver que cela s'est persuasion, ou seulement par habitude? Ils fait naturellement, et qu'il n'y a rien là de reeonnaissenteux-meir.es que celle religion merveilleux. n'est fondée sur aucune preuve; ils disent Plusieurs de nos adversaires ont soutenu néanmoins qu'il faut la suivre, parce qu'elle que le christianisme était redevable de ses a été transmise par les ancêlres , parce progrès à la protection que lui accordèrent qu'elle est autorisée parles lois, parée qu'il les empereurs, aux lois qu'ils perlèrent en y aurait de la témérité à vouloir en forger sa faveur, à la violence même dont ils usé- une autre. Ainsi ont parlé PI ton, Yqrron, ront envers les païens pour leur faire chan- Cicéron,Sénèque, Minutius Félix, etc. : leur ger de religion. Nous prouverons le contraire sentiment est donc plutôt contraire que favoau mol Empi<:ri<ijr. — Il ne faut pas oublier rable au paganisme. Ce n'e^t poi .t ainsi que que pour se faire chrétien il fallait qu'un les docteurs chrétiens ont envUagé notre rejuif ou un païen commençât par croire les ltgion : ils l'ont embrassée parce qu'ils l'on! miracles de Jésus-Christ, surtout sa résur- jugée vraie, et ils en ont prouvé la vérit > rection et son ascension dans le ciel : ces avec tant de force, qu'ils ont converti, à leur deux faits sont deux articles du symbole de tour, des savants et des philosophes : leur la foi chrétienne. Or, il était aisé, surtout témoignage est donc une preuve solide, et aux juifs, de se convaincre de la vérité ou non un simple préjugé. de la fausseté des miracles de Jésus-Christ , Ceux d'entre les incrédules qui ont fait publiés par les apôtres. Si ces faits n'étaient semblant d'examiner les dogmes, la morale, pas vrais et invinciblement prouvés, aucune le culte, la discipline du christianisme, n'ont des causes de conversion dont nous avons pas montré beaucoup de bonne foi : ils ont parié ne pouvait engager un prosélyte à les altéré notre symbole et nos catéchismes , croire. C'est ici un caractère tellement pro- lra\esli les décrets des conciles, pris de trapre au christianisme, qu'il ne se trouve dans vers les maximes de l'Evangile, comparé noaucune religion fausse. On pouvait être tre culle à celui des païens, déguisé l'objet, païen sans croire aux fables du paganisme; les motifs, les effets de toutes les lois ecclésectateur de Zoroaslre, sans s'informer s'il siasliques. Nous traiterons de chacun de ces avait fait des miracles ; musulman , sans articles en particulier. Mais nos adversaire-ajouter foi aux prétendus prodiges de M a ho- n'en ont jamais considéré l'ensemble et la met, etc. Nos adversaires ne daignent pas liaison; ce caraclère de vérité ne se trouve remarquer celte différence. — Ils ferment les point dans les religions fausses, Nous ferons veux sur les obstacles qui s'opposaient à la voir qu'il n'est aucun de nos dogmes qui ne propagation de l'Evangile. Il fallait engager tienne essentiellement à tous les attires, qui les juifs et les païens, qui se détestaient et n'entraîne des conséquences morales, qui ne se méprisaient mutuellement, à fraterniser fonde les pratiques du culte, et auquel la el à former une seule Eglise, accoutumer les discipline n'ait quelque rapport : preuve maîtres à regarder leurs esclaves à peu près évidente qu'une sagesse plus qu'humaine n comme des égaux , apprendre aux princes à construit tout cet édifice. Aucune des sectes respecter les droits de l'humanité. Il fallait qui ont donné quelque atteinte à l'une de ces faire réformer toules les lois et les coutumes parties n'a pu conserver les autres dans leur qui blessaient ces droits sacrés; changer les entier. — De quoi a servi aux incrédules de idées, Us mœurs, les habitudes, les préten- répéter, contre l'enseignement de l'Eglise , lions de tous les étals; refondre, pour ainsi dont les pasteurs sont l'organe, les sophisdire,le caraclère de tous les peuples. Que les mes et les clameurs des protestants? Les uns Egyptiens et les Arabes, les Syriens el les ni les autres n'ont pas seulement saisi h» Perses, les Scythes et les Grecs, les habi- véritable état de la ques'ion. L'infaillibilité lants de l'Italie et des Gaules, de l'Espagne que nous attribuons à l'Eglise est fondée sur et de l'Afrique aiont été tous païens, cela se le secours surnaturel que Jésus-Christ lui a conçoit : tous avaient leurs dieux propres, promis, et qui est ajouté à la certitude moteurs fables et leurs fêtes particulières, des raie du témoignage de cette même Eglise, usages et des pratiques analogues à l-urs certitude poussée au plus haut degré; nous mœurs. Le christianisme ne laissai» plus de le ferons voir au mot Infaillibilité. Quand liberté pour la croyance, plus de variété Jésus Christ n'aurait pas formellement prodans la morale, plus de différence dans le mis à son Eglise une assistance perpétuelle, culte extérieur : il proposait à tous un seul nous serions encore forcés de la reconnaître Dieu, une même foi, uu baptême unique, au milieu des révolutions terribles qui son! une seule Eglise. Quand on veut persuader arrivées dans le monde depuis dix-huit cents que celte révolution s'est faite naturellement ans. Persécutions cruelles, hérésies de toute et#sans miracle, on fait profession de ne pas espèce, irruption des barbares, mélange des connaître la nature humaine. peuples, changement dans le langage* dans Lorsque nous représentons aux incrédules les mœurs, dans les lois, dans les usa,res, la multitude des hommes instruits , éclairés , destruction de la plupart des monuments^des savants, qui ont embrassé le christianisme et sciences et des arts, tout semblait conspirer qui ont écrit pour le défendre, ils disent que à la ruine entière du christianisme; aucune ce préjugé oc prouve rien; que le paga- autre religion n'a essuyé de pareils orages ;
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non seulement la nôtre sub>isle, mais c'est «■lie qui a tout réparé et tout conservé. Que les autres se maintiennent par l'ignorance et par la corruption des mœurs, ce n'est pas un prodige; le christianisme cherche la lumière, il ne cesse de la répandre, cl c'est par là qu'il se soutient.
Pour déprimer renseignement de l'Eglise, pour rendre sa tradition suspecte, les prolestants ont vomi des torrents de bile contre le clergé; ils ont représenté les pasteurs de tous les siècles comme un corps de prévaricateurs, appliqués non à conserver ce que Jésus Christ avait établi, mais à le dénaturer; les incrédules, copistes servilcs, n'ont fait qu'enchérir sur leurs invectives : on n'a pas seulement fait grâce aux successeurs immédiats des apôtres. Qu'en résulle-l-il? Que nos divers adversaires sont conduits par la passion, par l'intérêt de pallier leur turpitude, et non par l'amour de la vérité. Mais ils ont beau faire : il suffit de considérer seulement Vanalyse de la foi, pour sentir que la catholicité de l'enseignement est la seule base sur laquelle un simple fidèle puisse fonder raisonnablement sa croyance, et que le catholicisme est le seul système dans lequel on raisonne conséquemmenl. 11 faut bien que ci! système soit solide, puisqu'il se soutient depuis dix-sept siècles contre les attaques redoublées de ses divers ennemis.
Il y a une réflexion capable de convaincre un esprit droit : c'est la considération des effets civils et politiques que le christianisme a produits chez toutes les nations qui l'ont embrassé. Montesquieu les a reconnue; il dit que nous devons au christianisme nonseulement la décence et la douceur des mœurs, mais dans le gouvernement un certain droit politique, et dans la guerre un certain droit des gens que la nature humaine ne saurait assez reconnaître. 11 soutient que les principes du christianisme , bien gravés dans le cœur, seraient infiniment plus forts pour nous faire remplir nos devoirs de citoyen que le faux honneur des monarchies, les vertus humaines des républiques, et la rrainte servile des Etals despotiques. Chose admirable 1 dit-il, la religion chrétienne, qui semble n'avoir d'objet que la félicité de l'autre vie, fait encore notre bonheur dans celleci {Esprit des lois, 1. xxiv, c. 3 et G).
Mais il était réservé aux profonds politiques de notre siècle de démontrer la fausseté de cet éloge , d'apprendre à l'univers que le christianisme a produit beaucoup plus de mal que de bien. Ils ont poussé la démence jusqu'à écrire que celle religion a énervé les esprits, qu'elle a plutôt perverti que réformé les mœurs ; elle tyrannise la pensée, elle inspire un zèle fanatique el cruel ; c'est la plus sanguinaire de toutes les religions : elle seule a causé plus de meurtres que toules les autres religions ensemble ; elle n'a produit que des martyrs insensés , des anachorètes atrabilaires, des pénitenls frénétiques, des rois despotes et persécuteurs qui sont honorés comme des saints. Loin de diminuer les malheurs des peuples, clic n'a fait qu'ag-
graver leur joug : il y a lieu aujourd'hui de regretter le paganisme. Ainsi avaient déclamé les déistes. Les athées, survenus ensuite, ont fait un pas de plus : ils ont conclu de ces réflexions sublimes que la seule notion d'un Dieu a causé tous ces maux, que le seul moyen de les réparer sérail d'étouffer pour jamais cette noiion fatale, et d'établir l'athéisme d'un bout de l'univers à l'autre.
Avant d'entrer dans aucun détail, nous disons à ces graves raisonneurs : Montreznous sous le ciel une nation chez laqueile il y ait plus de lumières, des mœurs plus pures, une législation plus sage, un gouverne. nenl plus modéré, une société plus douce et plus décente, un bonheur public pins sensible que chez les nations chrétiennes ? faites-nous-en connaître une qui, après avoir joui de ces avantages sous le christianisme, lésait conservés en embrassant une autre religion ; nous conviendrons alors que la nôtre n'a produit aucun bien, que ce qu'il y en a dans le monde vient d'une autre cause et ne prouve rien. Lisez seulement V Esprit des usages et des coutumes des différents peuples, et comparez-les avec les noires ; vous verrez s'il y a quelque chose à perdre pour eux en se faisant chrétien. On ne nous répond p is, el l'on continue de déclamer. Voy. Arts, Sciences , Lois, Gouvernement, etc. Quant aux prodiges que produirait I'Atiiéisme, consultez cet article.
Au jugement de nos adversaires, notre religion nuit à la population [Y oy. Célibat]. Si cela était vrai, nous dirions qu'elle dédommage d'ailleurs la société du nombre des individus par les mœurs qu'elle leur donne ; pour procurer le bien général, il faut des hommes, et non des animaux à deux pieds. Mais le reproche est faux en lui-même ; aucune religion ne favorise autant que le christianisme la naissance des hommes, et ne veille de plus près a leurconservalion; aucune contîée de l'univers, sans excepter même la Chine, n'est plus peuplée que celles qui sont habitées par les nations chrétiennes, et la civilisation n'est nulle part aussi parfaite. - Ils disent que le christianisme, en condamnant le luxe, nuit à l'industrie et au commerce ; mais il est démontré que le luxe, alimenté par le commerce, et le commerce encouragé par le luxe, se rongent et se détruisent l'un l'autre ; que l'excès en ce genre entraîne la ruine des Liais et des sociétés : c'est un fait avoué par tous les philosophes , et confirmé par une expérience de six mille ans ( Yoy. Luxe).
Un reproche plus grave est Vinlolérance attachée au chiistianisme; il divise les hommes, fait éclorc les disputes, les haines, les guerres de religion. Cent fois l'on a répondu que l'intolérance est attachée , non-seulement à toute religion quelconque, mais à toute opinion que l'on croit importante, même à lo.il système d'incrédulité ; c'est un effet des passions inséparables de l'humanité. Or aucune religion ne travaille plus efficacement que la nôtre à réprimer toutes les passions, à inspirer aux hommes la douceur, la paix , la