‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 141 sur 183 · PSI · texte numérisé non relu

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charité mutuelle, par conséquent une tolérance raisonnable. Quant à la tolérance illimitée qu'exigent les incrédules , c'est un désordre qui n'a jamais été souficrl chez aucune nation policée. V. Tolérance.

Le christianisme, disent-ils, nous occupe trop du bonheur de l'autre, vie, il nous détourne des soins du travail, des devoirs de la vie présente. Si 1 homme était de même nature que les brutes , borné comme -elles à la vie présente, on pourrait blâmer avec raison les espérances que donne le christianisme, et les désirs qu'il nous inspire; mais la philosophie a-!-elle prouvé que nous sommes des brutes ? Voilà la faute essentielle qu'ont commise la plupart des législateurs ; ils n'ont pensé qu'à celte vie, n'ont rien fait pour engager les hommes à se procurer le bonheur à venir. Jésus-Chris1, seul sage, nous commande la vertu comme le seul moyen d'être heureux en ce monde et en l'antre ; et la priucipaie vertu qu'il nous prescrit est l'amour du prochain, par conséquent le désir de contribuer au bonheur des autres. — Mais nous avons encore pour nous le témoignage de l'expérience. Les épicuriens, les philosophes égoïstes, les incrédules, qui no désirent et n'espèrent rien après cette vie, sont-ils plus laborieux, plusoccupés du bien de leurs semblables, meilleurs citoyens qu'un chrétien pénétré de la foi et de l'espérance d'une félicité fulure?Nous cherchons vainement, dans les siècles passés et dans le nôtre, les services que les incrédules ont rendus à l'humanité. Il est bien absurde de pré endre qu'une religion qui nous attache à nos devoirs par un intérêt plus puissant que celui de la vie présente, nous détourne de nos devoirs. En quel sens le désir d'être heureux dans le ciel peut-il nuire à l'envie de nous rendre utiles sur la terre ? Le plus grand éloge que fait l'Ecriture des saints de l'Ancien Testament , est d'avoir procuré la gloire et le bonheur de leur nation (Eccli. xlvi et seqq.).

On a souvent répété que le christianisme établit deux puissances , deux législations qui se croisent et se nuisent réciproquement une autorité ecclésiastique toujours occupée à empiéter sur les droits des magistrats et du gouvernement : on ne cesse de nous parler des usurpations du clergé, et de l'abus qu'il a fait de sa juridiction. Jésus-Christ cependant avait établi la règle lumineuse, et posé la borne qui devait séparer ces deux puis- ^ances, en disant : Rendez à César ce qui est à César , et à Dieu ce qui appartient à Dieu. Tant que l'on s'y tiendra , il est impossible que l'une nuise à l'autre; au contraire , elles se fortifieront mutuellement. Mais dans quel temps leur est-il arrivé de se croiser? Lorsque les princes, contents de dominer par la violence, ne connaissaient plus ni droit naturel, ni lois civiles, opprimaient les peuples et les gouvernaient comme un troupeau de brutes : sans l'appui des lois ecclésiastiques , le malheur public aurait encore été plus grand. Au sortir de ce chaos, l'on a dit que les prêtres avaient voulu tout douuer à Dieu, et n'avaient rien laissé à

César; aujourd'hui l'on soutient que tout est à César, de manière qu'il ne reste rien à Dieu. Lequel de ces deux excès est le plus grand ? L'événement seul en décidera. Mais si Dieu n'avait pas consacré ce qu'il a donné à César, que resterait-il à celui-ci pour gouverner? La violence, comme aux barbares; le bâton, comme à la Chine; le sabre comme en Turquie et dans les autres Etats mahométans. Il est aisé de voir si les peuples s'en trouveraient mieux. — Aussi, par une contradicliou très-ordinaire à nos adversaires, ils ont dit que le christianisme tendait à diviniser l'autorité des princes , par conséquent à rendre les peuples esclaves ; qu'il y avait entre les prêtres et les rois une collusion mutuelle pour détruire toute espèce de liberté civile; que les prêtres attribuaient aux souverains le despotisme politique, afin d'en obtenir à leur tour le despotisme spirituel. Celle calomnieabsurdea été répétée cent fois de nos jours. Si elle était vraie, les nations chrétiennes seraient les plus esclaves de toute la terre; heureusement le fait seul suffit pour montrer que ce reproche n'a pas le sens commun.

Enfin, quelques rêveurs ont écrit que, quand on a voulu faire du christianisme une religion nationale, on s'est écarté de l'esprit de Jésus-Christ, dont le règne n'est pas de ce monde. Si, par religion nationale, on entend une religion qui soit tellement propre à un peuple, qu'elle ne puisse convenir à un autre, l'intention de Jésus-Christ ne fui jamais d'en établir une pareilte, puisqu'il a ordonné à ses disciples d'enseigner toutes les nations, el qu'il s'est proposé de les rassembler toutes dans une seule Eglise, commo des brebis dans un seul bercail et sous un même pasteur. Mais serail-il fort avantageux au genre humain que les nations, déjà trop divibées d'ailleurs, le fussent encore par la religion, n'eussent ni le même Dieu, ni la même croyance, ni le même culte? D'un côté, l'on reproche au christianisme de diviser les hommes par des disputes de rel:gion ; de l'autre, on lui fait un crime de ne pas leur inspirer assez l'esprit national, exclusif, isolé, le patriotisme furieux, ennemi du repos de tous les autres peuples, tel que fut celui des Romains. — De même si, par le règne de Jésus-Christ, l'on entend un règne temporel, civil, politique, il est clair que Jésus-Christ n'y a jamais prétendu; s'il est question d'un règne spirituel, par lequel les esprits, les volontés, les mœurs soient soumises à ses lois, il est certainement roi dans ce sens, depuis près de dix-huit siècles; il l'a déclaré lui-même, et en dépit des incrédules, il le sera jusqu'à la fin des siècles.

Nous ne finirions pas s'il nous fallait réfuter dans un seul article, toutes les objections de nos adversaires ; ils en ont rempli des volumes entiers. Nous n'en connaissons cependant aucun qui, par un parallèle suivi entre le christianisme et une autre religion, ail entrepris de faire voir qu'elle était la meilleure; tous ont senti que la comparaison tournerait à leur confusion. Mais ils mit

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cherché à pallier l'absurdité d-s autres, à en dissimuler les effets et les conséquences, potir diminuer d'autant le triomphe du christianisme : t'est de nos jouis que le polythéisme , l'idolâtrie , Ifi mahomélisme, ont trouvé des apologistes. On a prétendu que ces religions fausses pouvaient s'étayer des mêmes preuves que la nôtre ; heureusement ce fait est encore à démontrer, et nous ne craignons pas que l'on en vienne à bout, — Il est «;ussi impossible à nos adversaires de rompre la chaîne des erreurs dan* laquelle ils sont engagés, que celle des vérités que nous leur opposons ; entre le christianisme catholique et l'incrédulité abso'ue, point de milieu : ieur propre exemple nous tient lieu de démonstration.

L'on noua objectera peut-être que les preuves que nous venons d'alléguer ne sont ;>as à la portée des ignorants. Si l'on veut «tire qu'elles ne sont pas également à leur portée, et qu'ils ne sont pas aussi en état l'en sentir la force que les savants, nous • n conviendrons sans peine. Mais nous souquons qu'elles sont assez à la portée des plus simples, pour qu'ils puissent en avoir une certitude entière, pour peu qu'ils soient instruits.

— En effet, un homme élevé dans le sein du < krislianisme ne peut pas ignorer que l'avénemenl de Jésus-Christ et l'établissement de son Tglise ont été prédits par des prophéties; que «es préiietions sont dans les livres des Juifs; que certainement les Juifs ne les ont pas iorgées pour favoriser notre religion : toutes les années, pendant le temps de l'Avent, ces prédictions sont le principal sujet de l'office divin et des instructions des pasteurs : il est de la plus grande notoriété que les Juifs attendent encore aujourd'hui un Messie, sur la foi de ces anciennes prédictions. — Il ne peut douter que Jésus-Christ et ses apôtres n'aient fait des miracles ; s'ils n'eu avaient pas fait, il leur aurait été impossible d'élai»!ir le christianisme. Ces miracles sont le sujet de la plupart des évangiles qu'on lit a la messe, des fréquentes instructions des prédicateurs, des tableaux exposés à tous les jeux; et si un incrédule voulait contester ce fait, on lui ferait voir que les Juifs, les païens, les mahométans eu sont comeaus.

— Les obstacles qui s'opposaient à la propagation de notre religion, les persécutions quelle a essuyées, les moyens par lesquels elle a vaincu, sont connus des ignorants ! ar la multitude des martyrs que l'Eglise honore, dont les tombeaux et les cendres sont enco:esous nos yeu*. L'homme le plus grossier sait qu'il fut un temps où, à la réserve des Jud's, tous les peup'es étaient païens, et il sent que nos pères n ont pas pu abandonner une religion aussi licencieuse que le paganisme, pour en embrasser une très-sainte, sans que Dieu ne soit intervenu dans celle révolution. Sans avoir lu l'histoire, il est bien convaincu que les barbares du Nord n'étaient pas chrétiens lorsqu'ils «ont venus ravager nos contrées, et que leur conversion n'a pas dû cire futile à Opérer. — (Juaud il n'aurait pas le témoi-

gnage de sa conscience pour lui attester la sainteté et la pureté de la morale chrétienne, il la verrait encore par la différerne qu'il y a entre ceux qui la pratiquent et ceux qui ne l'observent pas, et par les vertus sublimes des saints dont il entend rapporter les actions. La multitude même des scandales qui arrivent, des erreurs, qui se répandent, desefforls que font aujourd'hui les incrédules pour étouffer jusqu'aux premiers principes de religion, sert à convaincre tout esprit capable de réflexion, que si Dieu ne la soutenait par une providence surnaturelle, il serait impossible qu'elle subsistât longtemps.

En général les savants sont fort peu en état de connaître ce qu'un simple tidèle sait ou ce qu'il ignore, ce qu'il pense ou ne pense pas, jusqu'à quel point il est en étal de raisonner sur sa religion. Partout où les mœurs sont innocentes et pures, le peuple aime sa religion, il en entend parler avec plaisir, il converse volontiers avec ses pasteurs, il les écoute avec attention, il les interroge quand il le peut ; souvent l'on est étonné de la sagesse de ses questions et delà fac lité avec laquelle il saisit les réponses. Lors même qu'un ignorant n'est pas capable de rendre compte de ce qu'il pense, il ne s'ensuit point qu'il ne pense pas, ou que sa croyance n'est pas raisonnable, parce qu'il ne sait pas en déduire les raisons; il sent très-bien la fausseté d'une objection, quoiqu'il ne soit pas en état d'y répondre et de la réfuter. Ceux qui sont chargés de diriger les âmes simples et pures, admirent à tout moment la manière dont Dieu les éclaire, les réflexions que la grâce leur suggère, la foi sage et solide qu'elle leur inspire. V oy. Jgnokaxce, Foi, § 6.

Nous ue pouvons nous dispenser d'observer que les protestants ont frayé le chemin à la plupart des arguments des incrédules. Ils ont dit que le christianisme, dans son origine, tel qu'il était sort: de la main de Jésus-Christ et des apôtres, était vraiment une religion divine, sainte, irrépréhensible, la plus parfaite et la plus utile au genre humain : mais que bientôt après, les pasteurs, par le mélange des opinions philosophiques, par l'ambition de s'attribuer une autorité supérieure à celle des apôtres, par l'influence de toutes les passions humaines, fiaient venus insensiblement à bout d'en altérerles dogmes, d'en corrompre le culte, d'en énerver la morale, d'en changer la discipline ; que par la succession des siècles celle religion divine était devenue un chaos d'erreurs, de superstitions, d'abus et de désordres, et avait causé tous les maux dont on se plaint aujourd'hui ; mais qu'enfin, au xvr, Dieu a suscité les réformateurs pour la rétablir dans son premier étal de pureté » l de sainteté : c'est selon ce plan sublime qu'ils ont construit toutes leurs histoires ecclésiastiques ; elles n'ont pour objet que d'en convaincre les lecteurs.

On seat bien que les incrédules n'avaient garde de s'urréter en si beau chemin, cl qu'il

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leur était aisé délirer parti de ce tableau, lis ont dit aux protestants : De voire propre aveu, le christianisme ne pouvait manquer de se corrompre, de devenir pernicieux et funeste au genre humain; donc ce n'est pas Dieu qui en est l'auteur. S'il l'avait établi lui-même, il aurait tenu la main à son ouvrage, il aurait pris des uioyens plus sûrs pour le conserver dans sa pureté. C'était bien la peine de bouleverser l'univers pour fonder une religion qui, moins d'un siècle après sa naissance, devait commencera sedépraver, à devenir pernicieuse, etqui, d'âge en âge, n'a cessé d'être rendue plus mauvaise. Fallait-il attendre quinze siècles avant d'arrêter ce torrent de corruption et ce déluge de maux qui ont accablé le genre humait»? — Oserez-vous soutenir que votre prétendue réforme en a réparé aucun ? Montrez-nous les guerres qu'elle a prévenues, les schismes qu'elle a étouffés, les disputes qu'elle a fait cesser, les souverains qu'elle a rendus plus sages et plus pacifiques, les vices qu'elle a corrigés, les peuples dont elle a fait le bonheur. Vos propres auteurs déplorent les désordres qui régnent parmi vous ; les mœurs n'y sont pas plus pures que ch. z les catholiques, contre lesquels vous avez tant déclamé ; l'intolérance n'y règne pas moins, et il ne lient pas à vous de renouveler les scènes sanglantes que vous avez données pendant plus d'un siècle pour vous établir. Votre réforme imaginaire n'a servi qu'à démontrer que le christianisme est essentiellement irréformable, etc.

Nous ne savons pas encore ce que les protestants répond. ut à cet argument des incrédules; mais il nous paraît qu'ils ne feront jamais solidement l'apologie du christianisme en général, sans faire en même temps celle du catholicisme et de l'Eglise romaine (1).

(1) Nous pensons, en terminant rei ariicle, devoir donner quelques considérations sur les bienfaits du < hristianisme répandus sur toutes les nations, t Les lumières et les glaces que répandait partout le christianisme , dit Pointer (Preuves de la religion chrétienne, dans les Démonst. évang. , édit. Migtte) , partout réparaient les maux causés par le péché. La nature dégradée de l'homme é ail rendue à sa dignité primitive, el les changements les plus heureux s'opéraient parmi loti es les nations qui recevaient la loi et la loi du Christ.

« Quel étal que celui auquel le péché avait réduit le genre humain ! Quel abîme de crimes et de misères ! Llionune, dans l'origine, ci éé innocent et heureux, jamais n'eût vu s'altérer sa félicité, il devait régner sans lin , environné de gloire et comblé de délices , si, lîdète à son Dieu et soumis aux commandements de son Créateur, il eût su, dans le court espace de temps assigné pour sou épreuve, se montrer digne de « elle haute récompense. Son entendement était éclairé par la connaissance de bien el de la vérité; sa volonté le portail sans ces e vers le bien, et ses affections ei ses désirs é ant toujoui s soumis à la raison, toujours dociles à la volonté du Créaient ; l'ordre le plus pirlait régnait dans ses facultés sou de l'aine, soil ou corps , el l.uit en lui eût été principe cl source de bonheur, tant qu'il Tût resté attaché à Dieu par l'obéissance ci par l'amour.

¥ Christianisme rationnel. Le christianisme eàt la raison portée au souverain degré. C'est dans son sein que les philosophes vont puiser leurs plus belles conceptions. Cependant la raison humaine gémit d'èire forcée de reconnaître sou infériorité. Elle croit faire beaucoup en consentant à marcher à pas égal avec l'Evangile : tel était cependant le but d'une nouvelle secie religieuse fondée en Angleterre par Kippis, Tringle, Ilopkins, Enlield. Toulmin. C'é-

Mais du moment que, par l'acte le plus criminel , il eut désobéi, quel changement ! Il n'y eut plus que trouble el désordre dans tout son être , el en perdant l'innocence il perdit le bonheur. Enveloppée tout entière dans celte faute de nos premiers parents eu qui se trouvait déposée toute notre destinée morale , la race humaine fut aussi comprise dans l'arrêl qui les condamnait à la mon , à la perte du ciel, à une éternelle misère ; châtiment trop jusle d'une aussi horrible prévarication. Affreuse condition ! Les maux les plus terribles attendent l'homme coupt.ble arrivé au terme de sa passagère existence sur la terre, et nul bonheur réel ne lui est réservé dans le court espace de sa carrière mortelle. Son corps, son âme, tout en lui est infecté de ce poison funeste que le péché y a attaché; son corps s'affaiblit, se coi rompt el meurt; sou entendement est obscurci parles lénèVes de l'ignorance; sa volonté sans cesse l'entraîne vers le ma! , et le détourne du bien. En proie à une foule de passions violentes qui se corn h nient et le déchirent, son cœur est un foyer continue! de trouble eide désordre.

« Qu'il fut profond et déplorable cet aveuglement qui, dans la suite , s'empara de tous les esprits , se répandit dans l'univers païen et lui déroba entièrement la lumière des vérités célestes ! En Judée , il est vrai , Dieu était connu , et son nom était grand dans Israël : mais partout ailleurs, dès que la grande majorité de la race humaine eut abandonné la tradition lies révélations primitives , dès qu'en matière de teligion et de morale elle eui commencé à prendre pour règle de ses sentiments l'opinion privée et individuelle, alors elle se trouva égarée dans les détours nébuleux d'un labyrinthe inextricable; elle se précipita d'erreurs eu erreurs, d'absurdités en absurdités , d'impiétés en impiétés, et l'ignorance la plus grossière de tout ce qu'il importait le plus à l'homme de connaî re exactement prévalut dans le monde. Voyez chez toutes les nations païenne- , parmi celles mêmes qui ont été le plus célèbres par leur civilisation, chez les Grecs, chez 'es Romains ; voyez quelle absence de lumières positives sur l'auteur de l'univers, sur la nature el les perfections d.> Dieu, sur l'immortalité de famé , sur la fin pour la quelle l'homme a été créé, sur les règles et les motifs de nos devoirs moraux, et sur les voies qui conduisent au bonheur! Quelque imposant qu'ail pu cire le caractère de quelques idées générales qu'ils avaient admises sur ces objets si importants, elles se trouvent confondues dans une foule d'opinions particulières, si incompatibles, si contradictoires entre elles, que la vérité, obscurcie par tant de nuage*, ne pouvait se faire jour à travers cette masse épaisse d'erreurs et de préjugés. Telle était, en matière d'idées religieuses, l'ignorance profonde dans laquelle le monde païen se trouva plongé, que saint Paul, en parlant des siècles qui ont précédé ta venue du Messie, ne les désigne point autrement que par ces mots, d'un sens spé> ial : Et lempora quidem hujus ignorantiœ, ces temps malheureux d ignorance (Ici. xv'n, 50). t La conséquence naturelle de cette ignorance générale fut , chez toutes les muions païennes , le règne général de l'impiété el de l'immoralité. Tout y élail devenu un objet de cuits et d'adoration , e\ ceple le Dieu vrai et unique. Les atteintes portée- à la loi de na.urc devinrent si graves et si coiuui'mcs.

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