‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 143 sur 183 · SOI · texte numérisé non relu

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'sible, il n'exigeait la croyance qu'à un seul dogme, a ii rédemption du genre humain par le Christ. Il rejetait avec horreur les tenues de secte et île sectateurs : il voulait constituer u e société dans toute la force du t mie. Ce;tc sec:e, réduite d'abord au nombre de quatre individus, atteignit bieniôt le ehif- Ire de Imis mille personnes. Elle ne prit jamais beaucoup d'extension ut finit par s'éleindre laute de

(été du mariage, étaient consacrées et protégées. La paix, l'harmonie rentraient dans les familles ; l'ordre, le droit, la justice dans la vie civile, et to.is ces avantages y étaient maintenus. Il u'e>t pas un seul de ces objets auquel ne s'étendissent les préceptes de l'Evangile , lesquels , embrassant un système de morale aussi éclatant que complet, ne tendaient , dans leur ensemble, qu'à faire sortir la nature humaine de cet abîme de corrnpiion où le péché Pavait plongée, et à redonner à l'homme sa dignité première, en rétablissant en lui l'image de la Divinité.

« pendant que la religion chrétienne proposait ces préceptes d'une morale si pure et si parfaite, elle était loin de négliger les motifs puissants qui devaient en assurer l'exacte observance. Sans cesse elle présentait aux yeux des hommes l'autorité du Dieu suprême qui les avait commandés, la sainteté de ce Dieu à qui ne peuvent échapper ni pensées, ni paroles , m actions : la justice de ce Dieu qui les jugera tous et rendra à chacun selon ses œuvres, les récompenses éternelles réservées à quiconque aura persévéré dans le bien , les éternels châtiments qui seront infligés à ceux qui se seront obstinés dans le mal; et sans cesse elle leur rappelait l'amour Eufinj d'un Dieu pour l'homme, et l'exemple de ce Fils de Dieu, de ce Jésus, modèle de toutes les perfections , qui s'est livré lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité et de nous purifier pour se faire un p'uple particulièrement consacré à son service el fervent dans les bonnes œuvres (TU. n, 14).

« Les apôtres en établissant la religion chrétienne, non-seulement prêchaient ces doctrines sublimes, et inculquaient ces préceptes de piété et de morale; mais de plus, à l'aide de rites sacrés que Jésus-Christ avait institués, ei dont !e ministère leur éiail confié, ils .répandaient sur tous les hommes une abondance ne grâces célestes, dont l'objet était d'effacer entièrement le péché el ses suites , de taire descendre dai.s les esprits les lumières de la sagesse éternelle, el d'enflammer les cœ rs des plus saints désirs. Jésus-Christ avait attaché à ces sacrements la communication de toutes les grâces de la justification ; mais il fallait qu'ils fussent administrés d'après ses ordonnâmes, el icçus par le> fidèles avec les dispositions de foi, de repcniiret de soumission qu'il a piescrites. De là ces paroles de samt Pierre: faites pénitence el que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésns-Cltrisi, roin u ^émission dio vos i>iiciiu> (An. Il, ÔS). De là saint Pierre el saini Jean, se rendant près des Samaritains, i* m aient routi eux , afin qu'ils reçussent le Saint- Esprit,..} ils u ih imposèrent les mains, et ih reçurent le Saint-Esprit (Jbid., vin, 15, 17). — C'était ainsi ijue les sacrements cl les amies rites extérieurs établis par le Christ el admini.-tiés par ses apétres , devenaient pour tous ceux qui les recevaient avec les dispositions icquises , la source des grâces de la sanctification que le divin Rédcin(>icur nous a méritées par sa mort.

« Saint Paul rappelle souvent à la mémoire des gentils convertis que] a été leur bonheur de recevoir la giâce de la justification. Ni tavei-vout pas, du-il aux Corinthien* , que tes injustes ueteumlpm béri- Uerê du royaume de Dieu? Se vous ;/ /rompez p s: ni les fomi uleurt, ni les idolàties. ni /•'••> aluliirs , ni les itniuiliqi-es , ni les abominables , ni les valeurs, ni Ls nvuiis, ni Ls ivroqnes , ni les v:éciiuM$ , ni les mvisH'ir» du bien (C autrui , ne seront liéritieis du ruyuu.i.e de Duu. CYô.' eu aucqucUfues-uni &t tout

nouveaux adhérents; elle compte aujourd'hui fort peu d'adepies après 50 ans d'existence. Son culte se divise en deux parties, l'un d'adoration el l'autre d'instruction. Six fois par année on célèbre la Cène. Après cette cérémonie, les assistants se prosternent sur les dalles du temple dans un étal de complète immobilité pendant qu'on récite les prières et que le ministre donne les bénédictions.

CHRONIQUES. Yoy. PAnAMPOMÈSBS.

CHRONOLOGIE de l'histoire saihte Les incrédules de notre siècle ont fait grand bruit sur la difficulté qu'il y a de former une chronologie exacte de l'histoire sainte, sui la variété des opinions el des hypothèses imaginées à ce sujet par les savants. On a de la peine à concilier le texte hébreu avec les versions, et d'accorder les auteurs sacrés, soit entre eux, soit avec les historiens profanes. Nos critiques pointilleux ont dit que si Dieu était l'auteur de celte histoire, il n'aurait pas permis que des écrivains qu'ii daignait inspirer tombassent daas aucune faute, et fussent opposes les uns aux autres. Quand on leur a répondu qie la plupart de ces faules vraies ou apparentes pouvaient être venues des copistes, et non des auteurs sacfés, ils ont répliqué que Dieu devait veiller d'aussi près sur les copies que sur les originaux; que des écrits divinement inspires devaient être aussi divinement copiés. — Ainsi, selon ces grands génies, dès que Dieu a voulu prendre la peine de nous instruire, il a dû nous donner non-seulement les leçons nécessaires pour régler notre foi et nos mœurs, mais encore toutes les connaissances curieuses qu'il nous plairait d'exiger, et nou9 ôter la peine de faire des éludes, des recherches; des discussions pour les acquérir.

Nous leur demandons en quoi un système exact et complet de chronologie , depuis la création jusqu'à nous, pourrait servira perfectionner la foi ou les mœurs. Dès que nous summes assurés que Dieu a créé le monde et la race humaine, que notre premier père a péché el en a été puni a\ect"Ute sa postérité, mais que Dieu lui a pro:i is un rédempteur; qu'après plusieurs siècles il a châtié celte race criminelle par un déluge universel ; dè*> qu'il est certain que Dieu a dicté des lois aux Hébreux par l'org;ine de Moïse ; qu'il a susci'.é parmi eux des prophètes pour annoncer ses desseins et renouveler ses promesses; qu'enfin, lorsqu il a trouvé bon de les accomplir, il a envoyé son Fils unique pour racheter le genre humain, et lui donner de nouvelles leçons ; que nous importe de savoir eu quel temps précisément ces divers événe inculs sont arrivés ; combien il s'est écoule

ont été anlie fois ; mais vois avi.z £11': iwés . vous avez été sanctifié* , MM a et été justifiés au nom (l par les mérites de !S ntve-Seiineur Jésus-Christ et par /'/.' /nu de notre Dieu (I Car. vi, [>, 10, 11). V l'Kpi re aux |£pl. é*ieus (l>, î,'1), cel e au\ Col ., mcii- (1, 31, it).

< Veut-on un témoignage bien frappant de l'i -fiicauité de ce* grâces dans la régénération du en- u humain ? Qu'on IÏM ce i|'ic ra.onic saint C>pricu, dan* son livre à Po aal, du changement qui s'opéra

en lu: quand il reçut le baptême. »

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d'années, entre l'un et l'autre; à quelle époque de l'histoire profane il faut les rapporter? Cette connaissance servirait sans doute à satisfaire notre curiosité ; nous ne voyons pas en quoi elle contribuerait *à nous rendre meilleurs.

Sommes-nous beaucoup m;eux instruits de la chronologie des autres nations que. de celle des Hébreux? Dans l'origine des sociétés, les peuples, uniquement occupés de leur subsistance, n'avaient le temps ni de composer des annales, ni de dresser des monuments. Rien de plus incertain que les premières époques de l'histoire chinoise; celle des Indiens est encore plus Obscure; on n'est pas parvenu non plus à ranger, d'une manière incontestable, les dynasties des Egyptiens, ni à débrouiller les commencements de la monarchie des Assyriens. Les Grecs n'ont appris à écrire que fort tard; on ne sait pas seulement avec certitude en quel temps Homère a vécu. Les premiers faits de l'histoire romaine ont paru fahulcux à plusieurs savants, et nous sommes forcés de commencer la nôtre au règne de Clovis. Si Dieu n'avait passuscité Moïse pour nous donner une faible connaissance des origines du monde, nous n'en saurions pas un mot, et nos philosophes, avec tous h urs talents pour la divination, n'auraient pu nous rien apprendre. — Suivant leur opinion, des fautes contre la chronologie, la géographie et l'histoire naturelle, sont la pierre de touche pour juger de la fausseté d'une révélation. Il y aurait peutêtre moins d'absurdité à dire que c'est un préjugé pour présumer qu'elle est vraie; parce qu'il est indigne de Dieu de communiquer aux hommes, par révélation, des counaissances qui n'ont jamais servi qu à les rendre orgueilleux, indociles et incrédules. La vérité est que ces fautes prétendues ne prouvent rien, tant que l'on n'est pas en état de démontrer invinciblement que ce sont des fautes : or, nos adversaires n'en sont pas encore venus à bout, à l'égard de celles qu'ils croient trouver dans l'histoire sainte. Plusieurs savants leur ont fait voir qu'ils n'en jugent ainsi que par ignorance, et qu'il en est de même des contradictions.

Dans Y Histoire de V astrologie ancienne, liv. i, § G; Eclairas., 1. i, § 11 et suiv., l'auteur a montré qu'en comparant les différentes méthodes selon lesquelles les divers peuples ont calculé les temps, les différentes chronologies (1) s'accordent et ne diffèrent que de quelques années, touchant les deux époques les plus m morabies ; savoir, ht création et le déluge universel; que toutes se réunissent encore à supposer la même durée depuis le commencement du monde jusqu'à l'ère chrétienne, en suivant le calcul aes Septante. Dans le Recueil de l'Académie

(1) Il y a quatre peuples principaux qui font remonter la création bien au delà de l'époque marquée par Moïse. Ce sont les égyptiens, les Chaldéens, les l.i liens et les Chinois, ÎNous discutons aux articles qui concernent ic> peuples, la valser Iristori jue de leor» prétendues antiquités.

dzs Inscriptions, il y a plusieurs mémoires dans lesquels on a très-bien réussi à éelaircir les difficultés touchant l'histoire des rois d'Israël et de Juda, et d'autres faits particuliers : n'est-ce pas assez pour nous fairo présumer que l'on peut dissiper de même les autres embarras qui peuvent encore se trouver dans l'histoire sainte?

Le plus grand de tous est de concilier le texte hébreu avec la version des Septante et avec le texte samaritain, au sujet de la date du déluge et touchant l'âge des patriarches, avant ou après cette grande révolution.

Suivant le te\te hébreu, i! ne s'est écoulé qu'environ six mille ans depuis la création jusqu'à nous., et le déloge est arrivé l'an du monde 1G5G. Les Septante ajoutent 1800 ans de plus à l'antiquité du monde; le Pentateuque samaritain ne s'accorde ;*vcc aueun des deux. L'hébreu place le déluge 2348 ans avant Jésus-Christ; les Septante 3G17 ; voilà près de 1300 ans de différence. Pour savoir d'où elle a pu venir, les savants se partagent. Les uns pensent que les Hébreux oui raccourci exprès leur chronologie ; mais on ne peut pas deviner pour quel motif, en quel temps ni comment ils auraient pu altérer tous les exemplaires du texte. D'autres jugent que ce sont les Septante qui ont allongé la durée des temps, pour se rapprocher de l'opinion des Egyptiens, qui supposaient le monde très-ancien. D'autres eulin ont donné la préférence au samaritain, qui garde une espèce de milieu entre les deux autres monuments. Aucun de ces trois sentiments n'est fondé sur des preuves démonstratives. — Nos philosophes, plus habiles que tous les savants, ont fait profession de mépriser tous les travaux de ceux-ci, ils ont entrepris de créer une nouvelle chronologie, de fixer la durée du monde et les époques de la nature par des conjectures de physique, par l'inspection du globe , par les matériaux des montagnes, par la manière dont les lits en sont disposés, par ies déplacements de la mer, etc. La question est de savoir s'ils ont deviné juste, si toutes les montagnes du globe sont faites comme celles qu'ils ont examinées, s'ils n'ont pas altéré les faits pour les faire cadrer avec leurs idées, etc. Déjà plusieurs physiciens ont fait voir que la plupart de leurs observations sont fausses. Lettres plnj-siques et morales sur V Histoire des montagnes et de l'homme; Eludes de la nature, etc.

Ceux qui ont voulu altaquerl'histoiresainie par des observations astronomiques, n'ont p.is mieux réussi. Nous pouvons donc en toute sûreté nous en tenir à ce que l'Ecriture nous apprend. Voy. Histoire sajnte, Monde, etc.

CHRYSOSTOME (saint Jean), ou bouch t.

d'or, patriarche deConstantin<>plc, cl docteur de l'Egiise, lut ainsi nommé à cause de son éloquence : il a vécu au IV siècle. La meilleure édition d.î ses ouvrages est celle qu'a publiée le P. de Monlfaucon , en grec cl en latiu, eu 13 volumes in-folio, à Paris 171S.

Les censeurs des Pères ont reproché à saint Jcau Ckrytottomc de s'être exprime

d'une manière scandaleuse sur la conduite qu'Abraham tint en Egypte à l'égard de Sara son épouse. Quand celte accusation serait mieux fondée, ce n'était pas la peine de relever cette tache clans un corps d'ouvrage de 13 volumes in-folio, et dans un Père de l'Eglise, respectable d'ailleurs par la pureté de sa morale el par la modération de ses sentiments. Ce saint docteur n'a entraîné personne dans de fausses opinions de morale, et ses censeurs sont forcés d'avouer que si le fait d'Abraham était rapporté par Moïse avec toutes ses circonstances, probablement il serait aisé d'excuser ce patriarche. Yoy. Barbey rac, Traité de la Morale des Pères, c. xiv, § 2i. Sans recourir à cette présomption, l'on peut voir dans l'article Abuahau , qu'il n'est pas fort difficile de justifier sa conduite. — D'autres ont trouvé mauvaisque saint Jean Chrysostome ait condamné absolument le commerce. La vérité est qu'il l'a condamné, non absolument, mais tel qu'on le faisait de son temps, c'est-à-dire l'usure, le monopole, la mauvaise foi, les fourberies , les mensonges des marchands : s'il a cru que le commerce ne pouvait pas se faire autrement, il s'est (rompe sur un objet de politique , et non sur les principes de la morale. — D'au- Ires enfin, plus téméraires, ont accusé le saint docteur d'avoir été d'un caractère inquiet, turbulent, austère à l'excès ; de s'èlre attiré par humeur la persécution de l'impératrice Eudoxie et des courtisans, à laquelle il succomba. C'est une calomnie. Ce saint évêque n'avait pas tort de désapprouver les assemblées tumultueuses de baladins q ai se faisaient auprès de lastaluede l'impératrice, et qui troublaient l'office divin, ni de censurer les vices des courtisans. S'il avait agi autrement, on l'accuserait d'avoir fait bassement sa cour, el dissimulé des désordres auxquels il aurait dû s'opposer.

JVJosheim convient que la conduite d'Eudoxie, de Théophile , patriarche d'Alexandrie, et des autres évêques qui déposèrent saint Jean Ghrysostome pour plaire à cette princesse, et le firent condamner à l'exil, fut également cruelle et injuste; mais il dit que ce saint est blâmable d'avoir accepté le rang el l'autorité que le concile de Constanlinople avait accordés aux évéques de celle ville impériale ; de s'être porté pour juge dans le démêlé qu'eut Théophile avec les moines d'Egyple ; de s'être ainsi attiré mal à propos la haine et le ressentiment de cet évêque : le traducteur ajoule , dans une noie , que ce même saint blâma d'une manière indécente Eudoxie d'avoir fait placer sa statue d'argent près de l'église. —Ici la prévention des prolestanls contre les Pères est palpable. A l'article Nestor: an ismk , nous verrons qu'ils n'ont pas blâmé Nestorius d'avoir exercé la même autorité que saint Jean Chrysostome ; au contraire, ils ont pris sa défense. I s se sont emportes contre saint Cyrille , qui cependant ne procéda point contre N'e:;lorius, coupable d'h résie, a\e<: la môme passion que Théophile son uqcle avait poursuivi .-.jiut Jean Chrysostome, dont l'innocence est

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connue. 11 n'est pas vrai que celui-ci se soil porté pour juge enlreTîiéophile et les moines de Nitrie, que ce prélat accusait d'origénisme. Ils se réfugièrent à Constantinoplc; saint Jean Chrysostome les accueillit avec bonté , leur fit rendre compte de leur foi , les admit ensuite à la communion. Ce n'était pas là prononcer une sentence contre Théophile.

Une preuve que ces moines n'étaient pas coupables, c'est qu'après la mort de saint Jean Chrysostome, Théophile les remit dans ses bonnes grâces, sans aucune formalité. Lui-même se repentit, au lit de la mort, d'avoir persécuté un saint, et voulut en avoir l'image auprès de son lit. — 11 n'est pas plus vrai que ce saint se soit emporté avec indécence contre l'impératrice Eudotie ; il ne déclama que contre le tumulte el les désordres auxquels le peuple se livrait autour de la statue de cette princesse. Le P. de Montfaucon a prouvé la fausseté d'un prétendu discours attribué à saint Jean Chrysostome sur ce sujet.

Un incrédule de notre siècle, auteur d'un prétendu Tableau des Saints, qui n'est qu'un tissu d'invectives et de calomnies, ajoute aux reproches des protestants, que ce saint patriarche fut un chef de parti ; qu'il manqua de tendresse pour sa mère en la quittant ; qu'il affaiblit sa santé par les ausiérilés ; que l'on fut obligé de l'exiler à cause de son orgueil el de son opiniâtreté ; qu'il a condamné absolument les secondes noces , et a blâmé le mariage comme une imperfection ; qu'il n'a prêché contre la persécution que parce qu'il était le plus faible. — Il est constant néanmoins que saint Jean Chrysostome ne fut jamais à la tête d'aucun parti ; c'est une absurdité de lui faire un crime de l'attachement que son peuple témoigna pour lui , lorsqu'il le vit injustement persécuté ; pour prévenir toute espèce de sédition, ce saint évêque se déroba secrètement à son clergé et à son peuple , et exécuta sans murmurer les ordres de l'empereur. 11 ne quitta sa mère que pour un temps, et il ne tarda pas de revenir auprès d'elle; il en a toujours parlé avec le plus grand respect, et celle mère vertueuse eut tout lieu de se féliciter de la gloire dont elle le vit couvert par ses talents et par ses succès. Nous convenons qu'il pratiqua toutes les ausiérilés de la vie monastique; qu'il exalta le mérite de la virginité el de la continence; qu'il fil envisager cet état comme plu* parfait que le mariage; qu'.l a parlé des secondes noces comme tous les autres Pères de l'Eglise ; et dans tout cela nous soutenons qu'il a eu raison; que c'est pour lui un sujel d'éloge, el uou de censure. Y oy. Bigamie, Célibat, etc.

Saint Jean Chrysostome a mérité à tous égards, soil la réputation dont il a joui pendant sa vie. soit le culte qui lui a élé décerné après sa moi t. On ne peut contester ni ses talents, ni ses vertus, ni la sagesse de sa conduite; l 'empereur Théodose 11, Bis tl'Bofdoxie, rendit pleine justice à la mémoire du saint évêque, et demanda pardon du crime de ses parents. Aucun autre Père n'a eu une

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plus parfaite intelligence de l'Ecriture sainte, et n'en a fait un usage plus judicieux. Il a été par excellence le prédicateur de la mi éricorde de Dieu, et de la charité envers les pauvres. Peut-être serait-il à souhaiter que l'on ne se fût jamais écarté du sens: qu'il a donné aux Epîtres de saint Paul. On sait avec quel respect saint Augustin a cité ce Père dans ses écrits contre les pélagiens , et la haute opinion qu'il avait de son orthodoxie.

La liturgie de saint Jean Chrysostome est encore en usage dans l'Eglise grecque; nous en parlerons au mot Liturgie. Voy. Tillemont , tome XI ; Vies des Pères et des Martyrs, lom. I ; les OEuvres de saint Jean Chrysostome, lom. XIII, etc. 11 y a dans le Recueil de l'Académie des Inscriptions, lom. XX, in-12, p. 197, un mémoire dans lequel le l'ère dcAIonlfaucon a fait le détail des mœurs et des usages du iv' siècle, uniquement tiré des ouvrages de saint Jean Chrysostome.

CHUTE D'ADAM. Voy. Adam.

CIBOIRE, vase sacré, fait en forme de grand calice couvert , qui sert à conserver les hosties consacrées pour la communion des fidèles dans l'Eglise catholique.

On gardait autrefois ce vase d,ins une colombe d'argent suspendue dans le baptistère, sur le tombeau des martyrs, ou audessus de l'autel, comme le Père Mabillou l'a remarqué dans sa liturgie gallicane ; le concile de Tours ordonna de placer le ciboire sous la croix qui est sur l'autel.

Les théologiens catholiques ont observé que l'usage de conserver l'eucharistie pour ta communion des malades , est une preuve invincible de la foi de l'Eglise à la présence réelle. Les protestants ont retranché cette coutume, pareequ'ils n'admettentla présence de Jésus-Christ que dans l'usage ou dans la communion, plutôt que dans les espèces consacrées. Or, il est prouvé que l'usage de les conserver est très-ancien , qu'il est observé dans les Eglises orientales séparées de l'Eglise romainedepuis plus de douze cents ans. Voy. la Perpétuité de la Foi , tome IV, liy. ni, c. 1, et tome V, liv. vin, c. 2.

Ciboire, chez les auteurs ecclésiastiques , désigne encore un petit dais élevé sur quatre colonnes au-dessus de l'autel. On en voit dans quelques églises de Paris et de Home ; c'est la même chose que baldaquin; les Italiens appellent ciborio un tabernacle isolé. V oy .V Ancien S acr amen taire, parGrandcoIas, irt partie, pages 92 et 728.

CIEL. Ce terme, dans l'Ecriture sainte , comme dans le langage de tous les peuples , signifie l'espace immense qui environne la terre, et qui, selon notre manière de voir, est au-dessus de nous ; tel est le sens des noms qui le désignent dans toutes les langues. Conséquemment ciel signifie, 1° l'air ou l'atmosphère; 2° l'espace plus éloigné dans lequel roulent les astres ; 3° le lieu où Dieu fait éclater sa gloire, rend heureux les anges et les saints.

Quelques écrivains de nos jours ont préleudu que les Hébreux avaient une fausse

idée du ciel, qu'ils le regardaient comme une voûte solide, à laquelle les étoiles sont attachées, au-dessus de laquelle il y a des réservoirs d'eau et des cataractes ou des portes pour en faire tomber la pluie , etc. Toutes ces rêveries n'ont aucun fondement dans l'Ecriture sainte ; il est ridicule de prendre au pied de la lettre les expressions populaires, qui sont en usage parmi nous aussi bien que chez les Hébreux.

Une tour élevée jusqu'au ciel , une tour élevée jusqu'aux nues , est une tour tièshaute ; les cataractes du ciel sont les chutes d'eau de l'atmosphère ; le feu du ciel est un feu qui tombe d'en haut ; l'armée du ciel sont les astres ; les gonds du ciel (cardines cœli) sont les pôles sur lesquels le ciel paraît tourner, etc.

On a vainement insisté sur ce que le ciel est souvent appelé firmament. L'hébreu raquiah, que les Septante ont rendu par urzpivpu, et la Vulgate par firmamenlum, signifie espace ou étendue, et rien de plus. Un des interlocuteurs du livre de Job, qui avait dit que les cieux sont très-solides et aussi fermes que l'airain, est appelé dans le chapitre suivant, un vain discoureur qui parle comme un ignorant (Job, xxxv;i, 18; xxxvki , 2). Il est dit dans le même livre, que Dieu a suspendu la terre sur le vide ou sur le rien, chap. xxvi , y. 7. Les Hébreux nommaient comme nous la terre le globe; ils n'avaient donc pas une idée fausse de la structure du monde

Ciel, dans le langage des théologiens, est le séjour du bonheur éternel, le lieu dans lequel Dieu se fait connaître aux justes d'une manière plus parfaite que sur la terre, et les rend heureux par la possession de lui-même. Nous concevons ce lieu comme placé au delà de l'espace immense que nous voyons audessus de nous, et rien ne peut prouver qu a cette idée soit fausse. Elle paraît fondée sur l'Ecriture sainte, qui nomme ce séjour divin les cieux des cieux, ou les cieux les plus élevés, le troisième ciel. I! est encore appelé la Jérusalem céleste, Je paradis, Vempirée, c'està-dire, le séjour du feu ou de la lumière, le. royaume des cieux et le royaume de Dieu; mais ces deux dernières expressions signifient souvent dans l'Evangile le royaume du Messie, ou le règne de Jésus-Christ sur son Eglise.

Le prophète Isaïe et l'apôtre saint Jean ont fait des descriptions magnifiques du ciel, des richesses qu'il renferme, du bonheur de ceux qui l'habitent; mais saint Paul nous avertit que l'œil n'a point vu, que l'oreille n'a point entendu, que le cœur de l'homme n'a pas senti ce que Dieu prépare à ceux qui l'aiment (/ Cor. ii, 9). Ce bonheur est au-dessus de toutes nos pensées et de nos expressions; il ne peut être conçu que par ceux qui en jouissent. Voy. Bonheur éternel.

CIERGE, chandelle de cire que l'on allume dans les cérémonies religieuses. Comme les premiers chrétiens, dans le temps des persécutions, n'osaient s'assembler que la nuit, et souvent dans des lieux souterrains, ils furent

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obligés de seservirde cierges cl de flambeaux pour célébrer les saints mystères. Us en curent encore besoin lorsqu'on leur eut permis tin bâtir des églises ; celles-ci étaient construites de manière qu'elles recevaient très-peu de jour ; l'obscurité inspirait plus de recueillement et de respect ; plus les églises sont anciennes, plus elles sont obscures. — 11 n'est donc pas nécessaire de recourir aux usages des païens ni à ceux des Juifs pour trouver l'origine des cierge* dans les églises; saint Jean, qui a représenté dans l'Apocalypse les, assemblées chrétiennes , f;iil mention (ie cierges et de chandeliers d'or; dans les canons apostoliques, can. 3, il est parlé des lampes qui brûlaient dans l'église.

De tout temps et chez tous les peuples, les illuminations ont été un signe de joie , une manière d'honorer les grands : il est donc très-naturel que ce signe ait été employé pour honorer aussi la Divinité. « Dans tout lOrient , dit saint Jérôme , on allume dans les églises des cierges en plein jour, non pour dissiper les ténèbres, mais en signe de joie, et afin de représenier, par cette lumière sensible , la lumière intérieure de laquelle a parlé le palmiste, lorsqu'il a dit : Votre parole, Seigneur, est un flambeau qui m'éclaire et qui dirige mes pas dans le chemin de la vertu. » Tom. IV, \r< part., p. 28rj-,

Les cierges nous font souvenir que Jésus- Christ est la vraie lumière qui éclaire tous les hommes; que c'est au pied de ses autels que nous recevons la lumière de la grâce ; nue nous devons être nous-mêmes , par nos bonnes œuvres, une lumière capable d'éclairer et d'éditer nos frères. Matth. v, 16.

Dom Claudede Vert, dans son Explication des cérémonies de l'Eglise, avait avancé que dans l'origine on n'allumait des cierges que par nécessité, parce que les offices de la nuit demandaient ce secours, et que l'on n'a commencé qu'après le ixc siècle à donner des raisons morales et mystiques de cet usage. M. Languet, en réfutant cet auteur, a prouvé, par des monuments du m* et du iv* siècle, que dès les commencements de l'Eglise on a fait usage des cierges dans l'office divin, par des raisons morales et mystiques, pour rendre honneur à Dieu, pour témoigner que Jésus-Christ est, selon l'expression de saint Jean, la vraie lumière qui éclaire tout homme tenant en ce monde; pour faire souvenir Ifs fidèles de, la parole de ce divin maître, qui a dilàscs disciples : Vous êtes la lumière du inonde ; ceignez vos reins, et tenez à la main dis lampes allumées, etc. (/est pour cela que l'on mettait à la main des nouveaux baptisés un cierge allumé, en leur répétant celle leçon, et que l'on allumait des cierges pour lue I Evangile à lu messe. Ainsi le concile de Trente n'a pas eu tort de regarder cet MftM comme venant d'une tradition aposlo» lique, ses*. 22, c. 5. l'ar conséquent les protestants ont eu tort de le supprimer et de l'envisager roimiie un rite superstitieux. — r Au commencement du v' siècle , l'hérétique Vigilance objectai!., comme eux, que c'était une pratique empruntée des païen*, qui fai-

saient brûler des lampes et des cierges devant les slalues de leurs dieux. Saint Jérôme leur répond que le culte rendu par les païens à leurs idoles était détestable, parce qu'il s'adressait à des objets imaginaires et indignes do vénération ; que celui des chrétiens , adressé à Dieu et aux martyrs, est louable, parce que ce sont des êtres réels et trèsd;gnes de nos respects. Marie , sœur de Lazare, eut-elle tort de répandre des parfums pour faire honneur à Jésus-Ciirist , parce que les païens en répandaient aussi dans leurs temples? Il réprimanda ses disciples lorsqu'ils voulurent le trouver mauvais et blâmer la sainte prodigalité de celle femme. Nous serons obligé de répéter vingt fois que s'il fallait nous abstenir de toutes les pratiques dont les païens ont abusé, il faudrait supprimer toute espèce de culte extérieur. Les abus subsistaient dé, à chez les nations idolâtres , lorsque Dieu prescrivit aux Hébreux le cuite qu'ils devaient lui rendre ; il voulut cependant qu'ils fissent à son honneur plusieurschoses que les païens faisaient pour leurs dieux. Voy. Cérémonie , Culte extér;eor.

Le concile d'Elvire , tenu vers l'an 300. can. 3i , défend d'allumer pendant le jour des cierges sur les cimetières, parce que, diiil, il ne faut pas inquiéter les esprits des saints. L'on a doiiné différentes explications de ce canon ; il nous paraît faire allusion au reproche que fil Samuel à Saiil, lorsque celuici le fit évoquer par la pythonissc d'Endor : Pourquoi avez-vons troublé mon repos , en me faisant sortir du tombeau? Quare inquielasti me ut suscitarer [I lieg. xxvni , 13) V Ain-i le concile condamnait la superstition de ceux qui allumaient des cierges sur les cimetières dans l'intention d'évoquer les morts : c'était un reste de paganisme.

*- De nos jours, on a poussé I ineptie jusqu'à suppuler combien coûte chaque année le luminaire des églises ; on en a porté la dépense à quatre millions pour le royaume, et l'on a conclu gravement à supprimer les cierges. Les raisons sur lesquelles on a fondé la nécessité de celte réforme ne tendent pas à moins qu'au retranchement de loute cérémonie qui peut être dispendieuse. A cela nous répondons que les leçons de vertu valent mieux que l'argent ; que ceux qui ne donnent rien à Dieu , ne sont pas fort enclins à donner aux pauvres: quo ce. n'est point à des philosophes sans religion qu'il appartient de prescrire ce que l'on doit faire par religion. Nous ne supputons point ce qu'il en coûte chaque année pour l'illumination des spectacles et des écoles du vice ; ils peuvent se dispenser aussi de calculer les dépenses du culte divin. Malheur à toute nation chez liquelle on compte ce qu'il en coûte pour honorer Dieu et pour être homme de bien! Voy. V Ancien Sacramentairc, \" part., p. 32 el 717. — Mais, puisqu'eniin il faut des raisons de pv>litique et de finance pour satisfaire nos censeurs , nous disons que la consommation qui se l'ait dans les églises n'est pas moins utile

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au commerce que .celle qui se fait dans les maisons des particuliers.

Ciebge pascal. Dans l'Eglise romaine , c'est un gros cierge auquel un diacre attache cinq grains d'encens en forme de croix , et il allume ce cierge avec du feu nouveau pendant l'office du samedi saint. — Le Pontifical dit que le pape Zosimc a institué celle cérémonie ; Baronius prétend qu'elle est plus ancienne , et le prouve par une hymne de Prudence : il croit que Zosime en a seulement étendu l'usage aux églises paroissiales, et qu'auparavant on ne s'en servait que dans les grandes églises. Papebrofk en marque plus distinctement l'origine dans son Conulus chronico-historicus. Lorsque le concile de Nicée eut réglé le jour auquel-il fallail célébrer la fête de Pâques, le patriarche d'Alexandrie fut chargé d'en faire un canon annuel, et de l'envoyer au pape. Comme toutes les fêtes mobiles se règlent par celle de Pâques, on en faisait tous les ans un catalogue , que l'on écrivait sur un cierge, et on bénissait ce cierge avec beaucoup de cérémonie. — Selon l'abbé Châtelain , ce cierge n'était pas fait pour brûler, il n'avait point de mèche ; il était seulement destiné à servir de tablettes pour marquer les fêtes mobiles de l'année courante. Alors on gravait sur le marbre ou sur le bronze les choses dont on voulait perpétuer la mémoire; on écrivait sur du papier d'Egypte ce que l'on voulait conserver longlemps; on se contentait de tracer sur la cire ce qui devait être de peu de durée. Dans la suite on écrivit la liste des fêtes mobiles sur du papier, mais on l'attachait toujours au cierge pascal; celle coutume s'observe encore à Notre-Dame de Rouen et dans toutes les églises de l'ordre de Cluui. Telle paraît être l'origine de la bénédiction du cierge pascal ; mais il est dit dans celle bénédiction que ce cierge allumé e>t le symbole de Jésus-Christ ressuscité. La préface, qui fait partie de celle bénédiction , est au plus tard du ve siècle ; elle se trou\e dans le missel galiican telle qu'on la chante encore aujourd'hui ; les uns l'attribuent à saint Augustin , les autres à saint Léon.

CILICE. Voy. Sac.

CIMETIÈRE. Voy. Funérailles.

C1RCONCELL10NS ou SCOTOP1TES , donatistes d'Afrique au it* siècle, ainsi nommés parce qu'ils rôdaient autour des maisons, dans les villes et dans les bourgades, sous préiexle de venger les injures , de réparer les injustices , de rétablir l'égalité parmi les hommes. Ils mettaient en liberté les esclaves sans le consentement de leurs pa- , trons , déclaraient quittes les débiteurs et commettaient mille désordres. Makide et Faser furent les chefs de ces brigands enthousiastes. Ils portèrent d'abord des bâtons qu'ils nommaient bâtons d'Israël, par allusion à ceux que les Israélites devaient avoir à la main en mangeant l'agneau pascal ; ils prirent ensuite des armes pour opprimer les catholiques. Donal les appelait les chefs des taints, et exerçait par leur moyen d'horribles vengeances. Ûu faux zèle de msrtyrc les

porta à se donner la mort : les uns se précipitèrent du haut des rochers , ou se jetèrenl dans le feu ; d'autres se coupèrent !a gorge. Les évêques , hors d'état d'arrêter par euxmêmes ces excès de fureur, furent contraints d'implorer l'aulorilé des magistrats. On envoya des soldats dans les lieux où ils avaient coutume de se rassembler les jours de marchés publics ; il y en eut plusieurs de tués . que les autres honorèrent comme des martyrs. Les femmes , perdant leur douceur naturelle , imitèrent la barbarie des circoncellions ; l'on en vit plusieurs qui , malgré leur grossesse , se jetèrent dans des précipices. Voy. saint Augustin , hœr. G9 ; Baron., an. 331, n° 9 ; 348, n° 26, etc. ; Praléole, Philastre, etc. — Vers le milieu du sur siècle , on donna le même nom de circoncellions à quelques prédicants fanatiques d'Allemagne, qui suivirent le parti de l'empereur Frédéric, excommunié au concile de Lyon par ie pape Innocent IV. Ils prêchaient contre le pape, contre les évêques , contre tout le clergé et contre les moines ; ils prétendaient que Iols avaient perdu leur caractère, Ieors pouvoirs et leur juridiction par le mauvais usage qu'iis en avaient fait ; que lous ceux qui suivaient le parti de Frédéric obtiendraient la rémission de leurs péchés ; que tous les autres seraient réprouvés et damnés. Ce fanatisme fil beaucoup de tort à l'empereur, cl détacha de ses intérêts un grand nombre de catholiques. Voy. Dupin, sur le xnr siècle, p. 190.

CIRCONCISION, cérémonie religieuse chez les Juifs ; eilc consisiait à couper le prépuce des enfants mâles huit jours après leur naissance , ou des adultes qui voulaient fairu profession de la religion juive. La circoncision est encore en usage parmi d'aulres peuples , mais non comme un acte de religion. Nous n'avons à parler que de la circoncision des Juifs.

Celle cérémonie a commencé par Abraham, à qui Dieu la prescrivit comme le sceau de l'alliance qu'il avait faite avec ce patriarche (G'en. xvu, 10). En conséquence de cette loi, portée l'an du monde 2108. Abraham, âgé pour lors de quatre-vingt-dix-neuf ans , se circoncit lui-même , son fils lsmaêl et lous les esclaves de sa maison ; et depuis ce moment la c r concision a été une pratique héréditaire pour ses descendants. Dieu en réitéra le précepte à Moïse (Exod. xn, kk , 48). Tacite, parlant des Juifs, Hist., 1. v, < hap. 1, reconnaît expressément que la circoncision les distinguait des antres nations ; saint Jérôme et d'autres auteurs ecclésiastiques lont la même remarque.

Celse et Julien , pour contredire 1 histoire sainte , ont prétendu qu'Abraham , qui élail venu de ChaUlée en Egypte , y avait trouvé l'usage de la circoncision établi , et qu'il l'avait emprunté des Egyptiens; qu'elle n'était donc pas ut» sigoe distinctif du peuple de Dieu. Le chevalier Marsham, Le Clerc et d'autres ont soutenu la même chose , fondés sur quelques passages d'Hérodole cl de Diodore de Sicile. — On leur oppose , 1° que le témoignage d'Hérodote sur les antiquités

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é-rypiienncs esl Irès-suspect ; cel au leur, qui ^entendait uas la langue dd l'Egypte ,.a ele trompé fori aisément par les prêtres égyptiens ; Manélhon , ne dans ce pays la , lui reproche plusieurs erreurs à cel égard. L'autorité de Moïse, qui était beaucoup plus ancien ei mieux instruit que. des étrangers, nous paraît préférable à celle if Hérodote cl de Diodote de Sicile. — 2U Abraham, qui avait voyagé en Egypte , en sortit sans être circoncis , et on ne voit pas quelle raison aurait pu l'engager à imiter un usage égyptien ; il ne reçut la circoncision que par un ordre exprès de D.eu , et il y a plus de raisons de penser qu'au contraire les Egyptiens uni adopté cet usage des Israélites, qui demeurèrent longtemps en Egypte. — 3" Les Juifs regardaient la circoncision comme un devoir de religion et d'obligation étroite pour les mâles seulement, auxquels on la donnait le huitième jour après leur naissance ; chez les autres peuples c'était un usage de piopreté , de sauté , peut-être de nécessite physique ; on ne la donnait aux enfants que dans la quatorzième année, et les biles y étaient assujetties aussi bien que les garçons.

k° La circoncision des mâles n'a jamais

passé en loi générale chez les Egyptiens ; saint Ambroise, Origène, saint Epiphane et josèphe attestent qu'il n'y avait que les prêtres, les géomètres, les astronomes et les savants dans la langue hiéroglyphique qui fussent astreiuts à celte cérémonie. Suivant saint Clément d'Alexandrie (Strom*, liv. i) , Pylhagoie, voyageant en Egypte , voulut bien s'y soumettre, afin d'être initié dans les mystèresdes prêtreseld'apprendre les secrets de leur philosophie.

Art a pan, cité dans Eusèbe, Prœp. Ecang., I. îx, c. 27, assure que ce fui Moïse qui communiqua la creoncision aux prêlres égyptiens. D'autres pensent qu'elle ne fut en usage parmi eux que sous le règne de Saloinon. Fort longtemps après cette époque , Ezéchiel , c. xxvi, v. 18 ; c. xxxn , v. L), el Jérémie , c. ix , v. 2ï et 25, comptent enco.e les Egyptiens parmi les pcup.es incirconcis (Mém.del'Acad. des Inscript., t. LXX, m-12, p. 112). — Spencer, de Leijib. Itebrœorwn rilualib., liv. i , c. 4 , sect. '* , a rapporté les raisons pour et contre louchant l'origine de la circoncision chez les Juifs, et u'a pas voulu décider la question. — Vainement ou a cherché des raisons physiques de cet usage parmi les Juifs ; une preuve qu'ils n'en avaient besoin ni pour la propreté , ni pour éviter aucune maladie, c'est que les chrétiens qui ont habité pendant longtemps la Palestine , les Grecs qui y demeurent encore aujourd'hui avec les Turcs, n'ont jamais pratiqué la circoncision, et n'ont resseuli pour cela aucune incommodité.

Chez les Hébreux, la loi n'avait rien prescrit sur le ministre ni sur l'instrument de la circoncision ; le père de l'enfant, un parent, un prêtre, un chirurgien , pouvaient faire cette opération. L'on se servait d'un rasoir, d'un couteau ou d'une pierre tranchante. Séphora, femme de Moïse , circoncit son lils

K'iézer avec une pierre Œxotl. iv, 25). Jusué eu usa de même envers les Israélites à Gaigala, c. v, v. 2. On prétenJ que les Egyptiens se servaient aussi de pierres tranchantes pour ouvrir les corps des morts qu'ils embaumaient. Chez le.- Juifs modernes , la circoncision se donne aux enfants mâles avec beaucoup d'appareil ; mais le délai! des cérémonies qu'ils observent ne nous regarde pas. — Sous les rois de Syrie , les Juifs apostats s'efforçaient d'effacer en eux-mêmes la marque de' la circoncision ; il est dit dans le premier Ivre des Machabées , c. î, v. 10 : teeerunt sibi prœputia, el Josèphe en convient {Antiq. Jud., I. xu, c. 6).— Saint Paul (/ Cor. vu, 18) semble craindre que les Juifs convertis au christianisme n'en usassent de même : Circumcisus aliquis vocatus est, non adducat prœputium. Saint Jérôme, Huperl et H, limon nient la possibilité du fait, et croient que la circoncision est ineffaçable ; mais des médecins célèbres, Celse, Gaiien, Barlholin, etc., soutiennent le contraire.

Outre l'effet naturel de distinguer les Juifs des autres peuples , la circoncision avait des effets moraux ; elle rappelait aux Juifs qu'iis descendaient du père des croyants, de la race dont devait naître le Messie ; qu'ils devaient imiter la foi d'Abraham, croire comme lui aux promesses de Dieu. Selon Moïse , Dent., chap. xxx, v. G, c'était un symbole de la circoncision du cœur ; selon Philon, de Circumcis., et saint Paul, Galat., c. v, v. 3, elle obligeait le circoncis à l'observation de toute la loi ; enfin eile était la figure du baptême. M. Fleury, Mœurs des Israélites, observe que les anciens Juifs n'avaient pas une aussi haute idée de la cii concision que les rabbins modernes ; plusieurs ne la regardaient que comme un simple devoir de bienséance.

Les théologiens la considèrent comme un sacrement de l'ancienne loi , en ce qu'elle était un signe de l'alliance de Dieu avec la postérité d'Abraham. Voy. saint Th »mas (In k Sent., dist. 1, quœst. 1, arL2, ad quartatn). Mais ce sacrement donnait-il la grâce , et comment? — Sainl Augustin a soutenu que la circoncision remettait le péché originel aux enfants (De Nupt. et Concup., lib. iv, c. 2) ; il le répète dans plusieurs de ses ouvrages conlrc les pélagiens el contre la le Ire de réliiien. Saint Grégoire le Grand , dans ses Morales sur Job, 1. iv, c. 3 , Cède , sainl Fulgcnce , sainl Prosper, le Maître des Sentences, Alexandre de Halès , Scot, Durand, saint Uonavculure , Esiius, etc., sont de même sentiment ; ces deux derniers sont allés jusqu'à dire que la circoncision produisait la grâce ex opère operato, co mne les sacrements de la loi nouve le. — Quelque respectables que soient ces autorités, elles n'ont point subjugue les théologiens; le trèsgrand nombre pensent , comme saint Thomas , que la creoncision n'avait poinl été instituée pour servir de remède au péché originel; ils le prouvent, 1° parce que le lexte de la Genèse, C. xvn , v. 10, n'en dit rien ; il ne donne la circoncision que comme un signe d'alliance entre Dieu et la postérité

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.d'Abraham 2 Saint Paul {Rom. iv, 11) enseigne qu'Abraham reçut la circoncision comme le sceau de la justice qu'il avait eue avant d'être circoncis. Le même apôtre, parlant en général des cérémonies de l'ancienne loi , les appellerfes éléments vides et sanse/fets, des justices de la choir ; donc aucune n'a eu la vertu d'effacer le péché. 3° Tous les Pères, avant saint Augustin , ont unanimement soutenu que la circoncision n'avait pas la vertu d'ellacer le péché originel ; ainsi ont pensé saint Justin , saint lrénée, Tertullien, saint Cyprien, saint Jean Chrysoslome, saint Ambroise, saint Epiphane, Théodore!, Théophylaclc, OEeuménius, et la foule des commentateurs. h° Puisque le péché originel est commun aux deux sexes , il n'eût été ni de la bonté ni de la sagesse de Dieu d'établir pour ce péché un remède qui n'éiait applicable qu'aux mâles. 5° Pourquoi attendre au huitième jour, pourquoi interrompre pendant quarante ans la circoncision dans le désert, si c'était un remède au péché? 6° Phi- Ion et les rabbins anciens ou modernes , malgré la haute idée qu'ils avaient de la circoncision, ne lui ont jamais attribué la vertu d'effacer le péché; il est même incertain si le commun des juifs avait aucune idée du péché originel.

Saint Augustin , pour établir son opinion, a forcé le sens de l'Ecriture sainte. Il lisait dans les Septante ou dans l'ancienne Vulgale : Tout enfant mâle dont la chair n'aura pas été circoncise le huitième jour sera exterminé de son peuple, parce guil a violé mon alliance. Mais, 1° ces mots, le huitième jour, ne sont ni dans l'hébreu , ni dans notre Vulgaie , qui est faite sur l'hébreu ; comment un enfant, avant l'usage de la raison, aurait-il violé l'alliance du Seigneur? 2° Saint Augustin voulait que ces mots, sera exterminé de son peuple, signifiassent, sera condamné à l'enfer ; or ils signifient seulement, sera puni de mort, ou sera enlevé par une mort prématurée, ou sera séparé du corps des Israélites, ou sera privé des privilèges attachés à l'alliance fjue Dieu a faite avec Abraham. 3° C'est de cette dernière alliance qu'il s'agit uniquement, et non de celle que Dieu avait faite avec nos premiers parents , alliance que , selon l'idée de saint Augustin , uous avons lous violée dans la personne d'Adam. Le mol pactum , alliance , répété jusqu'à huit fois dans le chapitre xvu de la Genèse , signifie constamment les engagements que Dieu imposait à Abraham.

11 n'y a donc aucune preuve que dans l'ancienne loi, ou auparavant, Dieu ait institué un remède ou un signe extérieur pour effacer le péché originel. Voy. cet article et les Dissertations de D. Calmel sur la Circoncision; Bible d'Avignon, tom. 1 , pag. 580, et tom. XV, p. 31k.

Circoncision de Notre-Seigneur, fétc qui se célèbre dans l'Eglise romaine le premier jour de janvier. Jésus-Christ a dit lui-même qu'il n'était pas venu pour détruire la loi, mais pour l'accomplir: conséquemment il bc soumit à la circoncision, cil.! reçut comme

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les autres enfants. On croit communément que ce fut h Bethléem, et, selon saint Epiphane, dans la grotte même où il était né; il reçut dans celle cérémonie le nom de Jésus ou de Sauteur (Luc. il, 21). — Autrefois on < appelait celte fête VOctave de la Nativité; elle ne fut établie sous le nom de Circoncision que dans le vn° siècle, cl seulement en Espagne. En France, le premier janvier était un jour de pénitence et de jeûne, pour expier les superstitions et les dérèglements auxquels ou se livrait ce jour-là, et qui étaient un reste de paganisuie. — A ces divertissements profanes, abolis en HH, suivant l'avis de la faculté de théologie de Paris, on substitua une fête solennelle qui est actuellement célébrée dans toutl'Eglise, et qui est aussi la fête du saint Nom de Jésus.

* CIRCONSCRIPTION DIOCÉSAINE ET PAROIS- SIALE. Toute espèce de puissance souveraine, en conférant la juridiction à une autorité inférieure, tr.ice des limites au delà desquelles ceile-ci ne peut validetnent exercer sa juridiction. Si chaque autorité inférieure pouvait user de son pouvoir sur tout le territoire de la République, il n'y aurait que confusion. Il en serait de même dans l'Eglise, si les évê ques et les curés ne reconnaissaient pas de limites à l'exercice de leur pouvoir, i! faut unrf autorité pour tracer ces limites. Il est évident qu'elle ne peut ère autre que celle qui confère la juridiction ecclésiastique. Le pipe, conférant la juridiction en maître absolu, peut seul déterminer les limites des diocèses. Il a aussi incontestablement le droit de déterminer celles des paroisses. Mais ce pouvoir est remis à l'évêque, à qui il appartient par le droit de sa dignité.

Nous avons eu en France des parlementaires qui ont prétendu que la démarcation diocésaine et paroissiale est du ressort du po ivoir temporel, parce, qu'une division territoriale est quelque chose de matériel. C'est un étrange abus de mots. La division diocésaine et paroisshle ayant pour but unique l'exercice d'un pouvoir spirituel, absolument indépendant de la puissance temporelle, ne portant nulle atteinte à celle-ci, est entièrement soumise à l'autorité spirituelle, sans que l'autorité civile puisse réclamer avecrombie de raison. La Constituante de 1789 méconnut ce droit et lit de sa propre autorité une nouvelle démarcation métropolitaine, diocésaine et paroissiale. Pie VI condamna cet acte usurpateur dans son bref du 10 mars 1791 : « Un des articles les plus répréhensibles de la Constitution civile du clergé, disait il, et celui qui anéantit les anciennes me ropoles, supprine quebp.es évèchés, en érige de nouveaux, et change toute la distribution des diocèses La distribution du territoire lixée par le gouvernement civil n'est point la règle de l'étendue et des limites de la juridiction ecclésiastique. Saint Inno enl Ier en donne la raison : Vous nie demandez, d t-il, si, d'après la division des provinces établies par ("empereur, de même qu'il y a deux métropoles, il faut aussi nommer deux, évéques métropolitains ; mais sac ez que ( Eulise ne doit point souffrir des vitrifiions que la nécessité in roduii dans le gouvernement temporel, ni des clianijemen's que Cemprreur juge à propos de faire pour se< intérêts, il faut, par cou équenl, que le uombie des métropolitain-, reste conforme à l'ancienne circonscription des provinces, i

CIUCUM-INCESSION. Voy. Trinité.

* CISTERCIENS , Cil EAUX. Voy. Dekna&dixs.

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