CITATION DE L'ÉCRITURE SAINTE
Voy. ÊCRiTURE SAINTE.
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CLAIRE ( Religieuse de Sainte-; ou CLA- RISSE (t). On donne ce nom à un ordre de religieuses qui vivent sous la règle de saint François d'Assise. — Cet ordre, le plus austère de tous les monastères de filles, a été formé dans le xine siècle, en même temps que celui des Frères Mineurs.
Claire, native d'Assise en Ombrie, animée par l'exemple de son concitoyen François, conçut le dessein de faire, pour les personnes de son sexe, ce que celui-ci faisait pour les hommes. Elle reçut l'habit religieux dos mains de ce saint patriarche : son exemple fut bientôt imité par plusieurs filles qui se vouèrent à la règle la plus dure et la plus austère. Leur premier monastère fut établi dans l'église de Saint-Damiens, d'où elles ont été appelées Damianistes. — Urbain IV trouva leur première règle si dure et si pénible, qu'il crut devoir la mitiger; mais toutes n'ont pas accepté cet adoucissement. On appelle Clarisses celles qui ont conservé l'ancienne observance , et Urbanistes celles qui ont reçu la règle mitigée.
Les Clarisses font profession de la pauvreté la plus rigoureuse. Elles jeûnent toute l'année, vont le plus souvent pieds nus, sans soques ni sandales. Leur habillement est d'une grosse serge grise, sous lequel elles portent encore un cilice. Elles gardent un silence perpétuel, ne se saluent, en se rencontrant, que par ces mots, Ave Maria: ce qui leur a fait donner le nom de Filles de I'Ave Maria. — Elles sont reçues sans dot, elles renoncent à tout revenu, et ne vivent que des aumônes qu'on leur envoie. Elles portent le cordon du tiers ordre pour marquer qu'elles sont filles de saint François. Elles sont sous la direction des Cordeliers. L'office divin, la prière, les exercices les plus humbles, partagent tout leur temps, le jour cl la nuit.
Les Urbanistes doivent leur origine à Isabelle de France, sœur de saint Louis, qui, en 1255, fonda le monastère de Longchamps, près Paris, sous le nom de YHumilité de Notre-Dame. Elle avait d'abord adopté la règle de sainte Claire ; mais elle fut adoucie par les papes Urbain IV et Eugène IV. Elle est la même que celle des Frères Mineurs. Elles peuvent, comme eux, manger de la viande dans les jours ordinaires ; on a aboli la loi du silence, qui leur était imposée. Elles portent une robe do serge grise, serrée d'un cordon blanc : au chœur et en cérémonies, elles ont un manteau de même étoffe que leur robe. On exige des postulantes une naissance honnête et une certaine somme d'argent. (Extrait du Diction, de Jurisp.) [ Voy. le Dict. des Ord. rel. du P. Hélyot, édil. Migne. ]
CLAIRETTES (les), maison de filles religieuses de l'ordre de Cllcaux et de la réforme de la Trappe, fondre par Geoffroy, troisième comte du Perche, cl érigée en abbaye en 1221. Ces religieuses ont pour
M) Cet article est reproduit d'après l'édition de Liège.
supérieurs immédiats les abbés de la Trappe, et imitent la vie des religieux.
Il semble d'abord que l'austérité de la règle des clarisses , des chartreuses, des clairettes, etc., devrait effrayer et dégoûter les filles qui ont de la vocation pour l'état religieux. Nous voyons le contraire : les couvents les plus austères sont ceux qui trouvent le plus aisément des sujets, dans lesquels les religieuses paraissent le plus contentes, et vivent le plus longtemps. Les philosophes regardent ce phénomène comme un effet de l'enthousiasme et de la folie; il nous parait plus naturel de le prendre pour un effet de la grâce. L'enthousiasme passe et se dissipe, au lieu que nous voyons la ferveur d'une bonne religieuse persévérer pendant toute sa vie.
CLANCULAIRES. Voy. Anabaptistes.
CLAUDE DE TURIN, était Espagnol de naissance, et disciple de Fclix d'Urgel. qui soutenait que Jésus-Christ, en tant qu'homme, n'était pas le Fils de Dieu par nature, mais seulement par adoption. Voy. Adoptiens. Claude, placé sur le siège de Turin par Louis le Débonnaire, l'an 823, commença par faire briser et brûler les croix et les images qui étaient dans les églises; il soutint que l'on ne devait leur rendre aucun culte, non plus qu'aux reliques ; il fut même accusé de nier qu'on doive honorer les saints, et de blâmer les pèlerinages au tombeau des martyrs : il disait que l'apostolique ou le pape n'est pas celui qui occupe le siège de l'apôtre, mais celui qui en remplit les devoirs; erreur qui fut renouvelée par les Vaudois sur la fin du xir siècle.
Par ces exploits, Claude de Turin a mérité d'être placé par les protestants au nombre de leurs prédécesseurs, et de ceux qu'ils nomment les témoins de la vérité. Moshcim en parle avec la plus grande estime; il vante les commentaires de cet évéque sur l'Ecriture sainte, et sa capacité dans la manière de l'expliquer; il dit que, par sa noble hardiesse pour la défense de la religion, ce savant et vénérable prélat encourut la haine des enfants de la superstition ; mais qu'il défendit sa cause avec tant de dextérité et de force, qu'il demeura triomphant , et acquit plus de crédit que jamais (llist. ecclés., w siècle, seconde partie, c. 2, § 14; c. 3, § 17). Rasnage en a fait un éloge encore plus corn* plel. — Mais si l'on veut jeter un coup d'œil sur la manière dont ce prétendu savant défendait sa cause, on verra qu'il raisonnait fort mal, et qu'il suppléait par un ton de hauteur et de fierté à la faiblesse de ses arguments. S'il est vrai qu'en arrivant sur le siège de Turin il trouva le cube des saints, des images, des reliques, poussé par le peuple jusqu'à la superstition et à l'idolâtrie, ne lui était-il pas possible d'instruire ses ouailles, sans donner dans un autre excès? C'est ce que lui représentèrent l'abbé Thcodémir, le moine Dungal, Jouas, évéque d'Orléans, et Walafrid Slraboo, qui écrivirent < outre lui. Ils distinguent, comme nous faisons encore, entre le culte divin cl