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soient d'ailleurs d'un mérite distingué, et qu'on ne trouve pas d'autres ministres; on craignait que quelque motif suspect ne les eût engagés à recevoir le baptême. Le pape saint Corneille, dans une lettre rapportée par Eusèbe, dit que le peuple s'opposa à l'ordination de Novalien, parce qu'il avait été baptisé dans son lit élanl malade. Les c'iniques étaient aussi appelés grabataires, pour la même raison. Saint Cyprien, Epist. 76, ad Magnum, soutient cependant que ceux qui sont ainsi baptisés ne reçoivent pas moins de grâces que les autres, pourvu néanmoins qu'ils y apportent les mêmes dispositions. Mais on ne les élevait pas aux ordres sacrés , dès que l'on soupçonnait qu'il y avait eu de la négligence de leur part. 11 parait que la maladie était le seul cas où il fût permis de bapiiser par aspersion. (Bingham, 1. xi, c. 11, loin. IV, p. 333.)
CLOCHLS, bénédiction des cloches. L'Eglise veut que tout ce qui a quelque rapport au culte de Dieu soit consacré par des cérémonies ; conséquemment elle bénit les cloches nouvelles : comme les cloches sont présentées à l'église, ainsi que les enfants nouveau-nés, qu'on leur donne un parrain et une marraine, et qu'on leur impose des noms, l'on a appelé bapléme celte bénédiction.
Alcuin, disciple de Bède et précepteur de Charlemagne , parle de cet usage comme antérieur à l'an 770; la forme en est prescrite dans le Pontifical romain et dans les rituels. Après plusieurs prières, le prêtre dit : Que celte cloche soit sanctifiée et consacrée, au nom du Père, et du F Us, et du Saint-Esprit; il prie encore, il lave la cloche en dedans et en dehors avec de l'eau bénite, il fait sept croix dessus avec l'huile sainte, et quatre en dedans avec le saint-chrême; il l'encense et il la nomme. On peut voir cette cérémonie plus en détail dans les cérémonies religieuses de l'abbé Banier.
CLOITRE, en général, signifie un monastère de personnes religieuses de l'un ou de l'autre sexe, et quelquefois il se prend pour la vie monastique; on dit dans ce sens que l'on peut faire son salut dans le cloître plus aisément que dans le monde.
La plupart des cloîtres ont été autrefois non-seulement des maisons de piété, mais aussi des écoles où l'on enseignait les langues et les arts libéraux , négligés partout ailleurs. Bède (Hist., liv. m, chap. 3) nous apprend qu'Oswald, roi d'Angleterre, donna plusieurs tern s aux cloîtres, afin que la jeunesse y fût bien élevée. La richesse des monastères n'a donc pas une source aussi odieuse que les critiques modernes voudraient le persuader. Les cloîtres de Saint- Denis en France, de Sainl-Gall en Suisse , et une infinité d'autres, dans lesquels les enfjnls des rois avaient été élevés, furent nonseulement dotés richement par ce motif mais encore décorés de plusieurs privilèges, principalement du droit d'asile. Us servaient aussi de prison, surtout aux princes, soit îcvolles, soit malheureux, exclus ou dé-
posés du trône. L'histoire byzantine et celle de France en fournissent de fréquents exemples.
Cloître (1). C'est la partie d'un monastère faite en forme de galerie ou de portique, laquelle a ordinairement quatre côtés, avec un jardin ou une cour au milieu, et règne audessous des dortoirs. Ce mot se dit encore d'une enceinte de maisons où logent les chanoines des églises cathédrales cl collégiales, et les chanoinesses de certains chapitres. On entend aussi simplement par cloître la vie monastique ou religieuse. — Anciennement ceux qui s'engageaient à la vie monastique s'engageaient à une clôture perpétuelle en entrant dans le cloître, qui était fait pour tenir les religieux clos et fermés ; mais aujourd'hui la clôture n'entre plus nécessairement dans les vœux de la profession religieuse, du moins parmi les hommes, si l'on en excepte quelques monastères, où règne encore la ferveur des premiers temps de la vie monastique. A l'égard des femmes, la clôture perpétuelle devient nécessairement leur partage dans la plupart des monastères. Il y a pourtant nombre d'ordres de religieuses qui font des vœux, et qui ne sont point assujetties à la clôture. — Quoique les religieux et les religieuses qui ne sont point cloîirés aient la liberté de sortir, celle liberté est néanmoins subordonnée à la volonté des supérieurs ou des su; éricures , c'est à-dire que les uns et les autres ne peuvent point sortir sans en demander auparavant la permission; et si elle leur est refusée, ceux ou celles qui passent outre sont dans le cas de subir la punition déterminée par la règle ou par les constitutions de l'ordre, parce qu'alors ils blessent le vœu d'obéissance, qui est la base de la subordination monastique. — Il n'est point permis aux étrangers d'entrer dans les monastères où la clôture est observée. Il n'est pas plus permis aux femmes qu'aux hommes' d'entrer chez les religieuses cloîtrées. Anciennemeul la même défense était pour les hommes comme pour les femmes à l'égard des moines; mais aujourd'hui que la plupart des religieux peuvent sortir, les hommes peuvent entrer chez eux ; quant aux femmes, elles ne peuvent point s'introduire dans la plupart des monastères qui étaient anciennement cloîirés. Cependant la défense à cet égard n'est que locale; elle n'est pas la même dans tous les diocèses. L'infraction de cette défense dans les lieux où elle est établie forme ordinairement un cas réservé à l'évêque diocésain. (Extrait du Diction, de Jurisprudence.)
CLOTURE DES RELIGIEUSES. Voy. Religieuses.
CLUNI, célèbre abbayn située en Bourgogne, dans le Maçonnais ; c'est le chef-lieu d'une congrégation de bénédictins qui en portent le nom.
Cette abbaye fut fondée sous la règle de saint Benoît, l'an 910, par Bcrnon, abbé de
(l) Oi article est reproduit d'après l'édition de Liège.
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Gigny, sons la protection et par les libéralités tle Guillaume Lr, duc d'Aquitaine et rotule d'Auvergne. Quelques auteurs moderne-, ont voulu faire remonter sa fondation à l'an 8:>G; mais leur opinion est dénuée de preuves solides. — Dans son érection , celte abbaye fut mise sous la protection immédiate du saint-siège, avec défense expresse à tous séculiers ou ecclésiastiques de troubler les moines dans leurs privilèges, et surtout dans l'élection de leur abbé. Ils prétendirent, par celte raison, être exempts de la juridiction de l'évéque, ce qui donna lieu à d'autres abbés de former la même prétention. Cette contestation a été jugée depuis quelques années en faveur de l'évéque de Màcon.
La congrégation de Cl uni est regardée comme la plus ancienne de toutes celles qui sont unies en France sous un seul chef, et qui ne composent qu'un corps de plusieurs monastères unis sous la même règle. Elle a donné à l'Eglise plusieurs personnages recommandâmes p;ir leur savoir et par leurs vertus. Dom Martin Marrier a fait imprimer à Paris, en 1014, la Bibliothèque des écrivains d», cette congrégation, en 1 vol. in-folio. Celle abbaye fut pillée et la bibliothèque brûlée par les calvinistes en 1562.
Mosheim a remarqué que l'on parle improprement, quand on d.t V ordre de Cluni, puisque celle abbaye et ses dépendances ne sont pas d'un ordre différent de celui des autres bénédictins ; On doit dire la congrégation de Cluni, comme la congrégation de baint-.Ylaur, de Saint-Vanne, etc. Mais cet auteur ne fait pas une réflexion fort judicieuse, lorsqu'il dit que saint Odon, successeur de l'abbé Beinon, premier fondateur, obligea non-seulement les moines à observer leur règle, mais qu'il y ajouia quantité de riles et de cérémonies, qui, bien qu'inuliles, malgré leur apparence de sainteté, ne laissaient pas d'être sévères et incommodes. 11 prouve lui-même que ces pratiques n'étaient pas inutiles, puisqu'il dil que cette règle de discipline combla de gloire saint OJon , qu'elle fut adoptée par tous ies couvents de l'Europe, que par ce moyen l'ordre de Cluni parvint au degré d'éminence et d'autorité , d'opulence et de dignité, dont il jouit pendant ce siècle et le suivant.
Une autre preuve de leur utilité, que Mosheim fournit lui-même, c'est que dans le xn' siècle les moines de Cluni se relâchèrent, parce qu'ils négligèrent ce qui leur avail élé prescrit par saint Od<»n. Saint Bernard rétablit ces mêmes pratiques parmi les religieux de son ordre, et ce lut avec le même fruit. Lorsque les clunisles voulurent blâmer les observances trop rigoureuses de Cllcaux , saint Bernard en fil l'apologie, et leur reprocha leur relâchement. Pierre le Vénérable, pour lors abbé de Cluni, entreprit, de son côté, de justifier ses religieux, el écrivit à saint Bernard avec beaucoup de modération ; mais il sentit si bien le tort des clunisles, qu'il fil lui-même des règlements pour se rapproclierde ceux de Ctleaux. (Flenry, Ilist. icclé$.,\. lxv:i, s ^y • 1 j.xviii, | SI.)
Mosheim en impose encore lorsqu'il repré>sente cette dispute comme une espèce de guerre scandaleuse, qui eut des suites fuuestes, cl qui causa des troubles dans plusieurs parties de l'Europe; ce fut une simple guerre de plume, et rien de plus modéré que les écrits de part et d'autre. (Mosheim, Hist» ecclés. du xc siècle, n* part., c. 2, § 11 ; du xue siècle, ne part., c. 2, § 17.)
COACTIF, revêtu du pouvoir de contraindre ou de se faire obéir par force. Les lois du souverain ont par elles-mêmes la force coactive, parce qu'il peut infliger des peines affiielives à ceux qui les violent. Les lois de l'Eglise n'ont par elles-mêmes que la force directive, puisque l'Eglise ne peut infliger que des peines spirituelles; se3 lois n'ont force coactive que quand elles ont élé autorisées par le souverain, el sont devenues lois dé l'Etat'. EU s n'en obligent pas moins les fidèles, sous peine de péché , puisque, selon la sentence prononcée par Jésus-Christ même, celui qui n'écoute pas l'Eglise doil êire regard • comme un païen et un publicain [Mat th. xvm, 17).
COACTION, violence faite à la volonté, et qui lui Ole la liberté d'agir ou de résister ; conséquemmcnl lorsque la coaction a lieu, il n'y a plus de mérile ni démérite, ni crime ni vertu dans l'action de celui qui est ainsi forcé. Knire la nécessité et la coaction, il y a celte différence que la première vienl d'un principe intérieur à celui qui agit, et que la seconde vient d'un principe extérieur. Un homme qui a jeûné pendant longtemps , éprouve, par nécessité, la faim ou le désir de manger; celui auquel on met par violence des aliments dans la bouche souffre coaction de manger. L'une et l'autre privent l'homme du pouvoir de choisir, par conséquent de la liber é ; quoiqu'un insensé ou un frénétique ne soient pas poussés par un principe extérieur, mais par la disposition intérieure de leurs organes, à faire certaines actions, lis ne sont pas censés plus libres eu les faisant que s'ils avaient élé conduits el poussés malgré eux par un homme plus fort qu'eux.
Lorsque Jansénius a enseigné que pour mériter ou démériter, dans l'état de nature tombée, il n'est pas besoin d'être exempt de nécessité, mais seulement de cooefion, c'està-dire de ne pas éprouver de violence de la part de quelqu'un, il a contredit également la saine théologie et le bon sens, el il a fait une injure sanglante à saint Augustin en lui attribuant celle doctrine absurde. V oy. Li-
BBBTÉ.
COCCEIENS, sectateurs de Jean Cox ou Coccéius, né à Brème en 1003, professeur de théologie à Leyde, et qui fit grand bruil en Hollande. Entêté du figurisme le plus outré, il regardait toute l'histoire de l'Ancien Testament comme le tableau de celle de Jésus-Christ et de l'Eglise chrétienne; il prétendait que toutes les prophéties regardaient directement et littéralement Jésus-Christ; que tous les événement! qui doivent arriver dans l'Eg'i e jusqu'à la fin des siècles son!
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figurés et designés plu-; ou moins clairement dans l'histoire sainte et dans les prophètes. On a dit de lui qu'il trouvait Jésus-Christ partout dans l'Ancien Testament, au lieu que Grotius ne l'y voyait nulle part.
Selon son opinion, avant la fin du monde il doit y avoir sur la terre un règne de Jésus-Christ qui détruira celui de l'Antéchrist, et sous lequel les Juifs et toutes les nations se convertiront. 11 rapportait toutes les Ecritures à ces deux règnes prétendus, et en faisait un tableau d'imagination. Il eut plusieurs sectateurs, et l'on prétend qu'il y en a encore un bon nombre en Hollande. Voët et Desmarest écrivirent contre lui avec beaucoup de chaleur ; mais nous ne vo , ons pas en quoi il péchait contre les principes de la réforme. Dès que tout particulier est en droit de croire et de professer tout ce qu'il voit ou croit voir dans l'Ecriture, le plus grand visionnaire n'a pas plus de tort que le théologien le plus sage ; personne n'a le droit de censurer sa doctrine. Voy. Commentaire.
COÉGAL1TÉ, égalité parfaite entre des personnes de même nature. L'Eglise a décidé contre les ariens que, dans la sainte Trinité, le Fils et le Saint-Esprit sont deux personnes coégales au Père. S'il y avait entre elles de l'inégalité, on ne pourrait plus attribuer la divinité à celle qui serait inférieure à l'autre.
COEUCOLES, adorateurs du ciel ou des astres, hérétiques qui, vers l'an 408, furent condamnés par des rescrils particuliers de l'empereur Honorius , et mis au nombre des païens. Comme dans le code théodosien ils sont placés sous le même titre que les Juifs, on croit que par cœlicoles on a voulu désigner des apostats qui avaient renoncé au christianisme pour retourner au judaïsme, mais qui ne voulaient pas être regardés comme Juifs, parce que ce nom leur paraissait odieux. Ils n'étaient pas soumis au pontife des Juifs ni au sanhéJrin ; mais ils avaient des supérieurs qu'ils nommaient majeurs ou anciens ; et l'on ne sait pas précisément quelles étaient leurs erreurs.
Il est constant que les païens ont aussi nommé les Juifs cœlicoles; Juvénal a dit d'eux :
Nil prœter nubes et cœli nomen adorant.
Celse, dans Origène, liv. i, n° 2fi, leur reproche d'adorer les anges : il le répète , 1. v, n° 6. L'auteur de la prédication de saint Pierre, cité par Origène, tout. XIII, inJoan., n°17, et par saint Clément d'Alexandrie, Strom. , liv. vi, ch. 5, forme, contre les Juifs, la même accusation , et par les anges, ces auteurs ont entendu les génies ou intelligences dont on croyait les astres animés. On a prouvé ce fait par un passage de Mairnonides. Voy. la Note de Spencer sur Orig., contre Celse, liv. i, n° 2G. — Il est vrai que plus d'une fois les Juifs ont rendu aux astres ou à V armée des cicux un culte superstitieux ; les prophètes le leur ont reproché (IV Req. xvu, 16 ; xxi, 3, 5, etc.). C'était l'idolâtrie la plus commune parmi les Orientaux. — Saint
DXT. DE TuÉOL. DOGMATIQUE. I.
Jérôme, consulté par Algasic sur le passage de saint Paul aux Colossiens , ch. u , v. 18. que personne ne vous séduise en affectant de paraître humble par un culte superstitieux des anges, répond que l'Apôtre veut parler de l'ancienne erreur des Juifs, que les prophètes avaient condamnée. Ce Père a donc peusé que par les anges saint Paul entendait les esprits moteurs du ciel et des astres, auxquels les Juifs, comme les païens, avaient rendu leur culte {Epiât. 151, n. 10. Cod. Theod., lib. xii , lit. 6, de Judœis et cœlicolis)
COÉTEHNITÉ, terme usité parmi les théologiens pour exprimer que les trois personnes divines sont également éternelles.
Les sociniens, non plus que les ariens, ne veulent pas reconnaître que le Fils de Dieu soit coéternel au Père ; mais l'Eglise l'a décidé en disant qu'il lui est consubstantiel ; et c'est ainsi qu'elle entend les paroles de saint Jean : Au commencement le Verbe était en Dieu et il était Dieu.
Pour en détourner le sens, les sociniens supposent que l'âme de Jésus-Christ a été créée avant tous les autres êtres, et que Dieu lui a donné le pouvoir de les tirer du néant. Dans cette hypothèse , comment Dieu a-t-il pu dire : C'est moi seul qui ai étendu les cicux et affermi la terre, personne n'était avec moi ? (lsai. xLiv,2i-; Jo6,ix,8).Selon les sociniens, l'âme de Jésus-Christ, qui est une personne, était avec Dieu.
COÉVÊQUE, évêque employé par un autre à satisfaire pour lui aux fonctions épiscopales : on le nomme aussi suffragant Il y a de ces évêques en France et en Allemagne, surtout chez les électeurs ecclésiastiques. Ils sont différents des coadjuteurs, en ce que ceux-ci sont désignés pour succéder à l'évêque titulaire. Il ne faut pas les confondre non plus avec les chorévêques; la plupart de ces derniers n'avaient pas reçu l'ordination épiscopale, ils étaient simples prêtres. Voy. Chorévêques.
COEUll, se prend, dans l'Ecriture sainte, 1° pour l'intérieur ou le lieu le plus profond ; ainsi il est dit (Ps. xlvi, 5) que les montagnes seront transportées dans le coeur de la mer; et dans saint Matthieu, chap. xn, v. 40, que le Fils de l'homme demeurera trois jours et trois nuits dans le cœur de la terre. — 2° Pour les pensées intérieures, les désirs cl les affections de l'homme. Dans ce sens, Dieu sonde les cœurs et les reins (Ps. vu, 10) ; connaît les pensées et les affections les plus secrètes. Où est votre trésor, !à est votre cœur (Matth. vi, 1) : là sont toutes vos affections. C'est dans le même sens que l'Ecriture attribue à Dieu un cœur et des entrailles. Gen. vi, 6, il est dit que Dieu fut affligé dans sou cœur, pour exprimer une grande indignation. Jérém., c. x.x, v. 5 : Cela n'est point entré dans mon cœur, c'est-à-dire je ne l'ai point voulu ni ordonné. Il est dit de David, (/ Reg. xin, li) : Le Seigneur s'est choisi un homme selon son cœur; plusieurs critiques ont deman lé comment un roi coupable d'adultère et d'homicide pouvait être selon le cœur de Dieu; mais alors David n'avait en-
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coro commis aucun crime; les paroles citées Signifient seulement : le Seigneur s'est choisi nu liorame tel qu'il lui plaît, et pour lequel il a île l'affection. —3° Le cœur désigne quelquefois les réflexions ou la sagesse ; dans les Proverbes, c. xxvui, v. 28, un homme sans cœur est un insensé ; se fier à son cœur, c'est se fier à sa propre sagesse. — ka II signifie aussi, comme en fiançais, le courage et la valeur (Deut. xxvi , 8, etc.). — 5° Dans le sens le plus ordinaire, il exprime la volonté, les désirs, les résolutions ; ainsi Dieu change nos cœurs par sa grâce, lorsqu'il nous fait vouloir ce que nous ne voulions pas, quelquefois môme le contraire de ce que nous avions résolu.
* CGEUK (Dévotion au sacré). < Celte dévotion symbolique, disent les auteurs des notes de l'édition «le l.eforl, qui s'est d'autant plus propagée, depuis un certain nombre d'années parmi les aines pieuses, que l'amour du Fils de Dieu s'effaçait davantage parmi les hommes, ne consiste pas à aiufer seulement et à honorer d'un culte singulier ce cœur de chair, semblahle au nôtre, qui forme une partie du corps adorable du Sauveur. Son objet et s <n motif principal est l'amour immense du Fils de Dieu, amour qui l'a porté à se livrer pour nous à la mort, à se donner tout à nous dans l'auguste sacrement de l'autel, sans que toutes les ingratitudes, tous les mécomptes, toutes les injures, tous les outrages qu'il devait recevoir en cet état de victime immolée jusqu'à la lin des siècles, et qui lui étaient parfaitement connus, aient pu l'empêcher de s'exposer encore chaque jour aux insultes et aux opprubies des hommes, pour nous témoigner plus efficacement l'excès de sa tendresse. La lin qu'on se propose est : 1° de reconnaître et d'honorer autan», qu'il est en nous, par nos fréquentes adorations, par nos reniereîniciits et par toutes sortes d'hommages, les admirables dispositions de ce Cœur sacré, les sentiments d'amour que Jésus-Christ a actuellement pour nous dans l'Eucharistie ; 2° de réparer, par toutes les voies possibles, les indignités et les outrages auxquels cet amour l'expose tous les jours dans le saint sacrement. Et parce que nous avons besoin, dans l'exercice des dévotions, même les plus spirituelles, d'objets naturels et sensibles qui, nous frappant davantage, nous en renouvellent le souvenir et nous en facilitent la pratique, on a choisi le sacré Cœur de Jésus comme l'objet sensible le plus digne de nos respects et de nos ad rations. C'est là, dit saint Thomas, la source et le siège de cet amour immense dont lu Sauveur a toujours brûlé pour tous les hommes, amour que nous prétendons être l'objet particulier de celte dévotion. Ainsi la tendresse sans bornes que Jésus a pour nous ei dont il nous donne des preuves si visibles dans l'Eucharistie, est le principal motif de la dévotion ; la lépiraiion du mépri3 qu'on fait de celle tendresse est la lin principale qu'on s'y pfi pose ; le sacré Cœur de Jésus, tout embrasé d'amour, en est l'objet sensible ; un dévouement aussi affectueux qu'ardent pour la personne du Sauveur en doit être le l'rut.
« Une foule de saints avaient autorisé la dévotion au sacré Cœur de Jésus et montré combien elle esi utile au sa'ul des homii.es, avant qu'une vénérable tille dé la Visitation, éclairée des plus vives lumières de l'esprit de Dieu, fût choisie pour la propager.
1 Celte dévotion, inspirée à la vénérable Marguerite Marie Alacoque ; établie par le I'. de la (lolo.nbière, serviteur de Dieu, encore plus illustre par sa gluii'u-e qualité do confesseur de Josus-Uinsl en Angleterre, que par ses excellents ouvrageset par son titre de prédicaieurde la duchesse d'York, qui devint reine du la Grande-Bretagne; sanctionnée par l'estime de loulcs le-> personne^ chez, qui la vertu éga-
lait le mérite ; confirmée d'une manière si éclatante par les prodiges qui en manifestaient l'efficacité, et au nombre desquels on doit placer la cessation subite de la peste de Marseille ; celte dévotion, disonsnous, se propagea avec un succès merveilleux dans toute la France, s'étendit jusqu'en Pologne, franchit les mers, fleurit à Malte ei à Québec, s'avança dans, les Indes et même eu Chine, autorisée qu'elle était par plusieurs brefs, entre autres par un bief de Beiioîi XIV du 28 mai 1757. Le 28 janvier Î7G5, un décret de la congrégation des Kites ayant approuvé le culte du Cœur de Jésus, Clément XIII sanctionna ce dei rei le G lévrier suivant. C'est peu après que les évoques de l'assemblée du clergé de France arrêtèrent, dans une délibération à ce sujei, de faire célébrerceite fètedaus leurs diocèses, et d'engager leu;s collègues à suivre cet exemple : ce qui fut. exécuté. «Plusieurs prélats donnèrent même des mandements pour indiquer à leurs fidèles ce qu'ils devaient penser sur celle dévotion, et pour répondre aux objections de ceux qui la critiquaient; car elle n'avait pas l'approbation de tout le monde. Les uns, aux yeux de qui toute pratique religieuse est superstition, se moquaient de celle-là comme du reste. Les autres, qui s'unissaient encore sur ce point aux philosophes, parlaient de la dévotion au Sacré-Cœur comme d'une espèce d'idolâtrie, et la tournaient en ridicule en toute occasion. Ils éciivirenl même contre; et il est remarquable qu'ils se servirent souveul des objections avec lesquelles les protestants coin battent l'Eucharistie. Mais les vrais lidèles savent assez que le culte du sacré Cœur n'est qu'une manière d'exciter en nous l'amour du Fils de Dieu, et l'approbation de l'Eglise suffit à ceux qui ne chercheraient qu'à s'éclairer. Cela n'a pas empêché quelques esprits ardents d'en fai:e une hérésie sous le nom de Cordicoles. t
Pour répondre à ces adversaires de la plus belle et de la plus douce des dévotions, nous aurions pu nous contenter d'en appeler au témoignage de l'Eglise univers>elle : mais nous voulons encore la justifier par des fans adoptés depuis des siècles sans aucune contradiction. Jésus-Clinsi n'est point divisédans l'Eucharistie ; nous adorons en lui une personne en deux natures. En vertu de sou union hyposiatique, son humanité participe aux honneurs dus à sa divinité. L'Eglise adore dans l'Eucharistie non-seulement sa nature divine, mais son corps et son sang. Une fête particulière est consacrée à ses plaies adorables. Nous adorons les épines dont son Iront (ut couronné, les clous qui percèrent ses mains et ses pieds, la croix où il expira. Nous adorons le nom même de Jésus, devant lequel tout genou doit fléchir dans le ciel, sur la œrre et dans les enfers. Pourquoi refuserions-nous nos hommages à ce Cœur sacré, la plus noble et la plus louciiante portion de son humanité ; le siège de son amour pour les hommes? Rien donc de plus raisonnable que la dévotion au sacré Cœur.
* COE U II ( Institut du Sache-). Il se forma dans le Liban, en 1747, un institut de religieuses sous le nom auguste du S.icré-Cœur. Sœur Marie-Agénie Eudic en fut la fondatrice. Bientôt l'institut voulut marcher par une voie extraordinaire. Agénie avait, assurait elle, des communications intimes avec le cœur du Sauveur ; elle y puisait des lumières spéciales. Elle devint prophéiesse, annonça les plus grandes Calamités. Une sœur Catherine partagea ses illusions, annonça l'avenir comme elle. Les femmes à vision lâchent toujours de surprendre les autorités ecclésiastiques, afin de répandre plus facilement leurs prétendues révélations. L'évéque Germain Dialo et le patriarche l'ieire Stéphani se laissèrent surprendre. 'foui le Liban fut bientôt dans la confusion la plus complète. Il fallut recourir au siège apostolique, qui, api es avoir examiné la cause, ordonna de brûler les cents des deux religieuses Cl condamna leurs vi-
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skms comme des illusions du démon. Le patriarche refusa de se soumettre ; il fui frappé d'interdit par le souverain pontife. Pie VII le rétablit dans l'exercice de ses fonctions lorsqu'il se fut soumis aux décisions de Ja chaire de Pierre.
* COEUR (Congrégation du Sacré-) C'est un institut récent de religieuses qui se consacrent à l'éducation des personnes du sexe. La sagesse de l'éducation que ces religieuses donnent a fait multiplier leurs établissements en France, eu Italie et en Amérique. Elles produisent partout le plus grand bien.
COLARRASIENS, sectateurs de Colarbase, hérétique du ne siècle de l'Eglise, et qui était disciple de Valenlin. Aux dogmes et aux rêveries de son maître, il avait ajouté que la génération et la vie des hommes dépendaient des sept planètes ; que toute la perfection et la plénitude de la vérité étaient dans l'alphabet grec, puisque Jésus-Christ était nommé alpha et oméga. Philastre elBaronius ont confondu Colarbase avec un autre hérétique nommé Bassus ; mais saint Augustin, Théodoret et d'autres les distinguent. Saint Irénée et Teilullien ont aussi parlé de Colarbase et de ses disciples, comme d'une branche des valentiaiens. Voy. AIaucosiens. COLÈRE, passion que Jésus-Christ s'est particulièrement appliqué à réprimer : toutes ses maximes respirent la douceur, la charité, la patience. Ileureux, dit- il, les pacifiques, ils seront appelés les enfants de Dieu. Heureux les hommes doux et débonnaires , ils seront les maîtres sur la terre. Soyez miséricordieux comme votre Père céleste. Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes, etc.
La plupart des anciens philosophes ont autorisé la colère et la vengeance , ont regardé la douceur comme une faiblesse. Quelques-uns , plus sensés, ont compris que la colère est toujours injuste, que l'homme irrité veut le mald'aulrui et non son propre bien ; que la vertu, qui est la force de l'âme, consiste principalement à nous vaincre nous-mêmes, et à réprimer les mouvements impétueux qui troublent notre âme. Plusieurs stoïciens ont débité sur ce sujet de très-belles maximes. Il est certain que de toutes les passions , la colère est la plus capable de déranger l'économie animale ; souvent on a vu des personnes d'un caractère violent expirer par un transport de colère. — La raison devrait donc suffire pour nous eii préserver; mais comme le remarque trèsbien un philosophe moderne, pour vaincre une passion, pour le vouloir même, il faut que l'âme raisonne, qu'elle examine, qu'elle pèse les raisons d'agir et de se retenir : or, le arguments de la raison se succèdent avec lenteur, les impulsions du sentiment, au contraire sont rapides, et elles ont déjà emporté l'homme avant qu'il ait délibéré sur ce qu'il aurait dû faire. Dans les passions tumultueuses, la raison se lait ; elle laisse l'homme sans défense au milieu du danger, et ne lui fournit des armes que lorsqu'il n'en a pluf besoin; elle ne revient à nous que pour nous accabler de honte et de remords après notre défaite. La religion seule peut donc nous soutenir pendant le combat, ou nous conso-
ler de notre faiblesse par l'espérance du pardon. Voy. Passion.
Colère de D;eu. u La colère de Dieu , dit saint Augustin, n'est rien autre chose que la justice par laquelle il punit le crime : ce n'est point en Dieu une passion ou un trouble de l'âme comme la colère de l'homme, mais une perfection que l'Ecriture exprime en disant : Pour tous , Seigneur tout-puissant, vous jugez avec une tranquillité parfaite,» lib. xiii de ï'rinit., c. 16. « Toute punition, dit-il encore, est nommée colère de Dieu; mais ordinairement Dieu punit pour corriger, quelquefois pour damner. Selon l'Ecriture, il châtie tout enfant qu'il aime; mais il punira pour damner lorsqu'il aura mis les impies à sa gauche, et qu'il leur dira : Allez, maudits, au feu éternel. » [Serm. 2 in Ps. lviii, n° 6). « Tout ce que nous souffrons en ce monde est un châtiment de Dieu qui veut nous corriger, pour ne pas nous damner à la fin. » (Serm. 22, c. 3, n° 3; Serm. 471, rff Verbis Apostoli, n° 5; Enar. in Ps. en, n. 17 et 20, etc.) Ce que nous appelons colère de Dieu dans cette vie est donc souvent un effet de miséricorde. Lactance , qui a fait un traité de la Colère de Dieu, se borne à prouver, contre Epicure, que Dieu récompense la vertu et punit le crime. Voy. Justice de Dieu.
COLÉTANS, franciscains, ainsi appelés de la B. Colette Boilet, de Corbie, dont ils embrassèrent la réforme au commencement du xv* siècle. Ils conservèrent ce nom jusqu'à la réunion qui se fit de toutes les réformes de l'ordre de Saint-François, en vertu d'une bulle de Léon X, en 1517. Par la même raison, les religieuses colélines reprirent le nom général d'observantines ou de clarisses .
COLLATINES. Voy. Oblates.
COLLECTE, dans la messe de l'Eglise romaine, et dans la liturgie anglicane, signifie une prière ou oraison convenable à l'office du jour, et que le prêtre récite avant l'Epître. En général, toutes les oraisons de chaque office peuvent être appelées collectes, parce que le prêtre y parle toujours au nom de toute l'assemblée, dont il résume les sentiments et les désirs par le mot oremus , prions ; c'est la remarque du pape Innocent 111, et parce que, dans plusieurs auteurs anciens, l'assemblée même des fidèles est appelée collectes.
Quelques-uns attribuent l'origine de ces oraisons aux papes Gélase et saint Grégoire le Grand; mais il est très-probable que ces deux papes, dans leurs Sacramentaires, n'ont fait que rassembler et mettre en ordre les prières qui étaient déjà en usage avant eux, et en ont ajouté pour les nouveaux offices. Claude Despense, docteur de la Faculté de Paris, a fait un traité particulier des collectes, où il parle de leur origine, de leur antiquité, de leurs auteurs, etc. — Le P. Le- " brun [Explic. des cérëm., tom. I, p. 192), a fait voir que ces collectes ou prières communes, qui se font par le prêtre au nom da toute l'assemblée, sont de la plus haute anti-
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quité, et datent du temps des apôtres. L'es pi il du christianisme veut que les désirs, les prières, les bonnes œuvres soient communes entre les fidèles, et c'est en cela que consiste la communion des saints. Ces prières n'ont pas été mises d'abord par écrit, les prêtres se les transmettaient par tradition; mais elles ont toujours exprimé la foi, les espérances, les sentiments communs des fidèles : c'est la voix de l'Eglise entière qui s'exprime par la bouche de ses ministres. On peut donc y puiser avec une entière certitude sa croyance et sa doctrine.
Collecte signifie aussi les quêtes que l'on faisait dans la primitive Eglise, pour soulager les pauvres d'une autre ville ou d'une autre province ; il en est fait mention dans les Actes et dans les Epîtrcs des apôtres.
COLLÈGE. On a quelquefois donné ce nom à l'assemblée des apôtres, et l'on a dit le collège apostolique; par analogie , on a nommé sacré collège le corps des cardinaux de l'Eglise romaine , formé de soixantedouze membres, par allusion aux soixantedouze disciples du Sauveur.
COLLÈGE DES CARDINAUX (1). Le collège des Cardinaux, qu'on appelle aussi le sacré-collège, est le corps des cardinaux, divisés en trois ordres différents , six évoques, cinquante prêtres et quatorze diacres. Chacun de ces ordres a son doyen ou chef, le cardinal-évèque d'Oslie est le doyen de l'ordre des évêques et de tout le sacré-collège. — Suivant la discipline actuelle de l'Eglise, le collège des cardinaux est, dans l'ordre hiérarchique, la seconde dignité ecclésiastique; car un cardinal a le pas et la préséance sur tous les primats, archevêques et évêques. (Extrait du Dictionn. de Jurisprudence.)
COLLÉGIALE, église desservie par des chanoines séculiers ou réguliers. Dans les villes où il n'y avait point d'évêque, le désir de voir célébrer l'office divin avec la même pompe que dans les cathédrales, fit établir îles églises collégiales, des chapitres de chanoines qui vécurent en commun et sous une règle comme ceux des églises cathédrales. Un monument de celte ancienne discipline sont les cloîtres qui accompagnent ordinaiicment ces églises. Lorsque le relâchement •le la vie canoniale se fut introduit dans quelques cathédrales, les évêques choisirent <eux d'entre les chanoines qui étaient les plus réguliers , en formèrent des détachements , établirent ainsi des collégiales dans leur ville épiscopale. Insensiblement la vie commune a cessé dans les églises collégiales anssi bien que dans les cathédrales ; c'est ce qui a fait naître les congrégations des chanoines réguliers qui oui continué à vivre en commun.
COLLÉGIENS, nom d'une secte formée des arminiens cl des anabaptistes en Hollande. Ils s'assemblent en particulier tous les premiers dimanches de chaque mois, et chacun
(I) Cet article est reproduit d'après l'édition do
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a dans ces assemblées la liberté de parler, d'expliquer l'Ecriture sainte , de prier et de chanter.
Tousccsco//c'<7tenssonl socinieus ou ariens; ils ne communient point dans leur collège, mais ils s'assemblent deux fus l'an , de toute la Hollande, à Hinsbourg, village situé à deux lieues de Leyde, où ils font la communion. Ils n'ont point de ministre particulier pour la donner; mais celui qui se met le premier à la table la donne , et l'on y reçoit indifféremment tout le monde , sans examiner de quelle religion il est. Ils donnent le baptême en plongeant tout le corps dans l'eau. — A proprement parler, ces collégiens sont les seuls qui suivent dans la pratique les principes de la réforme, selon lesquels chaque particulier est seul arbitre de sa croyance, du culte qu'il veut rendre à Dieu, et de la discipline qu'il veut suivre. A la vérité leur communion ne met entre eux qu'une union très-légère et purement extérieure.Ce n'est plus là l'unanimité de croyance et de sentiment que saint Paul recommandait aux fidèles ( Philipp. i , 27 ; h ,2 , etc.). Les Juifs et les païens, sans blesser leur conscience, pourraient fraterniser avec eux.
COLLUTHIENS, hérétiques du îv" siècle, sectateurs de Colluthus, prêtre d'Alexandrie. Ce prêlre, scandalisé de la condescendance que saint Alexandre , patriarche de celte viile , eut dans les commencements pour Arius , dans l'espérance de le ramener par la douceur, fit schisme, tint des assemblées séparées, osa même ordonner des prêtres , sous prétexte que ce pouvoir lui était nécessaire pour s'opposer avec succès aux progrès de l'ananisme. Bientôt il ajouta l'erreur au schisme : il enseigna que Dieu n'a point créé les méchants , et n'est pas l'auteur des maux qui nous affligent. Osius le fit condamner dans un concile qu'il convoqua à Alexandrie en 319.
COLLYRID1ENS, anciens hérétiques , qui reniaient à la sainte Vierge un culte outré et superstitieux. Saint Epiphane , qui en fait mention, dit que les femmes d'Arabie, entêtées du collyridianisme, s'assemblaient un jour de l'année pour rendre à la Vierge un culte insensé , qui consistait principalement dans l'offrande d'un gâteau , qu'elles mangeaient ensuite à son honneur. Leur nom vient du mot grec collyre, petit pain ou gâteau. — Suivant le récit de ce Père, Hœres.ld, ces femmes adoraient la sainte Vierge comme une divinité, et lui rendaient le même culte qu'à Dieu, puisqu'il conclut ses réflexions par dire , qu'il faut adorer le Père, le Fils et le Saint Esprit, mais qu'il ne faut pas adorer Marie, qu'il faut seulement Vhonorer.
Bas nage ( Histoire de l'Eglise, 1. xx, c. 2, § k et suiv.) a disserté beaucoup sur celte hérésie; de la manière dont saint Epiphane l'a réfutée, il conclut que, suivant le sentiment de ce Père, on ne doit rendre a Marie aucun culte religieux ; il argumente, à son ordinaire, sur l'équivoque du terme adorvt et adoration. Nous avons remarqué, et il
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en convient lui-môme, quo, dans l'origine, adorer a simplement signifié saluer, faire la révérence ou se prosterner, témoigner du respect par un signe extérieur; conséquemftient les auteurs sacrés l'ont employé à l'égard de Dieu , des anges et des personnes vivantes. A l'égard de Dieu , il signifie le «tulle suprême et incommunicable ; à l'égard des anges, un culte religieux, inférieur et subordonné ; à l'égard des hommes, un culte purement civil. Il en est de même du mot culte, qui, dans le sens primitif, ne signifie rien autre chose que respect, honneur, révérence, vénération. Le culte est ou religieux , ou purement civil , selon l'objet auquel il, s';tdresse, et selon le motif par lequel il est rendu. Voy. Culte.
Lorsque les Pères de rRglise et les écrivains ecclésiastiques ont entendu par adoration le culte suprême, ils ont dit, comme saint Epiphane, qu'il faut adorer Dieu seul, et qu'il faut seulement honorer les saints ; nous le disons de môme et dans le même sens. Mais nous soutenons que Vhonneur que nous rendons ;iux anges, aux saints, aux images, aux reliques , est un culte, puisque honneur et culte sont synonymes; nous ajoutons que c'est un culte religieux , parce que nous le leur rendons par un motif de religion, par le motif du respect que nous avons pour Dieu lui-môme. Nous respectons et nous honorons dans les saints l'amour que Dieu a eu pour eux, les grâces dont il les a comblés , le bonheur éternel auquel il les a élevés, le pouvoir d'intercession qu'il a daigné leur accorder; c'est par ce moiif que nous honorons leurs images et leurs reliques. Quand on dit que nous les adorons , si par là l'on entend que nous nous inclinons, que nous nous mettons à genoux, que nous nous prosternons pour témoigner notre respect , nous ne disputerons pas sur le terme , puisque nous faisons la même chose à l'égard des personnes virantes, mais par un motif différent. Si l'on en conclut, comme Basnage et les autres prolestants , que nous leur témoignons le même respect qu'à Dieu, et que nous leur rendons le culte suprême qui n'est dû qu'à lui seul, nous répondrons que celle imputation est un trait de mauvaise loi et de malignité.
Parce que des femmes et des ignorants slupides ont souvent péché par excès dans celte dévolion, parce que des écrivains mal instruits, el (jui ne pesaient pas la valeur des termes , se sont mal expliqués sur ce sujel , il ne s'ensuit rien contre la croyance el contre la doctrine de l'Eglise catholique , ni contre les pratiques qu'elle approuve ; elle n'est pas obligée d'entretenir des professeurs de grammaire pour démêler les équivoques, les sophisrnes et les calomnies toujours renaissantes des protestants. Cent lois on 1 s a réfutés , et cent fois ils les recommencent, parce que c'est un prétexte pour eu imposer aux simples cl nourrir leur entêtement. Voy. Culte, Marie, Saints, Images , eic.
Si les femmes de l'Arabie n'avaient offert
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des gâteaux à la sainte Vierge que pour la supplier de remercier Dieu de la nourr.lure qu'il daigne accorder aux hommes, cette pratique aurait été très-innocente; par là ces femmes n'auraient reconnu dans Marie qu'un pouvoir d'intercession Si elles les lui offraient dans la persuasion que c'était la mère de Dieu elle-même qui leur accoidait celle nourriture par son propre pouvoir, et dans l'intention de lui en demander la continuation, c'était alors un culte superstitieux , et qui tenait de l'idolâtrie ; il venait du même motif par lequel les païens faisaient des offrandes à leurs dieux. Voy. Idolâtrie.
COLOMB (saint). Il y a eu autrefois dans les îles Britanniques une congrégation de chanoines réguliers de ce nom, qui était fort étendue, et qui était composée de cent monastères. Elle avail élé établie par saint Colomb, Colm, ou Colmkil e, Irlandais de nalion, qui vivait dans le vie siècle , et qu'on appelle aussi saint Colomban ; mais il ne faut pas le confondre avec un autre saint Colomban, son compatriote et son contemporain, fondateur et premier abbé du monastère de Luxeuii en Franche-Comté. On voit encore une règle envers, qu'on croit avoir été dictée par saint Colomb à ses chanoines ou moines; elle est en ancienne langue iï landaise, et elle a élé tirée des règles des anciens moines de l'Orient. Voyez Vie des Pères et des Martyrs, t. V, p. 208.
COLOHITES, congrégation d'Àuguslins , ainsi appelée de Colorito , petite montagne voisine du village de Morano, dans le diocèse de Cassano, et dans laCalabrc citéricure. Ce fut dans une cabane proche d'une église dédiée à la sainte Vierge sur cette montagne, que se retira, en 1530, Bernard de Hogliano, el qu'il commença l'institution de la congrégation des Colorites.
COLOSSiENS. La lettre de saint Paul aux Colossiens leur fut écrite de Home l'an 62, lorsque l'Apôtre y était dans les chaînes. Pour préserver ces nouveaux fidèles de toute tentation de retourner au judaïsme ou au paganisme, saint Paul leur donne la plus haute idée de Jésus-Christ, du bienfait de la rédemption, de la grâce que Dieu leur a faite en les appelant à la foi, el les leçons de conduite les plus sages. — On remarque beaucoup de ressemblance entre cette Epîlre et celle que saint Paul écrivit en même temps aux Ephésiens ; l'Apôtre, dans plusieurs passages de l'une et de l'autre, emploie les mêmes expressions.
Les protestants ont beaucoup insisté sur le verset 18 du chapitre n, où saint Paul dit : Qw; personne ne vous séduise par une affecta ion d'humilité , et parle culte des anges , mare'iant dam une voie qu'il ne connaît pas, et enflé d'un orgueil vain et charnel. Us en ont c mclu que saint Paul réprouve tou!e espèce de culte rendu aux an^cs. De même, v. 20 et 2; , il blâme les abstinences que certains docteurs voulaient prescrire aux Colossiens ; mais si on veut lire atteitli veinent lout ce qui précède cl ce qui suit , on
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verra que l'unique dessein de saint Paul est de détourner les Colossiens des pratiques du judaïsme, auxquelles de faux apôtres avaient voulu les assujettir. Or, au mot Coelicoles, nous avons vu que les Juifs ont été accusés d'adorer les anges, c'est-à-dire, les intelligences ou génies dont on croyait les astres animés ; culte non-seulement superstitieux , mais idolâlrique, formellement défendu par la loi de Moïse, et encore plus contraire à la doctrine de Jésus-Christ; c'est pour cela que l'Apôtre ajoute que ces gens-là ne demeuraient point attachés à ce divin Sauveur , qui est le chef de l'Eglise et la source de toutes les grâces. Mais ne peut-on pas honorer cl invoquer les anges dont il est fait mention dans l'Ecriture sainte, parce qu'ils sont les ministres et les ambassadeurs dont Dieu s'est servi pour annoncer aux hommes les mystères de Jésus-Christ? Ce divin Sauveur lui-même, après son ascension dans le ciel , a envoyé ces esprits bienheureux pour délivrer saintPierrede ses liens, pour révéler à saint Jean les destinées de l'Eglise , etc. ; les honorer, ce n'est donc pas se détacher de Jésus-Christ, puisqu'on ne leur attribue «l'autre pouvoir que d'exécuter ses volontés sur la terre. Voy. Ange.
Ce n'est pas non plus ressusciter le judaïsme que de pratiquer des abstinences, non par le même motif que les Juifs, mais pour accomplir le précepte que saint Paul impose aux Colossiens , dans cette même lettre, c. m , v. 5, de mortifier les désirs déréglés de la chair, au nombre desquels on doit certainement mettre la gourmandise.
Voi/. Abstinence.
COLYBES, nom que les Grecs, dans leur liturgie, ont donné à une offrandede froment et de légumes cuits , qu'ils font à l'honneur des saints, et en mémoire des morts; Balsamon, le P. Goar et Léon Allalius ont écrit sur celte matière.
Les Grecs font bouillir une certaine quantité de froment et la mettent en petits monceaux sur une assiette, ils y ajoutent des pois piles, des noix hachées et des pépins de raisin ; il divisent le tout en plusieurs compartiments séparés par des feuilles de persil, et c'est à cette composition qu'ils donnent le nom de xok\>P,«. — Ils ont, pour la bénédiction des colybes, une formule particulière, dans laquelle ils font des vœux pour que Dieu bénisse ces fruits et ceux qui en mangeront , parce qu'ils sont offerts à sa gloire en mémoire <'e tel saint et de quelques fidèles décédés. Balsamon attribue à saint Athanase l'institution de cette cérémonie; mais le Synaxaire% qui est une Vie des saints en abrégé, en fixe L'origine au temps de Julien l'Apostat ; il dil que ce prince ayant fait profaner le pain et les. autres denrées qui se vendaient au marché de Conslanliuople au commencement du carême, par le sang des viandes immolées, le patriarche Eudoxe ordonna aux chrétiens de ne manger que des colybes, nu du froment cuit; et que c'est in mémoire de cet événement qu'on a coutume de bénir cl de distribuer les
colybrs aux fidèles, le premier samedi de carême.
On peut consulter un petil Traité des colybes, écrit par Gabriel de Philadelphie, pour répondre aux imputations de quelques écrivains de l'Eglise latine, qui désapprouvaient cet usage : traité que M. Simon a fait imprimer à Paris, en grec et en latin, avec des remarques.
COMMANDEMENTS DE DIEU. On donne principalement ce nom aux dix préceptes que Dieu fit graver par Moïse sur des tables de pierre , comme le fond et le sommaire de la morale. Voy. Décalogue. Jésus Christ a observé dans l'Evangile qu'ils se réduisent à deux , à aimer Dieu sur toutes choses , et le prochain comme nous-mêmes. C'est le sommaire de la morale chrétienne , aussi bien que celle des Juifs; il n'a pas été inconnu aux patriarches, puisque c'est la loi naturelle : on le trouve, tout entier dans le livre de Job, et il vient de la révélation primitive que Dieu avait donnée à nos premiers parents.
Quoiquecetleloi n'ordonne rien qui ne soit prescrit par la loi naturelle et conforme à la droite raison, aucun peuple n'a parfaitement connu cette morale que #par la révélation. Les philosophes mêmes, avec toute leur sagacité , ont été dans l'erreur sur plusieurs articles essentiels; la plupart ont approuvé la vengeance, le mensonge, le meurtre des enfants, la prostitution; ils ont méconnu le droit des gens, etc. Voy. Mohale. — Dieu, sï»ns déroger à sa sagesse, à sa bonté, à sa justice, a pu faire aux hommes d'autres commandements, leur donner des lois positives, auxquelles ils sont obligés de se conformer lorsqu'ils les connaissent. Voy. Lois divines positives.
Commandements de l'Eglise, lois que les pasiôurs de l'Eglise ont faites en différents temps, pour établir l'ordre et l'uniformité , soit dans le culte divin, soit dans les mœurs. Sanctifier les fêles, assister à la messe, observer l'abstinence et le jeûne à certains jours, respecter les censures ecclésiastiques, etc., sont des devoirs que l'Eglise a été en droit d'imposer aux fidèles, et auxquels ils sont obligés en conscience de satisfaire. — Au mot Lois ecclésiastiques , nous prouverons que l'Eglise a reçu de Jésus-Christ le pouvoir de faire des lois, que celte autorité lui était nécessaire, qu'elle en a fait usage depuis les apôtres jusqu'à nous , qu'il n'en résulie aucun inconvénient à l'autorité des souverains, ni au gouvernement civil d. s Etats ; les clameurs de ses ennemis contre les lois de discipline établies par 1 Eglise , sont frivoles cl injustes.
COMMÉMORATION, COMMÊMORAISON, souvenir que l'on a de quelqu'un, prière ou cérémonie destinée à en rappeler la mémoire. Parmi les catholiques romains, ceux qui meurent font souvent des legs à 1 Eglise, a charge que l'on dira pour eux tant de ruesses . et que l'on fera commémoration d'eui »l. lus les prières. Commémoration se dit encore, dans la ri citation du bré-
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viairc, de la mémoire que l'on fait d'un saint, ou de la férié, par une antienne, un Verset et une oraison , à laudes et aux vêpres, et par une collecte, une secrète et une post-communion à la messe.
La commémoration des morts est une fête qui se célèbre le second jour de novembre, en mémoire de tous les fidèles trépassés ; elle fut instituée dans le xie siècle par saint Odilon, abbé de Cluni. A l'article Morts, nous prouverons l'antiquité de l'usage établi dans l'Eglise chrétienne de prier pour les morts, les conséquences qui en résultent à l'avantage de la société, l'injustice desplainles que les prolestants ont faites contre cet acte de charité. — Dès les premiers siècles de l'Eglise, l'usage s'établit de faire, dans les assemblées chrétiennes, la commémoration des martyrs , le jour anniversaire de leur mort; la question est de savoir quelle était l'intention des fidèles dans celte pratique ; nousdisons que c'est un témoignage du culte rendu aux martyrs ; les protestants soutiennent qu'il n'y a dans cette coutume aucune marque ni aucune preu\e de culle. Basnage, qui a traité exprès cette question (Hist. de l'Eglise, liv. xvm, c. 7, §3 etsuiv.), prétend que l'on agissait ainsi, 1° afin d'honorer la mémoire de ceux qui avaient combattu pour Jésus-Christ ; ainsi s'exprimait l'Eglise de Smyrne en parlant du martyre de sainl Polycarpe. 2° Afin que les fidèles fussent encouragés par cet exemple à souffrir pour leur foi. 3° Dans les Constitutions apostoliques, 1. v i : i , c. 13 , il est dit : Faisons mémoire des martyrs, afin que nous soyons trouvés dignes de participer à leurs combats. k° Saint Cyprien, epist. 1*2 et 39, dit: Nous offrons des sacrifices pour les martyrs toutes les fois que nous célébrons la commémoration anniversaire de leur passion. Ces sacrifices, selon Basnage, étaient les oblations que l'ou présentait à l'autel, et on les faisait pour attester que l'on conservaitavec les martyrs l'union, qui est appelée dans 1; symbole la communion des saints. Ces oblations n'élaient point faites aux martyrs, mais à Dieu pour les martyrs.
Dans tous les éloges qu'en ont faits les auteurs des trois premiers siècles, nous ne trouvons aucune prière ni aucun vestige d'invocation adressée aux martyrs. L'Eglise de Smyrne dit : Nous aimons les martyrs, mais nous n'adorons que Jésus-Christ (Eusèbe, liv. iv, c. 15). Enfin, aucun des auteurs païens qui ont écrit contre le christianisme, n'a reproché aux chrétiens d'adorer, d'invoquer, ni de prier les martyrs. De toutes ces preuves, les protestants concluent que le culle des martyrs n'a commencé qu'au ive siècle. — Quand cela serait vrai , nous présumerions encore qu'au ive siècle l'on savait, pour le moins aussi bien qu'au xvie, ce qui élail conforme ou opposé à l'esprit du christianisme, ce que Jésus -Christ et les apôtres avaient commandé , conseillé , permis ou défendu; qu'à cette époque Jésus-Christ n'a pas permis sans doute que son Eglise, qui jusqu'alors avait témoigné la
plus grande horreur de l'idolâtrie, s'en rendît tout à coup universellement coupable. Mais nous avons de plus fortes preuvesqu'une simple présomption.
1° Nous demandons quelle différence il faut mettre entre honneur et culle , entre culte religieux et honneur rendu par motif de religion; lorsque les protestants auront satisfait à cette question, nous parviendrons peut-être à nous accorder ou du moins à nous entendre sur le reste. L'honneur rendu aux martyrs n'était certainement inspiré par aucun motif humain, par aucun intérêt temporel, par aucune considération puisée dans la nature ; il était donc suggéré par la foi et par la religion. — 2° Nous voudrions savoir en quoi consiste la communion des saints, que l'on voulait entretenir avec les martyrs; selon l'idée que nous en donnent les apôtres, c'est la participation ou la communication mutuelle de prières, de bonnes œuvres, de secours, d'assistance, de bienfaits spirituels et temporels (Rom. xn, 13 ; Galat. vi, 6; Hebr. xi:i, 16; ) Pétri, iv, 8). A quoi se réduirait cette communication ave.c les martyrs après leur mort, s'ils ne pouvaient ni prier, ni intercéder pour nous, ni nous secourir en aucune manière; et de quoi nous servirait-elle? Basnage ne s'explique pas là-dessus. — h* Nous disons, aussi bian que l'Iiglise de Smyrne, que nousadorons Jésus-Christ seul, dès que l'on enlend par adoration le culte divin et suprême, et que nous aimons les martyrs; pourquoi les aimerions-nous, s'ils ne nous aimaient pas eux-mêmes? Selon sainl Paul, la chanté doit être mutuelle, et cette charité ne meurt jamais ; elle subsiste doue dans les martyrs : s'ils nous aiment, ils s'intéressent à notre salut, ilsledésirent, ils le demandenlà Dieu, et sanscela nous n'aurions aucun motif de les aimer. — k° Saint Cyprien ne parle pas seulement d'oblations ou d'offrandes, mais de sacrifices pour la commémoration des martyrs, oblationes et sacrificia. (Ep. 37, clim 12). Dans les Cunst. apost., i. vin, c. 12, on lit : « Nous vous o lirons encore, Seigneur, pour tous les maints,... apôtres, martyrs, confesseurs, etc. »Esl-il question ià del'eucharistieaprès la consécration ? Basnage. n'avait garde de le remarquer. Ces oblations, dit-il, se faisaient à Dieu pour les martyrs, ou afin qu'ils obtinssent quelque nouveau degré de gloire, ou pour marquer que l'Iiglise entretenait communion avec eux. Nous soutenons que c'était pour l'un et l'autre. On demandait donc ainsi un nouveau degré de gloire pour les martyrs : or, c'en est un de pouvoir contribuer par leurs prières au salut de leurs frères ; on demandait à Dieu la communion avec eux; et, encore une fois, cette communion aurait été nulle, si les martyrs ne pouvaient pas intercéder pour nous. C'est ce que fait encore l'Eglise, lorsqu'elle offre le saint sacrifiée à l'honneur des martyrs et des autres saints; celle expression, sur laquelle les protestants ont tant glosé, ne signifie rien de plus que ce qu'a vu Basnage lui-même dans
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l;i pratique de l'Eglise primitive. —5° Est-il vrai qu'il n'y a, dans les niontimenls des trois premiers siècles, aucun vestige J'invoralion des martyrs? Si l'on croyait à leur. intercession, comme nous venons de le prouver, l'invocation s'ensuit évidemment. Saint Cyprien conjure des martyrs de se souvenir de lui, lorsque le Seigneur aura commencé à honorer leur martyre (L. de lande Martyrît); à la (in, il f;iit la même prière à des vierges (L. de Habitu virgin.). C'était les invoquer du moins d'avance ; nous apporterons d'autres prouves ailleurs. Voy. Saixts. COMMENCEMENT. Au commencement , Dieu créa le ciel et la terre (Gen. i , 1). Au commencement était le Verbe, il était en Dieu, et il était Dieu (Joan. i, 1). La comparaison de ces deux passages a donné lieu aux interprètes de faire plusieurs remarques importantes, et aux hérétiques d'imaginer plusieurs manières d'en pervertir le sens. Dans le premier, Moïse enseigne que le monde a commencé; qu'il n'est pas éternel, que c'est Dieu qui l'a créé ou l'a tiré du néant, qu'avant ce moment rien n'existait (iue Dieu et l'éternité. Ensuite il nous apprend que Dieu a donné l'être à toutes choses par une simple parole, par un acte de sa volonté, qu'il n'y avait par conséquent point, de matière préexistante, de laquelle Dieu ait eu hesoin poor en former le inonde. Il dit : Que la lumière soit-cl la lumière fut, ainsi du reste. Deux grandes vérités que les philosophes ont ignorées, qu'ils ont même combattues, puisque les uns ont admis l'éternité de la matière, les autres l'éternité du monde : erreurs qui en ont fait naître une infinité d'autres. Les sociniens ont fait de vains efforts pour soutenir que les paroles de Moïse ne prouvaient pas le dogme de la création d'une manière incontestable. Voy.
CllKATlON.
Dans le second passage, saint Jean déclare que quand Dieu a créé le monde, le Verbe divin était déjà, qu'il était en Dieu, et qu'il était Dieu ; que c'était par conséquent une personne subsistante et distinguée de Dieu le Père ; ce Verbe n'a donc point eu de commencement, il est co-élernel à Dieu. Par là l'évangéliste réfutait Cérinlhe et d'autres hérétiques qui niaient l'éternité et la divinité du Verbe. Voy. Verbe.
Les sociniens se sont encore tournés de toutes manières pour altérer le sens de ces paroles; ils ont dit que saint Jean voulait seulement donner à entendre que Dieu a créé le Verbe avant les autres créatures. En cela ils ont contredit Moïse, qui enseigne que les premières choses auxquelles Dieu adonné l'être sont le ciel et la terre ; cela ne serait pas vrai, si Dieu avait créé le Verbe auparavant. Ils ont contredit saint Jean lui-même, qui ajoute que par le Verbe toutes choses ont été faites, et que rien de ce qui a été fait ne l'a été sans lui ; certainement le Verbe ne s'est | as fait lui-même. D'autres ont prétendu que saint Jean ne parlait point du commencement de toutes choses, mais du fommencemtnt de la loi de* grâce, qui a été
comme u-e nouvelle création ; Jésus -Christ, en effet, l'appelle la régénération, ou le renouvellement de toutes choses (Matth. xîx, 28). Mais pour quelles raisons les sociniens veulent-ils donner au moteo i mencement, dans saint Jean, un autre sens que celui qu'il a dans le premier verset de la Genèse? L'évangéliste l'ait assez comprendre qu'il parle, aussi bien que Moïse, du commencement de l'univers, puisqu'il ajoute que toutes chos s ont été faites par le Verbe, etc. Il a donc voulu nous apprendre que ce Verbe a créé le monde. Le Psalmiste a dit de même, que Dieu a fait les deux par sa parole ou par son Verbe, et leur armée par le souffle de sa bouche, ou par son espiil ; telle est l'énergie du texte hébreu (Ps. xxxn ; llebr. xx\i;i, 6). Aussi plusieurs interprètes ont vu dans ce passade les trois Personnes de la sainte Trinité, Dieu, son Verbe et son Esprit. Ceux donc qui, dans leurs versions, font dire à saint Jean : De toute éternité était le Verbe, il était en Dieu, et il était Dieu, n'en altèrent pas le sens, puisqu'avanl la naissauce du monde rien n'existait que Dieu et l'éternité.
Une autre imagination fausse des sociniens, est de soutenir que ces paroles, toutes choses ont été faites par lui, signifient seulement que Jésus-ChrM a renouvelé toutes choses. Peuvent-ils citer, dans tonte l'Ecriture sainte , un seul passage dans lequel faire signifie renouveler ? Saint Jean
dit, v.9 et 10 : Le Verbe était la lumière
il était dans le monde, le monde a été fait par lui, cl le monde ne l'a pas connu. Certainemont le Verbe n'a pas renouvelé le monde, , lorsque le monde ne le connaissait pas.
On ne peut pas approuver non plus l'interprétation du P. Ha rd ou in qui, en réfutant très-bien les sociniens, les favorise cependant, en disant que par le monde on doit entendre le peuple juif. Peut-on soutenir qu'avant la naissance de Jésus-Christ, le Verbe n'existait, n'opérait et n'éclairait personne que chez le peuple juif? Ce n'est pas ainsi que l'ont entendu les Pères de l'Eglise, qui ont soutenu que, depuis la création jusqu'à nous, tout ce que les hommes en général ont reçu de grâces et de lumières, leur a été donné par le Verbe divin. — La seule manière de prendre le vrai sens de l'Ecriture sainte, est de nous en tenir à la tradition, à l'explication et au sentiment des Pères de l'Eglise, surtout des plus ancien?. Saint Ignace, disciple de saint Jean l'évangéliste, était sans doute bien instruit de la doctrine de son maître : or, il enseigne, de la manière la plus positive, que le Verbe divin n'a point eu de commencement, qu'il est par conséquent coéternel à Dieu [Epis t. ad Magnes., n" 8). Il dit que Jésus-Christ est le Eils de Dieu et son Verbe éternel, qui n'est point né du silence : Verbum ipsius oeterniemnon a silentio progrediens. voy. Vi.iuje.
COMMENTAIRES , COMMENTATEURS; interprétation des livres saints, auteurs qui les ont expliqués. Des livres qui existent, le.s uns depuis dix-huit siècles, les autres depuis
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quatre mille ans, qui sont écrits dans des langues mortes, qui peignent des mœurs et des usages très-diSTércnts des nôtres, qui contiennent une doctrine que vingt sortes d'hérétiques ont lâché de corrompre, ne peuvent être aussi aisés «à entendre que des livres modernes. Il faut donc, pour les expliquer, des hommes qui aient étude les langues, l'histoire, les mœurs antiques, la géographie, l'histoire naturelle, etc., qui aient rapproché et comparé les passages, qui aient consulté la tradition; et toutes ces connaissances ne sont pas aisées à rassembler. Les commentateurs les plus estimés sont ceux qui les ont possédées au plus haut degré, qui se sont le plus attachés à développer le sens littéral et naturel des auleurs sacrés. La multitude de leurs commentaires est immense ; on peut s'en convaincre par l'outrage du P. Le Long, intitulé Bibliotheca sacra.
Les uns ont travaillé sur toute l'Ecriture sainte, les autres sur certains livres en particulier ; quelques-uns se sont bornés à discuter un seul fait de l'Ecriture sainte, ou un passage qui paraissait plus ohscurque les autres. Plusieurs l'ont fait pour établir et appuyer les dogmes de la foi catholique , les hétérodoxes pour étayer leurs opinions particulières et leurs erreurs.
A la vue de cette multitude de volumes, les incrédules ont dit que l'Ecriture sainte est donc un livre indéchiffrable, puisqu'il a fallu tant de tr.vaux pour en montrer le sens. Ils n'ont pas fait attention q e les commentateurs ont écrit les uns en Italie, les autres en Espagne, ceux-ci en France, ceux-là en Allemagne ou en Angleterre , dans différents siècles , et dans les diverses communions chrétiennes, chez les Juifs mêmes ; fort souvent tous disent la même chose, ils ne sont divises que sur le sens d'un petit nombre de passages ; leur concert, sur tout le reste, démontre la vérité du sens que tous ont également aperçu. — Quelle multitude de commentaires n'a-l-on pas faits sur les poêles greeset latins 1 Cela ne prouve pas, sans doute, que ces auteurs soient inintelligibles ; cependant il n'y a pas longtemps que l'on a commencé ce genre de travail , au lieu que l'on s'est exercé sur l'Ecriture sainte dans tous les siècles. — Les ordonnances de nos rois ne sont pas sans doute un chaos d'obscurité ; cependant à quelle multitude de commentaires n'ont-elles pas donné lieu 1
Mais la nécessité de ces commentaires ne prouve que trop le besoin dans lequel sont les simples fidèles, d'une autre rè^le de foi que l'Ecriture sainte pour fonder et diriger leur croyance. On ne conçoit pas comment les réformateurs qui ont posé pour principe que l'Ecriture sainte est la seule règle de loi, ont osé entreprendre de l'expliquer euxmêmes. Si elle est claire, qu'a-l-cl!e besoin d'explication? Si les fidèles sont en droit de n'avoir aucun égard à cette explication même, à quoi peut-elle servir? Et il faut remarquer que les passages sur lesquels les protestants ont fondé leur nouvelle croyance
et leur séparation d'avec l'Eglise romaine, sont justement ceux qui leur ont paru avoir le plus de besoin d'explication. D'où il résulte que leur foi est fondée non sur le texte, mais sur l'explication qu'ils en donnent, ou sur le sens qu'ils lui attribuent. A moins que leur explication ne soit infaillible, il est fort dangereux que leur foi ne soit une erreur, de même que leur méthode est une contradiction.
Les protestants ont le plus grand intérêt à décrier les explications de l'Ecriture sainte données par les Pères de l'Eglise et par les interprèles de tous les siècles, afin de persuader que ces livres divins n'ont été bien entendus que depuis que les réformateurs et leurs disciples nous en ont donné l'intelligence ; aussi n'y ont-ils pas manqué :
il n'est pas possible de parler des cornmentateui s, en général, avec plus de mépris que i'a fait Mosheim dans son Histoire ecclésiastique, et dans ses Instructions sur l'histoire chrétienne du ier siècle. — Dès celle époque, à commencer par saint Barnabe, il leur reproche d'avoir suivi la mauvaise méthode des Juifs , d'avoir négligé le sens littéral des livres saints, de l'avoir défiguré par des explications mystiques et allégoriques. A ce défaut essentiel, ceux du 11e siècle ont ajouté un respect superstitieux pour la version des Septante. Au m", Origène, malgré ses travaux immenses sur le texte de l'Ecriture sainte, a communiqué aux écrivains de son temps, et à ceux qui ont suivi, le goût frivole pour les allégories. Au ïv% saint Jérôme, malgré les soins qu'il s'était donnés pour apprendre l'hébreu, n'a pas été exempt de ce vice, non plus quo saint Augustin. Selon lui, ce Père a très-mal réussi lorsqu'il a voulu donner des règles pour l'intelligence du texte sacré. Au v% il ne fait grâce qu'aux commentaires de Théodoret sur le Nouveau Testament, à ceux de saint Isidore de Damietle , qui a un peu moins donné que les autres dans le mauvais goût régnant, et à ceux de Théodore de Mopsuesle, conservés par les nestoriens.
Depuis le vie siècle, les interprètes se sont presque bornés à nous donner des chaînes des Pères, Catenœ Palrum, et ont ainsi perpétué le vice né dès le ier siècle, jusqu'à la naissance de la réforme.
Voilà donc, depuis la mort des apôtres, et pendant un espace de quinze cents ans, l'Eglise chrétienne privée de la véritable intelligence de l'Ecriture, qui cependant, selon le sentiment des prolestants, devait être l'unique règle de sa croyance. En lui donnant des pasteurs et des docteurs, les apôtres ont oublié de leur prescrire la manière dont il fallait expliquer ce livre divin ; le Saint-Esprit, qui avait d'abord prodigué le don des langues aux premiers fidèles, n'a pas trouvé bon de l'accorder à ceux qui en avaient le plus besoin, à ceux qui devaient prêcher au peuple la pure parole de Dieu ; les apôtres, qui en avaient reçu la plénitude, ne se sont pas donné la peine de faire une version plus exacte et plus correcte que celle des