‹ Œuvres completes de Bergier (volume 2)Chapitre 149 sur 183 · GG · texte numérisé non relu

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effet , vendaient une partie de leurs biens pour fa«ire l'aumône.

11 est certain d'abord que les apôtres n'o- I bligeaient personne à faire ce sacrifice. Lorsque Ananie et Sapbire eurent vendu un champ, et apportèrent ane partie du prix aux pieds des apôtres pour la distribuer en aumônes, saint Pierre leur dit : N'étiez-vous pas les maîtres de garder votre champ, ou d'en retenir le prix après l'avoir vendu ? c. v, v. k. Cette manière d'exercer la charité était donc absolument libre. — Vers la fin du rr siècle, saint Barnabe; au 11% saint Justin et Lucien; au iii% saint Clément d'Alexandrie, Tertullien, Origène, ssinl Cyprien ; au ive, Arnobe et Lactance disent encore qu'entre les chrétiens tous les biens sont communs; il n'était certainement plus question pour lors d'une communauté de biens prise en rigueur. — Par là se trouvent réfutées les vaines conjectures de quelques déistes, qui ont dit que les fidèles de Jérusalem n'avaient fait autre chose qu'imiter les pythagoriciens et les esséniens, qui mettaient leurs biens en commun ; que Jésus-Christ lui-même avait puisé chez les esséniens sa doctrine, sa morale, et avait établi parmi ses disciples la même discipline qu'il avait vue en usage parmi celte secte juive, etc.

11 n'est pas douteux que la charité héroïque, si commune parmi les premiers chrétiens, n'ait contribué beaucoup à la propagation du christianisme : leurs ennemis mêmes en rendent témoignage, aussi bien que les Pères de l'Eglise. Mais les incrédules veulent faire illusion, lorsqu'ils représentent cette vertu comme une cause toute naturelle de l'établissement de notre religion; est-il naturel que le détachement et le mépris des biens de ce monde, si rares parmi les païens et parmi les Juifs, soient devenus tout à coup une qualité commune et populaire parmi les chrétiens? Voy. Charité.

COMMUNICANTS , secte d'anabaptistes.

Ils furent ainsi nommésà cause de la communauté de femmes et d'enfants qu'ils avaient établie entre eux, à l'exemple des nicolaïles (Sanderus, Hœr. 198. Gauthier, dans sa Chronologie du xvie siècle). Voy. Anabaptistes.

COMMUNICATION D'IDIOMES, terme consacré parmi les théologiens, en traitant du mystère de l'incarnation, pour exprimer l'application des attributs des deux natures unies en Jésus-Christ à sa divine personne.

En vertu de l'union hypostalique des deux natures dans une seule personne divine, on attribue avec raison à celte personne tous les idiomes ou toutes les propriétés de la nature humaine, qui ne sont point incompatibles avec la divinité. Ainsi l'on dit que Dieu a souffert, que Dieu est mort, etc., choses qui, à la rigueur, ne conviennent qu'à la nature humaine ; cela signifie que Die'u a souffert, quant à son humanité, qu'il est mort en tant qu'homme, parce que, selon l'axiome reçu en théologie, les dénominations qui signifient les natures ou les propriétés de nature, tombent sur le suppôt ou sur la personne. Or, comme il n'y a en Jésus-Christ

qu'une seule personne, qui est la personne du Verbe, c'est à elle qu'il faut attribuer les dénominations des deux natures et de leurs propriétés. Mais, par la communication d'idiomes, on ne peut pas attribuer à Jésus- Christ ce qui est incompatible avec la divinité , ce qui ferait supposer qu'il n'est pas Dieu; ce serait détruire l'union hypostatiquo qui est le fondement de la communication d'idiomes. Ainsi l'on ne peut pas dire que Jésus-Christ est un pur homme, qu'il est faillible, capable de pécher, etc. Par la même raison, l'on dit de Jésus-Christ qu'il est la sagesse éternelle, qu'ilest tout-puissant, etc., attributs propres de la Divinité, parce que la personne de Jésus-Christ est le Verbe divin (1).

Les nestoriens rejetaient cette communication d'idiomes ; ils ne pouvaient souffrir que l'on dît, en parlant de Jésus-Christ, que Dieu a souffert, qu'il est mort, que Marie est mère de Dieu ; d'où l'on conclut qu'ils admettaient deux personnes en Jésus-Christ quoiqu'ils ne l'affirmassent pas formellement. Les luthériens sont tombés dans l'excès opposé, en poussant trop loin la communication d'idiomes, en prétendant que Jésus- Christ, non-seulement en tant que Dieu, mais en tant qu'homme, est immortel, immense, présent partout : propriétés qui ne peuvent, en aucun sens, convenir à l'humanité. Voy. Incarnation.

COMMUNION DE FOI, croyance uniforme de plusieurs personnes, qui les unit sous un seul chef, dans une même Eglise ; sans ce caractère, l'Eglise ne peut avoir une véritable unité. Telle a été la persuasion de ses membres, dès les premiers siècles ; on le voit par les carions du concile d'Ëlvire, tenu vers l'an 300, et c'est ainsi que l'on a toujours entendu le symbole de Nicée , qui appelle l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique. Par conséquent toutes les sectes qui ont cessé d'être en communion de foi avec elle , ont cessé, d'être membres de l'Eglise de Jésus- Christ. Le souverain pontife est le chef de la communion catholique ; l'Eglise de Home, ou le sainl-siége, en est le centre ; on ne peut s'en séparer sans être schismalique.

Jésus-Christ, parlant de ses ouailles, a dit qu'il en ferait un même troupeau sous un seul pasteur (Joan. x, 16). Saint Paul répèle continuellement aux fidèles qu'ils sont un seul corps (Rom. xn, 5 ; 1 Cor. x» , 25, etc.). Cela ne peut pas être , à moins que tous

(1) II est facile de résumer en deux mots ces principes : 1° on peut allribuer à la personne tontes les parties qui la composent el tous les actes qui en procèdent : v. g., on dit : Pierre a une âme, un corps, une main, etc. ; il a frappé, marché, etc. D'après re principe, on peut dire : Le Fils de Dieu est né ; le Verbe s'est fait chair; Dieu est homme, parce que les sujets de ces propositions désignent la personne ; 2° On ne peut attribuer à une partie ce qui convient à une autre, ainsi on ne peut dire que l'âme a marché, que le corps a pensé. Conséquemment, ou ne peut allribuer à la nature humaine ce qui appartient à la nature divine, ni à la nature divine ce qui appartient à la nature humaine.

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n'aient une même foi, les mêmes sacrements, la môme morale, un même culte ; autrement l'unité ne serait qu'extérieure cl apparente. Pour qu'elle soit réelle et constante, un centre de subordination est aussi nécessaire qu'un drapeau ou une enseigne pour rallier les soldats. — L'évidence de ce principe est confirmée par une expérience de dix-sepl siècles. Tous ceux qui n'ont pas voulu se soumettre à celle constitution de l'Eglise, se sont séparés pour aller faire bande à part; et bientôt celte première secte s'est sous-divisée en plusieurs autres , qui n'ont pas eu entre elles plus de liaison qu'avec le tronc duquel elles s'étaient séparées. Elles se sont détestées et condamnées mutuellement , comme elles étaient rejelées elles-mêmes par l'Eglise catholique. L'inconstance naturelle de l'cspril humain, l'orgueil qui se flatte de mieux penser que les autres, l'ambition d'èlro chef de parti, sont des maladies qui dureront aulant que l'humanité; il n'y a point d'autre remède contre leurs ravages qu'un frein qui les retienne, cl qui les force de plier sous le joug de l'enseignement commun. Voy. Eglise, § 2.

Communion des saints. C'est l'union entre l'Eglise triomphante , l'Eglise militante et l'Eglise souffrante; c'est-à-dire, entre les saints qui sont dans le ciel, les âmes qui souffrent en purgatoire, et les fidèles qui vivent sur la terre. Ces trois parties d'une seule et même Eglise, forment un corps dont Jésus-Christ est le chef invisible ; le pape, vicaire de Jésus-Christ, en est le chef visible, et les membres sont unis entre eux par les liens de la charité, par une communication mutuelle d'intercession et de prières. De là l'invocation des saints, la prière pour les morts, la confiance au pouvoir des bienheureux auprès du trône de Dieu.

La communion des saints est un dogme de foi, un des articles du symbole des apôtres, constamment reconnu par la tradition, et fondé sur l'Ecriture sainte. Nous sommes tous, dit saint Paul , un seul corps, et membres l'un de l'autre (Rom. xu, 5). Qu'il n'y ait donc point de division dans ce corps, mais (jue les membres aient soin l'un de l'autre (I Cor. xu, 25). Croissons tous dans la vérité et dans la charité, en Jésus-Christ qui est notre chef(Ephes. jv, 15, clc ). — De là nous concluons que tout est commun dans l'Eglise, prières, bonnes œuvres, grâces, mériles, etc.; qu'un des plus grands malheurs pour un chrétien est d'être privé de la communion des saints par l'excommunication, par le schisme ; que c'est y renoncer en quelque manière que de mépriser le culte public, cl de lui préférer par mollesse un culte domestique et particulier.

Tout fidèle qui se connaît lui-même et so rend justice, a peu sujet de compter sur ses vertus et ses bonnes œuvres; mais il se repose sur l'intercession , les prières , les mérites de l'Eglise, qui sont ceux de lésus-Chfist, et qui lirenl de lui toulc leur valeur. C'est ce qui soutient l'espérance chré-

tienne, et nous excite à faire le bien (1).

Ce même dogme de la communion des saints devrait encore contribuer à rapprocher les cœurs, à étouffer les haines générales et particulières, à inspirer à lous les chrétiens des sentiments de fraternité. En Jésus- Christ, dit saint Paul, il n'y a plus ni Juif, ni gentil, ni Grec, ni barbare, ni maître, ni esclave; vous êtes en lui un même corps et une seule famille [Galat. m, 28). Telle a été l'intention de notre divin Maître; si nous y répondons souvent très-mal, ce n'est pas la faute de notre religion.

Dans les premiers siècles, les différentes Eglises étaient dans l'usage de s'écrire mutuellement des lettres de fraternité et d'amitié, que l'on nommait lettres de communion. Elles attestaient , parce moyen, qu'elles étaient unies entre elles, non-seulement par les liens d'une même foi et d'un mêmeculle, mais encore par une charilé mutuelle; qu'elles s'inléressaient à la prospérité les unes des autres, et prenaient part au bien ou au mal qui pouvait leur arriver. — Saint Paul appelle aussi communion les secours mutuels d'aumônes ei de services que les fidèles se rendaient les uns aux autres : Hencficentiœ et communionis nolite oblirisci (Hebr., xiii, 10). Dans quelques Chartres du xn.f siècle, on a donné le nom de communion aux offrandes que les fidèles faisaient en commun.

Communion euchàiustiqle ou sacramentelle. C est l'action de recevoir, dans le sacrement de l'eucharistie, le corps et le sang de Jésus-Christ, action qui est évidemment la plus auguste et la plus sainte de notre religion. La coupe que nous bénissons, dit saint Paul , n'est-elle pas la communion du sang de Jésus-Christ, et le pain que nous rompons, n'est-il pas la participation au corps de Jésus-Chrisl ? Nous sommes tous un seul pain et un seul corps, nous qui participons au même pain et à la même coupe (1 Cor. xj. Ainsi l'Apôtre nous fait senlir toute l'énergie du terme de communion.

Dans toute» les religions , l'usage a été constant de manger en commun les chairs de la victime que l'on avait offerte en sacrifice ; dès les premiers temps, le père de famille présidait à la cérémonie , rassemblait ses enfants, ses domesliques, souvent les étrangers, pour prendre parla ce repas fraternel. Les païens se flattaient , dans cette circonstance , de manger avec les dieux; les adorateurs du vrai Dieu, plus sensés, se regardaient comme assis à la lable du Père commun de toutes les créatures. — Jésus-Christ, qui connaissait si bien les ressorts qui font

(I) Dieu s'est réservé a lui-même le secret de la distribution des biens spirituels de l'Eglise. Mais quoiqu'on ne puisse déterminer la part que civique lidèle reçoit, on peut assurer que ceux qui ont plus de loi, de charité et de sainteté, participent plus abondamment que les autres à la communion des saints. Celle vérité est une cause de pro^iès c.ir tome personne aimant à amasser de grandes riches»

SOS, vent puiser avec plus ifalton lance dans le trésor, et lâche d'avancer en verts, afin de recueillir davuutajje.

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(Mouvoir le coeur humain, et l'influence que les cérémonies ont sur les mœurs, ne pouvait manquer d'en conserver une aussi touchante que celle-ci ; mais il en a retranché ce que les anciens sacrifices avaient de trop grossier. Elle est bien froide, quand on ne l'envisage que comme un simple symbole destiné à nous rappeler le souvenir de la dernière cène de Jésus-Christ; un repas ordinaire ferait sur nous plus d'impression. Mais que la communion est louchante, quand on croit que ce divin Sauveur esl tout à la fois le prêtre, la victime, la nourriture de ses adorateurs 1

La communion. de foi et la communion des saints sont une conséquence de la communion sacrammtelle, qui en est le signe. Nous sommes un seul corps, dit saint Paul, nous tous qui participons à un même pain (I Cor. x, 17). Mais il explique la naturede ce pain, en disant que c'est la participation au corps du Seigneur. Il confirme cette idée en comparant les chrétiens aux Israélites, qui participaient au sacrifice, en mangeant la chair de la victime. Si l'eucharistie n'est pas un vrai sacrifice, la comparaison est fausse, la participation est imaginaire ; la chair des victimes était une image beaucoup plus sensible du corps de Jésus-Christ mort sur la croix, que le pain et le vin.

Il n'est donc pas étonnant que les prolestants, en faisant de l'eucharistie un signe sans réalité, aient renoncé en même temps à l'efficacité de la communion sacramentelle, à la communion de foi et à la communion des saints. Chaque particulier, dans sa famille, peut consacrer l'eucharistie et faire la communion dans le sens qu'ils donnent à ce terme; il ne faut ni prêtre, ni autel, ni cérémonies ; avec une foi calvinienne et un peu d'enthousiasme, toute la famille communie à chacun de ses repas. C'est mal à propos que saint Paul a tiré de la cène eucharistique une instruction qu'il pouvait faire également sur chaque repas pris en famille , ou du moins sur celui dans lequel plusieurs familles se trouvent rassemblées.

Dès le Ier siècle de l'Eglise, saint Clément ; au 11e, saint Ignace et saint Justin; au 111e, Terlullien et d'autres, nous montrent avec quelle pureté, quel respect, quelle ferveur, les premiers fidèles faisaient celte sainte action, et ce qu'ils en pensaient. Dans toutes les liturgies, les prières qui précèdent la communion, la formule dont elle est accompagnée, l'adoration de l'eucharistie, la manière dont on la recevait, l'action de grâces qui suit, démontrent que de tout temps les fidèles ont cru y recevoir non un simple symbole du corps et du sang de Jésus-Christ, mais la réalité et la substance de ces dons divins. Nos controversisles ont mis ce point de fait et de doctrine dans un degré d'évidence auquel il n'est pas possible de se refuser. Voy. Perpétuité de la Foi, tom. IV, liv. m, c. 1 el suivants [édil. Migne]. On ne conçoit pas comment Bingham, malgré ses préjugés anglicans, ne l'a pas senti en rapportant les monuments de l'antiquité sur ce

DlCT. DE ÏI1É0L. DOGMATIQUE. 1.

point [Orig. ecch, I. xv, c. 3). — Basnngo n'a pas été plus judicieux. Delà manièredont on communiait dans les premiers siècles, il prétend tirer des inductions pour prouver que l'on ne croyait pas alors la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie, ni la transsubstantiation II observe qu'on ne la recevait pas toujours à jeun, qu'on la donnait aux enfants immédiatement après le baptême, et on croyait que ces deux sacrements leur étaient également nécessaires.

Les adultes la recevaient dans leurs mains, on leur permettait de l'emporter chez eux ; quelquefois on la mettait dans la bouche des morts et on l'enterrait avec eux. Quelques évêques la portaient dans des paniers d'osier el dans des coupes de bois ou de verre. Les diacres, non-sculemmt la distribuaient, mais pouvaient la consacrer ; on n'en réservait rien pour les malades ni pour les mourants. La plupart de ces usages, dit-il, seraient aujourd'hui regardés comme des crimes; sans doute on en aurait jugé de même dans les premiers siècles, si l'on avait eu pour lors la même idée de l'eucharistie, que l'Eglise romaine s'en est formée dans la suile des siècles (Flist. de l'Eglise, liv. xiv, c. 9). Daillé avait déjà fait à peu près les mêmes observalions.

11 nous paraît que les unes ne prouvent rien, et que les autres donnent lieu à des conséquences directement contraires à celles que tirent les protestanis. 1°I1 n'est pas étonnant que, pendant les persécutions, l'on ait été souvent obligé de célébrer les saints mystères pendant la nuit, el que les fidèles aient été dans l'impossibilité de communier à jeun ; la disposition que l'on a toujours jugée la plus nécessaire pour cette action sainte, est la pureté de l'âme; le cas de nécessité absolue peut dispenser des autres. On a louésaint Exupère, évoque de Toulouse, de ce qu'après avoir donné tout aux pauvres, il était réduit à porler l'eucharistie dans un panier d'osier el dans une coupe de verre ; s'ensuitil de là que l'on faisait partout de même? C'était pendant l'irruption des Goihs et des autres Barbares; les peuples étaient alors réduits à une misère extrême; on louerait encore un évéque qui imiterait saint Exupère en pareil cas. Dans les pays où la profession du calholi isroe n'est pas soufferte, les prêtres sont obligés de porter aux malades la communion dans leur poche, et sans aucun appareil extérieur; on ne croit pas pour cela manquer de respect au sacrement. — 2* Les premiers chrétiens, exposés tuus les jours au martyre, emportaient chez eux l'eucharistie , afin de puiser dans la sainte communion le courage dont ils avaient besoin pour endurer les tourments; preuve qu'ils ne pensaient pas, comme les protestants, que celle action n'est que la figure du dernier souper de Jésus-Christ, et que la communion faite en particulier n'est d'aucun mérite; les prétendus martyrs des protestants n'ont pas fait de même, parce qu'ils n'avaient pas sur l'eucharistie la même croyance que les premiers fidèles. — 3' Si

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l'on avait cru pour lors, comme les protestants, que l'on ne participe au corps de Jésus-Christ que par la foi, se serait on avisé de donner l'eucharistie aux enfants incapables d'avoir cette foi ? Nous n'entrerons pas dans la question de savoir s'il est vrai que saint Augustin et d'autres Pères oui pensé que l'eucharistie était aussi nécessaire aux enfants que le baptême, et si la coutume de la leur donner était aussi générale que Basnage le prétend; quand cela serait incontestable, ils'ensuivr ait toujours que la croyance de l'Eglise de ces temps-là était fort différente de celle des calvinistes, et que l'on ne pensait pas, comme eux, que la foi seule fait toute l'efficacité des sacrements. — L'abus défendu par quelques conciles, de mettre l'eucharistie dans la bouche des morts, aurait encore moins pu s'introduire , si l'on avait été dans le même sentiment que les proli slants ; mais celte défense ne prouve pas que cet usage abusif ait été aussi fréquent que Basnage veut le persuader. — k" Comment peut-il soutenir que l'on ne réservait pas l'eucharistie pour les malades et pour Us mourants, pendant qu'il avoue que l'on permettait aux pénitents de la recevoir à l'heure de la mort? N'était-elle donc réservée que pour eux seuls? Voilà ce qu'il aurait fallu prouver.

Au mot Diacre, nous ferons voir qu'il est faux que les diacres aient eu le droit ou le pouvoir de consacrer l'eucharistie.

Parmi les incrédules, les uns ont accusé les catholiques de ne pas croire à leur religion, puisque la communion produit sureux si peu d'effets ; les autres ont vomi contre le dogme de l'eucharistie des sarcasmes grossiers que l'honnêteté seule aurait dû leur in'erdire.T; lie est l'injustice de nos censeurs; ils blâment également les saints qu'une foi vive semble dépouiller de toutes les affections terrestres, et les chrétiens imparfaits qui n'ont pas le courage de vivre d'une manière conforme à leur croyance. Que faudrait-il pour les satisfaire? S il est si difficile d'être vertueux, même quand on a la foi, le serons-nous plus aisément lorsque nous ne croirons rien ? Leur exemple n'est pas propre à nous le persuader.

Communion spuutuelle. On appelle ainsi, dans l'Eglise catholique, le désir de recevoir la sainte eucharistie, et les sentiments de ferveur par lesquels un Odèle s'excite luimême à s'en rendre digne. C'est une excellente pratique de piété que de faire la communion spirituelle toutes les fois que l'on assiste à la sainte me* se.

Communion sous les deux espèces ; c'està-dire, sous l'espèce du pain et sous celle du vin.Ç'aéléunsujetde dispuleenlreles théologiens catboliques et les protestants, desavoir si, pour ressentir les effet! de l'eucharistie, il est absolument nécessaire de recevoir les deux espèces, et si l'on violo le commandement de Jésus-Christ en communiant seulement sous l'espèce du pain, comme les protestants le prétendent. - La solution de Cette question dépend beaucoup de l'opinion

que l'on a de l'euchaiisîie. L'Eglise catholique, qui soutient que Jésus-Christ est réelloment présent sous chacune des espèces eucharistiques, et que, dans l'état d immortalité dont il jouit, son corps et son sang ne peuvent plus être réellement séparés, conclut conséquemment que l'on reçoit Jésus- Christ tout entier en communiant sous uuo seule espèce, et aussi parfaitement que si ou recevait toutes les deux. Les calvinistes au contraire , qui pensent que l'eucharistie est seulement un symbole, une figure, un gage du corps et du sang de Jésus-Christ, que l'on reçoit spirituellement par la foi, soutiennent que c'est un crime de diviser ce symbole, et que c'est en altérer la signification, par conséquent lui ôter tout son effet. Si le principe sur lequel ils raisonnent était vrai, la conséquence serait assez bien déduite ; mais ce principe est une erreur.

Il faut convenir que la discipline de l'Eglise a varié sur ce point ; qu'autrefois les fidèles ont ordinaiiement communié sous les deux espèces, et que cet usage a subsisté très-longtemps. Mais il n'est pas moins certain que, dans ptusieurs cas, l'on n'a communié que sous une espèce ; que 1' Eglise n'a jamais cru que cette communion fût criminelle ou abusive, contraire à l'intention de Jésus- Christ, ou moins efficace que l'autre. Saint Justin nous apprend que déjà dans le n* siècle, l'usage était de porter la communion aux absents ; il n'y a aucune preuve qu'on la leur ait toujours portée sous les deux espèces ; cela eût été très-difficile dans les temps de persécution. Bientôt l'usage s'introduisit de donner l'eucharistie aux enfants immédiatement après le baptême; ils ne pouvaient la recevoir que sous l'espèce du vin [S. Cypr., I. de Lapsis). Terlullien et saint Cypricn attestent qu'au nr siècle on portait la communion aux malades en danger de mort, et aux confesseurs détenus dans les prisons ; que les fidèles recevaient l'eucharistie dans leurs mains, l'emporlaieut chez eux, la conservaient pour se communier eux-mêmes, s ils se trouvaient exposés au martv, re ou à quelqu'autre danger ; ils ne la prenaient que sous l'espèce du pain (jf'ertull., I. u ad Uxor., c. 5). Dans aucun temps, la communion n'a été refusée aux abslèmes, c'est-à-dire, àceuxquiavaient une répugnance naturelle pour le vin. Bingham, quoique persuadé de la nécessité de la communion sous les deux espèces, est convenu de loua ces faits {Orig. eedés., 1. xv, c. k). Comment a-t-ilpu faire un crime à l'Eglise romaine de l'usage dans lequel elle est, depuis plus de cinq siècles, de ne donner aux fidèles la communion que sous l'espèce du pain ?

Basnage, plus entêté, n'a pas été d'aussi bonne foi; il a supprimé les faits dont nous venons de parler. Hist. de l'Eglise, 1. xxvu, c. 11. Il dit que l'Eglise a communié sous les deux espèces jusqu'au ixc siècle, que toute la terre a toujours ainsi communie. C'est une. imposture. Outre les exemplesconti aires que nous venons de citer, Origèue, au in* siècle, parle de la communion sous l'espèce du

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pain, sans faire mention de celle du vin (Contra Ccls.,]. vm, n*33). Eusèbe (Uist.eccles., i. vi. n° H) rapporte l'histoire d'un vieillard mourant, communié avec du pain consacré et détrempé d'eau. Au ve, les manichéens, par superstition, s'dbstenaientde recevoir la communion sousl'espècedu vin (SaintLéon, serm. iv, de Quadrag., c. 5). C'est ce qui engagea le pape Gélase à faire un décret qui ordonnait à tous les fidèles de communier sous les deux espèces. Comme le manichéisme a subsisté en Occident, jusque vers le xi:ie siècle, il n'est pas surprenantque jusque-là l'on ait ordinairement reçu l'eucharistie de celte manière; voilà ce que Basnage n'a eu garde d'observer. Mais avant le décret de Gélase il était libre aux fidèles de ne communier que sous une seule espèce. Au vi* siècle, l'an 56G, le deuxième concile de Tours, can. 3, oidonnaque le corps de Notre-Seigneur fût gardé, non parmi les images, mais sous la croix de l'autel; pourquoi le garder, sinon pour le donner en viatique aux malades? On n'y gardait pas de même le vin consacré. Au vu', le onzième concile de Tolède, tenu l'an 675, can. 11, parle des malades qui ne pouvaient, à cause de la sécheresse de leur gosier, avaler l'eucharistie sans boire le calice du Seigneur; donc, hors de cette circonstance, on ne leur donnait que l'espèce du pain. Au v;ii% dans la régie de saint Chrodegand, il n'est fait mention de la messe que pour les dimanches et les fêtes; est-il probable que l'on n'ait pas réservé du pain consacré pour communier les fidèles, et surtout les malades ?

Il n'est donc pas vrai qu'en aucun temps l'Eglise ait regardé comme un commandement de Jésus-Christ ces paroles qu'il dit à ses apôtres, après la consécration du calice, buvez-en tous, ni la communion sous les deux espèces, comme une obligation imposée aux fidèles par Jésus-Christ. Si sa croyance avait été la même querelle des protestants, jamais elle n'aurait osé dispenser personne de communier sous les deux espèces. Elle a toujours cru, au contraire, que le corps de Jésus- Christ, aprèssa résurrection, ne pouvant être réellement séparé de son sang, Jésus-Christ est renfermé tout entier sous l'une et sous l'autre espèce; qu'ainsi en recevant l'une ou l'autre, on reçoit tout à la fois le corps et le sang du Sauveur.

11 n'est pas plus vrai qu'en 14-15, le concile de Constance, en ordonnant que désormais la communion fût donnée aux lidèles sous la seule espèce du pain, a changé l'ancienne doctrine de l'Eglise, qu'il a retranché du plus auguste de nos sacrements une partie de ce qui en fait la matière et l'essence* qu'il a condamné l'institution de Jésus-Christ et la pratique des apôtres, qui! a privé les fidèles de la participation au sang de Jésus- Christ, etc., comme Basnage s'obstine à le soutenir. Lorsqu'une secte d'hérétiques s'est abstenue de communier sous l'espèce du vin par superstition, en conséquence d'un dogme faux et absurde qu'elle soutenait, l'Eglise a ordonné aux fidèles la communion sous les

deux espères, afin qu'ils témoignassent ainsi qu'ils ne donnaient point dans celte erreur; lorsqu'une autre sec'e a prétendu que cette communion sous les deux espèces é'.ait nécessaire au salut, que l'Eglise ne pouvait, sans prévarication, retrancher la coupe aux laïques, l'Eglise a décidé le contraire, et la leur a retranchée en effet, afin de réprimer la témérité des sectaires. Ce changement dans la discipline, loin de prouver une variation dans la croyance, en atteste au contraire l'uniformité.

Reausobre (Hist. du Manich., t. II, I. ix, c. 7, § i) a voulu tir r avantage de ce que saint Léon et Gélase ont dit des manichéens. 11 s'ensuit, dit-il, lu qu'au v" siècle, il n'était permis ni au prêtre de communier les fidèles sous une seule espèce, ni à ceux-ci de n'en recevoir qu'une seule; car, si l'usage d'une seule espèce avait été permis, le refus que faisaient les manichéens de recevoir le vin consacré, n'aurait pas pu servir à les faire reconnaître, comme le veut saint Léon.

2° Gélase dit que, puisque quelques-uns s'abstiennent du calice par je ne sais quelle superstition, les fidèles doivent ou recevoir le sacrement tout entier, ou en être privés entièrement, parce que la division d'un seul et même mystère ne se peut faire sans un grand sacrilège. Ce n'est plus là ce que pense l'Eglise romaine. 3U II faut que la doctrine, de Gélase ait encore été crue au xnc siècle, lorsque Graticn fit la collection du décret, autrement ce moine n'aurait pas osé y insérer le canon de Gélase. k° Suivant son avis, les manichéens qui, au lieu de vin, consacraient l'eucharistie avec de l'eau, faisaient moins mal que ceux qui ont retranché tout à fait le calice, et ne permettent pas au peuple d'y participer. — Si l'on veut y faire attention, il s'ensuit seulement, de ce que dit saint Léon, 1° qu'avant l'arrivée des manichéens à Rome, il y avait peu de fidèles qui ne communiassent sous les deux espèces ; mais lorsqu'un grand nombre de ces hérétiques, persécutés en Afrique par les Vandales, se furent réfugiés à Rome, et reçurent la communion avec les catholiques, on s'aperçut que la multitude de ceux qui refusaient la coupe était beaucoup augmentée, et c'est ce qui fit reconnaître les manichéens; car, enfin, si aucun des fidèles n'avait été dans l'usage de communier sous une seule espèce, pourquoi Gélase aurait-il dit qu'il fallait ou que les lidèles reçussent le sacrement tout entier, ou qu'ils en fussent absolument privés? Aurail-i! pu soupçonner les fidèles d'imiter les manichéens ? — 2" Ce pape avait raison de dire que la division d'un seul et même mystère ne peut se faire (par superstition, comme faisaient les manichéens) sans an grand sacrilège. C'en était un, eu effet, de croire, comme ces hérétiques, qu'il y avait du mal ou du danger à recevoir l'espèce du vin, de laquelle Jésus-Christ s'est servi en instituant l'eucharistie. Mais où est le crime de ne pas la recevoir, ou par une répugnance naturelle pour le vin, ou par le dégoût de boire dans la môme coupe dans

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laquelle ont bu cent personnes, ou pour quelque autre raison ?— 3 Le moine Gratien ne courait aucun danger, au xir siècle, en plaçant dans sa collection le décret de Gélase ainsi entendu ; et personne, à l'exception des protestants, n'a été tente de l'entendre autrement. — k° Les manichéens, en consacrant de l'eau et non du vin, changeaient l'institution de Jésus-Christ; Beausobre en convient : l'Eglise catholique n'y change rien, puisqu'elle consacre de l'eau et du vin comme a fait Jésus-Christ. La question est de prouver qu'en instituant ce sacrement, le Sauveur a eu l'intention d'obliger tous les fidèles à recevoir les deux espèces. Si on le prétend, parce qu'il a dit à ses disciples : Buvez-en tous, il faut soutenir aussi qu'il a imposé à tous les fidèles l'obligation de consacrer l'eucharistie, puisqu'il a dit en même temps : Fuites ceci en mémoire de moi (Luc. xxii, 19).

Une preuve positive que l'Eglise romaine, depuis plus de douze cents ans, n'a point changé de croyance, c'est que les Grecs et les autres sectes orientales, séparées d'elle depuis cette époque, ne lui ont jamais fait un crime de la communion sous une seule espèce, quoiqu'elles aient conservé l'usage de communier sous toutes les deux ; plus équitables que les prolestants, elles ont compris la sagesse des raisons qui ont dirigé sa conduite (PerpéL de la foi, t. V, 1. vin, p. 13V). — Il n'y a donc eu aucune nécessité de céder aux instances qu'ont faites les hussites, les calixtins, les disciples de Carloslad, pour que l'on rétablît la communion sous les deux espèces; l'opiniâtreté y avait plus de part que la dévotion. Le retranchement de la coupe était une discipline établie depuis longtemps pour remédier à plusieurs abus, et pour prévenir le danger de profaner le sang de Jésus-Christ. La complaisance qu'eut l'Eglise de s'en relâcher par le compactum du concile de Constance, en faveur des hussites, ne produisit aucun bon effet; ces hérétiques persévérèrent dans leur révolte contre l'Eglise, et continuèrent à inonder de sang leur patrie.

La même question fut ensuite agitée au concile- de Trente. L'empereur Ferdinand et le roi de France Charles IX demandaient que l'on rendît au peuple l'usage de la coupe. Le sentiment contraire prévalut d'abord ; mais à la fin de la vingt-deuxième session, les Pèrc3 laissèrent à la prudence du pape d'accorder cette grâce ou de la refuser. En conséquence, Pie IV, à la prière de l'empereur, l'accorda à quel |ues peuples de l'Allemagne, qui n'usèrent pas mieux de celte condescendance que les Bohémiens.

Une foule de monuments ecclésiastiques prouvent que celle manière de communier n'est nécessaire tii de précepte divin, ni de précepte ecclésiastique ; qu'il n'y a par conséquent aucune nécessité de changer la discipline actuelle, qui a clé établie pour de bonnes raisons, ci que les protestants n'uni ailnqiîée que par de mauvais arguments.

Communion pascale est celle qui se fail a

la fêle de Pâques. Le quatrième concile de Latran, qui est le douzième général, tenu l'an 1215, a porté le décret suivant, chap. 21 : « Que tout fidèle de l'un et de l'autre sexe, lorsqu'il sera parvenu à l'âge de discrétion, fasse en particulier et avec sincérité la confession de ses péchés à son propre prêtre,

au moins une fois l'an ; et qu'il reçoive

avec respect, au moins à Pâques, le sacrement de l'eucharistie; à moins que, du conseil de son propre prêtre, il ne croie devoir s'en abstenir pour un tempes, pour quelque cause raisonnable; autrement qu'il soit privé de l'entrée de l'église pendant sa vie, et de la sépulture chrétienne après sa mort.» — Par l'usage de la plupart des diocèses, il est établi que la communion pascale peut se faire pendant la quinzaine de Pâques, à commencer depuis le dimanche des Hameaux jusqu'à celui de Quasimodo inclusivement; il y en a même quelques-uns dans lesquels les évoques étendent cet intervalle jusqu'à trois semaines, et permettent de commencer les communions pascales le dimanche de la Passion. Il est encore établi par l'usage que la communion pascale doit se faire ou dans l'église cathédrale ou dans l'église paroissiale, afin que les pasteurs puissent voir si leurs ouailles sont fidèles à remplir ce devoir. Par le plus ou le moins d'exactitude des peuples à y satisfaire, on peut juger sûrement de la pureté ou de la corruption des mœurs d'une contrée. Dans les grandes villes, où se réunissent toutes les passions et les vices do l'humanité, on ne se fait plus de scrupule de violer la loi de l'Eglise, et à cause de la multitude des coupables, on ne peut plus les punir par les peines que le concile de Latran a décernées contre eux.

Communion fbéquente. Jésus - Christ a commandé aux adultes la communion par ces paroles : Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous (Joan. vi, 45). Mais il n'a fixé ni le temps ni les circonstances dans lesquelles ce précepte oblige ; c'est à l'Eglise de les déterminer. Dans les premiers siècles, la piélé, la ferveur, l'attente des persécutions engageaient les fidèles à communier fréquemment. Nous voyons dans les Actes des apôtres que les fidèles de Jérusalem persévéraient dans la prière et la fraction du pain: paroles qui s'entendent de l'eucharistie. Pendant la persécution, les chrétiens se munissaient tous les jours de ce pain des forts, pour résister à la fureur des tyrans (Saint Cyprien, epist. 56). — Lorsque la paix eut été rendue à l'Eglise, celle ferveur se ralentit ; l'Eglise fut obligée de faire des lois pour fixer le temps de la communion. Le dix-huitième canon du concile d'Agde, tenu l'an 506, enjoint aux clercs de communier toutes les fois qu'ils serviront au sacrifice de la messe, loin. IV Concil., p. 1580; mais il ne parait pas qu'il y eût encore une loi précise pour obliger les laïques à la communion fréquente. S.iinl Ainliroise, eu exhortant les fidèles à s'approcher souvent de la sainle lable , remarque qu'en

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Orient il y en avait beaucoup qui ne communiaient qu'une fois l'année, liv. v, de Sacram., c. k. Saint Jean Chrysosfome rapporte que de son temps les uns ne communiaient qu'une fois l'année, les autres deux fois, d'autres enGn plus souvent. « Lesquels approuverons-nous? dit-il : ni les uns ni les autres, mais seulement ceux qui communient avec un cœur pur et une conscience nette, avec une vie irrépréhensible. » (Hom. 17 in Epist. ad Hebr.) Les Pères, en exhortant les fidèles à la communion fréquente, ne manquaient jamais de leur remettre sous les yeux les paroles de saint Paul : Celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, sera coupable du corps et du sang de Jésus-Christ.

Vers le v:ue siècle, l'Eglise voyant les communions devenues très-rares, obligea les chrétiens à communier trois fois l'année, à Pâques, à la Pentecôte et à Noël. Nous le voyons par le chap. Et si non frequentius, de Conserr. dist. 2, et par une décrélale que Gratien attribue au pape saint Fabien, mais qui est du vmc siècle. Vers le xme, lu tiédeur des fidèles étant encore devenue plus grande, le quatrième concile de Latran leur ordonna de recevoir au moins à Pâques le sacrement de l'eucharistie, sous peine d'être privés de l'entrée de l'église pendant la vie, et de la sépulture ecclésiastique après la mort. Nous avons cité son décret dans l'article précédent. Par ces paroles au moins, le concile montre qu'il souhaite que les fidèles ne se bornent point à la communion pascale, mais qu'ils reçoivent l'eucharistie plus souvent. 11 laisseà la prudence du confesseur à décider si, dans certaines occasions, il n'est pas expédient de différer la communion , même pascale, eu égard aux dispositions du pénitent; ce qui prouve que le concile n'a pas eu moins d'attention que les Pères à la nécessité de ces dispositions. — Le concile de Trente, sess. 13, c. 19, a renouvelé le canon du concile de Latran; c. 8, il exhorte les fidèles à communier fréquemment. Sess. 22, c. 6, il désirerait qu'à chaque messe les assistants communiassent. 11 décide que, pour ne pas communier indignement, il faut être exempt de péché mortel ; que pour communier avec fruit, il faut des dispositions plus parfaites; que pour communier fréquemment, il faut une foi ferme, une dévotion et une piété sincères, une grande sainteté, sess. 13, c. 8.

Sur la nécessité ou la suffisance des dispositions requises pour la communion fréquente, les théologiens modernes sont tombés dans des excès et des erreurs très-opposées à la doctrine des Pères et à l'esprit de l'Eglise. Les uns, uniquement occupés de la grandeur et de la dignité du sacrement, de la dislance infinie qu'il y a entre la majesté de Dieu et la bassesse de l'homme, ont exigé des dispositions si sublimes, que non-seulement les justes, mais les plus grands saints, ne pourraient communier même à Pâques.

Tel parait être le résultat du livre de la fréquente communion, fait par le docteur Ar-

naud. — Les autres, oubliant le respect dû. à Jésus-Christ présent dans l'eucharistie, et uniquement attentifs aux avantages que l'on peut retirer de la communion fréquente et journalière, n'ont cherché qu'à en faciliter la pratique, en négligeant d'insister et d'appuyer sur les dispositions que demande un sacrement si auguste. Ils ont enseigné que la seule exemption du péché mortel suffit pour communier souvent, très-souvent, et même tous tes jours ; que les dispositions actuelles de respect, d'attention, de désir, et la pureté d'intention, ne sont que de conseil, etc. C'est l'excès dans lequel est tombé le P. Pichon, jésuite, dans un ouvrage intitulé : l'Esprit de Jésus-Christ et de l'Eglise sur la fréquente communion. — Ces deux écrits si différents ont trouvé dans leur temps des approbateurs et des censeurs respectables, ils ont fait naître de vives contestalions; heureusement elles sont assoupies; il n'est pas nécessaire de renouveler le souvenir de ce qui a été dit de pari et d'autre. Voy. l'Ancien Sacrament., par Grancolas, i" part., p. 204.

Communion laïque. C'était autrefois un châtiment pour les clercs qui avaient commis quelque faute grave, d'être réduits à la communion laïque, c'est-à-dire à l'état d'un, simple fidèle, el d'être traités de même que si jamais ils n'eussenlétéélevés àla cléricalure. (Voy. Bingham, Orig. ecclés., liv. xvn, c. 2.) Celle punition même prouve que l'on a toujours mis une distinction entre l'état des clercs et celui des laïques.

Communion étrangère ou pérégrine, autre châtiment de même nature, sous un nom différent, auquel les canons condamnaient souvent les évêquoi el les clercs. Ce n'était ni une excommunication, ni une déposition, mais une espèce de suspense des fonctions de l'ordre, et la perte du rang que tenait un clerc; on ne lui accordait la communion que comme on la donnait aux clercs étrangers. Si c'était un prêtre, il avait le dernier rang parmi les prêtres et avant les diacres, comme l'aurait eu un prêtre étranger, et ainsi des diacres el des sous-diacres. Le second concile d'Agde ordonne qu'un clerc qui refuse de fréquenter l'église, soit réduit à la communion étrangère ou pérégrine.

Communion, dans la liturgie, est la partie de la messe où le prêlre prend et consume, sous les espèces du pain et du vin, le corps et le sang de Jésus-Christ. Ce terme se prend aussi pour le moment auquel on administre aux fidèles le sacrement de l'eucharistie ; dans ce sens, on dit que la messe est à la communion.

Communion se dit encore de l'antienne que récite le prêtre après avoir pris les ablutions, et avant les dernières oraisons que l'on nomme post-communion

¥ COMMUNISME. Une inquiétude uoiverselle travaille aujourd'hui le corps social. Il y a dans le monde une lièvre générale d'é^aliié. Tous aspirent à mouler ; personne ne veut descendre ; el s'il est quelque cliose que l'homme supporle avec peine, c'est une supériorité quelconque. Il ne laut pus en

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."ic surpris, l'homme avait été créé pour être grand, et le pauvre, que le riche foule aux pieds, malgré les haillons qui le couvrent, e-t comme lui 'a créature de Dieu; sou âme vaut la sienne ; elle a été rachetée du même prix. — Malgré cetie commun mié «l'origine et de destinée, il y a dans la société entre le riche et le pauvre une distance énorme. Noire siècle semble s'en e donné la mission de ta faire disparaître. Les uns, mus par de généieuses pensée-;, veulent rapprocher les différentes classes sociales. D'autre*, beaucoup plus hardis, veulent passer le niveau sur toutes les lêies. C'est dans ce dessein que le communisme a été inventé. Ce système social n'aurait aucun rapport avec la théologie, s'il n'établissait l'un de ses points d'appui sur nos croyances catholiques. Cabel, l'un des principaux fauteurs du eommunitme, cite l'Evangile à chaque page. L'un de ses disciples enseigne que la cène ne fut qu'un repas d'amour, un banquet communiste sans doule, où l'égalité était complète : chacun avait une hostie ou un petit pain et une coupe de vin : symbole touchant de l'égalité et de la frugalité des festins de la véritable communauté chrétienne !

Voici le Credo communiste de M. Cabct et consorts. — 1° Il existe un Dieu; mais ce Dieu renferme tous les êtres dans son sein. Ce premier article n'est que le panthéisme le plus grossier. Voy. Pantiié!smf:. — £« Tous les hommes sont ég mx. La source de loue les maux qui affligent l'humanité se trouve dans (Inégalité sociale. Le remède à ce mal consiste dans une égalité absolue et générale qui remit* trait l'humanité dans son état normal. Cet article n'a qu'un tout petit déTaul, c'est de démentir toute la nature qui a créé partout des inégalités. Sans doute, M. Cabel enseignera l'art d'abaisser et de fertiliser !e haines et arides montagnes, afin de réaliser son égalée absolue ! — 5° La nature n'a pas renfermé des richesses immenses dans le sein de la terre pour hs donner à quelques-uns ; elle n'a fait aucun partage ; elle a donc proclamé celte grande maxime : Tout est roiri tocs : et celle autre : Tous doivent êire pour le tout. Conséquemment, il ne doit plus y avoir des maîtres et des esclaves, des riches, et des pauvres, des oisifs et des travailleurs : chacun doit travailler et avoir sa part aux biens de la nature. — Si personne ne doit servir, ceux qui sont malades, qui ne peuvent pourvoir aux besoins de la nature, devront donc mourir ? Car notre étal naturel est tellement constitué que les hommes dépendent les uns des autres; les pauvres ont besoin du riche et le riche du pauvre. L'inégalité des conditions est donc un des principes fondamentaux de notre nature déchue. Nous avons développé celte grande maxime au mol AumÔ.ni: dans notre IHci omiaire de Théologie morale. — 4° Il suit de ces grandes maximes que la propriété est l'une des plus grandes plaies de la société, la cause de l'inégalité , la source de tous les maux, il faut donc rétablir la communauté absolue. — Mais la communauté absolue emporte nécessairement la destruction de tout ce qui est mien ; conséquemment la destruction de la propriété, du mariige et de la f.imille ; c'est adiré la destruction des uois éléments constitutifs de tout otdre léellei neut progressif. — Les communistes repoussent u.e partie de cène conséquence, elle ressort nécessairement du principe, on doit l'admettre tout entière comme appart nanl au système. Noua avons consacré nn article à chacun de ces principes constitutifs de l'ordre social : c'est là que nous réfutons tout ce qu'il ya de spécieux dan-, le système communiste. Voij. |îii:ns (Communauté des), FEMMES (Communauté de»), Famille.

Le communisme n'est pas une doctrine nouvelle. '•e n'est ni M. l'ioudhon, ni M. Cabet, ni même (îracehus Bahœuf, qui esl le père du communisme. Le communisme, c'csl-à dire la doctrine qui fait de l'Etal le propriétaire, uuique et 6uprôiue, le seul

maître légitime du sol, est aussi vieux que le monde. Il remonte à l'enfance des sociétés, et il est coniempora'n des régimes politiques les plus décriés dans l'hi-loire : l'aristocratie, le despotisme. Alors il n'y a pas trace de ce qu'on appelle aujourd'hui les droits de l'homme, ni de ce qu'on appelle justice et liberté. L'homme n'est rien, c'esi le citoyen qui est tout , il y a des devoirs, il n'y a point de droits individuels; il n'y a que les droits de l'Etat, de la cité, des castes privilégiées. L'individu n'est pas libre, comment serait-!1 propriétaire? Il ne dispose pas même de sa personne, comment pourrait-il di poser d'une parcelle de terre? Il n'est pas proprié aire du champ qu'il cultive , il en est usufruitier. Le communisme est dans la société ce que le despotisme est dans l'Etat. Le progrès pour la société consiste à briser les liens du communisme, comme il consiste dans l'Etal à briser les liens du despotisme.

A mesure que la civilisation avance, un double mouvement s'accomplit: le principe de la p*»priélé personnelle, de la propriété telle que nous la concevons aujourd'hui, telle qu'elle est CuuelUuée dans le Code Civil , lend à remplacer le principe de la propriété collective, c'est-à-dire le communisme, en même temps que l'esprit de justice et de liberté tend à remplacer les idées de despotisme et de privilège. Ainsi la civilisation va, dans l'ordre social, du communisme à la propriété, comme elle va, dans l'ordre politique, du despotime à la liberté.

Aussi haut que l'on puisse remonter dans les siècles passés, on voit le communisme établi, pratiqué par les législateurs ou rêvé par les philosophes. Tantôt, comme dans l'Inde, la propriété territoriale est collective et concentrée entre les mains des castes religieuses ; tantôt, comme chez les Juifs, la terre est partagée par égales portions entre toutes les familles ; ma s les patrimoines, une lois assignés, sont inaliénables ; tantôt, comme à Sparte, où le-> patrimoines sont également distincts et inaliénables, l'obligation imposée aux citoyens de consommer tous leurs produits en commun aboulil au communisme universel. Vêlements, nourriture, plaisirs, occupations, tout est soumis à ce régime. Les enfants sont élevés en commun et appartiennent à l'Etat. A la communauté des enfants il faut joindre ce le des femmes, que le législateur Lycurgue autorisait cl meute encourageait formellement.

L'idéal de Maton, c'est précisément la communauté des biens, la communauté dos femmes, la distinction des castes et de l'esclavage qui en e-l la conséquence. Car ici comme partout, dans la théorie comme dans la pratique, le communisme est appuyé sur la conquête, la domination et l'esclavage, l'esclavage considéré non pas comme un fait accidentel et passager, mai* comme la condition fondamentale et immuable de l'ordre social. Partout, à celé de la race conquérante et privilégiée, ou voii des races as-ervies, opprimées, maudiies et vouées à un opprobre éternel.

Ainsi, rien qui ressemble moins que le communisme à l'esprit de liberté. Est-il vrai que le communisme soil le fruit du christianisme, la dernière et la plus pure expression do sentiment évangéliqne ! Ce serait bien mal co i prendre les mots de charité, de fraternité, que de leur donner un pareil sens. L'esprit de charité, cYst-à dire l'esprit de eacriiee et d'abnégation personnelle, ne peut servir de base à l'ordre social ; il suppose les idées de justice et de droit absolu, juin de les contredire et de les exclure. Si je donne mon bien aux pauvres, il est incontestable que j'aurais eu le droit de ne pas le faire, et c'est précisément pour cela que j'ai du mérite à le faire. Si je n'étais pas libre de refuser ou de donner, où gi rail le mérite ? où serait le saeriilce f ou serait la charité 1 II v a doue opposition complète cuire le communisme et l'esprit de chai ité chrétienne, et c'est par un abominable sacrilège qua le uotn de Jewu3

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Christ esl invoqué dans les banquets démocratiques et sociaux. Ce n'est pas sérieusement non plus que Ton prétend rattacher le communisme aux associations religieuses qui se sont développées dans le sein du christianisme* Le communisme est tout le contre-pied des communautés religieuses. La vie monastique esl fondée sur l'abnégation personnelle et sur le renoncement aux biens de ce monde ; le communisme est fo:idé sur la convoitée et la préoccupation exclusive du bien-être matériel. Dans un cas, on s'associe pour le sacrifice, (tans l'autre pour la jouissance.

De toutes les institutions fondées sur le principe de la communauté, celle qui a produit les résultats les plus satisfaisants est i'associaiions des hères Moraves. Cette institution esl à la lois religieuse, civile et industrielle; elle admet dans son sein le mariage, et pur conséquent les femmes el les enfants, les devoirs et les occupations que la famille impose. On évalue à plus de 18,000 le nombre de ses membres ; elle a des ramifications multipliées en Allemagne, en Hollande, en Angleterre, en Ecosse, dans l'empire russe, dans les Elats-Unis d'Amérique ; elle a des missionnaires et des colons sur les points les plus éloignés du globe. Cependant celte société, moitié religieuse, moitié civile et industrielle, ne prouve pas plus en faveur du communisme quelesordies purement religieux. Pas plus que les ordres monastiques, elle ne peut se suffire à ellemême,; elle ne peut se passer de la société civile, qui la protège el la défend, qui ouvre des marchés à son commerce, el contribue pour une pari essenleile à sa prospérité. Ce que nous disons des frères Moraves est encore plus vrai des quakers, des memnonisies, des baptisles el de toutes les sectes moitié politiques et moitié religieuses qui pullulent au sein du protestantisme.

Il esl pourtant vrai q e le christianisme a donné naissance à une foule d'aulres sectes qui ont pris la perfection évangélique à contresens, et qui, au lieu île la placer où elle esl réellement, dans l'abnégation de soi-même, dans la mort des passions, dans le mépris des richesses , ont prêché le partage des liens ei l'émancipalion des sens. « Tels furent , dit M. Franck , du 11e au 111e siècle de notre ère, les disciples de Carpocrate et quelques autres hérétiques attachés aux principes du gnosiicisme , qui, regardant la vie comme une œuvre du mauvais génie, les actions comme indifférentes, les plaisirs du corps comme une délie qu'il faut payer au mal, déclarèrent toutes les passions légitimes, et donnèrent l'exemple des plus houleux excès. Tels furent, du xiue au xvie siècle, les frères du Libre-Esprit, qui , avec quelques différences dans les dogmes, arrivèrent eu morale aux mêmes conséquences ; les dulciniens <>u apostoliques, qui demandaient à la fois la communauté des biens et des femmes ; les fratricelles ou Irérols, les béguards, les lollards, les lui lupins, el enfin la plus hardie, la plus conséquente, la plus célèbre de tontes ces sectes, ancêtres méconnus du socialisme, les terribles anabaptistes. Muncer, leur chef, est un vrai communiste de nos jours. « Nous sommes lotis frères, répétait il souvent à la IVule qui l'entourait, el nous n'avons qu'un commun père dans Adam ; d'où vient donc celle différence de rangs el de biens que la tyrannie a introduite entre nous et les grands du monde ?

i N'avons-nous pas droit à l'égalité des biens qui, de leur nalure. sont faits pour être partagés, sans distinction entre tous les hommes ? Kendez-noiis, riches du siècle, avares usurpateurs , rendez nous les biens que vous retenez dans l'injustice; ce n'est pas seulement comme hommes que nous avons droit à une égale distribution d. -s avantages delà fortune, c'est aussi comme chrétien*. > On sait que Muncer ne se bo'rna pas à la prédication; et que, sous le titre biblique de juge du peuple, il mit ces idées en pratique

dans la ville de Mulhausen ; qu'à la tête de 3D.000 hommes il tenta de les imposer à toute l'Allemagne. Sa défaite el sa fin tragique ne l'empêchèrent pas de trouver des successeurs , parmi lesquels on cite Jean de Leyde. Un autre fanatique de cette époque, David Georges, après avoir été reconnu évêque anabaptiste de nfunsler, se mil à prophétiser pour son propre compte, el devint le chef d'une Eglise séparée^ où la communauté des femmes était imposée aussi rigoureusement que celle des biens. Toutes ces doctrines, quoique produites au nom de l'Evangile, sont une première tentative pour réhabiliter la chair, une véritable réaction du matérialisme contre le spiritualisme chrétien.

COMPAGNIE DE JÉSUS. Voy. Jésuites.

COMPASSION. Voy. Miséricorde.

Compassion de la sainte Vierge. Dans plusieurs diocèses, on fait, le vendredi de la semaine de la Passion, l'office de la Compassion de la sainte Vierge , pour honorer les douleurs que dut ressentir cette sainte Mère de Dieu à la vue des ignominies, des souffrances et de la mort de s iu Fils. Plusieurs Pères de l'Eglise ont fait remarquer aux fidèles le courage avec lequel Marie assista sur le Calvaire à la mort du Sauveur, et les dernières paroles qu'il lui adressa. Certains critiques, peu instruits du génie de la langue hébraïque et des mœurs juives, ont cru apercevoir de la dureté dans ces paroles : Femme, voilà voire Fils (Joan. xix, 26). Ils se sont trompés. Voy. Femme.

COMPLIES. C'est dans l'Eglise romaine la dernière partie de l'office du jour. Elle est composée de trois psaumes sous une seule antienne, d'une hymne, d'un capitule et d'un répons bref, du cantique deSiméon, Nunc dimittis, d'une oraison, etc. Elle est destinée à honorer la sépulture du Sauveur, selon la glose, c. 10, de Celé'). Missar. Mais on ignore le temps de son institution.

Le cardinal Bona {De Psalmod., c. 10) prouve contre Bellarmin, qu'elle n'avait pas lieu dans l'Eglise primitive. On ne trouve dans les anciens nulle trace des compiles. Ils terminaient leur office à none ; selon saint Basile (Major. regular.,q. 37), ils y chantaient 1j psaume xc, que Ton récite aujourd'hui à compiles. L'auteur des Const. apostol. parle de l'hymne du soir, et Cassien, de l'ofGce du soir en usage chez les moines d'Egypte : mais il paraît qu'on doit entendre par là les vêpres. (Voy. Bingham, Antiquit. ecclés., tom. V, 1. xiii, c. 9, § 8.)

COMPONCTION , regret d'avoir offensé Dieu, qui est aussi nommé contrition. La confession n'est bonne que quand elle est accompagnée d'un repentir sincère, et de la componction du cœur. — Dans la vie spirituelle, componction signifie aussi un sentiment pieux de douleur, qui a pour motif les misères de la vie, les dangers du monde, la multitude de ceux qui se perdent, etc.

Jésus-Christ a dit : Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés. Ces paroles ont fait trouver des douceurs aux saints dans les larmes mêmes de la pénitence. La charité, dit saint Grégoire, notre éloigncmenl de Dieu, nos fautes passées, celles que nous couiuietlous chaque jour, le poids de

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nos misères et de celles du prochain, nous excitent à pleurer continuellement, au moins dans le désir du cœur, si nous ne pouvons le faire autrement. Tout ce qui nous environne nous fournit un sujet de larmes, et nous devons les mêler même aux prières et aux cantiques que l'amour de Dieu nous inspire. A la vue de l'ingratitude dont nous avons payé les bienfaits du Seigneur, pouvons-nous produire un acte de charité sans être pénétrés d'une douleur amère ? Ne fautil pas, avant de chanter ses louanges, laver nos âmes par les larmes de la componction, et les purifier par le sang de l'Agneau sans tache, mort pour le salut des hommes ? Les plus grands saints pleurent continuellement par des motifs d'amour ; comment les péctietfrs ne pleureraient-ils pas ? Si les âmes fidèles et innocentes aiment à faire retentir les déserts de leurs gémissements, quelle conduite doivent tenir celles dont tous les instants on été marqués par de nouvelles infidélités ? (il/or., I. xxiii, c. 21.)

De cette morale même, enseignée et pratiquée par tous les saints, les incrédules concluent que la religion, loin de consoler l'homme et d'adoucir ses peines, ne sert qu'à le rendre plus malheureux; qu'elle le rend triste et misanthrope, que la religion n'est autre chose qu'une fièvre mélancolique. Mais voyons-nous les incrédules plus gais, plus contents, plus heureux que les dévots? Dans leurs discours et dans leurs écrits, nous ne trouvons que des plaintes, des murmures, des déclamations, souvent des fureurs. L'un se plaint des caprices de la forlune , do l'infidélité de ses amis , de la jalousie et de la malignité de ses concurrents, de l'indifférence de ses protecteurs ; l'autre, de ses infirmités personnelles, de ses chagrins domestiques, des malheurs arrivés à ses proches, des tracasseries de la société. Celui-ci gémit des fléaux de la nature, des vices de l'humanité, de la corruption de tous les états, des injures faites à la vertu ; celuilà des fautes du gouvernement , des erreurs de la politique, de la négligence des souverains, de l'asservissement des nations, etc. Tel est le sujet ordinaire de la plupart des conversations. Si l'homme est condamné à souffrir et à pleurer, les larmes de la componction sont encore préférables à celles de l'incrédulité ; les premières nous donnent au moins des espérances pour l'avenir, les secondes ne nous en laissent aucune.

COMPRÉHENSION. Ce terme signifie, en théologie, l'état des bienheureux qui jouissent de la vue intuitive de Dieu ; on les appelle compréhenseurs, par opposition aux justes qui vivent sur la terre, et que l'on nomme voyageurs : ce terme est tiré de saint Paul (/ Cor., ix, 24).

CONCEPTION IMMACULÉE DE LA SAINTE V1EHGË. Le senliment commun des théologiens catholiques est que la sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, a été préservée du péché originel, lorsqu'elle a été conçue dans le sein de sa mère. Celte croyance est fondée, 1" sur le gentiment des Pèros de

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